Montagnes russes

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 Ces dernières nuits, je n'ai pas su quoi dire dans ce Journal. Après une période de développement, jusqu'à trouver quel usage en faire, j'ai comme décrû (décru ?)...
 Je lis en ce moment Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, pour un travail. Je me suis reconnu des traits martiens et vénusiens. Surtout martiens mais à vrai dire un peu des deux. John Gray dit que les hommes sont comme des élastiques, les femmes comme des vagues. Dans tous les cas, nous vivons une certaine rythmique. Je suis surtout martien quand même, sur ce point. Je me retranche dans ma caverne et on me pousse à rester en cherchant à me faire sortir. Encore une fois c'est comme la fable de l'âne qu'on fait rentrer dans l'étable en tirant sur sa queue ; fable qu'on peut décliner de nombreuses façons.
 Parfois je parle, parfois je ne parle pas ; je suis ; je ne suis pas. Si on n'a pas vécu d'angoisse existentielle, on ne le comprend qu'imparfaitement. Ce que c'est que ressentir chaque geste, chaque parole, comme un engagement : d'avoir perdu le lien direct et spontané à la vie, rien que l'espace d'un instant ; ou de s'être déconnecté de ce lien tel qu'il se partage, peut-être... D'être à côté des autres. À côté du monde. D'être même à côté de soi. Vous savez, dans cette vérité, que Je est un autre, il y a plusieurs vérités ; il y a beaucoup de choses. Le je, vous l'avez appris de vos parents ; vous avez appris à jouer le je. En inversant, en retournant. C'est d'abord l'autre, ensuite je. Quand je dis je, pour que je dise quelque chose il faut qu'il y ait je et je. Je place je sous mon regard, comme objet : il y a alors deux je.
 Sans doute que vous ne voyez pas le rapport. Vous trouvez que je me perds. Vous n'aurez pas faux. C'est ça aussi, mes montagnes russes. Je me sens comme une boule de flipper - vous connaissez la chanson ? - ; et souvent, j'ai le sentiment que c'est moi-même qui tape la balle et l'éjecte au loin - je parle de moi.
 À force de creuser la réalité - en profondeur -, on fait des trous, des petits trous, encore des petits trous... Le terrain devient cabossé, "accidenté" ; il devient un canyon, et la chose apparemment la plus évidente est pour nous - ou pour moi ? dois-je ne parler que de moi ? - un gouffre à franchir. "Tu ne dis rien ?" "Qu'est-ce que tu as ?" "Rêveur !" "Qu'est-ce que tu as ?" "Rêveuuur !!", "Ca va ?", "C'est pas sérieux", "Rêveuuuuur !!!!"... - C'est encore reparti pour un tour.
 Il y a une spontanéité à réveiller en nous tous, à libérer, à faire croître... Nous la frustrons tous d'une manière diverse. Ensuite... Personne ne sait ce qui vient ; ensuite, il faut jouer. Comme au sommet du grand huit, la vue d'effroi que la vie nous offre - et en même temps quel spectacle. - Je doute que l'on puisse profiter du spectacle authentiquement sans effroi. - Et puis... - le wagon est lâché - dans le vide.

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