Interlude- La Saga d'Ivoch par Alistair

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Le continent est le berceau de la civilisation et de la religion. Tout ce que nous connaissons par delà les mers de la construction d'une société ou des divinités nous vient de cette terre. Il y a des siècles de cela, elle connut un âge d'or, une ère de prospérité et d'expansion sans précédent. Les dieux vivaient en communion avec les hommes, qui les vénéraient et les respectaient, assurant ainsi leur immortalité. Mais la cupidité des hommes s'insinua dans leur coeur. L'orgueil s'abattit sur l'humanité d'Elysmeria et la poussa à s'élever contre leurs créateurs. La révolte des hommes face aux dieux fut terrible, car la survie des uns reposait sur celle des autres. Sans les dieux, les hommes seraient voués à une régression, une perte de tout ce qu'ils avaient acquis jusqu'à présent. Mais sans les hommes, les dieux étaient destinés à disparaître. Cependant, cela n'empêcha pas les mortels de se dresser contre les Éternels.

Les hommes furent exilés, et se rendirent sur les îles ou les autres terres encore vierges et inexplorées. Ce sont ces ancêtres qui fondèrent notre civilisation, celle qu'Ivoch tente de rapporter sur sa terre originelle. Les humains qui choisirent de rester sur le continent retournèrent à un état primitif de clan et de querelles perpétuelles, ayant oublié les fondements même d'une société civilisée. Les dieux, quant à eux, ont été déchus. Rongés par leur haine et leur colère envers les hommes ingrats, ils furent condamnés à errer sur la terre comme des parias, ayant perdu la source principale de leur force : la foi et les prières des mortels.

D'après ce que j'ai pu apprendre des anciens des divers clans que nous avons visité, les dieux, au nombre de douze, représentaient chacun un élément et un aspect de la vie auquel ils étaient liés. Certains prirent l'aspect d'animaux géants, d'autres de formes humanoïdes créées à partir des éléments qu'ils symbolisaient, tel que la pierre ou le bois.

Cela deux dizaines d'années maintenant que nous foulons cette terre, cette belle des eaux, et mon cher ami Ivoch s'est fixé une nouvelle quête : retrouver les dieux déchus. La réunification des clans en sociétés hiérarchisées et en peuples structurés s'est mise en place récemment, mais semble en bonne voie. Les avantages d'une coalition entre les différentes tribus ont su décider les chefs d'accepter la proposition d'Ivoch de tenter la cohabitation et la création d'un système de troc et de commerce entre les villages disséminés à travers le pays. Le résultat dépasse les attentes qu'avait espéré notre Capitaine, et cela le pousse à vouloir davantage. Afin de pleinement réunifier le peuple et sa terre natale, Ivoch eut l'idée de redonner leur gloire aux dieux d'antan. En leur offrant de nouveau le statut de divinités respectées et adorées par les hommes, Ivoch espère accorder aux mortels une seconde chance pour prospérer, tel que cela fut le cas dans les temps anciens, ceux antérieurs à l'exil. Sa quête a débuté il y a quelques mois uniquement, et ses recherches sont toujours vaines, pour l'instant. Mais l'espoir est sa plus belle vertu, et il ne cédera pas aussi facilement. Il sait que les dieux se cachent toujours parmi nous, et il est convaincu que l'avenir de cette terre repose en partie sur le rôle qu'ils y joueront.

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Naya

Les cuisines, ton manager aime bien appeler ça « la prod » – « le lobby », pour ce qui est du curetage des chiottes – qui sait, ça le flatte peut-être dans son statut de chaînon stratège d’une big multinationale, toi pour autant que tu saches ça t’a jamais empêché d’assembler correctement les petits pains du Big Mac, et vu ce qu’on te paie pour le faire ça te fait pas de mal, un peu de sémantique.
Il est dix-huit heures quand tu prends ta dernière commande, un double cheese sans le cheese et pas de salade dans le Big Tasty please.

Aux fourneaux, le rire de Ruben refait tourner les steaks sur eux-mêmes.

Tu lui harponnes un bras dans les vestiaires, y’a longtemps que vous vous êtes pas fait une petite bouffe juste tous les deux quand même, si on compte pas les burgers engloutis en deux minutes à la pause déjeuner.

Comme d’habitude Ruben te balance une date en l’air et comme d’habitude ton sourire résigné lui revient en boomerang. Sans te regarder, il s’enfonce sous sa capuche en silence, et slalome tout schuss entre les flaques d’automne poisseuses.

De retour chez toi, ton 20m² te tire la gueule et le ciel a des allures de punition collective. Y’a des coquillettes mutantes sous cellophane dans le frigo, de la poussière sur les plinthes, ta mère dépose à peine un pied sur le seuil qu’elle dégaine déjà le bidon d’Ajax et la paire de gants en caoutchouc rose qui va avec…

Ton père est là aussi, à cinq mètres de ta mère, distance nonchalante, et le trousseau de la Meriva qui tinte vaguement entre ses doigts, derrière son dos. Ça t’étonnera toujours, l’espèce de froid cordial qu’il y a entre eux, cette façon qu’ils ont de s’accommoder l’un de l’autre comme on s’accommode d’un parasite, deux inconnus bourrés de pudeurs hostiles pourtant largement dépassées, et même plutôt deux fois qu’une, il y a plus de vingt ans de ça.

Tu les as jamais vus autrement que comme ça d’ailleurs, depuis bébé. Depuis que ton père a aventuré sa coupe mulet comme MacGyver entre les jambes d’une minette trop consentante, à l’hiver 91. C’était en plein mois de février : il a prétendu être coincé au bureau à cause du blizzard dehors et toi t’avalais ta morve et tes petits pots de légumes devant Dragon Ball Zed-Zed-Zed – du moins c’est ce que ta mère te rappelle à chaque fois qu’elle touche l’enveloppe de la pension, des restes aigris jusqu’aux pattes d’oie.

« Bon, on la descend cette commode ? », te demande ton paternel, aux aguets comme un employé Darty alors qu’au loin ta mère bougonne – mais il est bouché ce siphon ou quoi ? – à quatre pattes sous l’évier.

Tes parents ont fait deux heures de route depuis Tours pour récupérer cette commode dont tu ne te sers pas – à part pour t’y cogner le petit orteil quand t’es à la bourre. Tu l’as eu du pote d’un pote qui te l’a exposée comme un coupé-cabriolet huit tiroirs toutes options – « Un vrai fourre-tout, j’te dis. » – et toi t’as sauté sur l’occase comme on saute sur tout ce qui bouge quand on a envie de meubler son appart, des projets en vrac plein la cervelle.

Tu lui as envisagé quelque dessein prospère à la lueur du petit chandelier de l’entrée, tout ça pour réussir à en tirer que dalle au final : ça fait un an que tu la regardes tous les jours s’encrasser de poussière à force de trôner sur ton chemin sans jamais savoir comment l’aborder.

Un peu comme ton père.

D’ailleurs, ça ne t’étonne pas qu’il accepte que tu la lui refourgues.

« Mais elle est pas vieille cette commode, Catherine…»

« Non, elle est pas vieille, Patrick. », ta mère : acerbe à tendance exaspérée, côté passager.

« Elle est pas du tout vielle. En la faisant poncer, y’a largement moyen d’en faire quelque chose de bien. Largement. », ton père : la foi aux poumons, mains posées à plat sur la portière du coffre.

Ta mère l’ignore, te prend dans ses paumes, bisous mon chéri, appelle-moi toutes les semaines hein, travaille-bien, ne sors pas tard, embrasse Ruben pour moi, et n’oublie pas d’apporter les papiers à la CAF, Guillaume, yeux fâchés puis yeux tristes, tu vas me manquer mon bébé, et ton père qui sifflote par-dessus le volant, qui guette le vide avec conviction. Il attend que ça se passe, que tu te casses, pendant que les minutes, les Parisiennes et leurs talons lui filent autour. Pendant que ta mère pleure comme si t’étais mourant et qu’il la regarde de loin, comme ça du coin de l’œil – si ça continue c’est lui qui va se mettre à chialer devant la note du parking.

Et seulement quand tu te penches vers lui pour le remercier, là seulement ça lui prend : il t’encercle de son bras velu, grasse tapette à l’épaule, et quand tu te délaces d’un coup il a des yeux fiers ; il se redresse et te tape même la bise.

La bise.

T’en rigoles encore dans ton canapé devant Manchester-Milan en direct-live. Au fond du couloir, la commode a laissé comme un renfoncement évanoui dans le mur, une empreinte fantôme pile dans ta ligne de mire.
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MARQUE


En ce temps-là, Je me nourrissais d’herbe, de mirabelles et de mûres. Je me laissais parfois séduire par quelque bel étalon, mais seul le saphisme me faisait hennir de plaisir.
Un jour les hommes sont arrivés, avec leurs lassos et leurs révolvers à crosse de nacre.
Ils m’ont regardée hostilement, brutalement. J’ai galopé tant que j’ai pu. Une corde s’est abattue sur mon cou, puis une autre. Je suis tombée en suffoquant. Ils m’ont amenée dans un ranch et attachée à un arbre. J’ai tiré, mordu, ragé. Mais jamais je n’ai pu me délier.
À force d’être chevauchée, j’ai fini par me familiariser avec les hommes.
Ils me flattent parfois, disent que j’ai l’étoffe d’un champion. Ils dosent même mes aliments avec l’aide d’un nutritionniste.
Mais je ne me soumettrai jamais. Je les hais du haut de leur arrogance à l’odeur fade de leur épiderme. Jamais ils ne parviendront à me corrompre.
Jamais.
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PaulineLambrechts

Beaucoup répondent à la question " Qu'est ce que le bonheur?" par "la famille" ou "les amis" mais je trouve que c'est une réponse conventionnelle et qu'un certain nombre de personnes ont peur d'être jugées si elle répondaient autres choses. Pourtant le bonheur est très subjectif et je crois que les choses qui permettent d'y accéder changent en fonction de l'âge, de la situation ou du lieu de chaque personne et qu'il est beaucoup plus complexe que ce qu'on veut le faire croire. Il ne suffit pas de manger un "Kinder" comme le montrent les pubs ou d'acheter une grosse voiture ou un parfum. 
Pour ma part, je pense être heureuse lorsque je suis bien installée dans un fauteuil ou dans mon lit avec un bon bouquin. Je suis heureuse lorsque je suis au calme et que je peux me détendre. Je suis aussi heureuse quand j'apprend de nouvelles choses que ce soit à l'école, par moi-même ou grâce à quelqu'un d'autre. Ou encore quand je discute avec mon amoureux couchés l'un contre l'autre, quand on rit ou se chamaille.
Ces petites choses agréables contribuent au bonheur et sont des détails qui en facilitent l'accès. Mais dans quelques années, après mes études, je suis certaine que mes critères de bonheur changeront et que ceux-ci ne me permettront plus d'être parfaitement heureuse.


J'ai encore des difficultés à exprimer ce qu'est le bonheur car pour moi, c'est aussi un état de  plénitude qu'on ressent au plus profond de soi. Qui est beaucoup plus complexe à atteindre que le simple contentement. Vivre dans un environnement stable, gagner de quoi vivre convenablement et pouvoir rester fidèle à mes principes sont des critères que je juge important pour être heureuse dans ma vie future. Et même si nous ne savons jamais de quoi sera fait l'avenir,je me battrai pour les atteindre.
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