La rançon

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Liam


— Donc vous pensez que c'est une technologie de communication que nous pourrions adapter aux besoins de l'armée ? Y compris en dehors de nos frontières ? Sur un autre continent ? En zones de conflits ?

Ma montre connectée m'annonce un deuxième appel. Je renvoie. Il le fait exprès ou quoi ?

Ou pas.

— C'est une technologie que nous développons pour l'armée, Monsieur le Secrétaire d'État, je rétorque avec insistance. Une alternative à l'utilisation de satellites pour communiquer sans risque d'espionnage ni de hackage, car...

— Excusez-moi, pardon, pardon, se confond en excuses Aaron qui m'interrompt et s'avance vers moi à pas rapides son téléphone en main. Monsieur, Monsieur Walsh demande à vous parler, me glisse-t-il en se penchant derrière moi. Il dit que ça ne peut pas attendre.

— Dites-lui que...que je...

Les mots restent coincés. Mon regard trouve celui de mon assistant quand mes neurones me font grâce de leurs alertes en désactivant l'option <boulot> de ma tête. Ethan sait où je suis. Pourquoi je suis au Pentagone, entouré d'une quinzaine de hauts émissaires de l'armée et du gouvernement. Le projet Skyless¹, c'est le plus ambitieux de KMC.Corp en matière de télécommunications. Une technologie qui s'affranchit des satellites qui sont en orbite à environ trente-six mille kilomètres au-dessus de nos têtes. Un projet classé 5 dans nos niveaux d'accréditation interne. Le plus haut. Seule une poignée de nos employés sont au fait. Ceux qui travaillent dessus, évidemment, ainsi qu'une vingtaine d'autres. Des consultants en sécurité civile et militaire pour nos partenaires extérieurs. Mais la liste est restreinte. Le sujet est sensible. Le projet ambitieux. L'espionnage industriel nous rend paranos.

— Prenons quelques minutes de pause, propose le Secrétaire d'État à la Défense qui préside cette réunion, déjà debout.

Nous l'imitons, tous. Sortons de cette salle de conférence aux allures de bunker. Mieux vaut ne pas être claustrophobe. Dans le couloir silencieux comme si nous étions dans un musée où il ne faut déranger les tableaux et sculptures, je reprends la communication mise en attente par mon assistant, me demandant ce qui peut justifier qu'il soit si insistant et en vienne à contacter Aaron directement :

— Ethan ? Mai...

— À quelle heure Elly devait déposer Ivy ? m'interroge-t-il de but en blanc.

— Qu'est-ce...

— Liam! À quelle heure Neve lui a-t-elle dit qu'elle devait déposer Ivy à la nounou ? répète-t-il avec plus d'empressement encore.

C'est quoi ce... ?

— 10h30, je crois. Pourquoi ? lui demandé-je en consultant ma montre, qui indique 11h30 passées.

—Bor...

— Ethan ! je m'écrie dans le téléphone pris d'une bouffée de stress aride, tous les visages alentours convergeant instantanément vers moi. Qu'est-ce qu'il se passe ?

Mon cœur suspend sa course à l'infime attente avant qu'il ne me réponde :

— Elle ne sont jamais arrivées, Liam. Bryanna vient de...

Un cri féminin hystérique mais déchiré me parvient, faisant trembler mon tympan et m'obligeant par réflexe à éloigner le portable de mon oreille : Neve. Même Aaron, pourtant à deux mètres de moi, l'entend et se fige, stupéfait.

Mon frère me parle, mais le brouillard dans ma tête à cause du ciel qui vient de me tomber dessus m'empêche de prendre les phrases telles quelles. Je n'ai pas la force de réagir. Sous le choc. Seuls les mots importants s'incrustent en moi, jouant les électrochocs ressuscitants pour mes organes qui ont cessé de fonctionner, mais pas de brûler comme sur un bûcher. Tout ce que je retiens, c'est que la course contre la montre est déjà lancée, et que, finalement, l'idée d'une navette spatiale dont m'avait parlé Ethan il y a plusieurs mois a fait son chemin : je vais en avoir besoin. Oui, car je compte les traquer même dans l'espace, s'il le faut. Ma rage, nourrie par ma peur viscérale de les perdre, ne connaît aucune limite. Ça tombe bien, nous avons des moyens illimités. Inépuisables.


***


— VOUS EN AVEZ ENCORE BEAUCOUP, DES COMME CA ?!

— MAIS CHERCHEZ-LES AU LIEU DE PERDRE DU TEMPS ! j'éructe en même temps qu'Ethan qui perd patience.

C'est le branle-bas de combat dans le bureau d'Ethan depuis que Neve a reçu un message confirmant ses craintes, après que sa nounou l'ait prévenue que Lyanor n'était jamais arrivée jusqu'à elle avec Ivy ,puis qu'elle n'a jamais réussi à la joindre au téléphone : elles ont été enlevées. Pour de vrai, cette fois. Et pas par moi.

Le premier message des ravisseurs ordonnait «Pas de flics, pas de garde du corps». Il disait aussi « Vingt millions».

De dollars, pas Bolivars ² .

 Vingt millions de dollars. Ils ont de l'ambition, à défaut d'avoir l'instinct de survie. Pas que nous n'allons pas payer, mais la somme semble si astronomique pour un enlèvement -et ce n'est pas que moi qui le dis- qu'ils ne tenteraient rien contre sa fille ou Lyanor, au risque de voir s'envoler le méga pactole. Alors le «Pas de flics», Neve ne l'entendait pas de cette oreille. Ils lui ont pris son bébé. La prunelle de ses jolis yeux, sa chair -la nôtre aussi, d'une certaine manière. Ils considèrent sa fille comme un vulgaire objet qu'on échange, qu'on troque. Alors elle a besoin de justice en réparation des heures sinistres qu'elle vit, que son bébé vit loin d'elle, tout comme Lyanor en avait besoin. En plus, elle a vu le fait que j'étais dans les murs du Pentagone comme un signe évident : qu'il lui fallait prévenir les autorités, mais avec discrétion. C'est donc moi qui m'en suis chargé, en allant conter simplement au Secrétaire d'État ce qu'il se passait à New-York. Résultat : une équipe du FBI, dont une agent spécialiste des négociations et enlèvements, est arrivée à KMC.Corp. Au compte-gouttes, en civile, au cas où la tour serait surveillée. Sans passer par les étapes de sécurité du Hall, grâce à Ethan, pour ne pas que les vigiles puissent voir aux Rayons X ce qu'il se cachait dans leurs mallettes. Nul n'a à savoir ce qu'il se trame dans les hauteurs de la tour à cause de l'avilissement et de la bassesse dont l'esprit humain est capable par cupidité.

Je ne suis là que depuis quinze minutes, mais je déjà à bout de nerfs. Je ne sais pas ce qui me retient de tous les envoyer chier sur la Lune. Voire plus loin. La perspective de me retrouver dans un poste de police à ne pas pouvoir suivre les opérations, certainement. Je me fous des coups de poings mentaux en me demandant pourquoi j'ai cédé quand elle a refusé d'avoir un garde du corps, quand elle a éclaté de rire en pensant que je plaisantais, puis qu'elle s'est mise en colère dès lors qu'elle a compris que j'étais sérieux. C'était quelques heures avant de rentrer des Galapagos. Comment ai-je pu être aussi con pour la laisser gagner quand il s'agissait de sécurité?

Lyanor gagne toujours.

— Nous avons des équipes sur le terrain, M. Walsh, lui assure de nouveau dans un calme très olympien l'un des agents fédéraux, Armstrong, un grand black dont le sang ne semble être que froid tant sa locution est flegmatique. Mais nous ne pouvons négliger aucune piste. C'est vous qui nous en faites perdre en ne répondant pas simplement à nos questions.

Nous répondons. À celles qui ne sont pas stupides! Et celles-ci le sont.

— Elly n'a pas fait ça ! s'emporte Neve au bord d'une implosion émotionnelle qui va tout vaporiser sur son passage. C'est ridicule ! Retrouvez ma fille! Concentrez-vous sur les noms que vous nous avez demandés ! La liste n'est pas assez longue ?!

Celle de 3 Km?

Si. Elle l'est. Entre nos anciens employés, particulièrement ceux qui ont fait les frais du remaniement il y a plusieurs semaines, les noms de nos concurrents les plus virulents, et les Campbell qui ont vu leurs espoirs d'escroquerie prendre le large sans se rendre compte qu'ils naviguaient alors que le vent allait se lever, ils ont largement de quoi enquêter sur ceux et celles qui avaient un mobile pour enlever Ivy et Lyanor. Ivy, surtout. Car dans le message qu'a reçu Neve, d'un téléphone prépayé dont la ligne n'a été utilisée que pour ce texto donc intraçable, la nounou, comme ils l'appellent, se serait mise dans ce pétrin en refusant de coopérer gentiment. C'est donc bien après ma filleule qu'ils en avaient.

— Malheureusement, dans la majorité des enlèvements Mademoiselle Walsh, déclare avec empathie l'agent Vardini -la spécialiste enlèvement- une jeune femme métisse aux grands yeux sombres mais bienveillants qui doit être à peine plus âgée que moi, c'est un proche de l'enfant qui est derrière ça. Alors même si cela vous paraît impossible, laissez-nous faire notre travail qui est de retrouver qui est derrière ça et de vous ramener votre petite fille. Plus vite nous aurons réduit la liste, plus vite nous resserrerons l'étau. Généralement, les enfants kidnappés sont retrouvés dans les quarante-huit heures, Mademoiselle Walsh. Alors chaque seconde compte.

 Des secondes qui valent des heures. Ca ne peut pas être en train d'arriver !

— Les actionnaires de Campbell.Inc ont tous un alibi, intervient un troisième agent, le plus gradé de tous, Delaware; un ami du Secrétaire d'État Belingbloom, et du Gouverneur de New-York que mon père, fervent donateur lors de ses campagnes électorales et ancien compagnon d'université -toujours de golf- a également mis au courant pour nous assurer de la plus grande discrétion des autorités.

Anciens actionnaires. Mais ce n'est pas encore public. Ce le sera à la fin de la semaine. Tous ce que les flics savent, c'est qu'il y a eu une altercation qui a mené à une plainte contre moi que Campbell a retiré quarante-huit heures après.

Les Campbell étaient les premiers sur ma liste. Mais s'en prendre à Ivy, et donc à Neve, par extension à Ethan de nouveau, de cette manière, ça m'a paru bien gros pour des poissons pourris comme eux. Ils auraient bien des raisons de vouloir se venger, mais ce serait ô combien trop risqué de retenter quoi que ce soit. D'autant plus que nous sommes tombés d'accord sur le fait qu'ils n'ont plus le droit d'approcher aucun Walsh, ni aucun Kavanagh. Cela romprait d'office la clause de confidentialité et nous permettrait de divulguer leurs méfaits.

Trop risqué pour eux.

Vous en êtes certains ? questionne mon père, l'air inquiet. Mieux vaut vérifier deux fois avec eux !

Ou dix.

Oui, M. Kavanagh. Deux d'entre eux étaient en vol pour la Louisiane durant le laps de temps supposé où Mlle Johnson et Ivy ont disparu. Quant aux autres, nous avons vérifié chacun des alibis. Mlle Walsh ?

Je vous ai déjà tout dit, soupire Neve après s'être mouchée d'avoir tant pleuré. J'avais oublié que ma nounou était indisponible avant 10h30 ce matin. Je ne confie jamais mon bébé à d'autres nounous parce que j'ai confiance en Bryanna, désigne-t-elle la jeune femme livide et choquée assise sur l'un des fauteuils du bureau. Je n'avais plus qu'Elly, ou reporter cette fichue réunion. Mon frère était d'accord pour lui donner sa matinée...Ça n'est pas elle! Retrouvez... mon... bébé... s'effondre-t-elle de nouveau dans les bras de sa mère.

— Si vous nous cachez des informations, on ne peut pas avancer, assène soudain avec sévérité Armstrong, les yeux rivés sur sa tablette.

— Oh mon Dieu! Si jamais il leur arrive quelque chose...

— Ne dis pas un truc pareil Walsh ! la gronde Amélia qui n'en mène pas large non plus en s'agenouillant devant elle. Ils veulent du fric. Elles valent vingt millions pour eux, Neve ! Vingt millions! Ils ne leur feront rien !

Un beau paquet de fric. Elles sont trop précieuses.

J'espère. Mais je ne veux pas entendre ça. C'est encore un putain de cauchemar. Neve, paniquée, recommence à pleurer à chaudes larmes.

— Ça fait plus de trois heures qu'on vous a prévenus et vous n'avez rien ! s'agace à son tour mon oncle Pharell en tournant sur lui-même, la mine défaite. Que voulez-vous savoir de plus que ma petit fille a été kidnappée avec sa...ma...enfin, hésite-t-il cherchant ses mots, avec Elly !

— Que si on vous demande une rançon d'un tel montant pour deux personnes, c'est parce que les ravisseurs savent que Mlle Johnson n'est pas simplement une assistante, par exemple? Vous n'auriez pas oublié de nous dire qu'elle a une liaison avec M.Kavanagh ? Ça ne vous paraît pas suffisamment important comme information ?

— Qu'est-ce ça change ?

Ethan m'enlève les mots de la bouche. De colère, j'écrase mon gobelet en plastique dans ma main, la balance au hasard. Ça change qu'ils perdent du temps en ne cherchant pas au bon endroit! Voilà ce que ça change! Je renvoie un message à Alexis, alors que le ton monte dans la pièce. Lui et son équipe, au moins, se concentrent sur l'endroit où elles étaient censées se rendre. Pour le moment, peu importe qui. C'est comment et a eu lieu l'enlèvement, ce qui nous donnera un début de réponse. Ils cherchent le portable de Lya, tentent de le localiser. Comme la police, mènent leur enquête. En parallèle. Eux, au moins ne se trompent pas de suspect. Car je vois bien le petit manège du FBI. J'entends les insinuations. Mais je me concentre comme un saint canonisé pour garder mon calme.

— Ça change que nous ne pouvons peut-être pas nous fier aux dires des ravisseurs, reprend avec plus de calme Delaware. Peut-être qu'ils voulaient aussi Mlle Johnson, et pas uniquement...

— Mais arrêtez avec conneries ! je m'emporte. Personne à part ma famille ici présente ne savait pour Lyanor et moi !

Si, Liam.

— Les Campbell. Mais ils ne comptent plus.

— Et Elly n'était pas censée s'occuper d'Ivy ce matin, ajoute Ethan qui balance sa cravate sur son bureau. Ma sœur aurait dû déposer ma nièce comme chaque matin chez sa nounou, pas chez notre frère ! S'ils en avaient après Ivy, ils devaient savoir qu'elle serait au parc ce matin. Ils devaient la surveiller avec... Bryanna, lâche-t-il en la regardant. C'est Bryanna qui devait être avec elle. Si elle n'avait pas eu son rdv, c'est certainement elle qui serait à la place d'Elly, en ce moment.

Oui. C'est un putain de concours de circonstances, ce bordel.

— Il est effectivement fort probable qu'elles étaient surveillées depuis un moment, acquiesce l'agent Vardini avec douceur. Ils ont dû étudier leurs habitudes pour choisir le moment le plus opportun pour eux de passer à l'action. Ils ne pouvaient pas savoir qu'aujourd'hui, ce ne serait pas elle qui se rendrait au parc avec la petite Ivy. Mlle Pratt -Bryanna- nous a dit avoir pris l'habitude d'arriver avec une demi-heure d'avance pour se promener et passer les voir La Petite Ferme. Le sentier pour s'y rendre par le pourtour du parc est relativement à l'abri des regards, car sous les arbres. C'est un chemin de santé pour les joggeurs, entretenu pour permettre aux poussettes de s'y déplacer, mais peu passant un lundi matin.

— En effet, il y a de fortes probabilités pour que ce soit à cet endroit qu'ils avaient prévu leur coup. Il y a deux portillons de secours sur cet axe qui mènent directement à la rue. Ils avaient donc le créneau horaire et le lieu propice, adjoint Delaware.

— Mais ce n'est pas Bryanna qui est venue, souffle ma tante Maureen, totalement retournée.

— Non. Et cela a dû les déstabiliser, si, insiste-t-il, ce n'est pas Mlle John...

— Mais arrêtez avec ça ! Elly n'a pas pris ma fille !

Évidemment que non ! Putain ils en perdent du temps !

— Peut-être pas, non, confirme encore Vardini avec un rictus compatissant. Mais le jour n'a pas été choisi par hasard, selon moi, Mademoiselle Walsh. L'anniversaire de votre fille, ce serait une trop grosse coïncidence, lui explique-t-elle. Et nulle part sur internet n'est mentionné le jour de sa naissance. Alors, nécessairement, c'est quelqu'un de suffisamment proche pour en avoir eu connaissance. Nous sommes du même côté, mais nous ne devons exclure aucune piste, même si elles vous semblent impossibles. L'impossible n'existe pas, croyez-moi. Et le mettre de côté, c'est risquer de commettre une erreur.

Elle n'a pas tort.

— Il faut vraiment être une grosse ordure détraquée pour enlever un bébé de douze mois à sa famille, et le jour de son anniversaire, en plus ! grondé-je avec hargne.

— Nous allons devoir fouiller votre domicile, Mademoiselle, l'avertit l'un des agents, c'est la procédure. Peut-être y sont-ils entrés, peut-être y'a-t-il des micros, expose-t-il posément. Ainsi que celui de Mademoiselle Johnson. Or elle semble ne pas avoir d'adresse connue depuis des semaines. Plus de bail à son nom. Vous l'hébergez Mlle Scott ? se tourne-t-il vers Mélia, les yeux plus rouges qu'une Ferrari neuve.

— Elle vit avec moi, je lui annonce avant qu'elle ne puisse elle-même leur répondre quoi que ce soit. Lyanor et moi n'avons pas une liaison, nous sommes ensemble. Nous vivons ensemble, je spécifie. Notre relation est privée et n'a pas à être connue dans notre cadre professionnel. Mais j'imagine qu'en réalité, vous aviez déjà la réponse, je grince en me frottant le visage des deux mains comme si tout allait pouvoir disparaître et revenir à la normale. Vous devez déjà savoir que nous étions à l'étranger ces quinze derniers jours elle et moi, aussi ! Alors arrêtons ce jeu de chat-souris là où vous avez vos réponses ! Faites ce que vous avez à faire chez-nous si cela vous chante, vous avez carte blanche, pas besoin de commission rogatoire, je vous donne mon accord. Mais faites-le vite, et retrouvez-les !

Et vu le niveau de sécurité chez-moi plus développé qu'au Louvre, personne d'autre que nous n'a pu y pénétrer. Mais si cela leur permet d'arrêter leurs conneries sur l'implication de Lya dans cette merde, soit. Qu'ils aillent visiter le penthouse.

— Très bien, valide Delaware en se grattant le front plus dégarni qu'un œuf, merci de votre coopération. Maintenant, répondez à toutes nos questions, s'il vous plait. Toutes...


***


L'heure tourne. Pas assez vite. Mais la liste s'est considérablement réduite : presque tous nos anciens collaborateurs sont hors de cause, car ont des alibis, en béton. Idem pour nos rivaux en affaires. Nous avons encore dû nous replonger dans nos passés respectifs plus ou moins proches, toujours à la recherche de nouveaux suspects. J'ai moi envisagé Sonja l'espace d'une seconde, qui a tout de même sous-entendu devant Lyanor qu'elle était enceinte. De moi. La bonne blague!

C'est pas ce que tu as dit.

Quand Lya m'a raconté ce passage de la soirée avec les Campbell, j'ai réellement cru qu'elle se foutait de ma gueule pour détendre l'atmosphère très tendue qui nous entourait durant son récit des évènements. Mais non. Sonja a bien fait ça ! J'ai d'ailleurs promis de remettre les pendules à l'heure à ce sujet. Lynaor a vite compris qu'elle mentait. Elle avait bu du vin et du martini. Mangé des sushis. Liste non exhaustive des signes contradictoires qu'elle avait inconsciemment relevés. Non. Sonja ne pouvait pas être enceinte. De moi, du moins. D'abord parce que je me suis toujours protégé. Toujours. Me faire faire un gosse dans le dos était ma hantise, et plus précautionneux que moi à ce sujet, ça ne doit pas exister. Je faisais ce qu'il fallait. Et d'autre part parce que notre pseudo-relation a pris fin il y a près de huit mois maintenant. Elle n'aurait physiquement pas pu cacher une grossesse. Et elle ne l'aurait pas fait, de surcroît. Elle ne voulait pas que ça s'arrête. Je l'aurais su si le Saint Esprit avait choisi que je l'enfante d'une manière encore inconnue des humains.

Un film d'horreur.

Oui. Rien que d'y penser, un frisson d'effroi me traverse. Mais non. Pas Sonja. Elle est loin d'ici.

Ethan, lui, a dû faire ressortir tous les dossiers... de ses assistantes. Je crois que ma tante n'a pas du tout avalé la grosse pilule quand elle a compris ce que cela voulait dire. Elle n'a pour le moment pas la tête à lui faire un recadrage dans les règles. Mais il risque bientôt de ne plus en avoir, de tête. Il me l'a dit lui-même. Mon oncle n'est pas en reste. Et si la situation n'avait pas été ce qu'elle est, j'aurais éclaté de rire, à m'étouffer et me rompre les côtes, imaginant le feu d'artifices que mon frère va se prendre en pleine tronche dans pas si longtemps.

Mais pas aujourd'hui.

Bon, je ne me fais aucune illusion, je vais en prendre pour mon grade, moi aussi. Pour les paris. Mais moi, je n'ai jamais couché avec mes assistantes. Ni mes collaboratrices. Pour le cas de Sonja, elle était d'abord une camarade de fac. Situation différente. J'avais déjà couché avec elle avant d'être à KMC. C'était également très occasionnel, entre nous. Jamais chez moi. Jamais à New-York. Jamais toute une nuit. Jamais d'attache. Pas d'exclusivité. Même si je n'ai jamais superposé les liaisons. Mais ça cadrait notre relation au sexe uniquement, et me permettait d'insister sur la superficialité de ces rapports intimes. Du sexe. Rien d'autre. Ainsi, elle pouvait voir qui elle voulait, je m'en foutais. J'insistais bien sur ce paramètre pour que les choses soient claires d'ailleurs. Et sur le <jamais à N.Y> histoire qu'elle ne me prenne pas la tête ici. Ni autre chose.

Uniquement Atlanta, malheureusement pour elle. Et jamais ?

Ok. Avais jamais. Lyanor est... mon exception. Parce que c'est elle. Elle est différente.

 Mes parents avaient eux aussi quelques noms en tête; ceux de Neve et Ethan également. Même Aaron a pu étoffer la liste, avec des anciens griefs qui m'étaient sortis de la tête. Pour Neve, ce fût rapide. Elle est encore jeune. Très appréciée partout où elle va. Donc peu d'ennemis. Elle a dû nommer le merdeux pétochard qui sert de géniteur à Ivy car le FBI lui a forcé la main, mais ce petit con n'a jamais fait partie de sa vie de ma filleule. Ivy porte d'ailleurs le nom de Walsh, et c'est très bien ainsi. Puis deux ou trois petites rancœurs d'université. Des jalousies surtout dues au fait qu'à peine son Master en poche, elle prendra définitivement le poste de N°3 du groupe. Rien qui justifie un kidnapping. Si tant est que cela puisse l'être, justifiable.

La liste a donc fondu, vite. En revanche, aucune certitude que le nom du coupable soit dessus. C'est tellement rocambolesque que nous avons tous du mal à croire que c'est réel. Cette pièce, c'est l'antichambre de la réalité. Une réalité alternative qui ne peut exister qu'ici.

Nous sommes conscients qu'il y a toujours un risque au-dessus de nos têtes, à nous. C'est pour cette raison que nous avons des équipes de sécurité privée à notre service, souvent des anciens militaires, agents des forces spéciales. Mais jamais ne nous avait traversé l'esprit que c'est à Ivy, que quelqu'un pourrait s'en prendre. Jamais.

Ou Lyanor.

Qui est assez tordu pour enlever un bébé ? Bon sang !

Question Rhétorique. Encore.

Elles ne sortiront plus jamais sans un garde du corps. JAMAIS. Même si je dois en venir à menotter Lya à une agent de sécurité -oui, UNE, une femme, c'est très bien- elle aura quelqu'un sur les talons. Chacune de mes pensées est tournée vers Lya et ma filleule. Je suis convaincu qu'elle regrette autant que moi notre divergence d'opinion sur cette histoire de garde du corps, maintenant. Notre dispute. Elle d'avoir dit «Non» ; moi d'avoir accepté ce putain de «Non» !

Je me demande comment elles vont. Ce qu'elles font depuis des heures. Dans quel état d'esprit se trouve Lyanor. S'ils la traitent bien. Car quand elle rentrera à la maison, s'ils ont touché à un seul de ses cheveux, et si je ne les tue pas de mes mains, je peux jurer qu'ils finiront leurs misérables vies à se nourrir à la paille. Et peu importe le temps que cela me prendra pour les traquer. Vingt millions de dollars ne leur suffiront jamais à se cacher assez loin de moi. De nous.

— Vous avez localisé d'où provient le dernier SMS ? s'enquiert mon père à l'instant où Armstrong re rentre dans le bureau devenu QG.

— Non. Encore une carte prépayée qui a dû être détruite peu de temps après l'envoi du message, nous répond-il impassible, certainement pour ne rien laissé paraître de sa propre inquiétude devant Neve au bord du malaise au fil des minutes qui s'égrènent.

Nous le sommes tous. Dans ce semi-état végétatif, mais tout à la fois brûlants d'une animosité qui nous booste à rester debout. Alexis me tient au courant toutes les quinze minutes de ses avancées, même faibles. Tout comme le FBI, lui et ses hommes pensent que la réponse est toute proche de nous. Ils n'interfèrent pas avec le travail de la police. Ce sont deux enquêtes parallèles. Nous aussi, nous avons la technologie nécessaire pour investiguer. Et les moyens financiers. Donc humains. Tout est toujours une question de fric, de toute façon. La preuve! Alexis gère donc une trentaine d'hommes. Six qu'il a recrutés en urgence; des anciens compagnons d'armes, des spécialisés en informatique notamment. L'un d'eux est un hacker, capable de pister n'importe quoi sur la toile et dans les Telecom. Si les ravisseurs laissent une trace avec un téléphone, il la trouvera. Mais pour le moment, ce n'est pas le cas.

Ils sont bien organisés.

Neve a reçu un message il y a trente minutes :

« Les vingt millions. Dans 4 sacs différents. Sans mouchard. Non marqués. Pas de flics. Pas de garde du corps. Soyez prêts dans 4h, vous aurez eu suffisamment de temps pour rassembler le fric »

Quelques minutes plus tard, d'un autre numéro encore :

« Pas de flics si vous voulez l'adresse, ni de gardes du corps déguisés en passants. Nos yeux sont partout. Jouez pas les héros. Vingt millions c'est rien pour vous. Le prix de la vie. »

— Écoutez Mlle Walsh. Ils ne vont pas tarder à vous recontacter, pour vous dire où et comment leur transmettre l'argent.

— On ne l'a pas encore...

— Si, lui annonce Ethan alors qu'il nous rejoint avec deux de nos gardes du corps. La Banque Privée vient de nous les faire parvenir. Tout est là.

Je jette un œil vers les mains de chacun. Plusieurs mallettes, comme nous l'avons demandé à notre banque; Chacune contenant cinq millions. Plus qu'à tout transférer dans les sacs de sport en toile. Le seul moyen de réunir autant de liquide en si peu de temps, c'était que chacun sorte le maximum au vu de ce qu'autorise l'établissement bancaire, dans des délais si réduits. Et plus de vingt millions en sept heures, c'était impossible pour un seul client. Alors nous avons donc mutualisé.

Le regard anxieux d'Ethan appelle puis agrippe le mien. Il hoche la tête, sourcils froncés. Je comprends. Parfait.

— Très bien. Donc, annonce l'agent Vardini prenant le relais de son chef, vous allez préparer un message que vous enverrez sitôt le leur reçu. Dès réception. Il faut qu'ils le voient avant de détruire la SIM.

— La preuve ? demande Mélia qui ne tient pas en place plus de soixante secondes.

— En effet. Vous allez leur demander de vous contacter pour pouvoir entendre votre fille, et Elly. Pour nous assurer qu'elles vont bien. Jusqu'à maintenant, ils demandent, ordonnent, se corrige-elle, mais nous n'avons aucune preuve qu'elles sont bien avec eux et qu'elles vont bien, même si comme l'a justement dit Mlle Scott tout à l'heure, il n'est pas dans leur intérêt de leur faire du mal.

J'espère. Qu'elle a raison. Qu'ils ont tous raison. Je prie, même. Je ne veux pas imaginer qu'il leur arrive quoi que ce soit. Ils veulent du fric. Nous allons leur en donner. Beaucoup. C'est notre seul moyen de pression. De pouvoir les contenter, et dans les délais.

— On va leur proposer plus, je déclare après avoir eu l'accord visuel de mon père, mon oncle, et mon frère. Dis-leur qu'on paiera cinq millions de plus si on les récupère dans l'heure, Neve. Dis-leur qu'on a la somme, et qu'on veut entendre Lya.

— Ce n'est pas... s'interpose Delaware.

— Faites ce qu'ils disent, tonne la voix du Gouverneur qui est venu apporter son soutien à notre famille. Le but premier reste de récupérer les otages. Si cela peut appâter les poissons plus rapidement, faisons-le. Avec un peu de chance, une précipitation sur leur programme leur fera commettre une erreur, développe-t-il.

— Et je me contrefous de ce que va devenir cet argent, agent Delaware. Je veux récupérer ma compagne et ma filleule saines et sauves. Vous aurez ensuite tout le temps et champ libre pour chasser ces fumiers. Mais l'urgence, c'est qu'on nous les rende, et vite.

Ensuite, la traque deviendra plus savoureuse, me dis-je.
 Car Ivy et Lyanor seront en sécurité. Nous serons rassurés. Et plus d'attaque encore.

---

Une trentaine de minutes plus tard, Neve reçoit un nouveau message. Les sacs devront être apportés dans quatre lieux différents pour la remise de la rançon, à la même heure, 19hr. Il lui est ordonné de déposer elle-même l'un des sacs, dans l'un des plus grands parcs de New-York, où a lieu ce soir un festival de musique. Ce sera blindé de monde, forcément. Une véritable fourmilière. Dans une poubelle. Pour savoir laquelle, elle devra se munir du plan du festival à l'entrée et attendre un nouveau SMS avec les instructions. Elle aura sept minutes pour s'y rendre. Pas une de plus.

Pour les trois autres, ils veulent que ce soient ses parents ainsi qu'Ethan, qui s'en chargent. Mais les localités sont encore un mystère total. Elle leur a envoyé avant même de lire leur texto le sien, rédigé avec l'aide de l'agent Vardini. Une minute passe sans retour, puis une autre. Une de plus. Le temps s'étire, nos apnées se prolongent dans la douloureuse combustion de nos poumons, animée de notre peur commune. Le doute s'installe. Et s'ils prenaient mal notre culot de vouloir prendre le contrôle ? Et si, dans un élan de colère, ils s'en prenaient à Lyanor ? Ou pire?

Aaron, seul employé KMC à pouvoir s'introduire dans le couloir de la Direction depuis qu'Ethan a ordonné à tous les personnel à tout l'étage de ne plus le déranger, pas que parce qu'il est au courant, mais parce qu'il est lui, tout simplement, se déplace jusqu'à moi et me tend un bout de papier en même temps qu'une bouteille d'eau, l'air de rien. Un message d'Alexis qui ne veut plus passer par mon téléphone au cas où ma ligne serait surveillée.

Avec l'aide de quelques billets verts -et je n'en doute pas d'une conversation un peu musclée-, l'un des commerçants qui a vue sur l'une des sorties du parc lui a avoué avoir menti aux flics par peur de possibles représailles. Il a effectivement remarqué quelque chose qui sortait de l'ordinaire, en sortant griller sa clope, avant dix heures, d'après ses dires. Une jeune femme blonde qui tenait un bébé hurlant monter dans un véhicule «aidée» par un homme d'une trentaine d'années, «baraqué comme un géant style Drogo dans Game Of Thrones». On en sait pas plus, sur le géant ; en revanche, grâce à la description du véhicule, un Dodge de sept places noir, et au piratage de quelques caméras de la ville, ils ont pu retrouver le Dodge sur les images. La plaque leur a appris qu'il s'agit d'une voiture déclarée volée par son propriétaire deux heures plus tôt. Un professeur des écoles sans casier bien sous tous rapports, qui l'avait confiée pour quelques menus travaux à une carrosserie de son quartier il y a deux jours à peine. Ce matin, elle n'était plus là, c'est le patron du garage qui a donné l'alerte. Le pauvre type ne reverra jamais sa voiture. Elle a été incendiée au bord d'une route secondaire qui mène à l'aéroport JFK. Mais puisque maintenant, Alexis sait où la voiture a été prise, il va pouvoir tenter de la suivre via les caméra où elle est allée ensuite.

Ils ne sont donc pas si cons que ça.

 Non. Et malheureusement, ça se confirme.

 « 20 millions. 4 sacs. 4 lieux. 19h00. PAS DE FLICS. PAS DE GARDES DU CORPS. Tu auras l'adresse 1h après que l'on ait eu et compté le fric. À la moindre merde, à la moindre suspicion que vous nous la faites à l'envers, tu pourras faire une croix que ce que tu as de plus cher »

— PUTAIN ! rage Ethan en envoyant valser un vase égyptien à travers la pièce.

Pour les cinq millions de plus, c'est raté.

Puis, une sonnerie.

— Si c'est eux, faites-les parler, lui demande Delaware.

Neve opine en se rangeant les ongles au sang, décroche, enclenche le haut-parleur:

— Allô? Allô?

Pas de paroles en réponse, simplement des gazouillis d'Ivy qui baragouine, faisant re pleurer sa mère. Sa grand-mère. Ma mère. Même moi, ça me retourne de l'entendre, notre petit soleil qui ne nous laisse que la pluie quand elle n'est plus là. Si seulement elle pouvait nous dire où elle est ! Un poids se retire néanmoins de ma poitrine. Elle ne pleure pas. Elle est vivante. On entend même le soulagement général dans ce bureau. Vardini fait signe à Neve qui sanglote sans discontinuer, des moulinets avec ses index pour lui faire comprendre dire quelque chose. Ils enregistrent la conversation pour tenter de les localiser.

— Je veux... parler à sa nounou... s'il vous plait. Elle va bien ? Elly ?

Après avoir définitivement rayé Lyanor des potentiels kidnappeurs, le FBI a conseillé à Neve de continuer à l'appeler «la nounou». Sûrement savent-ils qu'elle n'est pas Bryanna s'ils la surveillaient pour monter leur coup, mais peut-être, en revanche, ne savent-ils tout compte fait pas qui est Lyanor. Pour nous. Sur un plan personnel, j'entends; car professionnel, simplement en se rendant sur le site internet de KMC.Corp, ils apprendraient qu'elle est l'assistante d'Ethan. Si elle ne leur a pas dit.

C'est inscrit sur la page de l'organigramme de la société. Pour que tous et chacun sache qui est qui, et qui fait quoi. C'est une information publique, et Lyanor n'est plus une intérimaire, son nom a donc été ajouté. Pour la première fois depuis qu'Ethan est vice-PDG. Je lui ai même fait envoyer une caisse de Champagne ce jour-là. À Ethan. Ça méritait d'être fêté. J'avais même fait personnalisé les étiquettes avec le nombre d'assistantes qu'il lui a fallu pour en arriver à ce miracle. Car Lya est un miracle. Pas que pour moi, je dois l'avouer, mais c'est bien le seul domaine où je la partage. Mon frère l'a convaincue de signer un véritable contrat il y a quelques semaines. À présent, plus moyen qu'elle nous lâche entre un vendredi soir et un lundi matin. Et puis pourquoi ? Je me tiens à carreau. Je suis même prêt à devenir muet comme une carpe les jours où elle est plus tendue que d'autres afin d'éviter tout malentendu ; et une démission. Qu'elle m'enverrait pour me faire chier, c'est certain !

Et plier à ses désidératas, Liam.

Putain ! Elle peut bien me faire chier pour le reste de ma vie avec son caractère de mule, pourvu qu'elle revienne !

 Toujours pas de réponse. L'angoisse se diffuse dans mes veines. Je lui presse l'épaule pour l'encourager à réitérer.

— Est-ce que la nounou va bien ? Je veux lui parler ! lance-t-elle avec plus de conviction cette fois.

— Allez, la nounou bis, entendons-nous une voix cryptée, quelque chose à dire ?

— On va bien, dit-elle faiblement cependant, comme si elle était étourdie. Je suis désolée, Andrew...

Puis un violent silence quand la communication se coupe, net.

Andrews ? C'est ça qu'elle a voulu dire ? s'interrogent les agents sur le pied de guerre aussi surpris que nous le sommes. La gouvernante ? C'est bien votre gouvernante, Monsieur Kavanagh?

Impossible ! pensé-je abasourdi par ce que je viens d'entendre, et chancelant comme si je venais de me prendre un coup au plexus par Mike Tyson lui-même. IM.PO.SSI.BLE ! NON !

L'impossible n'existe pas, Liam.

« Changement de plan. Dans 30min. Ton père= Broadway. Ta mère= Time Square. Ton frère= Liberty State Park. On a vos numéros. Pas de retard. PAS DE FLICS. PAS DE GARDES DU CORPS. Si on voit l'ombre d'un flic ou autre, tu iras les chercher à la morgue, tu n'auras plus qu'à toutes les appeler ».

Pas de flic. Mais le fric. Oui. On a compris.

— Oh mon Dieu ! se recroqueville Neve anéantie. Il ne faut ... pas qu'ils... vous voient ! Pitié ! Je me fous... de qui s'est ! Qu'ils... partent... où ils veulent...avec ce fric... de ...merde ! Je.veux.mon.bébé !

— Ils ne nous verront pas, lui assurent Vardini et Armstrong d'une seule voix. Ils ne nous verront pas.

— Retournez discuter avec les Andrews ! ordonne Delaware à des agents par téléphone ! Ne les quitter pas des yeux ! Ils ne vont nulle part !

Je ne peux pas y croire.

Alors réfléchis mieux, souffle ma conscience.


Notes :

¹ Skyless: Projet de Télécom inventé pour les besoins de l'histoire.

² Bolivar souverain : monnaie du Venezuela. Une des plus faible au monde en 2020.

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Plus la peine de vous faire un laïus sur le 4 mains, hein ?
Avec Lecossais, on a remis ça, encore et encore. Cabrel dirait : c'est que le début, d'accord, d'accord, d'ailleurs ;)

Bonne lecture !
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