Loin des yeux

26 minutes de lecture

Liam.

Il y a vraiment des choses à faire en matière de législation, dans ce pays. Dans d'autres aussi, je ne me fais aucune illusion là-dessus; nous pataugeons dans un marécage d'incompréhensions à une époque où nous sommes capables d'envoyer des navettes à des années lumières de notre civilisation encore bancale. Je m'en rends d'autant plus compte maintenant qu'il m'a été nécessaire de plonger dans le lac boueux de la justice.

Tout cela mériterait d'y mettre plus qu'une bonne dose de logique, car il en manque, beaucoup. Une carence à provoquer un évanouissement général pour peu que nous ayons la foireuse idée d'y foutre le nez dedans. Et dire que notre société dans son ensemble est basée sur cet infame merdier! Même sous traitement contre la calvitie, c'est à s'arracher les cheveux et à se demander d''où vient un tel manque de discernement. Et surtout : pourquoi est-il est encore en vigueur de nos jours ? On se plait à claironner à tout va, au portevoix, que nous sommes l'une des plus grandes puissances mondiales de notre ère. Belle caricature de notre impuissante faiblesse, nourrie à la graine et l'ancre de la connerie en concentré. Comprenez : notre Constitution. Nos lois. Ce qui dicte nos vies, de la naissance à la tombe. Nul besoin de le préciser, nos parlementaires ont du boulot jusqu'à l'extinction de la race humaine. Et ils n'auraient toujours pas terminé.

Malheureusement, ils sont bien trop contrôlés, muselés, asservis par les lobbys. Ces véritables poids lourds de nos administrations qui jouent la carte de l'opération Escargot Léthargique et cadenassent nos politiciens, les empêchant de s'attaquer au dépoussiérage de ce qui serait réellement utile à tous et chacun. Mais maintenir le libéralisme sur la détention d'armes les préoccupe bien plus que le bien-être de la populace, et de ses problèmes plus « commun ».

La bureaucratie n'aura jamais aussi bien porté son nom. Mais le sésame vers mon graal est enfin entre nos mains. Notre graal, car nous nous sommes tous investis dans la mission. Ethan a même proposé à nos avocats de les rémunérer directement en leur offrant un yacht, une villa ou des tonnes de stock-options. La situation ne lui a pas totalement fait perdre son sens de l'humour. Les tapes derrière le crâne par Neve et Amélia, en revanche, quelques neurones probablement. Mais il n'est plus à cela près.

Peut-être bien que si, à force ...

Trois jours que ses parents sont arrivés en oiseaux de mauvaise augure, pour nous priver de l'accès à Lyanor. Mon coup de sang n'a pas plaidé en notre faveur -en ma faveur- mais si ça n'avait pas été moi, c'est certainement Amélia qui lui aurait arraché les yeux puis couper la langue avec ses ongles. Ou Taylor l'aurait balancé par une fenêtre. Donc, qui que ce soit, finalement, ce pauvre type devait y laisser des plumes.

Et des dents.

Oui, mes avocats m'ont à la bonne. Il doit y avoir mon nom en fluo dans leurs agendas. Ils disent que je rattrape le temps perdu à avoir été «trop calme», comparé à Ethan et le nombre de fois où il a eu recours à leurs services en dehors de KMC. Tout compte fait, je ne suis pas le moins sanguin des deux. Je vivais juste trop loin du monde extérieur pour me mettre dans de sales draps. Jusqu'à ce que Lyanor apparaisse, qu'elle déglingue l'opacité de mes yeux pour me rendre la vue, désincarcère ma tête, mon cœur. Mon moi.

Quitte à te faire incarcérer, toi.

Et chaque dollar dépensé en valait mille fois la peine. Je regrette simplement de ne pas avoir laissé plus de matière grise de cet enfoiré de Campbell sur le toit de Taoshi's, et de ne pas avoir déboîté la mâchoire de l'ordure qui se prend pour le père de Lyanor. Son pif a servi de piste d'atterrissage à mon poing, et amorti le choc. Enfin, quand je dis amortis, j'entends que je ne lui ai pas caressé les amygdales. Mais il va devoir respirer par la bouche quelques semaines, ce salopard prétentieux. Qu'il s'estime heureux, j'avais autre chose de plus urgent à régler que de lui offrir un nouveau sourire.

Trois jours que nous nous voyons refuser l'accès à sa chambre. Ça m'a rendu dingue et insomniaque, à la limite de l'internement. J'en reviens toujours au même point quand il s'agit des effets que cette femme à sur moi. Je visite chaque jour une nouvelle couleur dans l'infini camaïeu de ma folie. Pas de ton sur ton chez moi. Plus. Mais des dizaines de portes qui mènent portant toute au même point névralgique. Sauf à la sienne qui m'était interdite.

La Directrice de l'Hôpital n'a rien pu faire dans notre sens, le service juridique ayant corroboré les droits de la mère de Lyanor à dicter sa loi, une Hitler au féminin, malgré la majorité de sa fille. Cette cinglée n'a pas manqué de leur faire étalage des documents en sa possession comme un exposé en plein procès, prouvant que Lya avait effectivement tout signé il y a longtemps, lui donnant la possibilité de diligenter -une fois de plus- sa vie même dans la maladie. Légalement, nous étions donc coincés. Pieds et mains liés. Bouches aussi, nos avocats nous ayant conseillés de nous la jouer tête baissée pour ne pas trop éveiller de soupçons sur nos actes dissimulés loin de leurs yeux et ainsi conserver un coup d'avance. Pour les prendre par surprise.

Mauvaise pour eux, la surprise.

Et pour parfaire le tableau de cette éloignement forcé, deux agents de sécurité embauchés par les Baumont -affectueusement surnommés « raclures de bidet de Satan par Neve »- se chargeaient à la perfection de bloquer le passage. C'est qu'ils ne voulaient vraiment pas que nous puissions approcher celle qui depuis cinq mois les fuyait comme la peste noire. Tel le fléau qu'ils sont pour elle. Cependant elle ne s'en souvient pas, et c'est précisément ce qu'il leur fallait pour tenter de reprendre le contrôle sur elle. À croire qu'ils souffrent tous les deux d'un besoin pathologique de l'infantiliser pour se sentir exister. C'est eux, qu'il faut interner avec camisole de force, et à qui il faut retirer tous leurs droits. Ce sont des sociopathes !

Bientôt.

Trois jours donc que Lyanor est hors de ma vue, hors de ma portée, loin de mes yeux mais toujours si près de mon cœur. Elle en est l'unique dépositaire, et cet état de fait ne changera pas à cause de ces deux vautours à la con. Ils ont eu approximativement soixante-douze heures à ses côtés, j'espère qu'ils en ont bien profité, car ils n'en auront pas une de plus. Pas aujourd'hui. La campagne de propagande et de lobotomie qu'ils ont lancée sur elle vient de prendre fin.

Je vais enfin retrouver la conservatrice du musée de ma santé mentale. Mon souffle, qu'elle a emporté avec le sien, faible, et que des machines lui permettaient de garder sain jusqu'à ce qu'elle n'ait plus besoin d'assistance. Cette d'image d'elle branchée à des tuyaux et des moniteurs, elle est gravée en moi à vie. Inoubliable par le creux de la désolante souffrance qu'elle a foré profondément dans mon thorax. Il faudra peut-être du temps pour qu'elle se retrouve, retrouve tous ses souvenirs. Nous en sommes tous conscients, mais impatients, bien que prêts à devoir être patients. Le temps sera de notre côté, et nous aux siens. Je l'ai dans la peau. La sienne me manque, la mienne crie chaque seconde passée loin d'elle à l'injustice de leur séparation.

Si nous n'avons plus pu obtenir d'informations médicales sur son état, ni sur le degrés de son amnésie, sa forme, ses causes exactes, nous n'en sommes pas moins restés les bras croisés. Nous avons consulté des spécialistes, pour l'aider, l'accompagner. Neurologues, psychologues, etc. Mettre en place des solutions. Entendre toutes les possibilités, y compris les plus alarmistes, n'a pas été une partie de plaisir, pour aucun de nous.

Je ressens encore les stigmates glaciaux des frissons d'inquiétude qui avaient cogné mon corps, puis corrodé mes tripes. Plus la liste exhaustive des troubles éventuels s'allongeait, plus la guerre entre la gelure de mes craintes et la lave de ma colère devenait outrageusement exaltée en moi. Une agression longue, difficilement supportable car à vif. Sans anesthésie. Une offensive ciblée. J'ai fini avec des cloques sous-cutanées à vous faire exploser le crâne tant la raison devient aliénée. Des ulcérations internes pesantes, tant la fusion de la glace et de la lave a laissé sur son passage des caillots aux allures de roche volcanique. Des amas inertes aussi lourds que du plomb, qui me lestent, m'oppressent. C'est le fardeau de mes angoissantes appréhensions. De ma haïssable peur, qui jamais ne doit rouvrir les portes à la noirceur.

Alors s'il faut me faire violence, me bâillonner pour ne pas tout lui hurler, pour ne pas aggraver son état psychologique, ni lui provoquer de « crise » pour citer les médecins, alors soit. J'en serai capable. Car je sais. Moi, je sais qui elle est, souvenirs ou pas. Je connais son identité. L'amour ne ment pas. Il est un chemin, et nous ne l'avons pas quitté, juste ralenti notre marche ; plus elle que moi, d'ailleurs. Elle est peut-être derrière moi, mais je ne lui ai pas lâché la main pour autant. Je ne le ferai pas, quelle que soit la pente abrupte à monter, les rochers à escalader, ou les océans déchaînés de troubles à traverser.

Nous sommes toujours sur notre route infinie, depuis que nous nous y sommes rejoints. On ne peut ni la quitter, ni reculer. Car l'amour que Lya a allumé en moi ce n'est pas un simple brasier au bord du sentier un jour d'été, sur un tas de paille qui pourra s'éteindre par une petite averse. Non. L'amour qu'elle a enflammé aussi bien dans mon cœur que mon âme, c'est un incendie passionné, survolté, alimenté par chacune de ses respirations, prenant de l'ampleur à chacun de ses sourires; s'excitant à chacun de ses cris, qu'ils soient de colère ou d'extase. Rien ne peut le noyer, rien ne peut le calmer. Rien n'est capable de le paralyser. Seul le temps pourra, peut-être, et rien n'est moins sûr, canaliser sa fougue pour qu'il me le rende moins douloureux quand elle est loin de mes yeux. Mais j'aime cette douleur qui attise tout en moi, car elle signifie que je suis vivant, quand je sais qu'avant elle, je n'étais même pas un survivant. Ses regards qui me caressent sont la preuve que j'existe, sont l'essence même du pourquoi je suis là, et la réponse au pourquoi, avant Lyanor, je n'étais pas complet. Pas moi. J'existe dans ses yeux, et il n'y a que cela qui compte. Il n'y a que ça, et elle.

—Vous vous foutez de nous ! Dites-nous dans quelle chambre elle est !

— Mademoiselle Walsh, j'essaie de vous expliquer ...

— Nous avons la mesure d'éloignement , je l'interromps en lui tendant le papier avant que Neve n'agresse quelqu'un en perdant son calme. Je vous avais dit que nous y arriverions, Professeur.

Mais je n'avais pas une seule seconde envisagé que ce serait le parcours du combattant malgré une armada d'avocats plus féroces que des piranhas affamés. Il consulte le document, bien qu'il sache parfaitement de quoi il s'agit. Il a accepté de faire une témoignage écrit pour nos avocats qui se sont démenés afin qu'un juge consente enfin à accéder à notre requête : une mesure de restriction contre la mère et le beau-père de Lyanor, invoquant sa fragilité mentale. Il a fallu convaincre un haut magistrat de la nécessité de cette éloignement, car prouver le harcèlement qu'à subi Lyanor ces dernières semaines. Celui dont seule Amélia était au courant, et qu'elles nous ont cachés.

Si l'une ou l'autre avait parlé, les choses auraient été totalement différentes. Lya ne serait plus sortie non-accompagnée, même contre son gré. Elle n'aurait certainement pas été kidnappée. Ni elle, ni Ivy, qui, fort heureusement, n'a pas de séquelles de cet enlèvement, ne montre pas de trouble d'anxiété. Car elle était avec Lyanor, d'après le pédopsychiatre. Je ne blâme pas Amélia, elle n'y est pour rien, elle ne pouvait pas deviner ce qu'il allait se passer. Elle est restée loyale envers son amie car jamais elle n'avait imaginé que les choses prendraient une telle tournure. Ni que les Baumont soient capables de débarquer à New-York pour tenter de rapatrier leur fille à Seattle avant le kidnapping. Ni qu'ils soient tapis dans l'ombre depuis, attentant une opportunité même infime de pouvoir l'approcher pour lui remettre le grappin dessus.

L'emprisonner de nouveau serait plus exact.

La néfaste providence leur a offert bien plus qu'une petite occasion pour un tête à tête en dehors de nos yeux et de nos oreilles. Elle leur a tendu une magistrale aubaine sur un plateau d'or et de diamants. La conjoncture idéale pour qu'ils puissent redevenir les maîtres d'un jeu dont nous n'avons pas encore compris le but, mais cela va venir. Ils sont fourbes, nous sommes obstinés, car nous tenons vraiment à Lyanor, contrairement à eux qui se servent d'elle. « Plus jamais un jeu » avait-elle soupiré au début de sa crise d'angoisse dans les Hampton. Nous étions dans le flou, mais le vent va se lever pour nous montrer la vérité. Amélia et deux détectives privés sont sur le coup.

Il y a forcément une raison qui nous échappe encore, à tous ; y compris aux Scott. Car il ne s'agit en rien d'un soudain élan de protection de la part de Mme Baumont -ou de son édenté- envers son enfant. Son « faire valoir » comme l'a cruellement si bien défini Taylor. Mélia a donc énoncé toute la biographie de Lya, tout ce qu'elle sait d'elle, et surtout d'eux. Rien de réjouissant ni de divertissant dans son morne récit. De parents, ils n'en ont irrévocablement que le nom, et même pas le titre, comme le leur a si justement signifié la rousse il y a trois jours pour les remettre à leur place. Mais ils n'en sont pas.

Ils ne sont pas dans la recherche du bien-être de Lyanor, mais dans la tentative de corruption de son esprit pour mieux la contrôler. Ils auraient au moins pu la laisser dans la chambre où elle était, mais non. Même cela, ce confort pour qu'elle se sente moins dans un hôpital, ils lui avaient retiré dès le premier jour. À croire qu'ils avaient besoin de compter chaque dollar dépensé pour elle, pour sa santé, et pas que physique. Sa relative sérénité psychique, aussi. Ils me dégoutent autant qu'ils me répugnent, et je sais que je n'en ai pas terminé avec eux. Ni moi, ni les autres. Même mes parents vont sortir les griffes et ont deux ou trois petites choses en travers de la gorge à leur balancer. Moi, je vais me faire une joie de leur expliquer enfin que non, je ne suis pas que son patron. Je suis bien plus, là où pour moi, elle est tout.

Lya va rapidement pouvoir remigrer vers le calme, loin de toute cette agitation constante, et dans une chambre avec une vue bien plus agréable.

À présent que nous avons ce qu'il nous faut, que le service juridique de l'hôpital ainsi que la directrice en ont reçu copie de mes avocats, ils ne leur restent plus qu'à faire évacuer les deux tiques qui se sont accrochés telles deux sangsues anémiées à un bout de viande fraîche. Ils ne vont pas appréciés, et ils ne devaient pas s'y attendre. J'espère qu'ils tomberont si fort sur le cul qu'ils y laisseront leurs deux coccyx, ces pouritures. Nous sommes aussi conscients qu'il y a peu de chance qu'ils se laissent ainsi battre, et qu'un autre juge pourrait infirmer et casser la décision que nous avons entre les mains. Que le Professeur Brown tient entre ses mains et semble tenter d'apprendre par cœur, tout à coup.

C'est une restriction temporaire, mais cela laissera un laps de temps plus que suffisant à Taylor et Amélia, peut-être Neve aussi, d'aller parler à Lyanor. Même si ça me comprime le cœur de ne pas pouvoir la prendre dans mes bras tout de suite, de ne pas pouvoir me ruer sur elle pour lui hurler qu'elle m'a manqué, à quel point je l'aime, que c'est plus destructeur qu'une arme à gros calibre qui me tirerait dessus à bout portant, on ne peut pas faire les choses n'importe comment. Pas temps qu'on ne sait pas avec précision ce qu'il lui arrive, ce qu'elle vit, comment agir en fonction de son état.

Ce papier, c'est à la fois l'accès à Lya, mais aussi à son dossier médical. Alors que Taylor, Amélia qui ne devrait pas tarder car elle arrive avec des réponses pour le peu qu'elle nous a écrit par texto, et Neve qui serait capable de catapulter sur Uranus quiconque se mettrait en travers de son chemin, nous autres aurons le temps d'une petite discussion avec celui qui a contribué à cette victoire et ne risque dorénavant plus un licenciement, ou un procès pour violation du secret médical. Celui promis par les deux infames vilains.

Les Chevaliers Noirs.

Je me reconcentre sur Brown, qui ne dit toujours rien, muet comme une carpe décongelée, les yeux fixés sur ce qu'il tient comme un nouveau-né tout juste sorti du ventre de sa mère. Il extirpe un long soupire en se pinçant l'arête du nez, perceptiblement froissé. Mon stress se pointe en dansant sur un air entrainant. Je retiens d'autant plus mon souffle, suspendu à ses lèvres et ce qui va suivre quand il va appuyer sur la détente. J'ai la vision d'une obscure prémonition, et je sais qu'elle est sur le point de se réaliser :

— Eh bien, se racle-t-il la gorge, ce n'est pas que nous ne voulons pas vous donner son numéro de chambre mais que nous ne pouvons pas, nous annonce-t-il embarrassé.

— Ça veut dire quoi, ça ? je l'interroge en m'avançant plus vers lui.

— C'est écrit noir sur blanc, lui pointe du doigt le papier Ethan comme si le toubib avait pu mal interpréter l'intitulé.

—J'ai bien compris M.Walsh, et j'en suis navré. Mais...

— C'est une injonction restrictive temporaire, et les Baumont vont la contrer Professeur, insiste Taylor, mais cela nous donne le droit de ...

— On ne s'est pas compris, le coupe-t-il l'air toujours aussi penaud. Elle n'est plus hospitalisée chez nous depuis plus de vingt-quatre heures. Elle a été transférée sur Seattle, à sa demande, précise-t-il alors que je me sens devenir livide tout autant que les autres.

— Vous l'avez laissé partir ? demandons nous tous ensemble.

— Moi personnellement, non, se défend-il. Je n'étais pas de service les trente-six dernières heures. Je n'ai repris ma garde qu'il y a quelques heures, mais j'ai été accaparé par des urgences au bloc. Si l'on m'en avait informé, j'aurais fait en sorte que vous soyez au ...

— Alors qui ?

— Tout avait été prévu par Les Baumont pour qu'elle puisse être transférée rapidement dans l'État de Washington si nécessaire, nous rejoint Le Dr. Trumann, la directrice de l'hôpital. Il n'y avait pas de contre-indications médicales à un transport pour que nous puissions nous y opposer. Mademoiselle Johnson n'était plus dans le coma, sons état était stable, et elle a elle-même sollicité son départ pour rentrer chez elle.

— MAIS C'EST ICI CHEZ ELLE ! s'indigne Amélia verte de rage. Pourquoi l'infirmière à qui j'ai parlé hier d'accueil ne m'a-t-elle rien dit hier quand je suis venue !?

— L'infirmière Nevillier ne fait plus partie de nos effectifs, Mademoiselle, lui répond notre interlocutrice le visage fermé. Nous n'avions pas le droit de vous informer de notre propre initiative du transfert de votre amie, mais Madame Nevillier avait elle le droit de vous informer du départ de la patiente, bien qu'elle n'aurait pas pu vous donner d'autres informations.

— Mais elle ne l'a pas fait, constaté-je abasourdi, et cherchant comment parer au problème le plus vite possible.

— Non, et nul besoin de vous faire un dessin, M. Kavanagh. Vous êtes bien placés, tous, pour savoir que l'argent pervertit ceux qui en veulent toujours plus. Croyez-bien que je suis ...

— C'est pas possible ... Dans quel hôpital est-elle ? l'interroge Mélia qui s'affole en pianotant sur son portable sans même regarder son écran.

C'est Brown qui lève le voile :

— Au Medical Center.

— Vous êtes certain qu'elle est là-bas ?

— Excepté si elle a signé une décharge pour une hospitalisation à ... je vais me renseigner, nous dit-il sans avoir terminé sa première phrase, comprenant à la décomposition d'Amélia qu'il se passe quelque chose de grave.

— Mély ? s'enquiert Neve.

— Si on part maintenant, on peut y être dans moins de six heures en avion, et c'est si on trouve un ...

— Le jet, Amélia ! Ce n'est pas un problème, je la presse pris d'une angoisse qui me colle à la peau. Tu as appris quoi ? C'est en rapport avec son père, c'est ça ? J'avais raison ?

C'est forcément ça.

Le Dr. Trumann n'aurait rien pu dire de plus vrai. L'argent pervertit tout ceux qui l'auréolent et l'élèvent au rang de religion. Nous avons tourné le problème dans tous les sens, et la seule évidence qui est ressortit des dires de Taylor et sa sœur, c'est que la mère de Lyanor aime le fric. Le fric, l'odeur du fric, le goût du fric. Elle vit fric, elle pense fric, elle doit même rêver fric, cette bonne femme. Parce qu'en avoir, vouloir le montrer, se parfumer avec comme si elle se baladait avec une écriteau «Je suis riche» au cou, à l'image de son collier trop voyant et surdimensionné, afin d'étaler son oisiveté aux yeux tous, mais pourtant renvoyer sa propre fille dans une chambre standard pour économiser quelques milliers de dollars, c'est bien la preuve qu'elle fait tout pour en avoir toujours plus, quitte à considérer le bien-être de Lya comme du superflu. Une option inutile à ne pas cocher pour réduire les frais - que je paierai moi-même, mais ils ne le savent pas encore. Donc, sa motivation, c'est forcément l'argent. Depuis toujours. Il y avait forcément une donnée ignorée de tous, y compris de Lya. Et en remontant le fil de sa vie, une piste vraisemblable bien qu'immonde.

— Amélia ! la somme Ethan en lui retirant son portable des mains. Balance, après on avisera !

— Mais on a pas le temps !!! Tu ne comprends pas, elle a dit que ...

— Qui a dit quoi, Mélia ! la secoue aussi verbalement son frère ! Vous avez découvert quoi ? Tu as eu Delaware ?

— Oui, enfin oui et non, il n'a pas pu ... c'est pas comme ça ...

On n'est pas partis pauvre vieux.

— Mélia, respire un bon coup, lui conseille Neve, et lance-toi, parce que là ...

— On a fait des recherches sur son père, commence-t-elle en passant ses mains dans ses cheveux. Brent -l'un des deux détectives- a découvert que Brittany a un peu arrangé la vérité sur lui à sa sauce, enfin, vous ne serez pas étonnés, cette femme est bonne à séquestrer dans un asile de ...

Fous lier. Oui. On sait.

— Amélia, grondé-je pour qu'elle ne se centre que sur ce qui nous préoccupe et nous intéresse car les détails, on pourra en parler plus tard.

J'ai besoin qu'elle fasse un effort de focalisation et qu'elle occulte les itinéraires bis. C'est l'autoroute de l'info, que je veux, dans l'immédiat.

— Oui, tu avais raison Liam, admet-t-elle en me regardant dans les yeux, les siens bordés de larmes à la lisière de ses long cils noirs. Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé avant.

— Amélia Scott! s'impatiente Taylor qui trépigne sur ses deux jambes.

— Andrew Johnson n'était pas un petit employé de bijouterie, comme le lui a toujours dit Brittany. Il était Créateur-Joaillier. Il avait sa propre entreprise qu'il avait montée après ses études, nous explique-t-elle didactique.

— C'est de lui qu'Elly tient son esprit créatif alors, marmonne Neve qui est suspendue à ses lèvres autant que nous.

Amélia hoche la tête d'approbation. J'ai comme une gigantesque envie de la secouer pour qu'elle s'active, mais Ethan n'apprécierait certainement pas cet élan. Taylor, lui, serait probablement de mon côté. Il sautille sur place.

Toi aussi.

Pas faux. Je ne m'en étais pas rendu compte.

— Son affaire marchait très bien, et je ne précise pas qu'il n'avait rien de la corruption des Campbell. Il était doué, s'est fait une belle réputation en ville et dans l'État. Puis il a épousé Brittany, je vous la fais courte. Ils ont eu Elly, mais dix-huit mois après sa naissance, il a demandé le divorce.

— Elly le savait ? la questionne Ethan.

À ton avis ! je me crie dans ma tête.

— Non, lui répond lui-même Taylor. Brittany a toujours clamé que son mari et elle étaient heureux à sa disparition. Qu'elle s'était effondrée à son décès, qu'elle avait mis du temps à s'en remettre.

Oui, elle a du sortir les violons. Je vois ça d'ici.

Et tout le philharmonique.

— Mon cul oui, de ce qu'on a trouvé sur le sujet, il soupçonnait sa folle-dingue d'épouse de jouer les libertines-courtisanes autour de, tenez-vous bien ...

Bordel. Pourquoi ne suis-je même pas surpris !?

Parce qu'il n'y a plus rien de surprenant venant de cette femme ?

— Gérald Baumont, je termine à sa place.

— Bingo ! lance-t-elle sans joie. Brent et Bramovicht continuent de creuser, mais on a déterré l'essentiel du cadavre qu'elle a dissimulé à Elly depuis presque vingt-trois ans : à sa mort, Andrew a tout légué à sa fille. Rien à elle, contrairement à ce qu'elle avait avancé.

— Mais Elly le sait, ça, non ? s'étonne Neve.

— Non. Elly pensait savoir ce que sa mère lui avait toujours rabâché : que son père était un employé de bijouterie, qu'il avait peu d'argent sur son épargne et que dans son testament, il avait prévu que son héritage soit sous la tutelle de sa tutelle jusqu'à ses vingt-cinq ans. En réalité, depuis sa majorité, Elly avait accès au compte, et si elle avait besoin d'un petit coup de pouce, elle se faisait des virements. Pour ce qu'elle m'en avait dit, la majeure partie a servi à financer ses études, à payer sa voiture après son permis, aussi, et il ne lui restait que quelque chose comme dix milles dollars, réfléchit-elle, quand sa mère lui a refait bloquer l'accès après qu'elle eu été diplômée.

— Pourquoi -a-t-elle fait cela ?

À ton avis Einstein ?

Je pose la question, mais j'ai là aussi ma petite idée sur le motif. Notre enquêtrice doit également avoir un certain pouvoir de télépathie, car elle hausse un sourcil et arbore un petit rictus de connivence tandis qu'elle énonce sa réponse, toujours anxieuse dans ses gestes qu'elle peine cependant à contrôler :

— Parce qu'Elly n'a pas voulu rejoindre l'entreprise familiale, suppose Neve.

Maligne, la dragonne.

— Eh bien moi qui me plains souvent d'avoir une famille handicapante, je vais relativiser ! s'exclame ahurie la directrice toujours parmi nous dont les globes oculaires vont sous peu rouler au sol. Je
comprends mieux pourquoi vous parliez d'emprise, il y a quelques jours.

Ce n'est pas faute d'avoir insisté sur ce point pour lui demander de nous aider d'une manière ou d'une autre. Brown, lui, a été plus facile à décider. Il a attesté par écrit que Lya se souvenait de sa meilleure amie et qu'elle avait demandé à la voir, à lui téléphoner, mais que sa famille avait refusé cette demande sous de faux prétextes. Cela a permis aux avocats d'illustrer qu'ils tentaient bel et bien de l'isoler, ne reculant pas devant le mensonge. Oui, nul doute que peu on la malchance de se coltiner des enfoirés pareils.

— La suite ?

— Oui, donc. Ne m'interrompez-plus ! nous reproche-t-elle tout en récupérant son portable. La seule chose de vraie dans l'histoire de Brittany, c'était que son père a bien imposé le déblocage de son héritage a ses vingt-cinq ans. Pour qu'elle ne compte pas sur ça dans la vie, qu'elle apprenne la valeur de l'argent et fasse des études, ou se trouve un boulot. Il ne voulait pas que cet argent soit son but et qu'elle devienne ...

— Comme sa mère, je ne peux m'empêcher de soupirer en me massant les tempes.

— Oui. Il avait ses valeurs, et heureusement, Elly a aussi pris ça de lui. C'est pour cette raison qu'il n'a pas prévu qu'elle accède à l'héritage à ses dix-huit ou vingt-et-un ans, mais à ses vingt-cinq. Il devait espérer qu'elle mènerait sa vie par elle-même en attendant, pas qu'elle compterait les jours sur un calendrier pour pouvoir vivre la belle vie.

— C'est quoi cette ...

— Il avait une assurance vie, continue-t-elle en faisant les gros yeux à Ethan qui doit remercier le ciel qu'elle n'ait pas des fusils dans ses iris. Un montant conséquent. Substantiel. Le soi-disant compte bloqué dont sa mère avait la gestion, ce n'était pas son héritage, mais simplement un montant pour permettre à Brittany d'élever Elly sans qu'elle ne manque de rien s'il arrivait quelque chose à Andrew. Brittany a brodé, mais ce n'était rien en comparaison de ce qui va arriver. C'est ça, qu'elle veut !

— Mais elle ne peut rien, si Elly va y avoir librement accès dans quelques jours, souligne Taylor a juste titre.

— Et comment se fait-il que Lyanor n'ait pas été informée de toue ça ?! je demande à mon tour.

— On n'a pas encore toutes ces réponses, mais Brittany et son imagination sans limite ont du avoir de l'inventivité. Quoi qu'il en soit, c'est ça, qu'elle veut.

— On parle de combien Mélia ?

— De beaucoup, Liam. Plusieurs millions, Il y a l'assurance vie, mais aussi de l'argent personnel. Et avant que l'un d'entre vous ne posent la question, oui, les vautours sont à ça prêt. En fait, il sont dans le rouge depuis longtemps. Leur bateau prend l'eau. Ils vivent au-dessus de leurs moyens. Quand on disait que leurs gueules n'est qu'une façade, on ne pouvait pas savoir à quel point. Eux, ils devaient compter les jours sur le calendrier du frigo. Ils semblent avoir fait les fonds de tiroirs. Soyons précis, déclare-t-elle avec sérieux, les bras croisés sur son ventre, s'ils ne remplissent pas les comptes rapidement, ils vont couler. Et je mettrais mes deux mains à couper que les parents de ce salaud de Cooper qui ont investi dans leur affaire ne sont même pas au courant de ce qu'il se passe. Bramovicht est en train d'éplucher les comptes de la société, dit-elle. Il va probablement nous dégoter des perles, voire un gros trésor bien pourri. Si leurs petits amis qui n'en sont pas découvrent le pot aux roses, ils sont finis. Ils vont tout perdre. Et dans ce tout, j'englobe aussi le statut, tout ce qui compte pour eux, leur vie de merde, quoi. Ce fric, c'est leur sortie de secours. La grande porte blindée en or massif pour rester protéger dans leur château.

— Et Lyanor ne leur aurait jamais filé cet argent, je conclue.

Encore moins en apprenant que sa mère lui avait menti quasiment toute sa vie. Et elle l'aurait appris. Elle allait l'apprendre. Par le cabinet notarial de son père, ou un véritable gestionnaire de patrimoine, selon qui a la charge du dossier depuis vingt-trois ans. Sa mère a là aussi certainement inventé un joli bobard enroulé de papier cadeau voyant et d'un gros nœud pour justifier l'absence de Lyanor, qui aurait donc déjà être informée, être reçu officiellement pour entendre la vérité sur son héritage. Puisqu'elle va avoir vingt-cinq ans dans quelques jours. C'est pour ça, qu'ils voulaient la récupérer. Bordel, quelle bande de tordus !

De psychopathes.

Machinalement, je serre et desserre mes poings, comme si je me préparais à grimper sur un ring, mais sans gant ni aucune protection. Une algie se diffuse dans mes mains. Mon sang pulse avec puissance dans mes veines. Chacune de mes cellules fulmine de rage. Je n'ose même pas imaginer comment ils avaient prévu de ...

Trop tard, vieux. La lumière vient de s'allumer.

— Oh putain non ! s'écrient Neve et Taylor d'une seule voix, comprenant la même chose que moi, que nous tous.

Un mauvais éclair de génie.

Car ça y est. Tout est clair à m'en faire sauter la tête tellement c'est au delà de l'impensable. Du pourquoi sa mère est une telle vipère sans foi ni loi qui mérite l'exile sur une île déserte remplie de punaises de lit atteintes d'un tas d'hépatites, jusqu'à la fin de ses jours, en passant par l'insistance et l'ambition qu'elle a mis à s'immiscer même dans la vie privée de Lyanor. À pourquoi elle allait la laisser se marier avec cette ordure qui ne vaut pas mieux qu'eux, alors qu'il la trompait. Ce qui, vu sous un nouvel angle, n'est peut-être pas exact. Enfin, si, il y avait tromperie, à une échelle différente. Mais tout s'explique.

Amélia nous a dit que Lya pensait avoir découvert le mensonge de sa vie, quand elle a trouvé son ex au lit avec sa copine un soir en rentrant plus tôt de son boulot. Elle a entendu le nom de sa mère, a compris qu'elle savait que Cooper avait une double vie. Qu'elle en était même la complice. Mais c'était tellement plus complexe que ça. Tellement plus atroce, abominable, pour elle. Moi, je viens de saisir la portée de ses mots. «Plus jamais un jeu». Je revois la détresse dans ses yeux ce matin-là. La douleur, sa peine, profonde. Je refuse de laisser mon esprit ne serait-ce que spéculer à ce qu'elle aurait ressenti, si elle avait réellement tout appris. Absolument tout. Et les conséquences sur elle, surtout.

Aurait-t-elle sombré dans la dépression comme Ethan l'a fait ? Bordel ! Rien que d'y penser...non.

Je m'ébroue pour chasser l'idée. Rien n'y fait. Tout est percutant dans ma tête. Violent. Sanglant.

Mon souffle s'arrête. Un long frisson parcourt mon corps, de mes pieds à la racine de mes cheveux, pour aller se loger dans cet organe que Lya a fait rebattre à une cadence maladive, mais revigorante. La cadence de la vie, à son rythme à elle. La colère me brûle. Mes pupilles irradient. Mes gestes deviennent lents. De plus en plus pesants. L'amour que j'ai pour Lyanor galvanise mon impétuosité, celle tapie au fond de mes tripes. Je ne vais pas tarder à exploser, je le sais, je le sens. Et je ne ferai rien pour me brider, cette fois. Il faut que je disloque quelque chose, avant de me noyer dans ma rage plus sombre que jamais elle ne l'avait encore été. Jamais.

On a couru après la vérité, poussés par un acharnement militaire hargneux, tels des explorateurs partis à la conquête du monde. On la rattrapait. La voici. Et elle n'a rien de splendide :

— En lui faisant épouser Cooper, et avec un document juridique lui laissant procuration sur ses biens et ses comptes, ils peuvent tout lui prendre, et sans même qu'elle ne puisse contester ou l'apprendre, je déclare d'un ton morne, estomaqué en l'entendant même de ma propre voix énoncer l'horreur .

— Ils vont la pousser à se marier avec Cooper, Liam ! s'étrangle Neve. Oh mon Dieu, c'était ça ! Ils vont en profiter alors que cette salope nous a juré qu'elle avait couper les ponts avec lui ! Il vont profiter de son amnésie pour les marier !!

Elle mentait. Évidemment. Elle a besoin de lui, et il doit y trouver son compte.

— C'est là où je voulais en venir, acquiesce Amélia qui essuie ses larmes. On n'a pas tout appris par notre enquête. Betty m'a contactée il y a une demi-heure et je suis venue tout de suite. La véritable compagne de Cooper, précise-t-elle pour nous. Elle n'était pas au courant de tout, jusqu'à hier. Enfin, elle savait que le mariage était arrangé, Cooper le lui avait dit, mais elle n'a découvert l'envergure de la supercherie que quand ils ont ramené Elly. Elle ne veut pas plonger pour complicité, si ça tourne mal. Elle a été honnête sur ça, mais m'a aussi avoué que là, ça allait trop loin, même pour du fric. Elle va essayer de gagner du temps, mais la cérémonie est bien prévue. Pour aujourd'hui. Elly va se mari...

— Non. Ils ne peuvent pas faire ça, tonné-je en sortant mon portable de ma poche.

— T'as une idée ? me questionne mon frère après avoir tourné sur lui-même.

— On ne sait même pas où ils sont ! s'inquiète Amélia.

— Ça n'arrivera pas. Pas si elle est déjà mariée, j'énonce à mon tour, avant que le chaos d'interrogations et de surprises ne s'abattent sur moi.

Non. Ça n'arrivera pas, aussi sûr que cette fois, ils ne s'en sortiront pas indemnes. Je savais que Pettersen et moi, nous nous reverrions.

Annotations

Recommandations

Line P_auteure
Quand Rose, jeune femme intrépide et un brin grande gueule fait ses valises un beau matin pour partir s'installer à l'autre bout du monde sans se retourner, elle sait ce qu'elle quitte, mais ne se doute pas un seul instant de ce qu'elle va trouver, là-bas. Pourtant, elle n'a pas choisi sa destination par hasard, mais rien ne l'avait préparé à un tel choc. Littéralement. Un camaïeu de couleurs, de gens, de cultures, perdu entre terre et montagnes, passé et présent, qui renferme bien plus de secrets que de réponses qu'elle n'était venue en chercher ; et pas que ...

Alors qu'elle pensait pouvoir se faire discrète, Rose s'aperçoit avant même son arrivée que ses prévisions étaient trop téméraires quand on a l'ambition de mettre les pieds dans une ville où même les roues ont des yeux et des oreilles. Une voiture capricieuse qui la lâche au mauvais moment et c'est la première secousse de son séjour pas réellement entamé, qui détruit définitivement son doux espoir d'anonymat. Une collision "titanesque" dont les tremblements ne sont pas que ceux de la tôle froissée.

A la tête des Dark Evil Lions, les bikers protecteurs de la cité, le ténébreux Titàn est l'incarnation même de l'attirante menace. Celle qu'on sait être agressive et prête à tout pour gagner, mais que l'on ne peut s'empêcher de vouloir toucher car irrésistible, et dont l'apparence n'est qu'une partie de la véritable valeur.

Accaparés par deux quêtes différentes, ils s'affrontent, se repoussent, se désirent, se haïssent, jusqu'à ce que la faucheuse elle-même ne sorte de l'ombre pour pointer de son outil aiguisé une question que nul ne se serait jamais posé: Qui est réellement pour eux, le plus grand spectre du danger ?

Doit-on vivre par amour, ou mourir pour lui?

Contient des scènes à caractère sexuel explicit
Public averti
Copie interdite, y compris utilisation des personnages dans d'autres œuvres

TOUS DROITS RÉSERVÉS©
Histoire protégée

Plagiat interdit selon Article L335-2, Modifié par LOI n°2016-731 du 3 juin 2016 - art. 44.
1117
250
275
1002
Aventador
"Qu'est-ce qui t'as tuée, Solenn?" Telle est la question qui hante depuis sept ans Zack, le dernier compagnon de Solenn Avryle, ex-icône du septième art hexagonal. Une disparition violente à laquelle Paul Werner, premier mari de l'actrice et figure de proue de l'extrême-droite nationaliste, n'est peut-être pas étranger...

Un portrait de femme empreint de poésie, la peinture toute en nuance d'une personnalité complexe à travers le regard amoureux de celui qui l'a le plus aimée.

NB : Ce roman est une fiction. Je ne fais partie d'aucun parti politique et mon récit n'a pas vocation à être un instrument de propagande. Ceci pour éviter toute interprétation déviante...

ISBN : 978-2-9573032-1-2
93
124
0
437
Brune*
À Elles...
56
89
13
11

Vous aimez lire Line P_auteure ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0