Fanfiction HP : "Le souvenir, c'est la présence invisible."

de Image de profil de Florine SavelsbergFlorine Savelsberg

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    Ce fut avec peine que j’ouvris la porte de bois se trouvant devant moi, offrant ainsi à ma vue, sous un ciel nocturne, le parc enneigé de Poudlard. Le vent, puissant et glacial, ne perdit pas une seconde et s’engouffra dans le château, caressant au passage mon visage avec une étrange délicatesse, comme si en lui se cachait un esprit qui me connaissait et m’appréciait.

A l’extérieur, le ciel me sembla plus noir que jamais, éclairé de temps à autres par quelques éclairs timides, ou par la lune lorsqu’elle parvenait à repousser les nuages épais qui la recouvraient. La neige, quant à elle, tombait en de petits flocons qui tournoyaient joyeusement dans les airs et, mêlés au vent, se transformaient en de petits tourbillons, avant de venir s’échouer à mes pieds.

Charmée par le spectacle qui s’offrait à moi, je laissai mes pieds nus m’entraîner et, comme hypnotisée, j’avançai de quelques pas, laissant derrière moi quelques traces de mon passage dans le manteau blanc. Un sourire enfantin étira mes lèvres lorsque je tendis mon visage vers le ciel et sentis, pour la première fois depuis bien longtemps, le doux contact des flocons se posant et fondant lentement sur ma peau. Bientôt, un léger rire empli d’innocence s’échappa de ma gorge et un sentiment de bien-être et de calme s’empara de moi. J’aurais aimé que ce moment dure éternellement, mais malheureusement, le vent ne tarda pas à se faire plus fort, me faisant frémir de froid.

           

    « J’aurais pensé que vous seriez plus intelligente que cela… », dit alors une voix familière dans mon dos. Surprise, je fis volte-face, mais ne vis personne derrière moi. *Qu’est-ce que…* « Sortir en pleine nuit, dans la neige, et aussi peu vêtue… Cela m’étonne de vous, Miss… N’avez-vous donc pas froid ? », reprit la voix au milieu de l’obscurité, avant de murmurer un « Lumos » presque imperceptible.

Quelque peu éblouie, je battis plusieurs fois des paupières avant de pouvoir regarder en direction de la source de la lumière. Un homme, assez grand, aux cheveux mi-longs et portant une longue cape noire se tenait-là, ses yeux sombres fixés sur moi. *Merlin…* « P-Professeur Rogue ?! », m’exclamai-je alors, pensant que ma vue me jouait des tours. Les lèvres de l’homme s’étirèrent en un infime sourire et, d’un ton presque sarcastique, il répondit : « Bien entendu, qui d’autre voudriez-vous que cela soit ? Votre vue vous fait-elle défaut, Miss ? »

Stupéfaite, je le regardai un instant, incapable de dire quoi que ce soit, ni même d’esquisser le moindre mouvement. « Tenez, prenez ma cape, vous en aurez bien plus besoin que moi », l’entendis-je alors me dire, sans réellement comprendre le sens de ces mots. Quelques secondes plus tard, je sentis que l’on posait quelque chose de lourd et de chaud sur mes épaules et, immédiatement, une odeur de cannelle et d’herbes séchées s’empara de mes narines. C’était une odeur douce et réconfortante, mais également si peu familière qu’elle me sortit immédiatement de ma torpeur. « Mais… Vous êtes mort », annonçai-je alors, tournant mon regard plein d’incompréhension vers lui. « Certes », répondit-il simplement en inclinant la tête.

           

    Ce n’est qu’alors que je réalisai que l’homme qui se tenait devant moi était bien différent de l’homme qu’il avait été de son vivant. Ses cheveux, auparavant gras et sales, paraissaient parfaitement propres et brillaient à la lumière de sa baguette. L’expression de son visage semblait désormais sereine, peut-être même joyeuse. Son regard lui-même était doux et sa voix s’était débarrassée de toute cette froideur et cette rancœur qui semblaient sans-cesse l’habiter. « Cessez de vous inquiéter pour les morts, Miss. Rien, de tout ce qui est arrivé, n’est votre faute. Ceux qui vous aimaient ne vous aiment pas moins parce que vous n’êtes pas parvenue à tous les protéger, et ceux qui vous haïssaient ne vous haïssent pas plus parce qu’ils n’ont pas été épargnés. Comme l’a dit une fois une moldue, -dont le nom m’échappe totalement, vous m’en excuserez- ‘Il n’y a pas de guerre sans morts’. Vous devez vous pardonner », dit-il finalement, rompant ainsi l’étrange silence qui s’était installé entre nous.

    Son regard semblait voilé d’une tristesse que je ne m’expliquais pas. Pourquoi était-il si gentil avec moi ? Et comment savait-il tout cela ? Les mots qu’il avait prononcés pénétrèrent lentement dans ma chair et une boule se créa bientôt dans ma gorge, me faisant monter les larmes aux yeux. « Ibycos, un autre moldu, a aussi dit ‘La guerre n’admet pas d’excuses’… », répondis-je d’une voix étouffée, baissant la tête pour cacher les larmes qui menaçaient de couler de mes yeux. « Ne faites pas la même erreur que moi. Vous avez le droit d’être heureuse », ajouta-t-il alors, posant une main réconfortante sur mon épaule.

           

     Les yeux brillants de larmes, je plantai à nouveau mon regard dans celui de mon professeur et réalisai soudain à quel point il avait l’air vivant. *Comment est-ce possible ?* L’irréalité de la situation me sauta alors aux yeux. Le professeur Rogue, victime de la guerre contre Voldemort, se trouvait devant moi, un air doux et compatissant sur le visage, au milieu d’une neige et d’un froid de décembre, alors que nous n’étions qu’au début du mois de septembre. *Tout ceci n’est qu’illusion.* Sans m’en rendre compte, je reculai de quelques pas, complètement perdue. Rogue, quant à lui ne bougea pas et ne prononça pas un seul mot, se contentant simplement de m’observer, un air indéchiffrable sur le visage. « Où suis-je exactement ? », demandai-je alors, incertaine. « Il me semble que nous sommes actuellement dans le parc de Poudlard », répondit simplement le professeur, gardant toujours le même air sur le visage, « Enfin, c’est comme cela que vous avez identifié cet endroit, bien qu’il soit quelque peu différent du parc dont je me souviens. Curieux, n’est-ce pas, comme les rêves peuvent être différents de la réalité ? »

« Vous voulez dire que nous serions dans… Dans l’un de mes rêves ?! », m’exclamai-je alors, réalisant à quel point, en y réfléchissant bien, tout ceci paraissait logique. « Ça explique pourquoi rien de tout cela n’a l’air réel. C’est parce que ça ne l’est pas, vu que nous sommes dans ma propre tête. Tout est modifié par mon imagination… N’est-ce pas ? » Alors, pour la toute première fois depuis que je le connaissais, je vis un réel sourire étirer les lèvres de mon ancien professeur de potions. « Tout cela se passe effectivement dans votre tête, Miss. Mais pourquoi donc en conclure que ce n’est pas réel ? »

           

    Je voulu rétorquer, lui demander ce qu’il voulait dire par là, mais j’en fus incapable. Ma respiration se bloqua un instant, ma vue se brouilla et je me sentis comme aspirée vers l’arrière. Lorsque je rouvris les yeux, je me trouvais dans mon dortoir, allongée sur mon lit, un livre posé sur la poitrine. *Ce n’était vraiment qu’un rêve.* Un souffle de vent vint me caresser le visage et j’y perçu une voix, comme un murmure lointain, qui prononçait sans cesse les deux mêmes mots : « Pardonnez-vous. » Instinctivement, je tournai la tête vers la fenêtre et m’aperçus que l’un de ses battants était ouvert. *Mais qui a ouvert cette fenêtre ?* Rapidement, je me levai dans l’intention d’aller la fermer, mais, à peine j’eus posé un pied sur le sol que je glissai et tombai durement par terre. *Qu’est-ce que…* Je réalisai alors que mes cheveux et le t-shirt qui me servait de pyjama étaient humides et qu’un tissu chaud reposait sur mes épaules. Prudemment, je me relevai et constatai que, par-dessus mon pyjama, je portais une longue cape noire, bien trop grande pour moi, aux senteurs de cannelle et d’herbes séchées. Les mots du professeur Rogue résonnèrent alors dans ma tête, comme le souvenir d’une voix se noyant dans la tempête : « Ne faites pas la même erreur que moi. »

    Je rejoignis alors la fenêtre et, le regard rivé vers les étoiles, comme une promesse faite à la nuit, j’annonçai dans un murmure : « Je me pardonne ». Puis, sereine, je fermai la fenêtre et, la longue cape toujours sur les épaules, je retournai me coucher, sachant que le lendemain tous mes remords se seraient envolés.

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