Attentes et révélations

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Liam


— Puis c'est elle que j'entends. La femme de ma vie, celle que j'aime plus que tout et sans qui, je le sais, je ne pourrais plus vivre. «Et de te rester fidèle, dans la richesse ou dans la pauvreté, dans la santé ou dans la maladie jusqu'à ce que la mort nous sépare».*

Je resserre un peu plus ma main sur celle de Lyanor, puis la porte à mes lèvres avec précaution. Lentement. Car le temps est ainsi. Les mots trouvent un écho douloureux en moi, parce que ce chapitre, c'est un peu ce que j'ai vécu. Le doute, l'angoisse, les questionnements, puis, enfin, la vérité. Quand on comprend que l'optimisme que notre esprit a alimenté des heures pour nous aider à tenir nous conduit au bord de la falaise puis vers une chute fracassante. En réalité, le dernier tome, cette reconquête, c'est un peu nous.

Mais ce chapitre en particulier, « Trop tôt » il converse directement avec ma mémoire. Il me cogne. Il me blesse. Comme si je ne revivais déjà pas assez les événements depuis plus de quatre-vingt-seize heures. Mais je continue, pour elle, la gorge serrée :

— C'est trop tôt. Pour elle. Pour moi. Pour nous. J'ai l'impression de sentir sa douce main se glisser dans la mienne, de sentir son souffle sur mon oreille quand je l'entends encore me dire : jusqu'à ce que la mort nous sépare.*

Fin du chapitre.

Je quitte l'application, retourne la tablette sur la table de chevet, comme si par ce simple geste, je pouvais sortir moi aussi de notre chapitre, à Lyanor et moi ; le supprimer de notre livre, ou le réécrire, mieux; sans toute cette merde. J'inspire, expire pour me vider des derniers mots lus, masse ma nuque et m'étire, mon dos commençant à souffrir de la position assise prolongée sur ce fauteuil.

Il me faut une pause. Une déconnexion relative. Je ne suis pas certain d'avoir la force de me confronter à la suite dans l'immédiat, même si nous sommes à la fin du roman. Oui, il y a plus d'une chance sur deux que ça finisse bien, c'est une romance, après tout. Mais avant de commencer à en lire, en me connectant à la e-bibliothéque de Lyanor, après avoir récupéré son compte quand j'ai installé ses applications sur le PC et l'iPad que je lui ai fournis à son arrivée chez moi -en utilisant Neve ou Ethan, je ne sais plus, car elle n'aurait rien accepté de moi- je pensais que ces histoires étaient simplement des fictions à l'eau de rose avec une option « érotique » pour émoustiller les lecteurs. En attirer. Vendre. Erreur.

Dès la première que j'ai lue, pour partager même sans qu'elle ne le sache, un des passe-temps de Lyanor, j'y ai trouvé plus. Je suis un homme. Ce n'est pas vers ce type de lecture que je me tourne d'habitude car je suis plutôt du genre à bouquiner sur la macro-économie ou la géopolitique.

Ou la bourse.

Les bips constants du moniteur cardiaque cadencent mes jours et mes nuits. Rester auprès d'elle n'a pas été une mince affaire, surtout dans ce service. Même en demandant qu'elle soit mise dans une chambre qui ne ressemble pas à l'antichambre d'une morgue. Oui, même à l'hôpital, il y a des ailes « VIP », ou des chambres «plus haut de gamme ». On voit jusqu'où l'homme va pour de l'argent. Mais passons les considérations philosophiques. Pour une fois que mon fric peut servir à Lyanor, si c'est pour qu'elle soit mieux installée, qu'elle se sente mieux à son réveil, alors soit. Je joue le jeu. Je ne peux rien faire de plus, de toute façon. Inutile et impuissant jusqu'au bout, cette fois. Alors j'attends. Et je lis. Pour elle et pour moi. Le roman qu'elle avait débuté durant notre vol retour des Galapagos.

J'ai trouvé plus que prévu dans ce genre de littérature, donc. Des histoires d'amour, mais pas que. Je pensais que dans ces fictions-là, c'étaient bisounours et compagnie. Des trucs de nanas qui veulent rêver via la lecture du prince charmant parfait qui, en rencontrant l'héroïne, la transporte dans un monde de vanille et de chocolat qui ne fond jamais. Ou si, dans les passages érotiques. Je m'attendais donc à un truc grotesque et difficile à lire pour moi, plus qu'une revue politique. J'avais tort.

Si la couverture ne fait pas le livre, l'idée du genre ne fait pas non plus le contenu.

 J'ai découvert des histoires d'amour sombres, où le rose est projeté avec parcimonie. Des coups de foudre qui débutent par une guerre, ou des relations bridées car «interdites » aux yeux de la société qui décide qui l'on doit aimer, et surtout, qui l'on ne doit pas aimer. Des relations compliquées, complexes, qui le sont souvent à cause de secrets, de non-dits. Des passions fusionnelles au-delà du passionnel. Des amours exaltés alors même que les personnages ne s'en rendent pas compte.

  J'ai lu des histoires qui, dans les premiers chapitres, semblaient déjà nous décrire la fin, nous annoncer un fleuve sans houle comme direction vers l'épilogue. Erreur, là encore. J'ai été immergé dans des romances pas toujours romantiques, ou qui ne le sont devenues que bien plus tard. Des romances qui naviguent non pas sur les eaux calmes d'une petite rivière, mais sur tes torrents déchainés, jusqu'à l'océan, vers les Bermudes, avant qu'enfin, une oasis ne soit découverte par les protagonistes. Des montagnes russes où même assis confortablement dans son fauteuil et très loin d'un parc d'attraction, il faut avoir le cœur bien accroché. À se demander parfois si l'auteur n'est pas un peu sadique. Voire totalement sadique ET dérangé ; à la limite du trouble psychiatrique. Comment peuvent-ils faire cela à leurs héros qu'ils créent ? Ou alors, ne nous montrent-ils pas la vérité de l'amour ? Une quête, et en plusieurs étapes ?

Oui. Cela m'a fait m'interroger. Finalement, après avoir lu une bonne vingtaine des romances de cette bibliothèque numérique, que j'ai en plus un peu plus rempli pour Lya, j'en arrive progressivement à la conclusion que ces fictions sont somme toute plutôt réalistes. Sont la parabole de la réalité de ce sentiment. Le plus puissant que l'on puisse connaître dans une vie. Le but de nos vies.

Les péripéties en montagnes russes de la mort, métaphores du «quand y'a plus y'en a encore», menant le lecteur vers une pièce d'aigre folie tant on peut se prendre à l'histoire, s'y identifier lorsque c'est bien écrit, ne reflètent-elles pas simplement la réalité de l'amour ? N'en sont-elles pas finalement, l'apologie ? Ces récits ne seraient-ils pas une apologie ?

En tout cas, moi, quelles que soient les histoires que j'ai lues, dark-romances nébuleuses faites de mafia ,de bikers, de patrons insupportables et arrogant ou romans-vanille, toutes donnaient une vision de l'amour comme un trésor à chercher, et à apprivoiser. Un bien précieux, souvent capricieux. Surtout, elles m'ont prouvé par leurs fictions que l'amour n'est souvent pas où on l'attend. Que même s'il se voit rejeté par des héros aveuglés, il mène le combat jusqu'à ce qu'il sorte vainqueur.

Dans tout ça, j'ai trouvé un écho avec ma relation avec Lyanor. Tout comme la couverture ne fait pas le livre, mes premiers échanges tumultueux avec elle ne dessinaient pas seulement des rapports professionnels houleux ; s'ils laissaient entrevoir un dénouement tonitruant sous fond de disputes et de coups-bas entre les murs vitrées d'une haute tour dorée, ils cachaient en réalité le début d'un flirt tapageur dont nous n'avions pas conscience. Le présent nous raconte que dans les joutes est née une liaison, prémices d'une idylle, mais dès le début certainement, touchée de la baguette de l'amour. C'est l'amour, qui nous a affranchis des chaînes de nos passés respectifs, émancipés des douleurs qui broyés déjà nos futurs, qui anesthésiaient et aseptisaient nos présents de tous sentiments rédempteurs.

La première fois que j'ai vu Lya, je n'avais pas conscience de qui était en face de moi. Mon angelin salvateur. La gladiatrice de ma psychose, de ma noirceur. La muse de mon avenir. Celle pour qui je me mettrai à genoux, sans qu'elle ne me l'ait ordonné sous la contrainte, la menace ou la torture. Lyanor était pourtant une magnifique couverture, et j'ai failli passer à côté de l'histoire qui allait changer ma vie.

Je me lève, ouvre un peu la fenêtre pour laisser entrer l'air frais quelques minutes. Malgré la climatisation, j'ai la sensation d'étouffer. Pourtant, la chambre est spacieuse, lumineuse. Les tons neutres avec quelques touches vives, les quelques meubles qui la décorent pour la rendre plus «hospitalière » et moins « hôpital », design et colorés. S'il n'y avait pas tout ce matériel médical autour d'elle, on pourrait se croire dans une suite d'hôtel. Mais ce n'est pas ça. La sérénité qu'annonce le lieu ne fait pas la quiétude de la situation. C'est simplement une capote pour cacher la vérité de ce qui se trouve sous la carrosserie bien polie.

Mais la vérité, moi, je la connais. Lyanor est toujours dans son monde, loin de cette réalité. Loin de notre attente, des révélations qu'elle pourrait nous faire en se réveillant. Bientôt, j'espère.

Pour le moment, où que soit son esprit, je ne veux qu'une chose : qu'elle se batte en sous-marin avec la même force qu'elle a développée pour nous mettre à terre, moi et mon masque ; la même fougue que lorsqu'elle a voulu terrasser le clan de Campbell.Inc, qu'elle guérisse de ses plaies, celles visibles du moins, pour ensuite pouvoir affronter les invisibles. Les traumatismes psychiques, ou psychologiques des quarante-huit heures de son kidnapping.

Colson est en détention. L'un de ses complices a été arrêté à Montréal -celui décrit par le commerçant comme le géant barbare de Game of Thrones-, et est en phase d'être extradé. Quant au second tortionnaire, il serait allé se planquer à Dubaï sous une fausse identité. Moins stupide que le premier, puisque les États-Unis n'ont pas de traité d'extradition avec les Émirats arabes unis.

Comme si ça pouvait t'arrêter.

Il rentrera. J'ai déjà une équipe sur ses pompes. Peu importe le temps que ça prendra. Et peu importe dans quel état il rentrera. Mais il foulera de nouveau le sol américain. A lui de choisir si ce sera via une soute dans un sac mortuaire, ou le cul posé sur un siège dans un avion. Je me trouve déjà généreux de pouvoir lui laisser le choix. Eux, ils n'ont pas eu cette grandeur d'âme avec Lyanor.

Encore aurait-il fallu qu'ils en aient une, Liam.

Oui. Ils ne lui ont pas fait cette faveur, ces enfoirés. Moi, c'est la seule que je lui accorde ? à celui qui se prend pour un chat main, alors qu'il n'est qu'un misérable rat que je rêve d'écraser après la traque -si tant que je ne change pas d'avis, cela-dit. Et rien n'est moins sûr. Bref. S'il veut se la jouer à « Catch me if you can1 », je suis tout disposé à m'amuser.

Je referme la vitre, nous renferme dans la suffocante attente, mais profite que nous soyons encore seuls, elle et moi. Les autres ne vont pas tarder à débarquer. Un coup d'œil à ma montre me rappelle que son médecin lui aussi, ainsi que les infirmières, seront bientôt là pour les soins. Je remonte les draps sur son corps, caresse sa joue indemne du revers des doigts, me penche au-dessus d'elle. Elle a repris des couleurs, mais immobile, encore. Constatation toujours aussi laborieuse à accepter, elle qui est d'ordinaire si vive. De corps et d'esprit. Allongée et interne, l'image qu'elle me renvoie me fauche à chaque fois, me coupe le souffle, et pas d'un plaisir visuel, bien au contraire. Moi, je n'ai pas de marques visibles. Mais je ne suis pas sans trauma. Mes émotions se prennent même plus la peine de se cacher dans un cachot. Elles vivent à l'air libre, je ne lutte plus pour les enfermer. À l'instar de Lyanor, pas de commotion cérébrale pour moi, mais une fracture intérieure dont le contre-coup n'a pas faibli.

— Je sais que tu as encore besoin de te reposer, mais tu me manques, Lya.

Je lui murmure mes mots à l'oreille, comme un secret, en espérant qu'elle peut entendre ma voix depuis l'univers dans lequel elle vit depuis plusieurs jours, même si elle se brise, souvent. Je l'observe, guettant le moindre signe d'activité, bien que je sois conscience que pour le moment, cela n'est pas possible. Bientôt. Elle me manque atrocement alors qu'elle est juste là, sous mes yeux, mais les siens restent clos. Je veux l'entendre me parler, rire, m'envoyer chier comme elle seule sait si bien le faire, même. Mais je veux qu'elle revienne, ma petite guerrière.

Je me rassieds près d'elle, au plus près de son lit, reprends sa main dans la mienne, attrape la tablette, puis ouvre le chapitre suivant « La vie continue », non sans une certaine et palpable appréhension. La suite après un tel choc dans l'œuvre ? Un énième ? Encore, je me raccroche au fait que généralement, les romances se terminent bien. Si je me voyais depuis le passé, dans une brèche temporelle, depuis six mois en arrière, je ne me reconnaitrais pas moi-même. Pour tellement de raisons. Mais il y a six mois, je n'étais pas moi-même. Le suis-je en ce moment, alors qu'une partie de moi est dans le coma, littéralement ?

Je prends une grande inspiration pour me donner du courage. Bordel, mais j'ai l'air de quoi, là?

De ce que tu es, vieux. Un maso.

Comment c'est possible que j'accepte de me torturer autant ? Que je le fasse sciemment et volontairement, en plus ? Voir Lyanor dans cet état, ça me tue, et en plus, je continue de lui lire cette histoire qui m'a fait passer par un camaïeu d'émotions que je ne pensais donc pas trouver dans ce genre d'écrit.

Comme quoi, l'habit ne fait pas le moine, Liam.

Alors je suis l'exception. Car moi, mes costumes stricts et sombres reflétaient avec fidélité l'obscur connard minable qui était derrière le vêtement.

Je reporte mon attention sur le texte, un poids pesant écrasant mon thorax . Je crains la suite. Parce que le chapitre suivant a laissé en suspens une question qui n'est pas que dans la fiction : «Que va-t-il se passer, après ce nouveau rebondissement terrible ?». Il est la réverbération percutante de ma propre angoisse. Et si la fin n'est pas heureuse ? Y verrai-je un signe pour mon avenir à moi ?

Ma réflexion se perd avant même que je n'ai lu le premier mot. Je me demande ce que ça serait, si nous n'étions que des personnages de romans, Lya et moi. L'auteur regretterait-il de nous avoir si peu épargnés ? Aurions-nous un quelconque pourvoir sur lui ? Celui de le faire revenir en arrière, d'effacer nos derniers chapitres, de nous proposer une autre alternative ? Car les auteurs ont de l'affection pour leurs personnages, n'est-ce pas ? De la compassion, même s'il les malmène pour les besoin de l'œuvre, pour leur faire comprendre à quel point ils s'aiment envers et contre tous, que rien ne pourra les séparer ? Pourrions-nous compter sur l'attachement du nôtre pour qu'il fasse marche arrière ? Le sermonner d'une quelconque manière ?

Il pourrait très facilement, d'un simple click sur son clavier, supprimer cette dernière semaine, puis reprendre le cours de son écriture en nous créant une suite plus heureuse et gaie, moins pénible, pas funeste, quoi qu'il advienne. Ou alors encore, autre possibilité, mon personnage se réveillerait, au Galapagos après un sommeil troublé, ou à New-York, mais l'une comme l'autre des solutions, par la douce voix de Lyanor tentant de le sortir de son terrible cauchemar. Celui que je vis pour de vrai, depuis plus de cent quarante heures maintenant. Mais nous sommes bien réels. Pas de retour en arrière possible, je crois. Et s'il y en avait un, je donnerais tout ce que j'ai pour garder celle qui m'est bien plus précieux que la plus colossale des fortunes. L'amour n'a pas de prix. Mais une valeur inestimable. C'est ce que Lya est pour moi. Sa valeur est si considérable qu'aucun chiffre n'est assez haut pour l'estimer, la tarifer.

J'ai lu des histoires où, malgré les péripéties pharaoniques ou ravageuses qui nous faisaient croire qu'il ne pouvait pas y avoir une issue joyeuse pour les héros, la fin était merveilleuse pour eux. Alors j'espère que la mienne, la nôtre, le sera, même si je ne vis pas, comme eux, dans les pages d'un roman, mais bien dans le monde réel. Un monde dur, où il faut accepter l'éventualité qu'il n'y ait pas de happy ending . Un monde que je refuse pour le moment de voir comme le mien. Ici, je veux être entre deux. N'imaginer qu'une conclusion bienheureuse.

— Six mois plus tard. *

Je manque de m'étrangler. Non mais sérieusement ? râlé-je pour moi-même dans ma tête. Y'en a qui méritent la prison pour nous faire des trucs pareils ! Sadique jusqu'au bout la folle-dingue qui a écrit ça ! Faut qu'ils se fassent soigner bordel, les auteurs comme elle, qui pondent du suspense jusqu'à la dernière ligne, nous font retenir nos souffles sans se soucier de nous faire nous asphyxier! Ils ont du boulot, les psy !

Allez Liam, concentre-toi. Lya attend son histoire ...

— Le jet se pose sur le tarmac et j'attends le signal lumineux pour détacher ma ceinture...*

***

— Mon monde s'est illuminé un soir de mars dans la cité du pêché. Pourtant, c'est là-bas, que j'ai rencontré mon paradis. Et je me promets à cet instant de lever le voile sur une petite partie de l'histoire que moi seul connais. Mon monde, c'est elle. Et j'ai hâte de voir s'écrire sous mes yeux, le script du reste ma vie. À Hollywood tout est possible. Et vous, c'est quand, votre prochain week-end au pied levé ?

Au dernier mot, une main se pose en douceur sur mon épaule droite. Je relève les yeux, croise le regard avenant d'Amélia, puis celui plus narquois d'Ethan qui se fout encore et sans surprise de ma gueule. Il se peut se marrer dans sa barbe, je sais très bien qu'il n'en mènerait pas plus large si les rôles étaient inversés. Et que son attitude qu'il veut détachée n'est qu'une manière pour lui de ne pas sombrer, encore, dans la déprime, comme il y a trois jours. Il s'en voulait, encore. S'est flagellé. Fustigé pour ce qui est arrivé à Ivy et Lyanor, arguant à tort et à travers -à tort surtout- durant une crise de colère dont ont fait les frais plusieurs objets de déco chez lui et une partie de sa vaisselle, qu'il était « encore le putain de con responsable de dégâts collatéraux qui auraient pu être évité s'il avait su prendre la bonne décision ». Céder au chantage de Colson.

Colson. Putain il nous aura bien fait chier, ce merdeux de mes deux ! À se demander comment Neve, notre poussin si intelligent, a pu se laisser prendre dans les filets que cet espèce de gros parasite.

L'amour a ses raisons, Liam.

Ou l'amour rend aveugle et sourd, surtout, parfois. Même au plus bruyant des cris d'alerte.

Donc non content d'avoir tenté de soudoyer Neve à moins d'un mois de son accouchement, et alors même qu'il s'était fait notifier -pour la deuxième fois, donc- une fin de non-recevoir, avec, l'a-t-on appris, une bonne gifle pour lui remettre les idées en place, cette raclure est allée taper à la porte de mon frère pour lui dire que s'il ne lui «allongeait pas le fric», il lancerait une procédure de reconnaissance du bébé, demanderait une garde alternée et évidemment, puisque l'enfant ne l'intéressait que pour du blé, un pension alimentaire. Un salopard capable de retirer un bébé dont il n'a rien à foutre juste pour remplir son compte en banque.

Ethan lui a dit non sur la somme. Non pas qu'il ne les avait pas, ce n'est pas grand-chose pour lui, mais par principe de ne pas de faire -totalement- marcher sur les pieds par cette merde qu'on n'avait jamais pu sentir. Oui, étrange choix de mots. La pensée a donc elle aussi ses raisons. Il lui a donné moins. Mais selon moi, nous, tous sauf lui, ce n'est pas le problème. Quand bien même il lui aurait filé vingt et un millions, il aurait peut-être récidivé dans le chantage, ou serait comme aujourd'hui passé directement par la case enlèvement.

Pourquoi ? Parce que ce lamentable looser a trouvé le moyen de flamber sa tune au casino, et, voulant se rattraper, a joué avec les mauvais bougres. De vrais caïds, un cran au-dessus du bac à sable dans lequel il pataugeait lui. Il leur devait du fric, ne pouvait pas en demander tant à ses parents -ni du tout d'après lui- qui sont issus d'une classe aisée, mais pas riches à millions non plus ; et sa famille n'avait ni connaissance de son addiction aux stupéfiants, ni de sa malchance aux jeux, ni de son train de vie nettement au-dessus de ses moyens, en réalité. Ce pique-assiette bouffait à tous les râteliers, et n'était clairement pas celui qu'il prétendait. Il profitait de la bonté de ses « amis» au «gré du sens du vent » comme le dirait Lyanor.

Pour lui, Neve, c'était le jackpot à gagner. Mais quand elle lui a annoncé être tombée enceinte, il s'est retrouvé coincé entre deux feux : son envie de grimper dans l'échelle sociale, et sa petite vie de libertin volage et pseudo-jet-setteur. Oui, le gain a des effets étranges sur certains. À ce moment-là, avoir un enfant, même dans son esprit perverti par la cupidité, ce n'était pas au programme. Alors, il a tenté le tout pour le tout : il s'est dit qu'il pouvait aller profiter quelques mois, pigeonné quelques proies faciles, et revenir vers Neve, croyant qu'elle les recevrait à bras ouverts, lui et sa fausse quête de pénitence.

Erreur stratégique de débutant. Une fois que la dragonne était sortie de sa coquille de poussin, qu'elle avait entraperçu à qui elle avait à faire, au lieu de lui ouvrir les bras, elle lui a tendu son genou droit. Comme quoi, dans la vie, à quelques centimètres près, c'ee n'est quand même pas le même effet...

Donc, Ethan n'est pas responsable des actes de ce raté. On aurait dû aller le saluer sans délicatesse quand Neve l'a éjecté du paysage. Une petite visite sans courtoisie, pour lui expliquer avec un tas d'exemples concrets notre point de vue sur sa « situation» de géniteur à la queue trop pendue, et notre vision de l'avenir, sans lui. Que s'il comptait mourir vieux, avec tous ses membres au bon endroit, toutes ses dents et une possibilité de descendance -en dehors de ma filleule- il fallait qu'il reste loin d'elles. Mais puisque les femmes de nos vies font de nous ce qu'elles veulent, on a abdiqué devant la cadette. Encore une fois ...

Voilà où ça vous a menés, oui.

Le fric rend les gens fous.

— Tu as terminé ? me demande Mélia en tirant un fauteuil à elle après avoir embrassé Lya.

— Non, il me reste deux épilogues, et les bonus, je lui réponds avec un clin d'œil.

— Ok. Alors on t'écoute, frérot, déclare Ethan une fois le même cérémonial que sa compagne effectué. Si tout va bien, dans quelques heures, tu feras la lecture à une Elly qui pourra commenter et critiquer ta manière de lire !

On croise les doigts, oui.

***

— Alors qu'importe ce que les gens disent ou pensent, l'important, c'est de toujours tenir ses promesses. Toujours. *

Amélia, qui a tenu à lire elle-même le dernier épilogue, blottie sommairement contre sa meilleure amie, tend la tablette à Ethan qui se lève pour la récupérer.

— Tu es ma battante, Lya, souffle-t-elle contre sa joue en lui tenant la main. Tu vas revenir en pleine forme, et tous nous les mettre au tapis ces raclures de Satan, ok ? En plus, j'en connais un qui est encore prêt à se mettre à genoux, matin, midi, et soir, si ça peut te faire revenir plus tôt chez vous, plaisante-telle en me regardant, taquine. Je crois bien que ton tempérament lui manque, et à moi aussi. Alors tu finis ton gros dodo ma Blanche-Neige, parce que moi, les sept nains survoltés, je vais pas pouvoir les contenir toute seule bien longtemps, ma belle !

— Qui tu traites de sept nains, mon cœur ?

Amélia lève les yeux au plafond, faussement excédée, en passant ses doigts dans ses cheveux de feu.

— Toi, lui, dit-elle en comptant sur ses doigts, frondeuse comme l'est Lya, vos parents, et Prof, enfin, Neve, je veux dire.

— Pourquoi pas blanche neige ? demande Ethan.

— Parce qu'elle vous mène à la baguette, les gars ! s'esclaffe-t-elle en roulant des yeux, comme si c'était l'évidence même. Ma Elly, c'est une Blanche Neige, poursuit-t-elle en se levant du lit médicaliser pour venir s'asseoir sur les genoux de mon frère. Une Blanche Neige avec la vilaine marâtre, même si c'est sa mère et non sa belle-mère. Aurore, la Belle au bois dormant, et aimée et adorée par ses parents et tout son royaume. Et c'est une vilaine sorcière qui s'en prend à elle, mais endort le reste des villageois pour cent ans, conte-t-elle en se mettant debout pour continuer sa tirade tout en gesticulant de la tête et des mains à la manière d'un fabuliste d'antan. Blanche Neige, elle, a perdu son père, est vit avec une détestable belle-mère jalouse d'elle, mais qui ne s'en occupe pas vraiment. La reine envie sa gentillesse, de sa beauté, sa jeunesse. Elle veut rester la plus belle, la suprême, et est prête à tout pour mener à bien son plan. Jeune fille solitaire mais attentionnée, la douce Blanche Neige, ne peut qu'être adoptée par les sept nains quand s'invite un jour dans leur petite maisonnée et leur vie toute orchestrée après avoir fui sa seule famille, ce qu'elle pensait être son foyer.

Elle marque une pause, me considère avec insistance en plissant ses petits yeux de chipie comme le font les deux autres dragonnes. Ca n'annonce rien de bon, cette moue de peste en puissance.

Ça va être ta fête ... Tu la sens la suite ou pas du tout ? raille ma conscience qui a déjà compris.

— Et vous savez, en plus de tout cela, pourquoi ma Elly est une Blanche Neige ?

— Oui, parce que nous avons un méchant grincheux ! explose mon frère de rire en se tenant les côtes. Oh bon sang ! Mais elle est d'anthologie, mon cœur, ton histoire !

D'anthologie ... comme la raclé que je vais te mettre la prochaine fois que tu fous un pied sur un ring en même temps que moi, abruti ! pesté-je silencieusement. Et on demandera à Blanche Neige de compter les points, tiens ! Facile, ils ne seront que pour moi ...

Arrogant.

Réaliste.

— Tout à fait mon cher Walsh, consent-elle avec une courbette exagérée m'arrachant un de mes rares sourires depuis près d'une semaine -les autres m'étant soit extirpés du livre que j'ai lu, soit de la présence d'Ivy dans la pièce. Nous avons un gagnant pour Grincheux-Le-Connard-Malheureux ! s'exclame-t-elle ensuite en pointant ses mains paumes ouvertes vers moi. Toi, tu es Grincheux, Kavanagh. Celui qui a tout fait pour faire fuir la jolie Blanche Neige qui ne demandait qu'à ce qu'on la laisse tranquillement faire son travail, n'hésitant devant aucune crasse. Mais comme dans le conte, Grincheux se rend peu à peu compte de la valeur de Blanche Neige ...

Il s'est surtout pris un mur, pour le comprendre.

— C'est bon, je connais l'histoire des Frères Grimm et aussi le dessin animé de Walt Disney, Miss Fabuleuse, la coupé-je en allant embrasser Lya. Je suis le vilain nain d'un mètre quatre-vingt-six qui est tombé fou amoureux de la magnifique princesse, ce n'est pas un scoop, Mélia. Pour une journaliste, cela m'étonne que tu penses tenir une exclusivité, me moqué-je alors qu'elle grimace en me tirant la langue.

J'aimerais que Lya soit elle aussi en état de plaisanter avec nous. J'espère qu'elle nous entend. Qu'elle sait qu'on est là, autour d'elle, qu'on l'attend. Pourtant, la perspective qu'elle soit trop fragile émotionnellement pour faire une déposition, puis témoigner devant un jury s'il le faut, ça m'angoisse. Quelque part, là où elle est, pour le moment, elle n'a pas à subir tout cela.

Ni le reste.

Ni le reste. Apprendre pour ses blessures, ça risque de lui faire un choc. Moi, c'est aussi la perspective qu'elle ait des séquelles, qui me fout le bourdon. Je veux qu'elle se réveille, mais j'ai peur de sa réaction. Peur qu'elle souffre, et pas que physiquement. Peur qu'elle choisisse de fuir pour se protéger. Peur que son début de septicémie puisse avoir laissé des séquelles à ses organes, même si les médecins pensent que le staphylocoque ayant été diagnostiqué rapidement après sa prise en charge et aucune nécrose n'ayant eu le temps de s'installer de manière irréversible, la liste des conséquences serait réduite.

Mais on ne peut pas savoir tant qu'elle est plongée dans son coma artificiel. Ils la maintiennent ainsi pour lui permettre de se remettre progressivement. Ils sont confiants et ont prévu de tenter le processus de réveil dès demain, au vu de ses derniers résultats de ses analyses biochimiques sanguines et autres examens, si j'ai tout compris.

Ses yeux s'écarquillent autant que sa bouche forme en jolie O, et je vois bien qu'elle jauge dans un regard gourmand de défi si mes réflexes peuvent être meilleurs que les siens. Si cela vaut le coup qu'elle continue de me titiller.

— Il faudra d'abord me passer sur le corps, Liam, gronde son chevalier blanc en se levant, les bras croisés.

— Ne me tente pas, Ethan, je m'avance à mon tour pour le toiser comme quand nous étions ados.

Nous savons l'un comme l'autre que c'est une plaisanterie, mais Ethan aime jouer au coq devant sa compagne. Sauf que moi, je suis un renard, ces derniers jours ...

Un renard en chasse.

— Réveille-toi, ma chérie, entendons-nous Mélia parler à Lyanor tout à coup. Il ne manque plus que toi. Tu ne seras pas seule, je ne te lâche plus, et Taylor est à New-York, lui aussi. Je ne te lâche plus, Lyanor Johnson. Tu es mon héroïne à moi. Tu voulais vivre une nouvelle vie, tout recommencer. Alors réveille-toi Elly. Je ne te lâche plus ...

Ses mots me percutent, car ils sont ceux que je répète à Lya plusieurs fois par jour. Mes yeux croisent ceux de mon frère. Une étincelle commune née dans nos regards quand nous pensons en même temps : « Nous non plus »

***

— Si tu voulais un café frappé, c'est ce que tu aurais dû commander, Liam, me charrie Amélia pour me ramener vers leur conversation en me donnant un léger coup d'épaule.

Je ne sais même plus depuis combien de temps j'ai décroché, mais j'esquisse un sourire probablement niais à l'idée que tout ceci est bientôt terminé. Cette attente qui me broie, mais ne sera dans quelques heures plus qu'un mauvais souvenir.

Depuis suffisamment longtemps pour avoir un café imbuvable devant toi, vieux.

Je souris, oui. Intérieurement aussi, car les choses vont enfin rentrer dans l'ordre. Lyanor devra encore rester quelques jours ici, pour sa réhydratation surtout, et s'assurer qu'elle ne fait aucune rechute d'aucune sorte, puis elle pourra passer en soins de jour à la maison. Sa thérapeute viendra faire les séances à domicile.

Ethan a enfin intégré qu'il n'est pas responsable du kidnapping. Tous les abcès ont été crevés en famille, le peu d'heures que je passais en dehors de l'hôpital quand je ne pouvais rester auprès de Lya, en soins, justement. Les petites cachoteries des uns et des autres ont été révélées.

— Excuse ma sœur, c'est une sale gosse mal élevée quand elle s'y met. C'est pas faute de l'avoir corrigée à coup de poupée Barbie dans la tête quand elle était petite, mais que veux-tu, ma Rebelle4 est une casse-pieds née ! Jamais sa langue dans sa bouche, sauf quand elle la fourre dans celle de son copain. Enfin, pour le reste, ça ne me regar...

— MAIS T'ES UN GRAND MALADE ! s'écrie-t-elle.

C'est qu'ils sont pareils, les deux Scott, en réalité. Deux tornades. Des tornades attachantes. Je suis content de voir que Lya, malgré sa grande solitude familiale et affective, a été bien entourée quand elle les a rencontrés. Elle m'a raconté plusieurs anecdotes sur leur adolescence. Et bien que les circonstances ne soient pas formidables, j'apprécie d'avoir rencontré Taylor. Il me fait beaucoup penser à Ethan. Bon, et à moi, aussi. Le grand-frère un peu fou, mais très protecteur envers sa petite sœur.

Et toujours prêt à se foutre d'elle, aussi.

Il n'a pas hésité quand Amélia l'a appelé. Il a accouru. Parce qu'il considère Lyanor comme un membre de sa famille, et ça me réchauffe vraiment le cœur qui était bien refroidi ces derniers jours. Même leurs parents voulaient venir. Mais nous étions déjà assez. Dès qu'elle sera consciente, et qu'elle aura repris des forces, ils feront le déplacement, eux aussi.

— C'est long, vous ne trouvez pas ? nous interroge Neve qui trépigne.

— Oui. Le Professeur Brown avait dit deux heures, le temps qu'ils refassent des examens, mais ça fait déjà près de quatre heures, admet Ethan. On devrait ...

Une vibration fait trembler la table. Nous nous précipitons tous sur nos téléphones.

— C'est mon père, nous informe mon frère. Il dit qu'ils gèrent. Les vieux ne sont pas encore croulants ! rit-il en terminant son jus de fruits.

Heureusement pour nous, nos parents nous ont remplacés à certains rendez-vous, et personne n'a rien trouver à y redire. Aaron s'est montré très efficace en solo, aussi. Il aura mérité la meilleure prime de Noël de tous les temps, celui-là. J'ai toujours su que je pouvais lui faire confiance, car malgré mon tempérament de merde, notre duo a immédiatement fonctionné, et je n'ai jamais regretté ce recrutement. Je ne pouvais pas rêver meilleur assistant. Enfin, avoir Lya ne me dérangerait pas, mais pas sûr qu'Ethan se laisse faire pour une petite permutation entre nos assistants.

 Je pourrais l'avoir jour et nuit. Je garde l'idée, sur un malentendu ....

Gros, le malentendu, alors.

  Mais Aaron fait vraiment du bon boulot, vole de ses propres ailes. J'ai pu compter sur lui. Il était hors de question que je retourne au boulot. Alors il a fallu se réorganiser. Ma seule préoccupation, c'est Lyanor.

Nouvelle vibration. Mon cœur s'emballe à rater des battements, mes mains deviennent moites d'appréhension et d'excitation quand mes yeux voient immédiatement que cette fois, c'est mon écran qui m'honore de sa lumière. Alléluia !

— C'est bon !

Nous ne levons tous à la hâte pour quitter la terrasse de la cafétéria de l'hôpital.

— Je passe aux toilettes !

— Punaise Ethan, t'as des problème de prostate à ton âge, ou quoi ? Ça ne peut pas attendre ? s'agace Neve pas du tout décidée à patienter plus, qui le fusille du regard.

— C'est bon, moi aussi, je vais y aller. Partez devant, mais interdiction de commencer sans nous !

On n'est plus à soixante secondes près. Avant de pouvoir voir Lya, nous devons discuter avec le Professeur. Nous le savions. Il nous avait prévenus. J'espère juste que tout c'est bien passé. L'équipe médicale ne voulait pas de nous dans sa chambre au moment où ils la réveilleraient totalement. « Le protocole », a-t-il dit ...

— Normalement ce sont le nanas qui s'accompagnent aux toilettes, en plus d'être incontinent, tu as besoin d'aide pour la trouver vermito ?

Vermito. Elle exagère.

— C'est moi que tu vas trouver, là, poussin. Demande un peu à Neve combien de temps il lui faut pour s'asseoir quand ...

C'est reparti...

— Waoww Walsh ! le stoppe la rousse ; Ce n'est pas le lieu, là ! Ta vanité va se débrouiller toute seule comme une grande sur le coup, chéri. On vous attend en haut. Ça ne devrait pas pour prendre des lustres non plus. Enfin, pas à Liam d'après ce que j'en sais, minaude-t-elle avec un clin d'œil.

— Tu ... Quoi ? je m'étrangle en comprenant le sous-entendu. Non, laisse tomber.

Ma vanité à moi est sauve. Merci, Lya ... Quoi que minute ...

Après elle me fait une scène parce que j'ai parlé à Ethan, pensé-je ? Elle est partie chez Neve alors qu'elle aussi, elle a la langue pendue? Sale petite peste ... Elle a de la chance que je l'aime, mais elle ne paie rien pour attendre ! Elle va s'en rappeler, de ma vengeance !

Elle pourra dire adieu aux chaises ...

Je suis vraiment un putain de pervers de pensée un truc pareil maintenant ! Fou, cette femme m'a rendu fou.

***

On s'attendait à du calme, mais c'est tout le contraire qui nous attend quand nous sortons de l'ascenseur qui mène à l'étage de la chambre de Lyanor. Mélia est en train de hurler à tout-va. On l'entend avant de la voir.

— Oh mon Dieu mais qu'est-ce que tu fiches ici, toi ? TU N'AS RIEN À FOUTRE ICI ! DÉGAGES OU J'TE CONDUIS MOI-MÊME A LA MORGUE ! TU ME DÉGOUTES !

Nos pas s'accélèrent dans le couloir.

— Bordel de merde ! siffle Taylor resté avec nous. Elle va péter un câble, cette fois ! Ça ne va pas être simple ! Manquait plus que ça ... grince-t-il avant de s'empresser de rejoindre la fête.

Un quatre juillet en avance.

 Je m'attendais à beaucoup de choses, mais pas à ça. Et ça ne fait que commencer ... Après l'attente, les révélations.

 Et pas que pour le meilleur.

~~~~

Notes :

* Extrait d'Une Promesse de Trop - Sexy Coloc à Hollywood

1 Games of Thrones: Série télévisée américaine de fantasy, de 8 saisons et 73 épisodes, adaptée de l'œuvre du même nom créée par George R.R.Martin. Diffusée de 2011 à 2019

2 Catch me if you can : Arrête-moi si tu peux. Film américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 2002, mettant en scène Léonardo DiCaprio et Tom Hank. Fiction inspirée de la vie de Frank Abagnale Junior.

3 Happy ending : fin heureuse en anglais

4 Rebelle : Film d'animation des studios Disney, sorti en 2012. Rebelle, la Princesse Mérida, jeune fille écossaise têtue, caractérielle, indépendante et intrépide à la longue chevelure rousse, qui n'a peur de rien ni de personne; d'où l'allusion de Taylor.

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