Ecrire

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 Pour Rilke, seul celui qui ne pourrait vivre sans écrire est un poète.
 de Beauvoir quant à elle explique que les femmes n'aient jusqu'alors su pleinement s'investir en art par un double découragement ; le premier évident, un complexe d'infériorité transmis par la société qui réfrène, pourrait-on dire, la volonté de puissance féminine ; mais aussi, ce qu'il y a de plus intéressant, par cet autre plus subtil qui consiste ensuite à s'accomoder du peu qu'on les aura laissées produire, en applaudissant ce qui ne le mérite pas encore : autrement dit, en leur refusant la difficulté.
 N'est ainsi vraiment poète que celui pour qui il est à la fois difficile de vivre en écrivant, - impossible sans. Celui à qui la fatalité impose un effort surhumain, qui l'arrachera sans cesse à lui-même, le bousculera, le torturera, le fera souffrir avant chaque libération. Je le crois profondément ; la vraie poésie est tension perpétuelle.
 Alors il quêtera, une lune, il quêtera un soleil, il quêtera une rose, il quêtera - une elle... Quelque chose avec quoi sa tension puisse, peut-être, se synchroniser, l'espace d'un instant, quelque chose qui sera autre et même, un alter ego, afin que la tension devienne une harmonie...
 Ce faisant encore le poète se place aux frontières de l'être et du non-être, du poète et du non-poète ; pour surmonter sa propre difficulté, il cherche - une nouvelle difficulté. Car il le sait, que ses yeux captent un éclat - que sa bouche inhale un souffle d'harmonie : la plénitude le vide soudain, brutalement, le laisse béant pour l'éternité à venir. En cherchant à se soulager de sa poésie, le poète se rend infiniment plus poète, et infiniment plus en danger. Vide, comme l'éther, écartelé comme l'espace intersidéral qui sépare les astres, il n'aura de cesse de souffrir de sa soif. Dans sa traversée du désert, le poète doit être un funambule qui parvienne à se remplir d'une main pour se vider de l'autre, équilibre qui lui est propre. Sans cesse gonflera, sans cesse s'enrichira, sans cesse deviendra - et écrira ! Bonne chance, poète ! Bon vent !

 Entre la musique
 Si haute ; et mon coeur, abîme :
 Un pas de géant...

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Vingt Quatre

Mon amour, ma vie, mon rocher
Là, l'âme exposée au doux rythme
Des vagues qui fuient au levant
Las du chaos, le vent m'abîme
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Sentir la ramure dorée
De l'âtre jaune au firmament
Regarde-le comme il se vrille
Des embruns salés et volants
Tournent autour de moi, m'habillent
Se dérobent en gouttes d'or
Et mon coeur de pierre vacille
Quand tout s'éteint et que tout dort
Les sillons d'eau à crêtes blanches
Gorgent l'océan de bleuets
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