Chapitre 4

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  Leurs voyages à deux débutèrent alors. Andora avait cessé de s'offusquer à chaque fois que Rog la surnommait 'petite princesse' et ce dernier ne faisait plus vraiment cas de l'air supérieur que prenait encore la jeune femme dans certaines situations. Toutefois, leur relation devint moins tempétueuse. La princesse se fiait aux dires de Rog et l'écoutait toujours, surtout lorsqu'il en allait de leur vie. Elle s'était également habituée à l'air moqueur et nonchalant du voleur et son ton se faisait chaque jour un peu plus chaleureux envers son guide.

Le premier endroit qu'ils visitèrent furent les plaines du soleil, qui entouraient le château. Pour sa première visite guidée, Andora ne souhaitait pas trop s'éloigner de ce point de repère, le souvenir de sa mésaventure dans les bois la refroidissant. Les plaines du soleil étaient appelées ainsi en raison de l'agriculture et des plantes qui y poussaient. Du blé, du colza et des tournesols s'étendaient à perte de vue, rendant les lieux aussi jaunes et lumineux que l'astre diurne. Cette année était sous le signe de l'été, si bien que les mois défilaient sans que la température ne chutât, ni que le soleil disparut. Les plaines étaient alors constamment lumineuses et fleuries, à longueur d'année, et ce jusqu'à l'apparition de la saison froide, qui durerait à son tour des mois durant. Même si les nuits actuelles étaient fraîches, la température n'était jamais aussi basse que lors du long hiver, où tout gelait et se figeait, comme hors du temps. La saison chaude n'avait débuté que depuis trois mois, et promettait de rester présente encore longtemps. Les fleurs qui s'étalaient sous les yeux des deux compères étaient alors jeunes et resplendissantes, au début de leur vie. Ce sentiment rappela sa propre situation à la princesse, qui eut l'impression de véritablement vivre depuis l'apparition du voleur dans son quotidien, et le commencement de leur aventure. Tout ici semblait étinceler et briller à la lumière du jour, et Andora en eut presque mal aux yeux. Leurs chevelures noires et leur accoutrement contrastaient fortement avec les végétaux qui les entouraient. Rog portait toujours le même type de vêtements, sombres et ternes, mais son sourire et son regard étaient aussi resplendissants que les plaines. La princesse se félicita d'avoir un compagnon de route aussi enjoué et positif que le voleur, et sa bonne humeur contamina rapidement Andora, qui se surprit plusieurs fois à sourire et même à rire aux éclats en présence du jeune homme. Et cet état de fait prit plus d'ampleur au fil de leurs sorties.

Puis, après une courte négociation, Rog voulut l'emmener visiter la ville royale, deux jours après la balade dans les plaines.

  •  Je connais déjà ce lieu, déclara Andora avec une pointe de prétention dans la voix.

 Le sourire de Rog fut sa seule réponse. Elle le suivit néanmoins, rendue curieuse par le rictus sibyllin du voleur, et ne fut pas déçue par cette nouvelle promenade. Il lui fit découvrir les chemins de traverse, les recoins secrets où elle n'avait jamais osé aller seule, des places reculées où bruissait l'eau claire et fraîche d'une fontaine en pierre, le terrain où jouaient les enfants, tous ces endroits encore inconnus et cachés au regard des non-initiés. Andora n'avait jamais eu l'audace de s'éloigner des grandes artères et eut l'impression de visiter une autre ville que la sienne. Ses talons battaient les pavés, ses yeux passaient d'une échoppe à une autre, ne sachant où se fixer. La vie débordante de la cité royale emplie contre toute attente le cœur d'Andora qui se réchauffait doucement au fil du temps.

Les jours, puis les semaines passèrent et ils continuèrent de se retrouver régulièrement. Rog apparaissait dans la chambre de la princesse et celle-ci le suivait ou non, selon ses obligations. Cela pouvait parfois entraîner des situations embarrassantes, notamment pour la jeune femme. Rog apparut un jour par le passage secret donnant dans le cabinet de toilettes de la princesse alors qu'elle prenait son bain. Sachant que Rose était dans la chambre, préparant ses habits, et que seule la porte close la séparait des compères, la princesse se retint de crier, mais ne put s'empêcher d'avoir un hoquet de surprise. Le voleur se contenta de sourire de toutes ses dents et s'installa contre la commode, fixant toujours la jeune femme qui s'enfonçait un peu plus dans son bain au lait d'ânesse pour se dissimuler de la vue de l'intrus.

  • Partez, enfin !
  • Non, je t'en prie, fais comme si je n'étais pas là.

 La princesse le fusilla du regard, mais cela ne fit aucun effet sur le voleur habitué à ce genre de remontrance muette de la part de sa partenaire.

  • Rose pourrait entrer à tout moment, et si jamais elle vous découvrait ici, ce serait la fin pour nous deux.
  • Arrête de t'en faire, princesse. Je gère toujours toutes les situations. Je suis un voleur, et l'un des meilleurs, je sais me rendre invisible quand il le faut.
  • Il va bien falloir que vous partiez ou au moins que vous vous retourniez pour que je puisse sortir.
  • Ton petit lait sera froid avant que je détourne les yeux, princesse, se moqua le voleur en gardant ses positions.

Andora soupira bruyamment et tourna la tête pour montrer son mécontentement.

  • Je devrais crier à l'aide, pour que Rose vous fasse sortir à coups de balai…
  • Tu sais aussi bien que moi que tu ne le feras jamais, ricana Rog, provoquant une nouvelle moue sur le visage boudeur de la jeune femme.
  • Où comptez-vous m'emmener aujourd'hui, s'enquit-elle afin de penser à autre chose qu'à la gêne qui l'envahissait.
  • Je pensais que pour une fois, tu pourrais me dire où tu voudrais aller.
  • Oh... Et bien, si ce n'est pas trop loin, j'aimerais beaucoup aller jusqu'au Lac des murmures.
    Rog marqua un temps d'arrêt et reprit, la voix adoucie.
  • Il n'y a pas grand chose à faire là-bas tu sais...
  • Je voudrais l'entendre chanter au moins une fois dans ma vie. Il paraît que c'est un spectacle incroyable et fabuleux, presque magique.
  • Tu as la permission de minuit ?

 La question du voleur surprit Andora qui le regarda de nouveau en fronçant les sourcils. Rog poursuivit.

  • Le meilleur moment pour aller au Lac, c'est le soir. Il y aura moins de monde et de bêtes, tu seras plus tranquille.

La princesse soupira de bien-être en écartant les bras afin de profiter de l'air frais.

  • Alors, je t'avais bien dit que le meilleur moment était le soir.
  • Vous êtes un cachottier, sir Rog. Mais c'est fantastique et magnifique. Merci beaucoup.

Le soleil couchant se reflétait dans les eaux calmes du Lac et les couleurs orangées et violettes étaient tout simplement superbes. Andora n'avait jamais assisté à un spectacle pareil et elle était époustouflée. Elle ne pouvait décrocher son regard de ce qu'elle voyait. Le ciel et l'eau ne faisaient plus qu'un, et elle distinguait à peine la ligne d'horizon. Elle avait l'impression que le monde s'étendait à l'infini dans des nuances chaudes et oniriques.

Une envolée d'oiseaux la surprit sur la droite, et elle vit rapidement apparaître la source de leur panique : un puma s'approchait délicatement des berges pour venir s'y désaltérer. Rog fit signe à la princesse de ne plus faire de bruit et ils observèrent le félin se ressourcer. Il était presque aussi gros qu'un veau et son pelage brun lui permettait de se fondre dans les sous-bois pour mieux surprendre ses proies. Toutefois, la présence du voleur à ses côtés la rassurait et elle profita de cet instant sans peur ni appréhension. Le puma décela rapidement leur présence, releva sa tête ronde vers eux, mais repartit d'où il était venu sans un bruit ni précipitation lorsqu'il comprit qu'ils étaient inoffensifs. C'était la première fois qu'Andora pouvait observer un animal sauvage et dangereux de la sorte et plonger dans le regard de la bête, malgré la distance qui les avait séparés, l'avait grisée. La jeune femme avait admiré et presque jalousé la puissance qui s'était reflétée dans ses iris vertes. Elle qui ne pouvait voyager seule et qui se devait d'être constamment accompagnée par le voleur pour assurer sa sécurité enviait l'indépendance et le pouvoir qui se dégageaient de l'animal. Il inspirait la crainte et le respect, l'attitude calme du fauve démontrait sa domination et sa bestialité maîtrisée, et cela lui fit étrangement penser à Rog. L'homme, sous ses dehors amicaux et généreux vis-à-vis de la princesse, possédait une musculature impressionnante, une force semblable à celle d'une bête, ainsi que la discrétion et l'instinct d'un prédateur.

La princesse ne pensait même plus à être en colère contre lui pour ce qu'il lui avait fait plus tôt dans la journée, les lieux inspirant le calme et la sérénité. Elle ne pensait plus à son père, à ses obligations, à ses responsabilités, au luxe ou à tout ce qui pouvait la tourmenter. Il n'y avait plus qu'elle, le lac, et la présence de Rog à ses côtés. Elle se sentait bien, si bien qu'elle ne voulait plus repartir. Elle se dit qu'elle pouvait rester ici pour l'éternité. Le frôlement des doigts de Rog contre son bras la réveilla néanmoins. Elle tourna vers lui son visage ébahi et rencontra ses yeux noirs qui semblaient rougeoyer plus que d'ordinaire avec les reflets du ciel.

  • Le chant du Lac fait souvent cet effet. Il captive et ensorcelle, si bien que nombre de visiteurs sont morts ici, absorbés par leur contemplation. Ils se sont laissés mourir pour rester face à la beauté des lieux. Cet endroit est magnifique, mais très dangereux lorsqu'on n'y prend pas garde. Alors reste éveillée, petite princesse.

 Andora hocha gravement la tête, comprenant les enjeux de cette mise en garde. La beauté mortelle du Lac l'avait envoûtée et sans le voleur, elle se serait faite happée par les eaux, comme de nombreux malheureux avant elle. Elle s'approcha de nouveau des eaux, s'accroupit sur la berge, et passa ses doigts sur la surface glacée.

Alors, le chant du Lac se fit entendre une nouvelle fois.

Un son pur et cristallin, comme des milliers de voix venues d'ailleurs qui ne formeraient plus qu'une seule tout en restant distinctes les uns des autres, et qui rendait la jeune femme à la fois triste et heureuse, passionnée et tétanisée. Elle recula jusqu'à sentir le bras de Rog contre le sien, afin de garder un contact avec la réalité et ne plus se laisser piéger par les eaux fourbes et charmeuses. Le chant faisait naître en elle des sentiments contradictoires et enflammés et le contact du voleur l'électrisait d'autant plus. Elle n'avait jamais été aussi proche de quelqu'un, que ce soit dans leur relation ou physiquement et le fait de dépasser ses limites dans ce lieu idyllique la troublait.

  • Comment se fait-il que le chant du Lac n'agisse pas sur vous, demanda-t-elle dans un murmure feutré.
  • Cette vision est magnifique, je l'admet, mais je suis conscient que notre monde recèle bien d'autres spectacles tout aussi incroyables. Je ne me laisse pas tromper si facilement. Mon métier nécessite que je garde le contrôle sur ce qui m'entoure.

Rapidement, le soleil disparut derrière l’horizon, les laissant dans une lumière mourante. Andora, toujours subjuguée, fit un tour sur elle pour s'imprégner de la magie des lieux une dernière fois.

  • Il est temps de rentrer, soupira-t-elle.
  • Ton père remarquerait si tu ne dormais pas au château ?

Andora lança un coup d’œil au voleur, cherchant à deviner la raison de cette question.

  • Mon père non, mais Rose oui, et elle lui rapporterait. Il tolère plus ou moins mes sorties, pensant que je les effectue seule, mais si je venais à découcher, il s'inquiéterait et mettrait toute la garde à ma recherche. Les tensions politiques avec certains autres royaumes lui feraient penser que j'ai été kidnappée pour faire pression sur lui. C'est en partie pour cette raison qu'il ne désire pas que je me promène hors du château de la sorte.

Ils récupérèrent leurs chevaux, Rog voyageant toujours sur la jument qu'il avait dérobé aux détrousseurs, et se mirent en route au pas. Andora reprit alors la parole. Elle n'avait jamais autant converser, laissant ce plaisir au voleur. Cependant, la soirée qu'elle venait de passer l'avait réjouie et elle désirait partager plus avec le jeune homme, en guise de remerciement.

  • Tout le monde nous envie notre statut social et nos richesses, mais ils ne se rendent pas compte qu'avant d'être une famille royale, nous sommes des esclaves. Notre château est certes grand et luxueux, mais ce n'est que pour camoufler la prison dorée qu'il est en réalité. Il est si grand que nous parvenons à peine à nous croiser en une journée. Nous avons certes des domestiques, mais nous sommes seuls. Nous avons peu d'amis, car ceux-ci sont soit jaloux, soit intéressés, soit d'une autre classe sociale que nous ne pouvons côtoyer pour des raisons de réputation. Nous avons tout ce dont nous avons besoin : de la nourriture, des lits confortables, de beaux vêtements, une bonne éducation ; je ne vais pas renier cela et j'en suis heureuse. Mais est-ce que la vie se résume à cela ? Des hommes et des femmes meurent de faim aux pieds de notre demeure, et nous ne pouvons rien faire pour cela. Mon père tente de limiter les impôts, de faire des distributions de nourriture, mais les tensions politiques l'empêchent de remplir tous ses désirs vis-à-vis de son peuple. Chaque jour, de nouveaux habitants s'installent sur nos terres, et le royaume s'épuise. Les conflits territoriaux internes font écho à ceux qui se jouent aux frontières, et mon père ne sait plus où donner de la tête. La gestion d'un pays n'est pas chose aisée, et tout le monde envie pourtant sa position, ne voyant que l'or dans les caisses. Mon Père est enchaîné à ses devoirs, et je sais pertinemment que je ne lui rend pas la vie facile en agissant de la sorte, en désobéissant et n'en faisant qu'à ma tête.

Un silence s'installa entre eux, sans que cela parût gênant ou embarrassant. La voix de Rog s'éleva alors doucement après quelques minutes.

  • Tes idéaux et tes valeurs sont simplement différents de ceux des princesses ordinaires. Tu n'étais sans doute pas faite pour naître dans la dentelle. Tu crois en la justice, en la beauté et surtout en la liberté. Ces trois notions sont notre dogme à nous, gens du peuple. Tu as des rêves et un esprit vagabond. La semaine prochaine, je te présenterais ma cour. Nous avons construit ce village pour les gens comme moi, des voleurs, des bandits, des fugitifs. Des personnes qui n'ont pas leur place avec le reste de la société. Malgré ce que les gens de ta condition peuvent penser, nous ne sommes pas de sanguinaires criminels, prêts à tous vous égorger dans votre sommeil. Tu rencontreras des personnes qui partagent les mêmes rêves que toi et auprès de qui tu pourras apprendre beaucoup. Découvrir le monde passe aussi par connaître ses habitants.

 Andora hocha la tête. Si Rog lui disait qu'il ne l’emmènerait que la semaine prochaine, la princesse comprit que c'est parce qu'elle ne le verrait pas d'ici là. Ses obligations lui empêchaient sans doute de se libérer pour elle durant les prochains jours. Elle ne lui avait jamais demandé ce qu'il faisait lorsqu'il ne pouvait la rejoindre ainsi, mais elle préférait ne pas savoir, afin de ne pas désapprouver la réponse. Elle se doutait que ses actions lui déplairaient et elle ne souhaitait pas gâcher leur relation avec ses leçons de morale. Ils arrivèrent bientôt en vue du château. Le trajet retour paraissait toujours extrêmement court à la jeune femme, malgré la lune déjà haute dans le ciel. Elle avait particulièrement apprécié la compagnie du voleur au cours de cette soirée, et elle gardait un merveilleux souvenir du chant du Lac. Le voleur la laissa aux abords de l'enceinte de la ville, comme ils avaient convenu afin de ne pas se faire repérer par les gardes royaux qui effectuaient leur ronde sur la muraille interne de la citadelle. La princesse rejoignit ses appartements par le passage secret à l'instant où Rose pénétrait dans le salon par la porte d'entrée.

  • Par les Douze ! Où étiez-vous donc passée ? Cela fait deux heures que je vous cherche dans tout le château !
  • Tu as dû me rater à chaque fois, j'étais aux écuries, je m'occupais d'Arrow.
  • À l'odeur de vos vêtements, vous passez beaucoup de temps en compagnie de votre cheval ces derniers temps, princesse. Malheureusement, je crains pour vous que vos balades ne se terminent bientôt. Votre père renforce la sécurité et ne voudra sans doute plus vous voir vous promener de la sorte toute la journée dans les landes.
  • Je pense que mon père est trop préoccupé par les affaires du pays pour gérer mes sorties quotidiennes.
  • Ne prenez pas cela à la légère, mademoiselle Andora, gronda la gouvernante. Le roi rassemble son armée et les soldats se tiennent prêts. Il serait dangereux pour vous de désobéir plus longtemps à votre père.
  • Pourquoi Père rassemble-t-il son armée ? Qu'est-ce qui le pousse à agir de la sorte ?
  • Des mouvements de troupe près de nos frontières à l'Est ont été repérés et inquiètent votre père. Il craint que Rehvak ne tente quelque chose contre Kandris'ka.
  • Comment peux-tu être au courant de cela ? Je doute que Père te tienne informée de la situation militaire du royaume.
  • Je suis une servante, ma dame. Personne ne fait attention à moi. Puis, après un court silence : en réalité, c'est votre mère qui m'en a parlé. Je suis peut-être votre gouvernante, lorsque vous jugez bon d'en avoir une, mais je reste avant tout une des dames de compagnie de la reine.
  • Je vais veiller à me méfier de toi maintenant, ma chère Rose, si aucun secret, pas même ceux du royaume, ne peut rester sous silence, la taquina la princesse avant de reprendre un ton plus sérieux. Pourquoi Rehvak tenterait-il quoique ce soit contre nous ? Aucune guerre ouverte n'a pourtant été déclarée.
  • Vous savez bien que Rehvak nourrit quelques contentieux envers votre père depuis des années et le roi s'inquiète de représailles. C'est pour quoi il tient à ce que restiez en sécurité au château.
  • Je ne comprend pas les agissements de Rehvak, commenta Andora sans prendre garde à la dernière remarque de la gouvernante.
  • Déjà à l'époque, l'esprit de cet homme était quelque peu troublé. C'est la raison pour laquelle le roi a agi ainsi avec lui, et c'était je pense la seule chose à faire. Ce rejet a simplement fini d'attiser la folie qui rongeait son esprit. Certains hommes ne supportent pas d'être rejeté, se sentent offensés par le moindre refus.
  • Vous croyez qu'il pourrait vouloir s'en prendre directement au roi ici même ?
  • Je n'en sais malheureusement rien ma chère enfant. C'est pourquoi vous devez être sage et prudente !

 Rose continua de la submerger de suppliques à la modération et à l'abandon de ces projets de voyage durant de longues minutes sous le regard presque attendri de la jeune femme. Rose avait été comme une seconde mère pour elle, et veillait toujours sur sa sécurité et son bien-être.

  • Je suis entre de bonnes mains, avoua finalement Andora afin de rassurer sa gouvernante. Mais il faut que cela reste entre nous. Je me suis assuré les services d'un... garde du corps personnel. Il ne peut rien m'arriver en dehors de ce château Rose. Au contraire, je voyage à travers le pays et je découvre des choses magnifiques ! Alors je t'en prie, garde cela secret et si mon père me cherche…
  • Vous voyagez en compagnie d'un homme ! Si vos parents apprenaient cela, ils seraient choqués.
  • C'est bien pour cela qu'ils ne doivent pas l'apprendre, Rose, répéta la jeune femme d'un air entendu. Je t'en prie, garde cela secret. Cela me fait tellement plaisir de voir autre chose que les murs sombres de la bibliothèque ou cette chambre.

 La vieille femme soupira, et grommela quelques instants pour la forme avant de céder.

  • Je vous couvrirais, ma Dame. C'est mon devoir de répondre à vos désirs et vos attentes. Si seulement vous me promettez de faire attention.
  • Toujours. Tu es la meilleure, Rose. Je te remercie.

 Ce soir là, la princesse s'endormit au son du chant doucereux du Lac qui résonnait toujours dans sa tête, et au contact du voleur qui se faisait encore sentir contre son bras.

La princesse reprit sa routine rythmée par le bruissement des pages et le frottement de la plume contre le parchemin, bien que son esprit vagabondait à des lieux du château, dans des contrées encore inexplorées et luxuriantes. Enfin, Rog revint auprès d'elle la semaine d'après, comme convenu. Il se montrait particulièrement enjoué, tandis que la princesse appréhendait la visite du village du voleur, bien qu'elle ne souhaitait pas le laisser paraître devant lui. Elle se rendit aux écuries pour récupérer Arrow et fit le tour du parc afin de rejoindre le jeune homme à l'orée de la forêt, à l'arrière du château. Le cheval comme la cavalière semblaient heureux de sortir de nouveau de leur barrière et la jeune femme lança son hongre au galop dans les chemins étroits du bois, ivre de bonheur et de liberté. Rog éclata de rire devant tant de spontanéité et la suivit. Au bout d'une heure seulement, alors que le voleur avait repris la tête de l'excursion et qu'il avait mené les chevaux loin des sentiers battus fréquentés, il fit signe qu'ils arrivaient. Le village, nommé Asylia, était en retrait du vague chemin qu'ils longeaient, dans une vallée entourée par des forêts denses et obscures. Il fallait suivre un long et étroit passage d'animaux afin d'y accéder, et Andora comprit ainsi comment tous les repris de justice parvenaient à échapper aux gardes : Asylia semblait coupé de la réalité, comme protégé du reste du royaume par un mur invisible. Un monde nouveau et inconnu s'étendait devant la princesse, qui avait l'impression d'avoir franchi une porte la menant vers un autre univers, d'avoir pénétré dans une bulle intemporelle, avec son propre espace-temps. Le village était petit mais lumineux et, à l'image du voleur, enjoué. La princesse entendit les rires et les chants avant même de longer la rue principale. Le voleur la conduisit à la Taverne de la Belette, et attacha leurs chevaux à l'entrée avant de se tourner vers la jeune femme.

  • Prête à rencontrer des personnes uniques en leur genre, mais nettement plus attrayantes que tes petits nobliaux ?

Andora hocha timidement la tête. En réalité, elle n'était pas sûre du tout d'apprécier cette immersion, et le tumulte qui retentissait de l'autre côté de la porte qu'elle s'apprêtait à passer ne la rassurait pas. Le voleur lui offrit un sourire immense et poussa le pan de bois. La princesse fut immédiatement frappée par l'atmosphère qui se dégageait de ce point de rendez-vous. La pièce n'était pas si sombre qu'elle imaginait, les nombreuses fenêtres -étonnement bien entretenues- fournissant un apport continuel en lumière. L'air empestait l'alcool, mais pas aussi fort que l'avait pensé la jeune femme. La première chose que vit la jeune femme fut le comptoir. Un imposant et long comptoir en bois et en métal, derrière lequel s'activait une jeune femme rousse, qui devait approcher de la trentaine. Rog s'avança vers elle à grands pas avant de frapper ses mains contre le bar, un immense sourire aux lèvres.

  • Annie ! Ma belle, comment tu vas aujourd'hui ?

La barmaid tourna la tête vers le voleur tout en continuant de préparer sa commande.

  • Mon meilleur client vient de revenir, alors tout va pour le mieux. Mais, oh ! Tu nous as ramené une jolie colombe, dis moi ! Entre, approche ! Ils sont bruyants mais pas méchants.

Andora fut surprise de tant de familiarité de la part de la propriétaire, puis se rappela qu'ici, personne ne la considérerait comme une personne de haut rang, à l'instar de Rog. Elle préféra donc ne pas s'en offusquer et fit quelques pas pour se placer aux côtés du voleur, qui s'obstinait à observer les personnes assises dans la salle, sans prêter attention aux jeunes femmes.

  • Enchantée, je m'appelle Andora, se présenta-t-elle formellement, ne sachant comment agir.
  • Oh, la petite princesse ? Tu t'es enfin décidé à nous la ramener, Rog !

Le voleur grogna et ne détourna pas les yeux de la salle.

  • Il vous a parlé de moi, s'étonna Andora.
  • Un peu, s'empressa de répondre le jeune homme.
  • Un peu, s'exclama la rousse. Tu plaisantes ! Il nous délaisse des jours entiers pour te secourir de ta tour dorée, et quand il rentre, il nous raconte vos expéditions. On te connaît comme si tu étais avec nous depuis des années, ma douce ! Il a tout laissé en plan et tout plaqué quand il a su que les frères Racov t'avaient mis la main dessus. Tiens, d'ailleurs, on ne les a pas revus depuis, tu en as fait quoi, Rog ?

Le voleur se contenta de hausser les épaules en grognant, d'empoigner la chope de bière qu'Annie avait posée devant lui puis il rejoignit un groupe d'hommes assis à la table la plus éloignée de l'entrée. Il n'avait pas levé les yeux vers la princesse un seul instant, mais la jeune femme remarqua tout de même un léger embarras embrumer son regard sombre. La princesse lui en voulut de l'abandonner ainsi dans un endroit pareil et elle se sentit soudain mal à l'aise, voire de trop dans cet environnement qu'elle ne maîtrisait pas. Cependant, la barmaid revint rapidement vers elle et son sourire engageant rassura la jeune femme.

  • Ça doit te changer de ton château, hein ?
  • Oui, mais c'est justement le but de ces sorties. Voir de nouvelles choses, rencontrer de nouvelles personnes, être confrontée à la différence.
  • Nous ne sommes pas si différents de toi, tu le verras bien vite. En attendant, viens ! Je vais te faire visiter.

Annie empoigna le bras de la princesse et lui fit contourner le bar. Elle présenta brièvement la grande salle, indiqua les latrines, et pointa du doigt une volée de marches à gauche du bar.

  • C'est l'accès aux chambres. Je fais aussi auberge, en quelque sorte. Rog squatte ici depuis des mois, donc si un jour tu le cherches, tu peux venir frapper à sa porte.
  • Qu'est-il advenu des frères Racov, s'enquit la princesse alors que l'image du défunt Graveh lui revenait en mémoire.
  • On n'en sait rien, admit Annie après un léger silence. Rog était dans une colère noire quand il les a entendus se vanter de ta capture. Mais ils étaient dehors, je n'ai pas vu ce qui s'est passé entre eux. Je sais qu'il les a violemment menacés. Depuis, ils n'ont pas refait surface.

 Rog était un prédateur, Andora le savait, et cela ne l'étonnerait donc pas d'apprendre qu'il avait éliminé les deux autres frères aussi sûrement que le benjamin dans l'écurie. Toutefois, la joie de vivre de la barmaid balaya rapidement ces pensées, et Andora passa plusieurs heures en sa compagnie, appréciant la fraîcheur et gaieté d'Annie, qui dénotaient avec l'humeur souvent guindée de la cour. La princesse comprit alors que la taverne n'était pas bruyante, mais dynamique et enjouée, emplie de la bonne humeur et de la convivialité de ses consommateurs. Plusieurs hommes - brigands, voleurs, anciens prisonniers- vinrent se présenter à la princesse, avec familiarité mais générosité, si bien que la jeune femme n'avait plus peur et ne ressentait plus l'absence de Rog comme un malaise. Elle ne retint pas l'histoire ou le nom de chacun, mais certains la marquèrent particulièrement, comme Lorelio, un ancien soldat du roi qui avait été renvoyé de l'armée pour insubordination, ou Oengus, un monstre de muscles au visage couturé et couvert de cicatrices, mais dont la voix douce et fluette contrastait fortement avec son physique de colosse. Elle resta un long moment en compagnie de ce brigand au grand cœur, qui lui fit découvrir l'un de ses talents cachés : la sculpture sur bois. Andora se détendit progressivement et à la fin de la journée, elle se sentit même bien dans ce lieu si spécial et ne s'offusquait plus que tout le monde la tutoyât malgré son rang social.

Lorsqu'elle sortit du bar, le jour déclinait doucement. Elle s'approcha de son cheval et profita de l'air frais pour faire la mise au point sur ce qu'elle avait vécu et appris aujourd'hui, tandis que Rog s'avança vers elle pour détacher sa propre jument.

  • Merci, messire Rog. Ce fut une excellente expérience.

Le voleur leva les yeux vers elle, encore étonné qu'elle n'ait pas abandonné le 'messire' depuis le temps qu'ils se côtoyaient. Il haussa finalement les épaules et lui sourit doucement.

  • Je t'avais dit que cet endroit était génial. Et Annie sera ravie de t'accueillir si un jour tu viens ici sans moi.

La princesse acquiesça doucement et se mit en selle. Le voleur la suivit quelques secondes plus tard et ils firent le chemin inverse afin de retourner au palais. Le silence des bois fut rapidement brisé par le chuchotement d'Andora qui atteignit pourtant le voleur aussi sûrement qu'une flèche décochée par le meilleur archer :

  • Vous les avez tués, n'est-ce pas ?

Rog tourna vaguement la tête vers elle, le regard perdu.

  • De qui tu parles ?
  • La fratrie Racov. Vous avez éliminés les deux autres, comme Graveh…

Le voleur garda le silence et braqua de nouveau son regard sur le chemin que suivait sa jument.

  • Pourquoi ne répondez-vous donc pas ?
  • À quoi cela servirait, soupira le brigand. Tu as vu la mort de Graveh, je pense que ça te suffit. C'est Annie qui t'a racontée tout ça ?
  • Non.

Rog fit ralentir son cheval afin de voyager aux côtés de la princesse avant de reprendre la parole.

  • Oublie tout ça, tu veux. Ce genre de choses arrivent souvent par ici. Les gens disparaissent, c'est comme ça, alors il ne faut pas s'en faire. Les Racov n'étaient pas de bons gars, leur absence ne sera pas un mal en soi.

 Andora hocha la tête et se plongea de nouveau dans le mutisme tandis qu'elle guidait son cheval avec précaution sur le chemin du retour. Rog voyait le visage de la princesse se fermer au fur et à mesure qu'ils approchaient de sa demeure de pierre, et la conversation qu'ils venaient d'avoir n'était pas la seule responsable de son humeur morose. Elle qui avait été rayonnante et souriante en compagnie d'Annie et des habitués de la taverne, affichait de nouveau une expression dure et sévère à la simple pensée de retourner à son quotidien monotone. Le reste du voyage se fit dans le silence, le voleur ne souhaitant pas ternir davantage le ressenti de la jeune femme.

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De retour chez toi, ton 20m² te tire la gueule et le ciel a des allures de punition collective. Y’a des coquillettes mutantes sous cellophane dans le frigo, de la poussière sur les plinthes, ta mère dépose à peine un pied sur le seuil qu’elle dégaine déjà le bidon d’Ajax et la paire de gants en caoutchouc rose qui va avec…

Ton père est là aussi, à cinq mètres de ta mère, distance nonchalante, et le trousseau de la Meriva qui tinte vaguement entre ses doigts, derrière son dos. Ça t’étonnera toujours, l’espèce de froid cordial qu’il y a entre eux, cette façon qu’ils ont de s’accommoder l’un de l’autre comme on s’accommode d’un parasite, deux inconnus bourrés de pudeurs hostiles pourtant largement dépassées, et même plutôt deux fois qu’une, il y a plus de vingt ans de ça.

Tu les as jamais vus autrement que comme ça d’ailleurs, depuis bébé. Depuis que ton père a aventuré sa coupe mulet comme MacGyver entre les jambes d’une minette trop consentante, à l’hiver 91. C’était en plein mois de février : il a prétendu être coincé au bureau à cause du blizzard dehors et toi t’avalais ta morve et tes petits pots de légumes devant Dragon Ball Zed-Zed-Zed – du moins c’est ce que ta mère te rappelle à chaque fois qu’elle touche l’enveloppe de la pension, des restes aigris jusqu’aux pattes d’oie.

« Bon, on la descend cette commode ? », te demande ton paternel, aux aguets comme un employé Darty alors qu’au loin ta mère bougonne – mais il est bouché ce siphon ou quoi ? – à quatre pattes sous l’évier.

Tes parents ont fait deux heures de route depuis Tours pour récupérer cette commode dont tu ne te sers pas – à part pour t’y cogner le petit orteil quand t’es à la bourre. Tu l’as eu du pote d’un pote qui te l’a exposée comme un coupé-cabriolet huit tiroirs toutes options – « Un vrai fourre-tout, j’te dis. » – et toi t’as sauté sur l’occase comme on saute sur tout ce qui bouge quand on a envie de meubler son appart, des projets en vrac plein la cervelle.

Tu lui as envisagé quelque dessein prospère à la lueur du petit chandelier de l’entrée, tout ça pour réussir à en tirer que dalle au final : ça fait un an que tu la regardes tous les jours s’encrasser de poussière à force de trôner sur ton chemin sans jamais savoir comment l’aborder.

Un peu comme ton père.

D’ailleurs, ça ne t’étonne pas qu’il accepte que tu la lui refourgues.

« Mais elle est pas vieille cette commode, Catherine…»

« Non, elle est pas vieille, Patrick. », ta mère : acerbe à tendance exaspérée, côté passager.

« Elle est pas du tout vielle. En la faisant poncer, y’a largement moyen d’en faire quelque chose de bien. Largement. », ton père : la foi aux poumons, mains posées à plat sur la portière du coffre.

Ta mère l’ignore, te prend dans ses paumes, bisous mon chéri, appelle-moi toutes les semaines hein, travaille-bien, ne sors pas tard, embrasse Ruben pour moi, et n’oublie pas d’apporter les papiers à la CAF, Guillaume, yeux fâchés puis yeux tristes, tu vas me manquer mon bébé, et ton père qui sifflote par-dessus le volant, qui guette le vide avec conviction. Il attend que ça se passe, que tu te casses, pendant que les minutes, les Parisiennes et leurs talons lui filent autour. Pendant que ta mère pleure comme si t’étais mourant et qu’il la regarde de loin, comme ça du coin de l’œil – si ça continue c’est lui qui va se mettre à chialer devant la note du parking.

Et seulement quand tu te penches vers lui pour le remercier, là seulement ça lui prend : il t’encercle de son bras velu, grasse tapette à l’épaule, et quand tu te délaces d’un coup il a des yeux fiers ; il se redresse et te tape même la bise.

La bise.

T’en rigoles encore dans ton canapé devant Manchester-Milan en direct-live. Au fond du couloir, la commode a laissé comme un renfoncement évanoui dans le mur, une empreinte fantôme pile dans ta ligne de mire.
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MARQUE


En ce temps-là, Je me nourrissais d’herbe, de mirabelles et de mûres. Je me laissais parfois séduire par quelque bel étalon, mais seul le saphisme me faisait hennir de plaisir.
Un jour les hommes sont arrivés, avec leurs lassos et leurs révolvers à crosse de nacre.
Ils m’ont regardée hostilement, brutalement. J’ai galopé tant que j’ai pu. Une corde s’est abattue sur mon cou, puis une autre. Je suis tombée en suffoquant. Ils m’ont amenée dans un ranch et attachée à un arbre. J’ai tiré, mordu, ragé. Mais jamais je n’ai pu me délier.
À force d’être chevauchée, j’ai fini par me familiariser avec les hommes.
Ils me flattent parfois, disent que j’ai l’étoffe d’un champion. Ils dosent même mes aliments avec l’aide d’un nutritionniste.
Mais je ne me soumettrai jamais. Je les hais du haut de leur arrogance à l’odeur fade de leur épiderme. Jamais ils ne parviendront à me corrompre.
Jamais.
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PaulineLambrechts

Beaucoup répondent à la question " Qu'est ce que le bonheur?" par "la famille" ou "les amis" mais je trouve que c'est une réponse conventionnelle et qu'un certain nombre de personnes ont peur d'être jugées si elle répondaient autres choses. Pourtant le bonheur est très subjectif et je crois que les choses qui permettent d'y accéder changent en fonction de l'âge, de la situation ou du lieu de chaque personne et qu'il est beaucoup plus complexe que ce qu'on veut le faire croire. Il ne suffit pas de manger un "Kinder" comme le montrent les pubs ou d'acheter une grosse voiture ou un parfum. 
Pour ma part, je pense être heureuse lorsque je suis bien installée dans un fauteuil ou dans mon lit avec un bon bouquin. Je suis heureuse lorsque je suis au calme et que je peux me détendre. Je suis aussi heureuse quand j'apprend de nouvelles choses que ce soit à l'école, par moi-même ou grâce à quelqu'un d'autre. Ou encore quand je discute avec mon amoureux couchés l'un contre l'autre, quand on rit ou se chamaille.
Ces petites choses agréables contribuent au bonheur et sont des détails qui en facilitent l'accès. Mais dans quelques années, après mes études, je suis certaine que mes critères de bonheur changeront et que ceux-ci ne me permettront plus d'être parfaitement heureuse.


J'ai encore des difficultés à exprimer ce qu'est le bonheur car pour moi, c'est aussi un état de  plénitude qu'on ressent au plus profond de soi. Qui est beaucoup plus complexe à atteindre que le simple contentement. Vivre dans un environnement stable, gagner de quoi vivre convenablement et pouvoir rester fidèle à mes principes sont des critères que je juge important pour être heureuse dans ma vie future. Et même si nous ne savons jamais de quoi sera fait l'avenir,je me battrai pour les atteindre.
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