L'inconnu.e Partie I

16 minutes de lecture

Liam

Un coup d'œil furtif vers l'écran digital dans la douche : 01:17 am.

— Putain...

Putain de merde. Quitte à y être.

Je ne sais pas si je grogne ou si je siffle, mais en revanche, je sais que je vais me péter des dents si je ne desserre pas les mâchoires. Tout ce que je peux faire, c'est fermer les yeux, tenter d'inspirer un grand coup pour retarder l'extase. Je ne devrais pas. C'est juste plus fort que moi. Retarder, c'est contrôler le temps.

Bordel, c'est trop bon ! Qu'est-ce qu'elle me fait ?

Un putain d'effet, Liam.

Je sens le bout des doigts d'une main de Lynaor effleurer mon bas-ventre presque pudiquement, comme si de l'autre elle ne caressait pas mes testicules, comme si sa langue ne suçotait pas ma verge goulûment depuis plusieurs minutes, alternant avec tout mon membre au fond de sa gorge.

L'ensemble de mes muscles se crispent et mon sexe trésaille quand je plonge dans le regard gourmand de celle qui me rend toujours aussi dingue. La buée qui s'élève entre nous ne suffit pas à flouter les étincelles dans ses pupilles. J'ouvre la bouche, aspire l'air que je cherche par rasades avant de ne plus pouvoir le faire, fouraille ma tignace trempée par les jets d'eau chaude qui nous arrosent. D'ailleurs, je n'entends plus le bruit de leur pluie qui martèle nos corps, la faïence, ni les clapotis sur le sol. Seulement les sons de bouche de ma hampe dure qui mène sa propre vie, va-et-vient dans l'antre humide et chaude de ma partenaire dont la fougue qu'elle met dans sa tâche me flingue. Dézingue ma tête au bord de l'ébullition.

Est-ce que ça vaut vraiment le coup qu'on se couche pour se lever dans cinq heures ? je me demande sentant mes bourses se contracter, prémices de l'orgasme qui se prépare.

La vague de plaisir monte. Vrille ma tête qui pèse des tonnes, alourdie par le flot de luxure qui me consume. Je me tends tout entier. Lyanor le sent, remplace ses lèvres par ses deux mains qui se referment autour de moi comme un étau merveilleux et m'accompagnent sur le sentier de l'orgasme .

— Bordel Lya… Merde… N'arrête pas!

C'est tellement bon que je vacille, manque de perdre l'équilibre. Je pause in extremis ma main droite sur la paroi pour tenir le choc sous les spasmes violents qui me remuent, puis la pression dans mon ventre qui vient d'atteindre son paroxysme au moment où Lyanor a passé son pouce sur mon gland déclenche ma jouissance. Je me laisse aller au plaisir qui me crucifie sur place, grognant et gémissant son prénom à la fois. Celui qu'elle me donne en plantant ses clous en moi. Je me répands en plusieurs saccades sur son buste, sa poitrine, décharge mes vingt-quatre dernières heures de frustration en me laissant envahir par ce sentiment de plénitude que m'apporte chacun de nos rapports. Qu'ils aient été doux ou plus bestiaux; car elle aime que je ne sois pas que tendre avec elle. Un shoot d'hormones se déverse dans tout mon corps, et je ne peux que l'accueillir à bras ouverts.

Il me faut une bonne minute pour retrouver un souffle digne de son nom, pouvoir rouvrir les yeux, sonné et hagard. Toujours tremblant. Mais baignant dans une délicieuse euphorie qui n'est pas que sexuelle. Le sexe avec Lya est phénoménal, parce que nous avons enfin pu mettre un autre mot qu'alchimie sur ce qui nous lie. Même si ça en l'efface en rien. Mais ça l'embellit. Nul doute.

—Tu es un démon, je lui souffle en me rinçant alors qu'elle est déjà hors de la douche, sa brosse à dents à la main.

Elle opine, fière.

— Je ne pouvais pas te laisser aller te coucher avec une telle érection, me répond-elle dans toute sa sensualité sur le ton de l'évidence. Il en allait de mon honneur.

Elle retire sa brosse à dents, se lèche les lèvres avec une expression d'ange et de démon. Toujours entre deux portes, en équilibre, alors que c'est moi qui chute à ses pieds. Cette femme me rend fou. Bordel !

Elle joue avec le feu…

Parce que Lyanor n'a pas peur de se brûler. Je crois même qu'elle en tire une certaine satisfaction, du plaisir. Tout comme moi qui aime qu'elle me marque au fer rouge à chaque fois qu'elle pose ses yeux sur moi. Je suis bien cramé.

— Alors j'aime que tu sois honorable, je lui glisse à l'oreille.

Puis j'embrasse ce petit point si sensible dans sa nuque, celui qui réveille les frissons sur sa peau en fanfare, et… me refont gonfler sous ma serviette que j'ai nouée à ma taille.

— Tu n'es pas croy ... déclare-t-elle avant d'être coupée par un triple signal musical que moi, je reconnais immédiatement et qui dérègle une seconde la cadence de mon cœur tandis que Lyanor hoquette de surprise et se fige.

— Liam ? Liam ? Tu m'entends ? entendons-nous par les quatre haut-parleurs incrustés dans les murs.

— Oui, Neve, je t'entends, lui réponds-je soulagé de ne pas décrypter d'urgence dans sa voix. Pourquoi tu m'appelles en pleine nuit ?

Elle sait qu'elle fait partie des exceptions et que dans presque toutes les pièces de la maison sauf quelques-unes, je suis joignable même si mon téléphone est en silencieux.

— Tu n'as pas ta voix ensommeillée, donc, je ne t'ai pas réveillé, suppose-t-elle au lieu de répondre à ma question. Qu'est-ce...

Plutôt un timbre post-orgasmique.

— Neve !

— Olala ! Mais tu es un vrai Grimlins Mister-PDG passée minuit ! se moque-t-elle en gloussant. En réalité, c'est avec Elly que je veux par…

— À presque une heure et demi du matin ? je gronde excédé, l'interrompant. Les potins ne peuvent pas attendre demain ? La nuit, c'est pour les urgences Poussin, bon sang !

— C'est bon Liam, me sourit Lyanor pour me calmer. Je suis là Neve ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Vous faisiez quoi ? lui demande-t-elle de sa petite voix badine trahissant ses pensées peu religieuses.

— Neve... grondé-je encore en attrapant ma brosse à dents électrique. Bouge-toi !

— Je saurai te faire te faire parler demain, Liam, rétorque-t-elle en riant. J'y arrive toujours. Bref. J'ai une réunion à 8h30, et Bryanna ne peut pas prendre Ivy avant 10h30, nous explique-t-elle.

— Et elle ne te prévient que…

— Du calme, tonton ours ! m'arrête-t-elle. Elle a un rendez-vous médical et elle m'avait prévenue il y a plus de trois semaines. J'ai simplement... négligé de le noter dans mon agenda, et je n'ai pas la mémoire d'Elly, moi. Enfin, vu la date, j'aurais dû m'en souvenir quand même, soupire-t-elle. Bref, heureusement elle a pensé à m'envoyer un SMS pour me le rappeler, mais je ne l'ai lu que tout l'heure…

Sa voix penaude se meurt sur la fin.

— Et donc ? je m'enquiers les bras croisés même si elle ne peut pas me voir. J'ai une call-conf à 7h30, c'est dans l'agenda partagé, puis je pars avec Aaron et la délégation du département recherche informatique en hélico de la tour à 8h00 pour D.C ¹, Neve. Et Ly…

— Je sais, oui, Oh Grand Chef Vénéré ! Mes parents ont passé le week-end à Vancouver, ils ne seront pas là avant demain midi. Tante Maëve sera avec nos avocats avec Sulli, Amélia a un entretien d'embauche, et Ethan lui a une réunion en même temps que la mienne. Ellyyyy ... couine soudain la petite dragonne qui sait comment s'y prendre.

Elles ne sont pas amies pour rien.

Non. Club très fermé des dragonnes qui nous mènent à la baguette, me dis-je.

Pauvres hommes que nous sommes ! Et celui qui succombera à Neve n'est pas au bout de ses surprises. Mais il devra d'abord se frotter à Ethan et moi, et ne pas crever comme un ballon de baudruche qui atterrit sur des cactus s'il aspire à être avec elle. Un connard dans sa vie, ça a suffi ! Et même si c'est une femme indépendante et qu'elle nous lance son regard le plus assassin quand nous lui annonçons en toute franchise qu'il y aura forcément un bizutage, ses lèvres tremblantes nous remercient toujours d'être là pour elle et de ne vouloir que le meilleur. Notre poussin mérite un coq de luxe, pas un serpent à sonnettes tel que l'autre tocard.

— Humm... Eh bien moi je suis censée reprendre mon poste à huit heures al...

— Ethan dit qu'il peut se passer de toi encore pour trois ou quatre heures. S'il...

Elle a gagné.

— Alors si mon patron est d'accord, pas de problème !sautille-t-elle ravie en me tirant la langue.

Elle devrait savoir qu'elle ne devrait pas jouer à ça avec moi. Elle ne paie rien pour attendre ! Mes doigts frétillent déjà à l'idée d'aller me venger en la chatouillant, entre ses côtes flottantes, son point faible. J'ai découvert tous ses points faibles durant nos deux semaines en autarcie. Dans bien des domaines. En particulier durant les trois jours et demi durant lesquels nous n'avons pas quitté la suite. Et très peu notre chambre. Nous avons fait l'amour, beaucoup. Discuté, regardé des films et des séries à la TV, aussi. Lu, côte à côte. Dormi, peu. Mais nous nous sommes rapprochés, encore plus. Deux semaines qui valaient des années.

Et elle les tient.

— Vous n'avez jamais songé à ouvrir une halte-garderie à KMC? Je suis sûre que ça dépannerait pas mal de parents et...

— ELLY JONHSON ! Tu es un génie ! se met à hurler Neve dans son téléphone. Liam, il faut qu'on parle de ça avec Ethan!

— Neve !

— Waoww quel rabat-joie ! Détends-toi, l'idée pourrait te servir à toi aussi tu sais !

J'étais détendu. Et puis ils n'arrêtent jamais avec leurs allusions ?

Question rhétorique.

— Ça recommence… soupire Lyanor en venant poser son front sur mon thorax.

— Neve ! Raccroche !

Elle ne dort jamais ?

— Bon... Elly, je te dépose Ivy pour 7h30, ça ira ?

— Oui, super ! J'ai ses ca...

— Ah non Elly ! Demain soir, pas avant !

— Là, c'est toi la rabat-joie Walsh ! lui répond mon petit démon. Bonne nuit. Je vais me coucher.

Lyanor baille, j'embrasse son front, la vois quitter sa serviette et sortir les fesses à l'air en balançant des hanches. Définitivement, elle me le paiera.

Patience Liam.

— Bonne nuit Neve...

Mais elle me coupe encore :

— Liam ? Elle va bien ?

Elle t'entend toujours Walsh ! Raccroche ce téléphone maintenant ! Je veux dormir !

Neve se marre. Moi, sa spontanéité et son tempérament de feu me font encore craquer. C'est tellement bon, de se sentir vivre quand on a trouvé sa bouteille d'oxygène, celle capable de chasser les gaz destructeurs. Puis nous l'entendons pester depuis ma chambre:

— Putain de technologie, j'vous jure !

— Vous vous êtes vraiment trouvés tous les deux. Allez, bonne nuit !

Elle sera courte.

Enfin, elle raccroche. Merci Seigneur!

Je termine de me brosser les dents, pars récupérer un boxer dans mon dressing, prépare mes fringues pour… ce matin, donc.

— Lya ? Ça ne va pas ?

— Tu es sûr que personne ne sait Liam ?

Elle me pose la question quand je me glisse à côté d'elle dans le lit. D'habitude, je n'aime pas répéter. Je déteste ça. Mais puisque Lyanor est mon exception, je ne me fais pas prier, bien que nous ayons déjà eu cette conversation. Plusieurs fois. Elle a besoin d'être rassurée, encore. C'est la première fois qu'elle remettra les pieds au boulot en vingt jours, si mes calculs sont exacts. Même si son agression n'a pas eu lieu à KMC.Corp, heureusement, je suis sûr qu'elle y pense même si elle n'en dit rien. Une seule fois nous avons abordé ce qu'elle a subi. Depuis, elle ne veut plus, préférant garder ses mots et maux pour sa thérapeute.

Et à en croire ses silences sur sa mère et son beau-père, elle a des choses à dire. Elle m'a promis que d'ici son anniversaire, elle m'expliquerait tout. Elle a déjà été bousculée plus qu'elle ne l'aurait dû, alors je serai patient.

C'est bientôt, surtout.

— En dehors de nous et Aaron, ma famille, Mélia, non. Les Campbell ont la même clause de confidentialité que nous, je lui rappelle en la ramenant à moi en cuillère. Mes avocats ont fait le nécessaire auprès du directeur du restaurant, ils ont géré les médias avec mon attaché de presse. Aux yeux de tous, ça restera un coup de sang qui nous a conduits aux mains Campbell et moi, durant lequel une jeune femme a tenté de nous séparer. Mais ton anonymat est protégé Lya, ton nom n'a pas été cité dans les journaux.

Non. Ils ont bien trop peur qu'Ethan et moi les réduisions en cendres. Mon frère s'est lui-même chargé de les prévenir de notre courroux quand la rumeur qui supposait que c'était une de nos employés qui avait été un dommage collatéral à notre échange musclé s'est répandue jusqu'à ses oreilles. Je suis pour la liberté de la presse. Mais il ne faut pas confondre information et presse people. Pour ne pas dire torchons. La liberté des journalistes s'arrête où commence le voyeurisme pervers. Lyanor avait déjà eu son compte en la matière, elle ne voulait surtout pas que son nom fuite. On y a mis les moyens.

Lyanor se tourne, se love un peu plus dans mes bras, jouant avec la toute fine toison sur mon torse. Je vois d'ici les rouages de ses pensées en action, à travers ses cheveux au ton polaire, qu'elle a fait raccourcir d'une bonne dizaine de centimètres dès notre arrivée aux Galapagos. Alors je reprends en la berçant, entre deux baisers sur son crâne :

— Nos collaborateurs les plus proches savent qu'il s'agissait de toi, Lya. Mais là encore, Ethan ainsi que le conseil ont fait ce qu'il fallait. La version officielle est que nous t'avons donné dix jours de congés, puis que tu as accompagné Ethan durant ses quatre jours au Japon, et que tu es tombée malade à ton retour. Garde bien ça en tête pour ne pas éveiller de soupçons pour le moment, si tu veux toujours rester…

Me prenant par surprise, Lyanor passe sa jambe par-dessus mon bassin puis nous fait pivoter. Assise à califourchon sur moi, elle se penche pour embrasser mes lèvres, un peu trop furtivement à mon goût. Alors je la maintiens, lui vole un baiser langoureux à la saveur mentholée de notre dentifrice, passe mes mains sous le débardeur en soie de son pyjama-short. Je la dévore alors que sa langue audacieuse vient provoquer l'intérieure de ma bouche toute entière. Sa peau et la mienne sont faites pour être en contact, la souplesse de son corps pour onduler sans fin sur le mien. Quand je la regarde, je ne vois plus notre différence d'âge, mais une jeune femme forte que la vie a forgée, trop vite, certes, mais pour venir me transcender.

Aucune femme, en dehors de celles de ma famille, n'avait jamais osé me parler comme elle, elle l'a fait dès ses débuts chez KMC. Même au lycée ou à la fac, avant que je ne devienne le PDG, le personnage public. Personne. Les nanas voulaient me séduire, disaient ce qu'elles pensaient que je voulais entendre pour finir dans mon lit, avec espoir de plus, quand j'en avais encore quelque chose à foutre de leurs parades sexuelles. Avant que mon frère n'essaie d'écrire l'épilogue de sa vie. Qu'il ne veuille lui-même graver de son sang l'épitaphe sur sa tombe avec son arme. Après, je choisissais la fille, et je n'avais que l'embarras du choix. J'imposais où, quand, comment, combien de temps. Aucune d'elles n'aurait osé ouvrir la bouche sans mon accord, mais elles étaient toutes consentantes, voire suppliantes. Aucune d'elles n'aurait osé s'opposer à moi : et elles ont eu raison. Je ne l'aurais pas permis. L'autoritaire en moi aurait puni. Elle en aurait probablement redemandé. Elles voulaient l'attention, voyaient en moi la vie que je pouvais leur offrir. Elles étaient prêtes à tout pour l'avoir. Des Claryssa par dizaine.

Il n'y a qu'elle. Dès l'instant où je l'ai bousculée en sortant du bureau d'Ethan, où elle est tombée à mes pieds, où elle m'a demandé dans toute sa glorieuse impertinence si je comptais m'excuser, c'était mort. La purification était en marche. Le masque avait déjà perdu, mais il s'est battu.

— Je n'ai pas honte de nous, Liam, déclare-t-elle haletante en prenant appui sur moi. Je ne veux pas nous cacher par peur du qu'en dira-t-on...

— Je sais bébé, je lui souffle en me soulevant pour aller me coller à elle, déjà vide de sa chaleur.

Je la sens hésiter à continuer. J'entends son criant silence. Alors je me dégage à contrecœur de son étreinte, pour la regarder dans les yeux. Malgré qu'une seule lampe de chevet soit allumée d'une lumière tamisée, je lis les petits caractères. «Pas juste l'assistante et son patron». Je m'en doutais un peu, même si je ne voyais pas trop ce qui pouvais la déranger plus, jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche :

— Je t'ai dit que je t'expliquerai, Liam, et tu trouveras probablement que c'est complétement puéril de ma part quand je te lierai ce chapitre pathétique de ma vie…

— Rien de ce que tu me diras ne me fera penser que tes actes sont puérils, Lya, je lui déclare en l'obligeant à ne pas détourner son regard chagriné de moi. Tout ce que tu fais, ou as fait pour arriver jusqu'à moi m'intéresse. Absolument tout. Moi, je t'ai tout dit, je ne t'ai rien caché de ma noirceur…

— Tu n'es pas noir, Liam, susurre-t-elle en laissant ses doigts vadrouiller sur mes clavicules. Tu vivais simplement dans une pièce aux volets fermés parce que tu refusais que ta famille ne les ouvre pour toi.

Elle ne les a pas ouverts. Elle les a tout bonnement détruits.

— Explique-moi bébé. Ou dis-moi, je l'encourage.

— Je…

Elle pose sa tête sur mon épaule qu'elle embrasse plusieurs fois. Chaque égard que ses lèvres ont pour moi est comme une balle qui se loge dans mon cœur, qui me coupe le souffle. Des balles de décharges de sensations, positives, affectueuses. Précieuses. Parce que Lyanor a du mal à parler de tout quand il s'agit de son passé familial. Par pudeur de cette carence affective, certainement. Par douleur de raconter un abandon Que je ne veux plus jamais qu'elle ressente. Parce que je l'aime comme un dingue. Putain ! Oui je l'aime, et je veux qu'elle oublie son passé douloureux.

Mais Lyanor n'oublie rien, Liam.

— Quand je pense à ma vie avant d'arriver à New-York, commence-t-elle la voix oscillante, je me vois comme… comme la fille à la béquille, me dit-elle en frictionnant machinalement mon dos. C'est comme si avant, on m'avait appris à marcher avec une béquille en me faisant croire que j'en avais besoin. Au fond de moi, je pense que je savais que ce n'était pas le cas. Mais garder la béquille, c'était montrer à ceux qui me l'avaient mise dans les mains que je pouvais être obéissante, espérant inconsciemment que, peut-être, ils m'aimeraient si j'acceptais d'être modelée à leur convenance.

Elle marque une pause. Plusieurs très longues secondes. J'écoute sa respiration, interprète les battements de son cœur qui pulsent sur mon torse. Je ne pense pas qu'elle cherche ses mots, mais plutôt qu'elle essaie de contrôler ses émotions. La mienne est sans appel : de la rage. Je ne sais pas ce que sa mère et son beau-père ont fait pour qu'elle veuille à ce point s'éloigner d'eux, mais je bous littéralement d'une aigreur qui n'a rien de douce.

— Cette béquille, ce n'était pas ce qui me maintenait debout, Liam. C'était un handicap pour m'empêcher de marcher à mon rythme. Un voile devant mes yeux pour m'aveugler. Un bâillon pour ne pas que je crie à la rébellion. Des ficelles pour contrôler ma vie, sous tellement plus de niveaux que je ne l'avais pensé. Cette béquille était corrompue, Liam, par une société où la vérité importe peu. J'ai besoin de me confronter à ses créateurs autant que j'ai eu besoin de me tenir debout devant Randy Campbell, tu comprends ?

Oui. Et non. Pas tout. Que ses parents ont visiblement plus régenté sa vie qu'Ethan et moi l'avions cru.

— Je ne veux pas que ma mère apprenne quoi que ce soit par les Médias, Liam. Non pas qu'elle ait un droit quelconque sur ma vie d'aujourd'hui, mais je veux la regarder droit dans les yeux comme je suis en train de le faire avec toi, lâche-t-elle sévèrement en prenant mon visage entre ses longs doigts, et l'envoyer chier si fort dans une autre galaxie qu'il lui faudra des milliers d'années pour revoir le sol de la Terre ! Je veux lui dire qu'elle a gâché vingt-cinq ans de ma vie, que son fric me file la gerbe, que j'aurais sûrement reçu plus d'amour dans un orphelinat ou un foyer d'accueil, que je ne regrette plus d'avoir été fille unique parce que je veux que ma souffrance d'enfant, elle ne l'inflige à aucun autre, et lui montrer les bras ouverts qu'en moins de six mois, j'ai plus appris à vivre que depuis ma naissance !

RIP l'amour familial entre eux.

— Lya…

— Je veux me tenir devant elle, et lui dire de bien me regarder, car ce sera la dernière fois de sa vie qu'elle me verra en chair et en os. Je veux lui dire moi-même que j'ai arrêté de simplement survivre quand je l'ai quittée. Que j'ai commencé à respirer à pleins poumons quand je suis partie à l'autre bout du pays, et à vivre vraiment quand j'ai cessé d'écouter uniquement mes peurs dans ma tête, énumère-t-elle les yeux luisants. Pour moi, demain, c'est l'inconnu Liam, mais mes «hier» avant toi, c'étaient l'enfer au bagne. Moi, je veux être libre, et l'inconnu me fait moins flipper que tous ceux que je croyais connaître et qui m'ont entourée, ajoute-t-elle en m'embrassant.

Donc tes milliards…

Elle s'en fout.

— Et surtout, je veux lui hurler qu'elle n'a rien compris à la vie, car notre plus grande richesse, c'est l'amour.

— Alors n'oublie jamais à quel point je t'aime, Lyanor.

Note :

¹ D.C : Washington D.C, capitale des USA.

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