Les Présentations. Partie II

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Liam

— Je suis Brittany Baumont, se présente la femme très élégamment apprêtée qui se tourne vers nous. Je...

— Gérald Baumont, lui coupe la parole l'homme en costard bleu nuit qui jouait son sombre muette jusqu'à maintenant.

Je ne sais pas où ils se croient, tous les deux, mais ils me donnent plus l'impression d'être habillés pour aller au théâtre, à l'opéra, ou au bal du Gouverneur que sur le point de rendre visite à une malade dans un hôpital. À leur fille. Lui me semble tout à la fois austère, prétentieux mais guindé et fier comme un paon en pleine représentation, toutes plumes dehors mais bec clos, attendant de bon moment pour piailler. Elle ... je prends le temps de l'inspecter sans gêne ni restriction, des talons au chignon. Grande. Mince. Élancée pour ce que j'en vois, les cheveux blond foncé. Un tailleur qu'elle n'a pas dû acheter dans un magasin de prêt-à-porter, à la couleur tout sauf passe-partout -bleu cyan- qui crie «regardez-moi» et se veut porte-parole de son appartenance à une classe sociale huppée. Des boucles d'oreilles trop lourdes pour ses lobes. Un collier en perles de culture et boules d'or trop proéminent pour sa nuque menue. Un parfum qui me pique les narines à me faire préférer l'odeur du désinfectant de l'hôpital qui s'infiltre profondément dans le tissu de nos vêtements, comme pour nous rappeler même hors de ces murs que nous étions bien ici. Son regard est aussi dédaigneux qu'arrogant. Tout est trop chez elle. Y compris elle.

Elle est de trop ici, oui.

Lyanor a quelques-uns de ses traits fins. Le même petit nez, les mêmes pommettes saillantes, un visage ovale parfaitement féminin. Mais chez cette femme, rien ne m'attire, contrairement aux moments où mes yeux se posent sur Lya. Même quand elle est hors de mon champ de vision, que mon corps cherche le sien, appelle le sien. Réclame le sien, en manque de sa chaleur, de sa douceur, de son odeur.

L'hypocrisie, marque déposée de la société mondaine dans laquelle évolue cette quinquagénaire depuis plus de deux décennies aux dires de ma belle endormie- enfin réveillée à présent, je l'espère de tout cœur- est inscrite sur sa peau bien trop lisse pour qu'elle n'ait jamais eu de rendez-vous privilégiés avec des aiguilles pleines d'acide hyaluronique, ou de botox.

Voire les deux.

Oui, il y a une ressemblance, visible au premier regard. La mère ne peut pas renier la fille -et étant donné sa présence, cela ne semble pas dans ses projets immédiats- c'est indéniable. Elles ont un faciès qui trahit leur généalogie, bien que les yeux de la dinde de luxe qui veut nul doute récupérer sa progéniture en fuite soient sombres. Reflet de ce qu'elle est derrière cette façade bien maquillée, j'en ai de plus en plus peur. Mais Lyanor, elle, parait avoir bien plus de raisons de désavouer sa génitrice que je ne le pensais.

Paon, oies, dinde on reste dans le thème de la volaille, du coup, se marre ma conscience.

Elle a fait de la rétention d'infos durant nos vacances, se contentant de survoler de très haut les éléments accablants de son passé pour ne pas entacher sa parenthèse loin de tout. Elle devait « bientôt » me lire ce chapitre de sa vie écrit à l'encre invisible que mes yeux non-avertis ne peuvent déchiffrer, mais je crois pouvoir dire sans me tromper qu'elle n'aura pas à le faire elle-même. C'est notre journaliste, qui va probablement lancer l'intéressant reportage sous nos yeux et nos oreilles attentifs après avoir réuni les informations.

Et d'une source sûre.

Bon sang, mais qu'est-ce qu'ils foutent ici, ces deux-là ?

Certainement exactement ce que tu as pensé tout à l'heure. La même chose que vous tous, Sherlock.

— Tu es la pire chose qu'il soit arrivé à Elly ! LA PIRE ! s'emporte de nouveau Mélia. Espèce d'ordure !

— De quel droit tu t'adresses à moi de cette manière enfin ! s'insurge-t-elle les doigts entremêlés à son collier. Nous n'avons pas ...

— Mais fais-en du foie gras, de tes oies sale sorcière de...

— Calmez-vous ! nous demande le médecin qui ouvre la porte de son bureau. Discutons en bonne intelligen...

Ce n'est pas gagné pauvre vieux, pensé-je.

— On n'a pas élevé ta volaille ensemble parce que toi, la pointe du doigt Mélia avec le plus grand dédain dont elle est capable, tu n'as rien élevé du tout ! Tu n'as jamais été là ! Tu es la pire mère du continent ! Je ne souhaiterais une femme telle que toi pour génitrice même à ma pire enne...

— Ça suffit ! intervient le mari. Je ne te permets...

— Mais on s'en contrefout mon vieux de ton avis ! lui assène Taylor qui vient en renfort à sa sœur. Vous n'avez pas honte de vous ramener ici ? La dignité, ça vous parle ?

— Stop ! Stop ! Messieurs-dames, nous sommes toujours dans un service hospitalier, s'il vous plait. Écoutez, soit nous réussissons à avoir une conversation dans les règles et avec raison, soit je vais vous demander de quitter le bâtiment, doit rejouer les gendarmes l'homme sans képi mais à la blouse blanche. Mademoiselle Scott, je ne sais pas quel est votre grief, mais Madame Baumont est la mère de Made...

J'ouvre la bouche pour contrer l'idée que je sens poindre, mais Amélia est bien trop rapide pour moi.

— Cette femme, Professeur, dit-elle soudain dans un calme qui ne présage rien de bon, n'est pas une mère. Ne vous laissez pas berner par ses grands airs de Dame-du-monde, ses fringues de luxe ou sa manière de parler qui cachent une méchanceté et une bassesse encore jamais égalée. Cette femme, elle n'est pas le Diable, non, c'est...

— Je t'interdis...

— C'est celle qui donne des cours au Diable et ses sataniques camarades, termine-t-elle sans se préoccuper de la jaunisse que nous sort la femme sur le point de se révolter.

— Ça suffit ! proteste encore son chevalier noir de mari. Vous n'avez rien à faire ici ! nous lance-t-il ensuite en nous déconsidérant un à un de son regard opalin.

— C'est nous, qui n'avons rien à faire ici ? NOUS ! Mais vous vous foutez de la gueule de qui, tous les deux ?! C'est vous, qui n'êtes pas les bienvenus à New-York ! se révolte maintenant Neve prête à bondir.

— C'est parfaitement ridicule Docteur ! Je suis sa mère, enfin ! Vous voyez bien qu'elles sont hystériques !

Elle est suicidaire ?

La mère de Lyanor nous dévisage, Neve, Ethan, puis moi. Aucun de nous ne baisse les yeux fasse à cette mégère condescendante qui manque cruellement de bienséance pour une férue des convenances en société. Encore une fois, son hypocrisie manifeste, pour ne pas dire son mensonge éhonté face au praticien, n'est qu'une preuve de plus de sa duplicité. Cette femme est une vipère à l'écorce d'un caméléon capable de changer de peau et de retourner sa veste à chaque fois que cela lui est nécessaire. Mais quel que soit le manteau qu'elle revêt, nous en savons tous suffisamment sur Lya pour renifler sans mal, à plein nez et même l'odorat voilé d'effluves floraux trop prononcés, le parfum de sa fausseté. Sa sournoiserie n'a pas de limite. Sa déloyauté n'est loyale qu'à elle-même, nul doute. Elle vit dans un monde d'artifices, sans se rendre compte que ceux qui sont étrangers à cette escroquerie, qui ne nagent pas dans les eaux de cette tromperie, voient clair dans son jeu et ne sont pas aveuglés même par l'opacité du rideau de sa feinte.

Hystériques ? Tu les trouves hystériques, Brittany? Mais tu es quoi, toi, derrière ta putain de froide méchanceté ! Qui ferait un truc aussi dégueulasse à sa propre fille ? s'enquiert Taylor en avançant d'un pas menaçant ? QUI ? Je vais te le dire, moi, toi !

— Cette femme est pire que méchante, reprend Amélia, elle est malveillante !

— Docteur faite ...

Ok. Donc résumons : tous semblent savoir de quoi il s'agit, sauf moi ? Mais il se passe quoi, là?

C'est le moment de lire entre les lignes, vieux.

— De quoi tu parles ? l'interrogeons nous d'une seule voix Ethan et moi.

Correction. Sauf vous.

Je ne suis pas rassuré pour autant. J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas ce que ces deux individus qui n'ont pas l'air de s'être occupés de Lyanor lorsqu'elle était enfant et ne peuvent clairement pas être qualifiés de « parents » font ici. Je ne suis peut-être pas au courant de tout, mais je sais que Lya ne tenait à revoir sa mère que vous lui faire un double doigt d'honneur puis l'envoyer se faire foutre en apothéose. Alors elle si elle a fait ce déplacement pour offrir une petite représentation à qui veut bien la regarder? de la mère éplorée et inquiète pour son enfant, pour tirer la couverture à sa petite personne, elle va vite regretter de s'être déplacée et déchanter. Mais ça ne colle pas. Putain, ça ne colle pas !

À quel moment elle a pu penser que c'était autre chose qu'une idée de merde, de se ramener ici? Elle marche vers l'échafaud de l'humiliation, elle ne s'en doute pas ?

Apparemment non. Ou ...

— De quoi je parle ? Sérieusement Ethan ? lui demande Amélia visiblement agacée de notre manque d'appréhension de la situation.

— Cette comédie a assez duré, Professeur, proclame le mari exagérément outré. Faites-les ...

— Ah non, nous, nous n'irons nulle part les sangsues ! les prévient Neve qui va bientôt mugir tant je vois la colère en elle grimper dangereusement. Elly ne ...

— Elle savait que Cooper trompait Elly ! Cette horrible bonne-femme savait que le fiancé de sa fille avait une liaison ! s'exclame-t-elle en la pointant avec dégoût. Et non seulement elle n'a rien dit, mais en plus, elle connaissait la maîtresse ! Espèce de garce manipulatrice !

Pardon ?

— Waow mon cœur...

— Amélia tu es certain de ce que tu avances ? questionne ma bouche sans que je n'aie rien contrôlé.

— Ce ne sont des propos infondés ! conteste Baumont consterné avec des gestes amples, mais selon moi calculés.

Il se croit dans un tribunal, le pingouin ?

— Ce ne sont pas tes affaires Amélia ! déclare en même temps son épouse qui elle, ne la contredit pas. Mêle-toi de ce qui te regarde ! Faire trois articles dans des magazines féminins ne t'autorise ni à fouiner dans nos vies, ni à divulguer ce que tu penses à tort et à travers !

À tort et à travers ... pourtant elle ne réfute rien, pour le moment.

Bordel ... de ...merde ! C'est une caméra cachée ?

Peu de chance, Liam.

Perceptiblement offusquée au plus au point de l'échelle de ce qu'elle peut raisonnablement supporter, Amélia ne va pas tarder à lui sauter dessus. Taylor le sent. Tout le monde le sent, d'ailleurs, y compris le pauvre médecin qui ne tente plus d'apaiser qui que ce soit et assiste totalement impuissant à ce déballage de linge sale avec ses yeux qui jouent au ping-pong.

En famille, le déballage.

Oui, en famille. Mais les Baumont sont très loin de s'en douter. Leur animosité n'est encore dirigée que vers les Scott, et Neve, en quelques sortes. Pourtant, je me sens attaqué, moi aussi. Je bouillonne. Mon échauffement se prépare avec impétuosité à s'élancer dans l'arène. Je fais un effort presque surhumain pour ne pas empoigner l'un ou l'autre, voire les deux, et les virer manu militari. Pas que de ce bureau aux murs blancs et taupe qui mettent en avant le parcours universitaire et les diplômes de notre hôte ou l'anatomie humaine. Pas que de l'étage. Pas seulement de cet hôpital. Non. De la ville entière. Du pays, si j'en avais le pouvoir. Ces deux êtres qui me débectent profondément sont une insulte à Lyanor par leur simple présence dans l'État de New-York.

À quel point sont-ils atteints pour oser se montrer devant nous ? Taylor a raison, ils ne font preuve d'aucun discernement. Aucune fierté.

Aucun honneur.

Si je m'attendais à une révélation désagréable sur son passé de la part de Lya, celle-ci, je ne l'avais pas vue venir ! Comment des parents peuvent-ils fermer les yeux sur l'infidélité de celui qui est censé épouser leur fille, et pire, passer l'éponge ? Car c'est bien ce qu'ils semblent s'être passé, dans l'histoire. Ou est-ce une normalité acceptable, dans leur monde de superficialité ?Mais Lyanor, elle, n'a pas toléré l'intolérable. Elle leur a claqué la porte au nez. À tous. Sans se retourner.

Et elle a eu raison. Ce n'est pas pardonnable. Cooper et sa médiocrité, c'est une chose. L'attitude amorale de ceux dont le but premier jusqu'à la fin de leurs jours devrait normalement être de protéger leur enfant de toute personne corrompue dans son entourage proche ou éloigné est si scandaleuse que nulle personne saine de corps et d'esprit ne pourrait envisager de les excuser. Mais leurs deux esprits ont l'air si pervertis par la société qu'ils adoubent et idolâtrent que notre moralité doit leur paraître un trouble mentale pathologie d'une vile dépravation qui altérerait notre jugement. Nos actes.

Lyanor m'a pardonné, à moi. Quand elle a entrevu que je subissais l'avilissement de ma personnalité, que je voulais faire amande honorable, et pas qu'auprès d'Ethan, comme elle le pensait initialement. Que j'essayais avec toute ma maladresse de lui demander pardon, en lui montrant une face de moi qu'elle seule a su tirer de son sommeil prolongé. Ou créer, peut-être. Que je n'étais plus moi-même, avant elle. Car il y a un avant Lyanor Johnson est un après.

Avant, j'étais une coquille vide. Car un jour, j'ai cru que la solitude serait le meilleur bouclier contre la douleur. Contre les armes de l'amour qui peut tant nous faire souffrir, nous donner même l'envie de mourir, quand il n'est tout compte fait pas réciproque mais pire, simulé par la personne tant aimée. Puisqu'un matin, il m'a montré au travers de mon frère qu'il a l'abominable pouvoir de nous souffler l'envie de ne plus vivre, qu'il est capable de nous détruire, en laissant derrière celui qui abandonne la vie, tous les déchirés qui l'aimaient vraiment. Auraient tout fait pour l'aider à remonter la pente.

Alors oui, j'ai cru en la solitude, l'ai érigée en religion, et ai fait ma profession de foi. Une claustration volontaire. Une quarantaine cryogénisée, pour l'Iceberg en devenir que j'étais. Le masque, lui, a profité de ma faiblesse d'esprit pour nourrir la grandeur de mon exil intérieur. Extérieur, aussi. Pour prendre totalement le contrôle. Le peu de relations que je me suis accordé ne frôlaient que ma surface, tout comme je ne survolais que les leurs; en orbite. Je me suis barricadé. Ai choisi des années durant des femmes qui ne m'intéressaient pas. Leurs culs, tout au plus, ce que je pouvais en faire, sans qu'elles ne trouvent jamais rien à y redire. Qu'elles en redemandent, même. Qu'elles prient le soir au pied de leurs lits ou agenouillées devant moi pour être celles qui me feraient changer, les adorer pour leur ouvrir mon monde, leur offrir le monde. Mon nom a des pouvoirs, lui aussi. Celui de me faire ressembler à leurs yeux contaminés à un gros billet avec une dizaine de chiffres lumineux et clignotants dessus.

Le pire de moi a cherché en continu ce que la gente féminine ne m'apporterait pas. J'ai glorifié le bouclier, jusqu'à ne plus me rendre compte qu'il était là. Jusqu'à ce qu'il devienne moi. J'ai choisis des femmes à qui je savais que je ne m'attacherais pas. Oui, un peu facile, diront certains. Le cœur a ses raisons, non ? Mais le mien savait, qu'elle arriverait un jour, celle qui ferait exploser tous les murs. Tous les barreaux de ma prison blindée. Inexorablement, si Lyanor peut quelques fois avoir les effets de la Kryptonite verte sur moi car elle est ma faiblesse, elle est aussi surtout, ma dynamite : celle qui par sa simple présence, irradie avec puissance ma noirceur et détruit même dans un silence le chaos assourdissant qui m'enveloppe.

Elle a dézingué mes principes à la con en me tenant tête, ou en chutant sous les coups de mon ignoble robustesse. Du mal. Elle a colmaté la béance qui m'aveuglait, qui m'avait dévasté, m'avait trop marqué, jusqu'à risquer de passer à côté d'elle. À côté de ma vie. Lyanor a fait sauter les portes de ma prison, a déverrouillé mon véritable moi. Mon âme, quand depuis son caveau, la mienne, enfin, a senti l'existence de la sienne; son parfum envoutant, puis a voulu s'évader du cachot dans lequel me retenait mon masque géôlier. Elle a éradiqué le monstre glacial qui m'habitait par la chaleur de son ardent tempérament mais aussi celui de son corps. Elle a fait le ménage pour moi sans en avoir conscience, et s'est insinuée si profondément en moi que j'ai fini par réaliser avec bonheur que mes vides n'avaient existé que pour être un jour comblés par cette femme. Elle a rendu fertile un cœur qui se croyait stérile.

Lyanor a tapissé mon être de son sceau. Mon âme de sa flamme. L'image de mon avenir par son sourire.

Lyanor m'a tatoué, corps et âme. Pour toutes les éternités.

Amen.

Les vociférations d'Amélia me sortent de ma courte introspection :

— Cet enfoiré de petite bite de Petterson avait une double vie depuis au moins deux ans et demi! Je ne sais pas depuis quand tu savais, depuis quand vous saviez tous les deux, mais vous alliez laisser Elly épouser ce trou de cul infidèle pour que votre petit business avec ses parents ne passe surtout pas sous un nuage de pluie ! Mais quels monstres abjects font ça à leur enfants putain !

— Oh ciel , mais quelle vulgarité ! s'indispose la femme qui joue les choquée.

— Mais regardez-vous dans une glace vous tenez à voir un truc vulgaire vieille mégère ! Votre présence, c'est ça, la réelle vulgarité ici ! s'écrie Neve prête à en découdre en bonne dragonne qui vient de craquer l'allumette de son feu. Elly ne veut plus vous voir ! Nous le savons tous ici ! Elle a quitté Seattle pour changer de vie !

— Pour enfin vivre, corrige Amélia. Tout est vrai Professeur Brown. Elly n'a plus aucune relation avec sa famille depuis des mois. Ces gens-là ne font plus partie de sa vie et ...

— N'en croyez-rien voyons ! C'est un coup monté pour ternir mon image ! Je suis sa mère !

— Et tu n'est qu'une petite traînée que nous aurions dû éloigner de notre fille depuis bien longtemps ! Tu as une mauvaise influence sur ...

—Traite une fois de plus ma sœur de traînée pauvre sous-merde de mes deux et j'te jure que c'est le dernier truc que tu feras de ta pitoyable vie avant de rencontrer ton créateur, connard ! l'admoneste mâchoires crispées Taylor en le prenant par le col de sa chemise.

— Oh mon Dieu tu es fou ! lâche-le ! s'égosille sa femme.

Le médecin s'interpose pour lui faire relâcher sa prise, mais ses yeux hurlent tant la rage qu'il ressent qu'il nous faut nous y mettre à trois pour lui faire entendre raison.

Ne pas le buter tout de suite.

— Je ne veux plus les voir ! quémande l'homme qui reprend son souffle. Faites-leur évacuer l'hôpital, ils n'ont plus rien à faire ici !

— Minute, nous, on ne va nulle part, lui rappelle Neve qui se rapproche à son tour de lui, les bras croisés sous sa poitrine.

— Effectivement, j'interviens également avec gravité. Aucune de nous n'a l'intention de partir. Nous venons de démontrer par A plus B que ni l'un ni l'autre n'avait votre place en ce lieu. Alors merci d'être venus, même si nous ne comprenons pas pourquoi puisque comme il vient de l'être dit, Lyanor ne veut plus avoir affaire à vous. Vous trouverez de quoi vous occuper dans New-York, mais dans cet hôpital, il n'y a rien pour vous.

— Et vous êtes ? s'enquiert Baumont en repositionnant sa cravate alors que je sais très bien qu'il connait la réponse.

— Liam Kavanagh, mais je pense que vous le savez, réponds-je durement bien qu'en maitrisant mes véritables émotions. Désolé, je ne vous dirai pas que je suis enchanté de faire votre connaissance, je leur annonce C'est plutôt un réel déplaisir de se retrouver face à ceux dont Lyanor parle avec moins de gentillesse que lorsqu'elle évoque quelqu'un qu'elle déteste simplement , c'est vous dire.

— Mais je ne vous permets ...

On s'en fout !

— Eh bien nous oui, Madame Baumont, se fait entendre Ethan avec une sévérité révélatrice de son propre étant mental en ce moment. Nous, nous nous permettons! De la même manière que vous, vous vous êtes permise de venir jouer les mères avec vingt-cinq ans de retard tout en vous victimisant de la sorte ! Votre attitude est aussi déplorable qu'abjecte, comme vous l'a signifié Amélia. J'ai bien plus de considération pour une tuyauterie pleine de moisissures que vous une personne telle que vous, capable de manipuler à sa guise les non-initiés à votre traitrise.

— Vous êtes peut-être une remarquable illusionniste, Madame Baumont, je poursuis, mais ici, vous ne dupez personne. Elly nous a tout raconté, mens-je à moitié. Alors quel que soit l'espoir que vous avez nourrit en vous accordant ce voyage depuis la côté ouest, il est mort et enterré. La seule chose que vous allez éventuellement récolter en passant les portes de sa chambre, c'est sa colère et l'humiliation qui va avec.

— Elle te déteste, Bryanna ! traduit Taylor dans un nouvel élan d'emportement. Elle te déteste à un point que jamais tu ne pourras envisager tant ta pensée est étriquée par ta malhonnêteté.

— Mais jamais tu la fermes, toi ?

— Mais putain t'es qui toi, pour Elly !? PERSONNE ! ni son père, ni un beau-père digne de ce nom, alors tu scelles ta putain de bouche avant de ne plus pouvoir t'en servir, sale con ! peste Amélia qu'Ethan doit encore retenir contre lui. Je te jure que tu ne fais pas peut avec tes costumes à cinq mille boules le friqué-guindé !

C'est qu'ils semblent aimer les bagarres, les Scott. Et j'ai moi-même très envie de le faire passer par la fenêtre, celui-là. Un aller simple pour un frigo au sous-sol. Je suis certain que Lya me remercierait chaleureusement. Et de plusieurs manières... Bordel, mais c'est le moment de penser à ça ?

— Bon, ça suffit Docteur Brown, faites sortir ces personnes, lui redemande Madame Baumont en s'éventant comme si elle allait nous pondre un malaise. J'ai encore des questions à vous poser sur l'état de ma fille, et bien évidemment, tout ceci est privé.

Son avertissement à peine voilé nous fait tous nous figer. La température de la pièce chute drastiquement, car, tous autant que nous sommes, comprenons le sous-entendu. Et là, pour Amélia, c'est la goutte d'eau qui fait déborder de vase de sa patience :

— Attendez, j'espère que c'est une plaisanterie !? s'étrangle-t-elle. Nous sommes au chevet d'Elly depuis qu'elle est arrivée ! Toi, tu te pointes comme une fleur le premier jour du printemps sur ton 31 comme si tu étais la Reine d'Angleterre sachant parfaitement qu'elle ne veut plus de toi et tu crois pouvoir tout régenter ? Mais descends de ton nuage un peu putain Brittany ! Tu es une grande malade ! lui hurle-t-elle dessus. Elle ne veut pas de toi, comment il faut te le dire ?

Mes poumons se bloquent. En grève quelques secondes. Une douleur vive et perçante s'empare de moi, m'empêchant d'exécuter un quelconque mouvement. C'est là que mes alarmes internes se remettent à sonner, plus bruyantes encore que précédemment. Parce qu'Amélia dit vrai, jamais Lyanor ne permettra à sa mère de venir dicter sa loi. Et bien qu'ils vivent en dehors de toute logique commune, Brittany et Géralt Baumont n'en sont pas moins des gens doués d'intelligence. Malsaine, oui, mais une intelligence tout de même. Ils sont donc parfaitement au fait que Lya ne voudra ni les voir, ni les laisser prendre la main sur sa vie ici. Or, ils puent non seulement la suffisance, mais aussi l'assurance, ces deux-là. Elle s'adresse au médecin avec un tel aplomb sans penser qu'il pourrait les foutre dehors.

Un long frisson me traverse de part en part, me glaçant jusqu'aux dos. Ce n'est pas du cran ou de l'espoir, là. Non, c'est le spectacle d'une confiance en eux qui me foudroie avec effroi. Ils agissent avec aisance alors qu'ils ne devraient nous montrer que de l'embarras; supplier la terre entière d'avoir une once de compassion pour les scélérats qu'ils sont afin de les laisser accéder à la chambre de Lyanor.

Comme s'ils savaient quelque chose que vous, vous ne savez pas, murmure ma conscience qui prend tout de même des gants.

— Lily est ma fille, Amélia ! Tu ne peux rien contre cela, c'est ...

— Mais qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans le fait qu'elle ne veut plus vous voir ? les interroge Ethan en se tirant les cheveux et soufflant comme un bœuf.

Un taureau. Prêt à charger.

— Bande de psychopathes ! Vous la harcelez depuis des semaines ! s'énerve Mélia avec insistance. Vous la rendez MALADE DE TROUILLE À CHAQUE FOIS QUE SON TELEPHONE BIPE OU SONNE ! Quand elle change de numéro ou de boîte mail, vous.vous.obstinez ! Vous la malmenez même à distance ! Vous la brutaliser psychologiquement avec votre acharnement malsain à vouloir décider de comment elle doit vivre sa vie ! Sa vie à elle ! Elly se met dans tous ses états à cause de vous et vous osez vous ramener et nous dire ce qu'on doit faire ? MAIS PUTAIN DEGAGEZ DE SA VIE UNE BONNE FOIS POUR TOUTE ! s'époumone-t-elle sur la fin, rouge de la racine des cheveux aux semelles, sans mauvais jeu de mots.

— Mademoiselle Scott...

— C'est quoi cette histoire ? grondons nous en chœur une fois le choc passé et les paroles assimilées, coupant l'herbe sous le pied du médecin.

Mais j'ai compris. Et Ethan n'est pas en reste. Je vois la lueur du souvenir passer dans ses yeux aussi orageux que les miens. Je revis la crise de panique de Lyanor dans les Hampton. Elle était tétanisée. Elle venait de recevoir un message. Elle n'a pas voulu que je touche à son téléphone. C'étaient eux ! Toutes les fois où Mélia nous a dit qu'elle ne se sentait pas bien, c'était à cause d'eux! Quand elle a cru que son ex la suivait encore dans les bars, c'est parce qu'elle recevait des messages de sa mère et/ou de l'autre tache qui lui sert de mari ! Bordel, Lya, pourquoi ne m'as rien dit ?

— Nous sommes toujours ses parents, quoi qu'Amélia en dise, pavane le coq futur plat en sauce.

Rouge, la sauce.

Oui, il va fatalement y avoir du sang, s'il ne la boucle pas le pingouin à un poing de devenir tétraplégique. J'entends déjà le cliquetis des menottes que me passera encore un officier de police. Je peux même d'ores et déjà me reciter mes Droits Miranda¹.

— Elle va avoir vingt-cinq ans ! leur signale Taylor. Fallait vous réveiller avant les vieux ! Vous avez raté de coche avec Elly, maintenant barrez-vous avant que ...

— Vous étiez là ! l'interrompt sa sœur qui pose une main tremblante sur l'avant-bras du grand blond vénitien qui a un faux air de Michael Fassbender² , en plus jeune, la voix éraillée par le manque d'air. Vous étiez ici, à New-York ! Taylor ! Oh mon Dieu !

— Mélia ? De quoi tu parles ?

Merci Neve.

— Delaware ! dit-elle comme si c'était évident pour tout le monde. Quand il soupçonnait Elly, il nous a demandés si elle nous avait parlé de rentrer à Seattle, car elle avait reçu un billet d'avion le jour du kidnapping , mais le mail n'avait pas été ouvert, et il n'avait rien voulu nous dire de plus. Vous vous en souvenez ? nous demandez-t-elle les yeux en soucoupes. Vous étiez ici, tout ce temps ! tonne-t-elle ensuite. Vous ne lui avez pas simplement envoyé un billet, vous comptiez aller la chercher ! Essayer de la convaincre de rentrer avec vous à Seattle ! Vous n'avez pas sauté dans un avion après que le FBI vous ait contactés ! Bon sang, non ! Vous étiez là depuis le début, pourtant vous n'êtes jamais venus la voir quand elle était dans le com...

— Docteur, je vous confirme que je refuse que ces personnes s'approchent de ma fille, lui déclare Madame Baumont comme si nous n'étions déjà plus là, méprisant magistralement nos présences tout à coup.

— Nous pourrions peut-être, se racle-t-il la gorge avant de poursuivre, envisager ensemble ce qui conviendrait le mieux sur le ...

— Non mais vous nous expliquez ce qu'il se passe ici ? réclame Ethan.

— Oui, Professeur Brown, j'adjoins sur le point d'exploser mes jointures à peine cicatrisée et la gueule de l'enfoirée arrogant qui jubile avec son rictus narquois à la con que je me propose gracieusement de lui faire ravaler dans les cris et la douleur. Éclairez nos lanternes, je vous prie.

Et vite, lui ordonne mon regard. Très vite, car quelque chose m'échappe forcément. Tout ça, c'est hors champ de la réalité. Comme cette dernière semaine. Un putain de grand cauchemar dont je vais me réveiller ! Qu'est-ce qu'ils foutent là ?!

— Nous ferons un procès à l'hôpital si vous ne respectez pas notre requête ! Nous sommes dans notre droit, notre avocat nous l'a confirmé ! l'avertit à son tour le mari qui sera dans son plus beau costume une fois enfermé dans un grand sac noir. Son pseudo-petit-ami, dit-il condescendant avec un geste de la main comme pour le faire disparaître de sa vue pensant que le Doc parlait de lui en pointant Taylor du doigt, ce n'est qu'une passade de jeunesse qui n'a plus sa place ici ! Elle mérit...

— Mais vous vous entendez ? se bidonne soudain Neve, les mains sur les côtes. Oh ! Elly a quand même son mot à dire !

Oui, ils semblent l'oublier, les deux clowns. Je regarde ma montre d'un mouvement compulsif. Quel temps perdu, encore ! C'est pour eux, qu'il faudrait appeler la sécurité. D'ailleurs ....

— Bon nous allons cesser ce cirque ridicule ! je m'impatiente hâteux de pouvoir enfin rejoindre Lya, et d'avoir des informations sur son réveil ainsi que son état. Émotionnel et physique. Elle aussi, doit trouver le temps long ! Surtout après six jours d'une sieste prolongée. Dégagez !

— Depuis quand les patrons se préoccupent-ils de la santé de leurs employés jusqu'à venir demander à des médecins de violer le secret médical ? s'adresse à moi le beau-père. Quoi ? Vous aussi vous avez peur d'un procès ? raille-t-il mauvais. C'est bien votre faute si notre fille est dans cet état après tout ! La prendre pour une nounou parce qu'elle n'est qu'une petite assistante, ce n'est pas dans son contrat de travail, j'imagine !

Tiens il sait qui tu es. Bye-bye son amnésie !

Tu n'imagineras bientôt plus rien espèce d'ordure ! je me hurle dans ma tête, contenant encore les rênes de mon indignation à les voir encore dans cette pièce après tout ce que nous venons de leur dire. Et pourquoi Brown n'appelle-t-il pas la sécurité, bordel de merde ? Il ne comprend pas les réquisitoires successifs qui n'ont pu que lui prouver que Lyanor a rompu tout lien avec cette pseudo-famille ? C'est nous, qui venons de faire le procès des deux intrus qui n'ont rien à faire à New...

— Vous n'y êtes pas du tout, s'esclaffe Ethan qui est immédiatement retenu d'en dire plus par sa compagne qui lui signifie un « Non » sans appel du regard mais aussi en secouant vivement son visage.

— Si vous croyez qu'Elly va accepter votre présence, croyez-moi, je leur lance à mon tour en me foutant ouvertement de leurs gueules, vous rêvez éveillés !

— Ce qui vient de lui arrivé ne changera rien, acquiesce Neve. Nous parlons d'Elly, je vous signale ! Elle ne va pas oublié ce que vo...

— Non! Non !! NOONNNNNN !!!! commence à s'affoler Amélia en gesticulant frénétiquement dans tous les sens. Non ! C'est pas ...

Je sens un nouveau poids lourds s'installer au creux de mon thorax. Et même si je ne sais pas encore de quoi il retourne dans la tête de Mélia, je sais que je risque de me prendre un mur à toute allure, et sans ceinture de sécurité. Dans ma tête, il est déjà trop tard pour freiner. Elle a forcément remis le puzzle en place, et plus vite que nous.

On allume la lumière pour toi Liam ?

— Mon coeur ...

- Vous saviez qu'ils étaient là, Professeur, n'est-ce pas? le questionne Mélia qui semble hyperventiler. Vous le saviez ! Ils prenaient des nouvelles à distance, mais n'osaient pas venir ici, parce que je ne les aurais jamais laissés l'approcher même à cent mètres ! Mais eux, ils savent déjà, c'est pour cette raison que ces deux rats sont ici à se pavaner comme deux bovins fiers au Salon de l'agriculture ! Oh mon Dieu ! Non ! Je refuse qu'ils s'approchent d'elle ! Non! s'écrie-t-elle. Ethan ! Ils sont néfastes ! Fais-quelque chose !

Avec un traducteur, nous pourrions tenter.

Avec tes neurones mieux connectés, tu comprendrais.

— C'est pas possible ! Elle a raison, c'est ça ? ajoute Neve qui vient de blêmir à vue d'œil. C'est pour ça qu'ils nous servent leur petit numéro ?

— Bien. Nous n'avons plus rien à nous dire, cette fois. Professeur Brown, faites sortir ces individus et veillez à ce qu'ils ne puissent pas s'approcher de notre fille, lui ordonne la mère de Lya en sortant son téléphone de son sac à main.

— Attendez ! je gronde en même temps que Taylor. Lyanor ne voudra pas ...

Toutes lumières allumées, cette fois.

Mon cœur ne rate pas un ou plusieurs battements. Il ne ralentit pas sa cadence. Non. Il se stoppe violemment en comprenant la même chose que moi. Que sa partition est absente. Effacée. Le chef d'orchestre a lui aussi disparu de la circulation. Alors, ne sachant plus comment fonctionner, il interrompt sa course. Se met sur pause, dans la douleur. Il se déchire. Saigne. Crie. Proteste contre tout et n'importe quoi pour déverser sa peine et sa colère. Tout mon corps est ankylosé. Mon âme elle-même est en panique, amputée sans anesthésie.

Je me pose mille questions à la seconde. Mon apnée dure. Mon sang manque d'oxygène. Lui aussi, n'est plus là. Je redeviens une bouteille vide. Une pauvre coquille abandonnée dans les flots tumultueux. Mes idées se bousculent dans un brouhaha sans nom. D'ailleurs, il me semble que tout le monde s'emporte. Que les mots s'envolent. Que Mélia pleure et menace la mère de Lyanor de lui faire la peau elle-même s'il le faut. De tout dévoiler à sa « si précieuse petite communauté de friqués de merde pour que tous la couronnent Reine des Marâtre avec option Pétasse de luxe ».

Je suis là sans l'être. Je déglutis péniblement. Défilent sous mes yeux avec une rapidité sans commune mesure, ces derniers mois, depuis que je la connais, depuis que j'ai commencé à me connaître, moi aussi. Je revois tout. Je ressens tout. Tout est plus vif. Plus accru. Plus piquant. Tout me brûle. Mais je refuse de le dire. De le verbaliser même dans ma tête. Car si cela sort, si ma pensée devient mots, alors cela deviendra une impitoyable réalité, plus seulement une atroce supposition fomenté par mon esprit qui hurle pourtant que c'est ça, la pièce du puzzle pour tout comprendre. La clé. Le pourquoi ils sont là.

Le cauchemar qui vient de prendre de l'ampleur. Et pas la peine de me pincer. Car à la souffrance qui reprend lentement possession de moi pour me torturer, au vide que je sens se créer, je sais que tout est vrai. Je ne vais pas me réveiller. Je suis déjà, réveillé.

— La vie m'offre une deuxième chance avec Lily, ne crois pas que je ne vais pas l'accueillir avec bonheur et à bras ouverts, sourit sardonique la mégère en regardant Amélia, défaite et dévastée.

Et son connard de mari croit bon d'ajouter en prenant un siège, persiffleur :

— Au moins un avantage à cette situation, elle ne se souviendra plus de ce malencontreux dérapage qu'elle a eu avec toi, Taylor, braille-t-il enjoué comme s'il venait de gagner au loto.

— Elle ne sait plus ce que vous lui avez fait, conclut très justement Neve avant d'éclater en sanglots puis de quitter le bureau au pas de course comme si elle avait le Diable aux trousses.

Mais c'est le cas.

Voilà, les présentations sont faites. Et puisque je n'ai pas serré la main à l'autre enfoiré tout à l'heure, cela me parait être le moment idéal pour remédier au problème. Nouvelles présentations. Mon avocat va aimer.

Ta main, moins.

Notes :

¹ Droits Miranda : Notion de la procédure pénale aux Etats-Unis, née de l'affaire Miranda Vs Etat de l'Arizona en 1966. Ils sont définis par la prononciation obligatoires de plusieurs éléments d'avertissements par les forces de l'ordre à la personne mis en état d'arrestation. Notamment le droit de garder le silence et de se faire assister par un avocat.

² Michael Fassbender : Acteur et producteur germano-irlandais.

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