Epilogue Partie III

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— Tu savais qu'il dirait non ma chérie. Pourquoi tu t'entêtes encore ?

     Non, je ne savais pas. Du moins, j'avais nourri l'espoir visiblement illusoire que son père, son oncle, et Ethan, enfin tout le monde, réussisse à le raisonner à la dernière minute. Que lui mettre sous le nez un contrat prénuptial consciencieusement rédigé par mes avocats moins d'une heure avant notre mariage aurait un impact péremptoire **  sur mon fiancé. Qu'il rendrait les armes d'une bataille qu'il n'a pas réellement voulu mener de front, se contentant de « non ». Alors puisqu'aujourd'hui est le jour du « oui », j'avais pensé ...

     Echec Elly.

     Moi, je me suis prise des portes, mesures de « non-recevoir »à chaque fois que j'ai voulu amener cette discussion sur le tapis. 

     Installée sur le large pouf de la chambre dans laquelle Maëve et moi nous sommes isolées du reste de la fourmilière qui s'affaire à se préparer de l'autre côté de cette cloison, je tire nerveusement sur le nœud de mon peignoir qui cache mes dessous très révélateurs comme si cela allait pouvoir changer quelque chose au refus de Liam. Cette homme ne peut pas lâcher l'affaire, juste  une fois ? C'est qu'une signature, bon sang ! Et je ne peux pas même user d'un cynisme qui serait pourtant bien placer en disant « ça lui coute quoi ? » puisque c'est justement le sujet du litige.

— Je fais ça pour lui Maëve, maugrée-je entre mes dents serrées. Tu as essayé toi au moins ?

     Elle s'agenouille devant moi et prends mes mains qu'elle serre tendrement dans les siennes. Nos yeux se retrouvent, ce simple geste d'affection maternelle suffit à humidifier mes paupières maquillées. Je n'avais pas encore versé de larmes, il faut croire que cette femme formidable sait où et comment appuyer pour caresser mon cœur. Je ne peux que mesurer ma chance de l'avoir. De les avoir tous.

— Je ne vais pas te mentir, j'ai avancé ton point de vue bien sûr mais je ne vois pas la nécessité de lui faire signer un contrat prénuptial. Son père est du même avis. Ethan n'en a pas signé non plus et tu le sais. Vous vous aimez c'est tout ce qui importe. Ne cherche pas à faire les comptes Elly, me sermonne-t-elle sans se départir de sa bienveillance innée. Il n'en voulait pas il y a deux mois, il n'a pas changé d'av...

— Mais c'est votre patrimoine ! On ne parle pas d'une voiture ou d'un prêt bancaire là, mais de plusieurs milliards ! Du travail de toute une vie, de vos vies !

     Ils me désespèrent, tous. Je veux juste protéger Liam et ce qui lui appartient.

     Un voile de brume se dépose sur ses traits délicats. Elle inspire puis poursuit :

— C'est son patrimoine, et le tien à présent. Personne ne doute de la sincérité de tes sentiments, ni que vous soyez faits l'un pour l'autre. Lyanor, tu crois à ce mariage, n'est-ce pas ?

— Évidemment !

       Évidemment que j'y crois. Je le sens au plus profond de mon âme que Liam est cette entité vitale à mon épanouissement. Il est mon engrais, mon roc et mon soleil. Il m'a fait tomber oui, mais c'est ainsi que j'ai pris racine. Bien que je n'avais aucune intention de penser à cette enflure de Cooper, et que lui et l'homme de ma vie n'ont pas à être comparés, ils n'ont rien de comparable, je ne peux qu'admettre qu'accepter la demande en mariage de Pettersen -pour ne pas dire de Brittany- était synonyme d'une certaine abnégation utile dans ma poursuite de l'émancipation. D'une certaine manière, je me sacrifier pour faire plaisir à la femme qui tirait les ficelles de ma vie, mais je pensais y trouver une satisfaction tout de même. Pourtant, prédominée une résignation. Je n'étais pas impliquée dans cette union, me laissant glisser sur les flots à la force du vent. Cette demande, ce n'est en plus pas vraiment moi qui l'avais acceptée. Au contraire, quand Liam s'est mis à genoux sur le sable chaud, ma réponse m'est apparue telle une évidence. Cet homme est mon évidence. Le seul. Le synonyme de mon bonheur, de mon futur.

— Parfait. La question vient donc d'être archivée, définitivement, tonne-t-elle.

     Maëve se relève en prenant soin de ne pas froisser sa robe cocktail nacrée. Je la vois récupérer le contrat prénuptial qu'elle avait déposé sur la coiffeuse, son fils le têtu ayant décidé qu'il ne servait à rien. Oui, j'espérais qu'il change d'avis à ce sujet et ... eh mais ...

— Maëve non !

     Trop tard.

     Sous mes protestations, elle déchire le document quatre fois puis le jette dans la corbeille à papier avant de revenir nonchalamment près de moi, debout, ahurie.

     Ils sont tous fous !

     C'est de famille.

— Voilà. Maintenant que ce problème est aux oubliettes, veux-tu que je t'aide à passer ta robe ma chérie ?

     Elle avise le portant et la pochette en tissu cachant ma tenue. Un grand sourire fend mon visage, mon corps ayant lui aussi décidé qu'il faudrait se contenter de ce refus. J'hésite, mais je préfère garder la surprise, alors je la congédie gentiment avec une accolade revivifiante et fais rentrer Gina, la sympathique quadragénaire qui elle, est censée m'aider à me préparer. Et puis seules Mélia et Neve ont assisté à mes essayages, et je tiens à ce cela reste le cas. J'aimerais vraiment partager ce moment avec elle, celle qui a été plus présente pour moi depuis un an qu'une autre femme durant vingt-cinq ans, mais je sais qu'elle ne sera pas déçue de l'attente.

— Allez Elly, c'est le moment ! m'encourage Gina.

     Oui, c'est enfin le moment, alléluia ! 

     Savoir que Liam est arrivé une heure après nous dans ce domaine somptueux qui accueillera la cérémonie, qu'il est là, tout proche, à quelques murs à peine, ça m'a rendue encore plus à crans que d'ordinaire. Je veux le toucher, l'embrasser, le sentir et surtout, je veux l'épouser pour pouvoir enfin écrire le plus beau tome du reste de ma vie.

Notes :

* Due Date : Date supposée de l'accouchement.

** Péremptoire : fait/dire qui détruit d'avance toute objection ; contre quoi on ne peut rien répliquer.

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