Abutions et reddition. Partie II

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Elly

— Demain ! Liam pitié, demain on recommence ! je le supplie en rentrant dans notre suite à Puerto Aroya, la bouche en coeur. Il y avait des tortues et des raies ! je sautille encore comme une gamine en regardant l'écran de l'appareil photo numérique étanche rose qu'il m'a offert avant notre sortie au large des côtes.

Il veut noyer le poisson ...

Je repense à toutes les merveilles que j'ai pu approcher. Un moment éphémère gravé à jamais dans ma petite tête. C'est dans ces moments-là que je remercie ma mémoire ; ce cerveau à qui parfois j'en veux parfois de ne rien vouloir effacer des maux qui me retiennent enchaînée à des actes passés. Les miens. Mes faiblesses. Ceux des autres. Leur bassesse. Ce séjour, je ne veux en oublier aucune seconde.

J'avance dans le hall, comblée par cette journée, encore ensablée et salée d'avoir pataugé des heures, pleine d'espoir qu'enfin, je le sois bientôt d'une toute autre manière. Je n'ai pas cessé d'y penser, mais j'ai des circonstances atténuantes : voir Liam déambuler torse nu toute la journée sur le catamaran, dans son maillot bleu nuit le moulant d'une manière indécente à un endroit très stratégique quand il sortait de l'eau, le corps luisant de gouttelettes reflétant la lumière du soleil équatorien, c'était la pire des tortures. J'avais soif de sel. Celui qui léchait sa peau à ma place.

Foutue libido qui va me péter un tympan !

Ca va aller Elly.

Je retire mes spartiates sur le tapis avant d'entrer dans les pièces à vivre, puis je me fige en arrivant dans le grand salon principal, face au Pacifique. Du parquet sombre au sol qui contraste avec les meubles et les trois canapés en tissu clair installés en U, ainsi que les tapis douillets blancs et topaze, ça, c'est normal. Mais l'immense cabine de bois blanchi au beau milieu de la pièce où quelques plantes et tablettes ont dû être écartées, elle n'était pas la ce matin. Ni les jours d'avant.

— Liam ?

Je me retourne vers lui, son t-shirt a déjà disparu. Seul le tracé de sa musculature dorée par le soleil l'habille. J'en oublie de respirer tant cette vision m'électrise.

Bug.

Très gros bug.

De sa démarche féline, il me rejoint, un sourire licencieux diabolique au coin de ses lèvres pincées, reconnaissable même dans le noir.

— Déshabille-toi.

— Qu ... Quoi ?

Ma léthargie le fait s'esclaffer, franchement. Un rire qui chatouille mon intimité, qui semble avoir compris avant moi de quoi il s'agit ici.

Obéis!!

— Déshabille-toi Lyanor, répète-t-il en tirant sur le nœud de ma robe portefeuille blanche.

Ses mains remontent le long de mes bras avec une lenteur insupportable. Je les imagine déjà prendre un chemin vers mon sud. Ça devient vital.

— Liam, je te jure que si tu n'as pas l'intention de faire ce que je pense... mieux vaut que tu me le dises maintenant. Je ne supporterai pas un autre refus, je le préviens fébrile en retirant tout de même mes vêtements.

— Vous êtes une jeune femme très impatiente, Mademoiselle Johnson, susurre-t-il de sa voix la plus suave à mon oreille. La patience est une vertu nécessaire dans notre monde, ajoute-t-il en me faisant entrer dans ce qui est un sauna, une fois que je suis totalement nue sous ses yeux qui me détaillent d'envie.

Bordel ! S'il fait marche arrière, je prends le prochain vol et je rentre à New-York ! Je le ferais même à la nage, ça me calmerait !

Ou pas.

— Je ne suis pas une jeune femme vertueuse, Kavanagh ! Rien de ce que j'ai en tête n'approche de près ou de loin un concept religieux, ces jours-ci, je lui avoue les sens en émois.

Ma remarque le fait sourire de plus belle. Son regard sur mon corps qu'il parcourt sans retenue m'excite plus que tout, alors qu'il gratte sa barbe de plusieurs jours que j'ai envie de mordiller tout à coup.

La chaleur sèche nous embaume sitôt la porte refermée. Les émanations aux senteurs d'eucalyptus prennent d'assaut ma peau qui est déjà sur des charbons très ardents. Il me fait asseoir sur un large banc. Une vague de soulagement me saisit. Il n'oserait pas me faire miroiter ce que j'attends depuis des jours pour me le refuser ensuite. Impossible. Du moins, je l'espère de tout ... Eh bien de tout mon corps, clairement !!

Il s'éloigne d'un mètre, j'entends le bruit de l'eau que l'on verse sur des braises qui chantent leur crépitement en chœur. Un nuage de vapeur blanche emplit immédiatement la petite pièce. Hormis la température du sauna, c'est celle de mon épiderme qui grimpe rapidement. Liam se place sur le banc à ma gauche, sans me toucher.

— On va rester un petit moment ainsi. Il fait trop chaud pour parler. Profite du calme, médite. Vide ta tête.

— Je n'ai pas besoin d'être vidée mais d'être remplie...

Oh mon Dieu ! C'est moi qui ai dit ça ?

Affirmatif.

— Ça fait partie du...

 Et c'est là que je comprends ce qu'il fait. Tout. Ablutions.

Tu comprends vite quand tu réfléchis bien.

—Tu me tortures depuis des jours pour une espèce de rite Liam ? je le coupe. C'est ça ? Put...

— Lya... gronde Cro-Magnon d'une manière bien trop sexy pour mon désir en combustion. Après.

Bordel il va me le payer !

 Mais Ok; J'abdique. Parce qu'il a raison. Il fait vraiment très chaud ici. Alors j'inspire, j'expire, pleinement, comme me l'a montré la thérapeute, tentant de faire abstraction de cet air aride qui pénètre mes poumons- à défaut d'être pénétrée par autre chose.

Me concentrant uniquement sur ma respiration, jusqu'à faire le vide, donnant à la sueur qui quitte progressivement mon corps l'ordre de me débarrasser de tout ce qui le pollue, mais encrasse aussi ma tête, mes pensées les plus profondes, cachées. Je perds la notion de l'espace et du temps. De moi, aussi. Je suis somnolente, je crois. Ou me suis-je endormie ? On s'est levé si tôt...

— Lyanor, on va pouvoir sortir.

 La voix grave de Liam à quelques centimètres de moi me sort de mon état. Je me sens plus calme en haut, mais pour le reste, c'est un concert de sensations et de bruits. Tout est plus exacerbé encore qu'avant que nous rentrions. Et quand sa bouche se pose au creux de mes reins en augmentant mon humidité, j'ai presque envie de pleurer tant c'est un supplice déchirant d'être dans l'attente de ce «plus».

Je veux cet homme et j'entends le Tic-Tac résonner dans ma tête. Le compte à rebours avant je n'explose de frustration est définitivement enclenché. Je.vais.peter.un.câble!

— Il va me falloir beaucoup plus si tu ne veux pas que j'aille me trouver un autre homme pour me faire grimper au rideau, beau gosse, je lui lance pleine de concupiscence.

C'est ma dernière carte. Pour le faire sortir de ses gongs en convoquant une jalousie qui je l'espère, existe chez lui. Mais aussi parce que je veux le Liam entier. Le doux et le sauvage à la fois.

Et ça marche.

Merci Seigneur !

—Sale petite peste ! Viens par-là...

 Liam me soulève soudain comme si je ne pesais pas plus qu'une orange, nous fait sortir de cette fournaise qui commençait à m'empêcher de respirer. Ou bien est-ce la vue de son corps d'Appolon totalement nu et de son sexe déjà bien tendu vers moi qui a fait griller mon cerveau?

Sa bouche s'abat sur la mienne avant même que nous ne soyons arrivés dans la salle de bains. Il m'embrasse à en perdre haleine, naviguant à l'aveugle, me dépose entre les deux vasques, passe ses deux mains dans mes cheveux pour approfondir notre baiser. Son membre me caresse, se frotte à moi par de longs va-et-vient qui me mènent déjà très près des étoiles. J'avais oublié à quel point l'avoir ainsi contre moi était bon. Nos langues ne se cherchent pas, elle se trouvent, s'aimantent dès la première seconde. Je gémis dans sa bouche, ce qui l'encourage à mettre plus de pression dans son bassin. Il m'embrasse sans discontinuer. C'est un baiser fiévreux, si prenant que je ne me rends compte que nous sommes à présent dans la douche que quand une pluie chaude se déverse sur moi. J'ouvre les yeux, m'arrime aux siens, voilés d'une lueur sexuelle à son paroxysme, d'un désir aussi brut que le mien. Il se saisit d'un gel douche, en verse dans ses mains, puis entreprend de me laver. Il me fait me retourner, paumes contre la paroi, puis écarter les jambes. Je me délecte des mouvements de ses mains expertes sur moi. Je peux sentir les pulsations de mon cœur jusque dans mes grandes lèvres gorgées d'envie.

— Tu m'as torturée, Liam, je geins quand ses longs doigts arrivent entre mes cuisses. Me priver de toi, c'était inhumain, je lui avoue d'une petite voix.

— Lya, crois-moi, c'était dur pour moi aussi. Un enfer sur Terre à chaque seconde... Mais l'attente nourrit l'envie. Elle est un mal nécessaire. Elle est bienfaitrice. Et fait réfléchir le corps, mais aussi l'esprit, l'essence de ce que nous sommes, déclare-t-il son torse collé à mon dos et son érection marquant ma peau sensible à son toucher vigoureux. Puis, quand l'envie devient besoin, quand ton corps hurle qu'il a faim, c'est là, qu'on sait que l'attente doit prendre fin. Qu'une seule chose peut tout contenter, quand le reste a été complètement éradiqué.

 Ses mains glissent de la chute de mes reins à mes fesses dont elle caressent lentement le galbe, cheminent dangereusement à l'orée de ma raie, puis il reprend:

— C'est toi et toi seule qui a mis fin à ce rituel, comme tu dis. J'avais besoin que tout soit effacé, qu'il ne reste que toi et moi. Que les autres, nos autres, précise-t-il, pas seulement les tiens, n'existent plus Lya. Moi, j'avais déjà un tableau vierge au bout de quarante-huit heures, admet-il en mordillant mon lobe droit, mais pour toi, ça a été plus long ma belle. Il fallait que tu sois dans cet état de manque. Que tu ne penses plus qu'à mes mains sur toi. Ma langue sur tes seins, ton sexe. Moi enfoui toi. Très profondément, termine-t-il ses doigts s'immisçant entre mes plis, bougeant de haut en bas autour de mon clitoris si lentement que j'en ai mal.

Oh bordel de Dieu !

 Je fonds, me liquéfie. Je vais finir dans le syphon, avec les eaux savonneuses.

— Merde ... Liam... j'expire sentant les flammes me choyer. Mais tu ne pouvais pas me le dire ? Je suis sûre que tu t'es occupé de toi tout seul en attendant ! je râle entre mes dents pour ne pas exploser sous ses mots. Dans cette douche… quand tu t'enfermais ... j'halète. .

Ça m'a rendue barje de l'imaginer se donner du plaisir tout seul. Sans moi.

— Non, Lyanor. Je ne me suis pas touché, juré, soupire-t-il en badinant contre ma joue. Je voulais qu'on le fasse ensemble, sinon, l'abstinence n'avait pas d'intérêt. Tu me fais confiance ? me demande-t-il soudain.

 Il me retourne, prend mon visage en coupe. J'essaie d'analyser ce que cela implique si je lui réponds « oui ». Réfléchis à toute allure à mes limites.

C'est le moment ?! proteste ma conscience aux abois.

— Moi, je suis tout à toi, Lyanor, souffle-t-il contre ma bouche, mélangeant nos haleines.

Et comme s'il lisait en moi, il poursuit :

— Mes seules limites, ce sont les tiennes Lya. Mais j'aimerais ta reddition absolue. Je veux que tu lâches prise de tout. Tu pourras dire non à n'importe quel moment, si vraiment c'est trop pour toi. Mais je veux que tu me fasses confiance.

 J'hésite, une seconde seulement. Après tout, près de trois ans avec Cooper, et jamais je n'avais connu une telle envie de l'autre, eu un tel désir fulgurant, qui domine tout le reste. Un désir douloureux, oppressant, mais si significatif. Cooper, c'était du sexe plan-plan, et je ne regrette pas de ne pas lui avoir tout donné. Pour une raison étrange, j'ai toujours eu confiance en Liam pour nos rapports charnels . Depuis le début. Même quand je n'étais qu'un jeu. Que je le détestais le jour mais qu'une nuit, puis deux, j'ai laissé parlé mon corps au lieu de ma tête. J'avais lâché prise. Et c'était jouissif. Explosif. Démentiellement libérateur.

Révélateur. Mais tu ne voulais ni entendre ni voir.

 Il m'embrasse encore, puis me lance un sourire franc, pour m'encourager, attendant ma réponse.

— Je suis toute à vous, Monsieur, je lui réponds avant de l'empoigner fermement pour le caresser.

 Après tout, il a bien dit qu'il était tout à moi, non ? Et c'est un sentiment de puissance qui se rappelle à mon bon souvenir, alors que j'accepte pourtant de me soumettre à ses volontés.

Oui, il l'a dit.

— Putain Lya ! siffle-t-il les dents serrées en penchant la tête en arrière, ses mains tirant sans douceur sur ses cheveux ruisselants.

Là voilà, ma vengeance... qui me procure un orgasme visuel tonitruant.

  Je me laisse tomber à genoux, et sans lui laisser le temps de réagir, le prends dans ma bouche, tout en le regardant d'en bas. Surpris, ses yeux croisent les miens, je vois son torse se figer, sa respiration se couper. Ma langue s'enroule autour de sa verge qui gonfle encore en moi. Mes mains cajolent ses testicules qui durcissent à mon contact. Je le prends plus loin, autant que je peux. Ses mensurations ne me facilitent pas la tâche, mais je m'applique, l'aspire plus fort quand il ne peut s'empêcher de laisser échapper des grognements bestiaux et gutturaux de sa gorge, qui se répercutent directement dans mon intimité tremblante, surtout lorsque je joue avec son gland, encore, et encore, sans rompre notre contact oculaire. Il a raison, nous avions besoin de ce rite de purification. Maintenant, je veux être la seule dont il se rappelle.

 Liam inspire et expire de plus en plus fort. Sont thorax est un combattant dans les arènes, actif, puissant. Ses mains tracent des cercles sur son bas-ventre, signe qu'il perd son self-control, que c'est son plaisir qui l'envahit. Son bassin bouge de lui même pour m'accompagner, sans m'imposer de rythme, jusqu'à ce qu'il se retire doucement , agrippant mon visage.

— J'ai une autre idée en tête Princesse, pour mon apothéose...avoue-t-il haletant. Et le tien, aussi. Mais j'espère que la prochaine fois, nous irons un peu plus loin, souffle-t-il en m'aidant à me relever avant de m'embrasser à pleine bouche.

 Il se lave rapidement, nous rince, puis me soulève sans préavis pour nous porter dans la chambre sans même nous sécher. Je me frotte à lui pour soulager la tension devenue insupportable entre mes jambes sur le trajet. Je sens déjà que je ne vais pas tenir longtemps. Je pourrais même prendre mon pied ainsi, et je suis convaincue qu'il pourrait lui aussi se laisser aller sur ma peau. Mais il a d'autres projets, a-t-il dit.

Liam me dépose en douceur sur le lit, se poste au-dessus de moi. Sa bouche entame un sentier humide sur ma peau qui l'est tout autant, mais pas qu'à cause de la douche. Plutôt de la transe dans laquelle se trouve mon corps, surtout. En surtension. Sa langue trouve mon téton gauche, ses doigts mon droit qu'ils font rouler entre eux. Les décharges de plaisir sont indescriptibles, reliées à ma féminité. Sa langue descend, encore, encore, jusqu'à honorer mon clitoris qui n'attendait qu'elle. Il me lape une fois. Mes hanches se soulèvent d'elles-mêmes de soulagement. Une deuxième fois, je geins en mordant mon index pour ne pas hurler, de plaisir, d'attente. Une troisième fois, et je le supplie de continuer. Il s'exécute, me pénètre de deux doigts tout en continuant à caresser mes seins tendus. Je me relève difficilement pour me mettre sur mes coudes, pour le voir faire, s'appliquer, parce que je n'attendais que ça. Je ne pensais qu'à ça. A cette urgence d'être libérée. De retrouver notre intimité. Celle que je ne pensais pas avoir. Erreur. Elle était tout ce dont j'avais besoin. Notre vérité au milieu de nos yeux fermés. Apeurés. Sa tête entre mes jambes est une des scènes les plus érotiques qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie.

— Tu es magnifique quand tu jouis Lya. Je ne m'en lasserai jamais. Ni de ton image, ni de ton goût sur ma langue... Je veux te voir jouir, encore et encore.

 Ma tête bouillonne à ses mots. Mes pieds s'ancrent dans le matelas pour m'empêcher de chuter du septième ciel vers lequel il m'emmène très rapidement. Mon ventre se tort une ultime fois, et quand sa bouche aspire franchement mon bouton, je me laisse envahir par un orgasme qui fait éclater mes neurones, chaque particules de mon être, durant des secondes infinies. Infiniment merveilleuses.

 Quand je redescends de mon nuage, béate au possible, Liam est au dessus de moi, en train d'embrasser mes tempes, mes joues, mon menton, ses mains sur les rondeurs de mes hanches.

Béate, mais pas rassasiée pour autant.

— Tu es tellement belle...

— Tu n'es pas mal non plus, je parviens péniblement à articuler, encore assommée par mon plaisir qui vogue toujours dans mes veines.

Juste pas mal ? Menteuse !

— Je crois que vous me trouvez plus que pas mal, Mademoiselle Johnson, dit-il mue de sa plus belle arrogance. Vous êtes plus trempée qu'un rocher sous les chutes de Niagara, mais ce n'est que le début... Je n'en ai pas encore fini avec vous, lâche-t-il en léchant mes lèvres, partageant avec moi le goût de mon orgasme.

Nous n'ont plus !

Son membre dur malaxe de nouveau mon sexe humide et chaud, impatient, mais j'en veux plus. Encore. Vite. Je n'ai jamais rien voulu de plus fort que lui, en moi. Et pas forcement avec délicatesse.

— Vous parlez trop, Monsieur Kavanagh, je lui réponds en griffant ses omoplates pour appeler la bête qui sommeille en lui. Je sais que vous aimez vous entendre parler, mais là, tout de suite, j'aimerais juste vous entendre jouir en moi. Je veux entendre votre plaisir rugir si fort que même New-York vous entendra...

—Tu auras ma peau Lya...

Petit joueur.

Je l'embrasse tendrement, délicatement, aux antipodes de la tempête qui déferle en moi, puis lui chuchote à l'oreille, narquoise mais électrisée :

—Je crois que c'est déjà le cas, Monsieur...

Et avant même que je n'ai pu terminer ma phrase, il plonge en moi sans jamais quitter mon regard, en une seule poussée qui me coupe le souffle mais m'en offre un bien plus revigorant pour le remplacer. Mon corps entre dans un four, un feu qui grandit au rythme de ses coups de butoir, d'abord mesurés, puis plus exaltés. Je l'encourage en ondulant malgré son poids sur moi. Je sens chaque centimètre de lui prendre toute la place au creux de mon ventre, me laisse aller au plaisir fulgurant qu'il me procure, alors qu'il me répète qu'il ne pourra plus s'en passer.

Et il n'est pas le seul.

—Tu me rends fou...

J'ai chaud. Très chaud. De plus en plus chaud, comme jamais. Mes pensées commencent à se perdre. Les baies vitrées toujours ouvertes, un courant d'air entre soudain, arrive jusqu'à moi. À nous. J'enroule mes jambes à son bassin, le laisse à présent nous guider vers une jouissance qui sera sans pareille. Me concentre pour ne pas me vaporiser dans ses bras, rappelle le courant d'air, frais. Très frais. Mais le corps de Liam sur le mien est une braise qui me fait me consumer tout entière.

Ses mains sont partout sur moi, puis passent sous mes fesses pour approfondir la pénétration. Je le sens plus loin encore en moi, sans barrière. Nos peaux sont en sueur. Ma tête tourne. Nos gémissements se mêlent, chassent le silence. Nos souffles erratiques hurlent notre plaisir. J'essaie de rester consciente, alors je permets à mon esprit, juste une seconde, de se concentrer sur ce qu'il veut pour retarder au possible le moment de ma délivrance.

J'inspire fort, pour me calmer, dompter la pression, retarder la fusion. Liam accélère sous mes suppliques que je ne contrôle plus. Je le sens aller et venir. Rentrer et sortir. Chuchoter à mon oreille, mais les mots ne m'atteignent plus. Il n'y a plus que son corps sur le mien qui compte. Son corps dans le mien. Nos corps qui n'en forment plus qu'un. Ardent. Dans une alchimie remarquablement évidente.

Je me gorge d'air et de son odeur enivrante qui souffle de l'oxygène sur mon bûcher endiablé. Ma vue se brouille. Mon corps se soulève, se tend, tremble. Vit sa propre vie. L'air me caresse. M'aide. Je m'évade, mais m'approche du coeur du volcan, alors que la brise vient m'embrasser. Mes yeux sont clos. Mais tout s'éclaire...

Il fait froid ici en cette fin de journée, pourtant ma peau s'embrase de picotements ardents. Un vent venu du nord se lève, mais il ne sera jamais ni assez puissant ni suffisamment glacial pour venir à bout du feu passionné qui vient de sortir de son sommeil. Au contraire. Il attise, insuffle une force, encourage le combat que mes sens mènent pour ne pas faillir. Ce n'est plus un incendie. C'est une apocalypse que j'accueille à bras ouverts. Car je sais que parfois, il faut un feu destructeur pour que tout puisse repartir de zéro, que la fertilité de la terre renaisse, afin d'offrir des récoltes plus abondantes et saines, même nées du chaos éphémère. Alors, je laisse les flammes lécher ma peau, apprécier la cartographie de mon corps. La douleur de la délicate incandescence n'est rien, quand je sais que demain, elle m'aura permis de faire peau neuve, enfin. Mais si demain ne suffit pas, je revivrai sans fin la vigueur des effets qu'a cet homme sur moi, car l'évidence ne se cache plus : s'il est un combustible pour mon corps, il est l'oxygène qui fait vivre mon cœur, et mon âme.

Je brûle. Plus fort. Plus vite. Jusqu'à la terrible explosion, celle de la délivrance, commune, remplie de certitudes, dépourvu de doutes.

— Oh mon Di... Liam !

Bien. L'hôtel entier sait comment il s'appelle, maintenant. Sa vanité va apprécier.

Lui aussi, on l'entend crier sans pudeur mon prénom au moment où il se libère, longuement, dans un râle logé au creux de ma nuque.. Et bien au delà de New-York.

Et plusieurs fois dans la nuit. Et les suivantes, aussi.

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