Les Images. Partie II

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Le son des touches sur mon clavier que mes doigts martèlent me tapent sur le système. C'est mon troisième rapport depuis ce matin. J'enregistre mon travail, puis en glisse une copie sur le cloud commun de mes deux patrons, celui d'Aaron, aussi. 

     Il me faut un thé.

     Je m'adosse à mon confortable siège en me massant les tempes. C'est tout juste si je n'ai pas envie de m'étaler sur le sofa. Comme une larve.

— Petite pause ? me demande Molly, l'assistante recrutée pour me remplacer durant mon «congé maladie prolongé », et qui est à présent...

L'assistante des assistants.

    Oui, quand j'y repense, c'était un grand moment. Ces deux types ont un vrai problème ! 

     Si je ne pouvais en avoir qu'un ... je serais bien heureuse. 

     Mon regard se porte sur le tableau du majestueux lion à la crinière colorée. Je l'aime bien. J'ai beau bouger, j'ai toujours l'impression qu'il me suit. Me surveille. Ou me veille. Mais il y en a un autre, qui a un effet sur moi. Une toile bol d'air

     Une image calme mais puissante à la fois. Un paysage. Un panorama. Une fenêtre sur la Nature que je ne peux pas fermer puisqu'il est  accroché sous mon nez, sur le pan de mur face à mon bureau. Il semble si vivant que je peux presque sentir le vent et les arômes des végétaux mouillés de rosée. Les effluves de l'océan, la sensation du sable et de la terre volcanique sous mes doigts.  Je peux rester ainsi plusieurs minutes, à le contempler, comme si je lui parlais. Ou que j'attendais que lui, me dise quelque chose. 

     C'est étonnant, qu'il y ait autant de tableaux à cet étage, d'ailleurs. Il n'y en a que quelques-uns, aux inférieurs. 

     Mais aux inférieurs, il n'y a pas les quartiers des Big Boss. Après tout, c'est leur déco, ils font ce qu'ils veulent !

     J'ai besoin de bouger si je ne veux pas m'empâter plus que je ne le suis. J'ai pris des bonnes résolutions sur ma condition physique, si tant est que j'en ai une, et il va bien falloir commencer par quelque part. Je dois marcher. Et d'après ce que j'ai entendu dire, le sport aide à se vider l'esprit. C'est exactement ce qu'il me faut. Beaucoup de sport. J'ai conscience que les premières fois vont faire mal, mais bon, les premières fois ne sont jamais très agréables !

      Alors je prends les choses en main. Dès ce soir. 

     Je vais dîner avec une ancienne camarade. Tard, vu l'heure à laquelle je vais me pointer là-bas, mais je n'avais pas trop le choix. C'est limite si on ne devrait pas se faire un petit déj. Pas grave... Elle est devenue coach sportive, je compte sur elle pour me concocter un programme à suivre. Je m'organiserai en conséquence. L'organisation étant bien un domaine inné chez moi, puisque je n'ai eu aucun problème ces deux dernières semaines dans cet aspect du boulot. Même si je soupçonne Ethan de me faciliter la tâche

     Ma copine...je ne l'ai pas vue depuis ... mauvaise tournure. Je soupire intérieurement de cette putain de condition. Pas qu'intérieurement. Punaise !

Je suis de plus en plus vulgaire. Dans ma tête, du moins. Mélia a vraiment déteint sur moi. Non pas que je m'en plaigne. Si elle peut m'aider à m'affirmer un peu, c'est bien. Bien qu'avec mes patrons, les choses se sont faites assez naturellement, quand je me rebelle. Pas que dans nos relations pros, d'ailleurs. Bref. Je me perds même dans mes pensées. C'est la merde, ma pauvre cocotte...

     Bref. C'est encore le bordel là-haut. Et je ne vois pas d'amélioration malgré ce que m'a encore répété la psy, ce matin. Pour elle, ce qu'il s'est passé hier est positif. Qu'elle aille expliquer son point de vue à ma hanche ...

Focus, Elly.

     La dernière fois que je me souviens avoir passé un moment avec Reese,  c'était en fin d'été dernier. Nous avons du temps à rattraper ... et ça me fera du bien de m'évader. Même si c'est là-bas. M'évader d'ici. Trop d'ondes que je ne sais pas interpréter. Je dois me tirer pour me purger, entre autres. D'autant plus depuis ma rencontre fortuite avec une connaissance dont je n'ai aucun souvenir. Mais d'abord ...

— Thé ? me devance Molly quand elle me voit me lever et m'étirer, alors que je n'ai toujours pas répondu à sa dernière question, aspirée par mes idées qui prennent trop de place.

— Tu lis dans mes pensées !

      Cette fille est géniale. Je dois penser à le notifier au RH. Elle est non seulement très belle, avec sa peau caramel, ses grands yeux noirs, sa longue chevelure bouclée et ses lèvres pulpeuses maquillées d'une rouge cerise qui lui va à ravir, mais en plus, elle est d'une aide précieuse. Elle jongle entre Aaron et moi, donc, entre les dossiers de Walsh et Kavanagh. Sans s'emmêler les stylos, en plus. Elle ne se moque pas ma bêtise quand je parle toute seule, ou plutôt, quand je maugrée contre la terre entière de venir me briser les talons toutes les trois minutes. Aujourd'hui en particulier. Je ne sais si la pleine lune approche, mais moi, ma patience relative se barre à toute allure ...

— Je vais nous en faire deux ! 

—  Je dois descendre, je serai de retour dans dix minutes, ne te presse pas, je la préviens avant de quitter le bureau, non sans avoir poser les yeux une dernière fois sur la toile. Elle m'attire. Je ne vois pas d'autres mots.

     Enfin mieux vaut elle qu'un autre.

     Ne pas y penser. Rester focaliser sur ce mon planning de demain.

     Je marche jusqu'à l'ascenseur, balayant mentalement ce que j'ai prévu, me rappelant qu'il va falloir que je prévienne Mélia quand je vois que les aiguilles de ma petite montre rouge ont sacrément avancé. Double merde ! J'espère qu'elle ne sera pas l'appartement quand j'y repasserai...

— Lyanor, prononce une voix qui fait vibrer ma petite culotte tandis que les portes métalliques s'ouvrent.

     Bon sang, ça ne peut plus durer ! Et cela me conforte dans mon besoin de prendre l'air.

     Ok. Je me suis plantée en pensant que Liam et moi, on se détestait. Je ne sais même plus pourquoi j'en étais venue à cette déduction. À en croire Ethan, nous nous entendions  très bien avant l'enlèvement. Mais maintenant que je dois réapprendre à avoir une amitié avec lui, je me pose tout un tas de questions, dont certaines de plus en plus dérangeantes. Sur moi.

— Elly ! s'enthousiasme Ethan comme s'il ne m'avait pas vue il y a... deux heures.

— Monsieur Walsh, Monsieur Kavanagh, je les salue poliment, me décalant pour laisser passer deux employés, ainsi que mes patrons.

     Mais eux ne bougent pas. Le PDG retient l'ascenseur d'une main, invitation silencieuse à les rejoindre dans la cabine. J'ai soudain l'envie de retirer mes escarpins et de passer par l'escalier. Ce qui ne serait pas une mauvaise idée, continuité de mon ambition de me muscler un peu.

     Décidée à ne pas y passer la fin de journée car ne pouvant pas me permettre de faire des heures supplémentaires aujourd'hui, j'entre, évitant de croiser leurs regards. Il y en a pourtant un que je sens insistant, car il brûle ma peau.

— Tout va bien Lyanor ?

— Oui. Merci. Votre déplacement à Atlanta s'est bien passé ?

— Nous ne sommes que tous les trois. Pourquoi tu me vouvoies ? Et quel étage ? me demande Kavanagh dont la voix indique un certain agacement.

     Proportionnel au mien, et dû au fait qu'ils ont autre chose à faire que de m'escorter.

     Ma conscience lève les yeux au plafond. Ok. Je suis d'une mauvaise fois sans nom, aujourd'hui. Mais moi, j'ai des circonstances atténuantes. Une liste à rallonge. J'en viens à m'insupporter moi-même. Je suis un cas désespéré.

Qu'aujourd'hui ?

— Ressources humaines, je lui réponds les yeux vissés aux portes qui se referment.

— Pourquoi ? s'enquièrent les deux hommes suspicieux en même temps.

— Parce que. Besoin d'un document, dis-je laconique.

     J'essaie de retenir ma respiration, mais c'est peine perdue. Mon corps se remet en roue libre. C'est ainsi depuis des jours. Et c'est bien le problème. Pour la solution, je suis sûr le coup. Et je crois même tenir l'explication. Le pourquoi du comment. En attendant la délivrance, je suis parcourue d'une onde électrique qui fait frétiller tout mon épiderme jusqu'à la racine de mes cheveux, à cause d'une odeur boisée qui s'impose dans mes narines et mes poumons. Pas celle d'Ethan...

     Il faut que je réagisse avant de faire un truc débile au possible qui me foutra la honte de ma vie.

      Mon corps est un traître. Il me gâche la vie. Comme si je n'étais pas assez sur les nerfs, il en rajoute une couche. J'ai tout de même du mal à lui en vouloir. Liam n'est pas mal. Bon, il est plus que pas mal, le type. Si on fait abstraction de son tempérament de merde quand il a son costume et qu'il est en mode grand patron hyper canon. Oh pas avec moi, mais avec les employés en général. Et encore, je me suis laissée chuchoter qu'il y avait eu une amélioration notable de son caractère depuis plusieurs semaines. Je n'ose même pas imaginer alors à quel point il devait être imbuvable. Quoi que ... il est parfois si imbu de lui-même! Mais une vraie girouette.

     J'ai parfois du mal à le suivre. Ce n'est même pas du lunatisme. Il change en un claquement de doigts. J'ai même demandé à Amélia s'il ne serait pas bipolaire. Elle m'a d'abord regardé avec des yeux plus ronds que des boules de billard, avant d'éclater de rire. Je n'ai pas tout compris. Enfin si, j'ai bien une supposition qui implique une histoire de génétique, mais je n'oublie pas que c'est de son cousin dont je lui parlais. Alors je n'ai pas poussé le bouchon trop loin. Dans l'arbre généalogique, j'entends.  Comment on est devenus amis lui et moi ?! Un vaste mystère ... je devais me sentir sacrément seule. Non pas qu'il ne soit pas sympa, il est parfois attentionné comme Ethan, mais il y a une aura que j'appréhende difficilement; à la tour en particulier.

     Putain il va me rendre dingue !

     Et il ne le sait même pas...

     La cabine entame sa descente. J'ai l'impression de chuter tant je suis consciente de sa présence derrière moi. Je suis folle.

     Pour briser le silence et avoir un point d'ancrage à mes pensées qui empruntent un chemin licencieux qu'elles ne devraient pas, je me recolle dans mon rôle de première assistante :

— Le dossier pour votre prochaine réunion est prêt et sur votre bureau, Monsieur Walsh.

— Elly, j'en ai ras-le-bol de tes <monsieur> au bureau, râle-t-il. Tu me tutoyais avant, et donc, on s'interpellait par nos prénoms. Et tu me tutoies en dehors...

     Round 2652.

— Aujourd'hui j'ai besoin de compartimenter. Je n'aurai plus ce que j'avais, Ethan, je me tourne sans l'avoir ordonné à mes pieds, mon portable serré entre mes doigts, et un ton plus sec que je ne l'aurais voulu. Personne ne va mourir parce que je te vouvoie quand nous sommes ici, ok ? Alors cesse de faire une fixette s'il te plaît !

Oui, je vais le dire Elly: LOL.

     Bravo...tutoiement, le retour en force.

     Crédibilité : réduite à néant.

— Ok... je suppose que Mélia et toi en êtes à peu près au même endroit de vos cycles, ronchonne-t-il certainement plus pour lui que pour moi, ou pour Kavanagh.

    Le cliché... à mon tour d'être excédée et de soupirer en levant les yeux.

— Putain le tact Ethan !

    Merci, Boss... Mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité. Je l'ai vu recadrer l'une des secrétaires en haut, et c'était vraiment pas beau à voir. Je ne suis arrivée qu'à la fin, je ne connais donc pas la raison de son emportement juste avant de partir pour Atlanta hier matin, mais il aurait gelé l'enfer en deux minutes, tout tact rangé dans un placard. J'ai eu l'impression de découvrir une facette de lui, tout en ayant l'étrange intuition que ce n'était pas la première fois que le glaçon me réfrigérait le sang.

     Mais même de replonger dans les images qui s'étaient affichées sous mes yeux, la température de mon corps qui en appelle un autre ne descend pas.

     Folle à lier...      Une impression de déjà-vu me surprend une seconde. Comme si nous avions tous les trois déjà vécu une scène similaire. Ici.

— Excuse-moi Elly. C'était indélicat, encore plus sur ton lieu de travail. C'est sexiste et absolument pas represen...

— C'est bon, je le coupe quand les portes de rouvrent doucement.

     Mais leur mouvement cesse avant même que je n'ai assez d'espace pour m'échapper.

     Kavanagh passe son badge et oblige les porte à nous rendre notre intimité, sous les yeux éberlués de ceux et celles qui attendaient l'engin.

— Le jet décolle à 18h30, Lyanor, énonce Liam bien trop calmement pour que cela ne cache rien.

    Presque trois semaines que je le côtoie. J'ai assez vite réussi à mettre l'étiquette <milliardaire> de côté. Surtout grâce au fait que le groupe mène une vie somme toute normale en dehors de la tour. C'est ce qui m'a le plus étonnée. Car quand Mélia me parlait se son Ethan il y a encore un mois, elle me contait dans les détails toutes les choses pharaoniques qu'ils avaient déjà faites et vues ensemble. Puisque je fais attention à tout, j'ai déjà appris à décrypter ses réactions. Ainsi que celles d'Ethan.

    Son calme risque de vite voler en éclat. Je ne saurais dire pourquoi je vois d'ici ce qui va suivre, mais je le sens.

     Allez... tant pis. Mélia, promis, je t'appelle dès mon retour dans mon bureau !

     Stratégie : noyage de poisson avant tsunami.

     — Écoutez, je pivote de nouveau vers eux prise d'une vague d'émotion que je n'avais pas convoquée, je ne vous l'ai pas encore dit, mais merci.

— Merci de quoi Lyanor ?

     Sa voix se fait plus dure, inquisitrice. Je lutte, mais rien à faire. Ce n'est pas le poisson qui se noie, c'est moi dans l'océan de cet homme.

     Ce n'est plus possible. Je suis détraquée. Le manque de sommeil... ou de galipettes.  Ou les rêves bizarres que je fais. Ou tout à la fois !

— Merci d'être venus me chercher à Seattle, j'avoue l'estomac retournée retenant une larme. Je sais que c'est parce que vous avez aidé Taylor et Amélia que la cérémonie a été interrompue...

— On l'a fait pour toi, Lyanor. Ne mélange pas tout!

— Oui Elly, m'enlace doucement Ethan de son bras droit, ce sont nos sentiments pour toi qui nous ont fait agir. Amélia ou pas, nous ne t'aurions pas laissée!

   Ils échangent un regard furtif. Liam semble de plus en plus tendu. Pourtant, je jurerais qu'il a dû se détendre il y a peu...

Jalouse ?

     L'heure tourne. Je me note d'étudier tout cela à tête reposée... et quand mon corps et ma tête aurons retrouvé leurs esprits.

L'espoir fait vivre, Elly.

— Merci quand-même... c'était...enfin je ...

     Je ne serais plus là sans eux.

— Je ne pars pas avec vous.

Silence.

— Comment ça tu ne pars pas avec nous ? me demande Liam qui croise ses bras sur son torse. Amélia t'a bien dit qu'on allait dans les Hamptons, non ?

    Il fait chaud ici, non ?

Non, c'est toi.

      Oui, elle me l'a dit hier. Mais je ne comprends pas pourquoi il le prend ainsi, même si j'avais anticipé ce type de réaction. Excessive, disons-le.

— Mais Elly... tente Ethan en posant ses deux mains sur mes épaules dénudées.

     Oui, j'ai déniché une petite robe bleu marine qui m'a tapée dans l'œil. Mais ce n'est pas le sujet. Je m'éparpille de plus en plus. Traitement de merde...

— Je ne viens pas, c'est tout. J'ai d'autres projets pour le week-end.

— Quels autres projets, Lyanor ?

      Oui mais non. S'il réagit ainsi, avec sa grosse voix et ses yeux brillants qui semblent faire mouiller la moitié des femmes de KMC, moi, je ne tiendrais plus mon corps.

     Ils attendent. Ils m'agacent à jouer les grands-frères !

— Je pense qu'on a tous besoin d'air, c'est tout. Ethan, il faut que tu passes plus de temps avec Mélia. Sans moi. Plus que des parties de jambes en l'air entre deux portes, je lui dis les yeux dans les yeux mais le feu aux joues d'en arriver là. Ça fait des semaines que vous êtes au ralenti dans votre histoire à cause de moi.

     Il va pour parler mais je l'en empêche.

— Je vous remercie sincèrement d'avoir joué les baby-sitters, mais je vais mieux, mens-je avec une facilité qui ne me plaît pas. Alors chacun va reprendre sa vie. Nous sommes tout le temps ensemble. J'ai besoin de souffler un peu, et je crois que la copine de Liam a besoin de lui. D'ailleurs, il faut que tu la rappelles...

— Quelle copine ?? C'est quoi cette histoire ? s'étrangle-t-il une main dans ses cheveux bruns.

— Copine, plan cul... j'en sais rien, j'ai pas demandé de précisons, Liam. Ta vie privée ne me regarde pas ! Mais je parle de la fille d'Atlanta. Apparemment tu as oublié un truc, et elle voulait savoir quand tu avais prévu d'y retourner, mais tu étais en vol donc elle m'a appelée. Enfin je n'ai pas compris pourquoi moi, c'est Aaron ton assistant!

    Oui, d'ailleurs je ne percute que maintenant.

— Bref, je hausse les épaules en appuyant sur l'ouverture des portes face à leurs têtes ahuries. J'ai un vol pour Seattle, moi.

— Je ne sors avec personne, Lyanor... gronde-t-il en m'attrapant le bras. Elle t'a dit quoi?

     Son constat est dur, mais il me fait vibrer. Ses yeux me sondent avec une intensité qui me coupent le souffle.

— Je t'ai envoyé un mail. Tu n'auras qu'à regarder.

— Liam on vous regarde... l'avertit Ethan.

     Mal à l'aise, je me dégage de sa prise, les jambes flageolantes.

     Non, je dois faire quelque chose et vite. À trop rester avec eux, à ne voir qu'eux, mon corps a développé une attirance irraisonnable pour mon patron. Une espèce de syndrome de Stockholm. J'ai besoin de m'envoyer en l'air.

     Oh mon Dieu je l'ai dit !

— J'ai besoin de me changer les idées. Je vous souhaite un bon week-end, Messieurs.

     Je quitte la cabine le plus vite possible. Je sais que je n'ai pas gagné. Ce serait trop simple. Mais j'ai autre chose à vérifier, avant de justement,  me mettre sur pause ce week-end. J'ai besoin d'être loin. Encore plus si ce que la fille que j'ai croisé avant hier disait la vérité. Mais pourquoi mentirait-elle ? Et pourquoi Amélia ne m'aurait-elle rien dit ?

— Bonjour. Je suis Lyanor...

— Je sais qui vous êtes, Mlle Johnson, me coupe la secrétaire avec un gentil sourire. En quoi puis-je vous aider ?

— Je voudrais voir M. Darmont s'il vous plaît.

— Il est en rendez-vous. Mais si vous me dites ce dont il s'agit, je pourrais peut-être vous être utile.

     Ceci dit elle n'a pas tort.

— J'aimerais la copie de mon contrat ainsi que de mes bulletins de salaire, s'il vous plaît. Je ne les trouve plus et j'en ai besoin.

     Oui, besoin.

     La secrétaire du RH acquiesce, et me prépare ce que je lui demande. Sa tâche terminée, elle me tend un dossier que je n'aurais pas pensé aussi épais, glissé dans une pochette bleu. Mon coeur rate un battement, mon ventre se tort de stress. C'est quoi, tout ça ??

Ce que tu as demandé, Elly.

     Je la remercie chaleureusement pour son temps, puis fais le chemin inverse. Mon téléphone bipe. Un message de Liam me disant qu'il faut qu'il me parle et qu'il m'attend. Je lui réponds que je ne changerai pas d'avis pour les Hamptons ce soir. Et c'est le cas. J'ai un rendez-vous demain que je ne manquerai pas.

     Dans l'ascenseur, j'ose ouvrir mon dossier. Et j'en reste sans voix.

     La fille ne m'a pas menti.      Je rejoins mon bureau dans un équilibre sommaire. Les images m'agressent. J'espère ne pas avoir la même réaction qu'hier. C'était violent.

      Je rassemble mes affaires, explique rapidement à Molly que je dois partir. Elle ne comprend rien. Je la comprends. Je dois avoir l'air d'une folle. Je lui donne quelques directives, et me rends compte à la fin que c'était ridicule. Elle sait ce qu'elle a à faire, probablement  mieux que moi.

Mes gestes sont gauches. Tout est flou. Il faut que je file. J'aurais peut-être un vol avant. Je dois changer d'air. Et m'envoyer en l'air.

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