Pourparlers

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Liam.

— C'EST HORS DE QUESTION !

C'est un cauchemar et je vais forcément finir par me réveiller à un moment ou un autre. Je dois m'être endormi durant mon vol retour d'Atlanta, puisque le sommeil me boudait depuis des jours. Depuis que Lyanor est partie se confiner chez Neve, vexée. Elle doit encore vouloir me donner une leçon du type «gardez votre langue bien immobile dans votre bouche si vous voulez un jour pouvoir goûter à la mienne».

Cette femme est une démone quand elle veut me faire comprendre une chose sans avoir à me parler. Telle la semaine dernière quand elle ne m'a pas réveillé pour aller bosser. Un démon foutrement sexy qui me fout la tête à l'envers sans avoir besoin de faire un saut à l'élastique. Pourtant, je me sens souvent comme si j'allais sauter d'un pont, avec elle -Et sans avoir vérifié si j'avais bien tout le matériel de sécurité nécessaire ; le souffle coupé, l'attente remplie d'adrénaline, la raison déraisonnée. Cette femme est aussi belle que pouvait l'être Aphrodite pour les Grecs, aussi entêtée et combattante qu'Athéna quand elle veut me tenir tête, ou m'envoyer chier. Loin d'elle, généralement. Mais là, elle ne peut pas réellement être en train de me dire ça. Pas dans la réalité, en tout cas. C'est un cauchemar.

Tu veux qu'on te pince ?

Pas la peine. La rumeur d'une désapprobation familiale qui chante à mes oreilles ahuries confirme ma crainte. Je suis bien réveillé, bordel de merde.

— Il ne me semble pas t'avoir demandé ton avis, réplique-t-elle droite comme un i à moins de deux mètres de moi, les bras croisés sous sa poitrine, pleine d'une assurance qui me déstabilise et me file en même temps l'envie de me prosterner.

Putain, elle va me tuer là ! Quand je dis qu'elle m'aura tout fait.

— J'ai dit non !

— Liam, restons calmes mon fils, veut tempérer mon père qui vient poser sur mon épaule la main de l'apaisement sommaire.

— Et moi je te dis que personne ne m'obligera à faire ce dont je n'ai pas envie ! C'est clair ?

Elle me toise toujours, avec un sang-froid opposé à ce qui grille tout mon être, retourne mes tripes, compresse mon cœur dans ma poitrine bétonnée par une rage démesurée de ne pas avoir frappé plus, plus fort, plus longtemps. Je l'observe, cherche avec espoir que j'ai mal entendu, ou que j'ai rêvé, halluciné. Mais rien. Sans ses talons, elle devrait me sembler moins impressionnante. Pourtant, là, ce soir, surtout ce soir, après les heures qu'elle vient de passer, alors que nous sommes au milieu de la nuit, elle me paraît grandie de plusieurs dizaines de mètres. Évanouie sa timidité, elle n'est qu'hardiesse. Disparue la jeune femme gênée de se dévoiler en public, elle n'est plus qu'un fabuleux monstre d'aplomb dosé et de combativité transpirant déjà la victoire.

— Ne me demande pas ça, Lya, j'expire avec douleur, les mains dans mes cheveux qui font les frais de mes émotions brutes et dures.

Elle me rend fou.

Bien vu Doc.

— Peut-être devriez-vous prendre un peu de recul, Elly, me vient en soutient mon oncle, que je remercie d'un bref coup d'œil pour cette intervention bienvenue.

— Le recul ne changera rien aux faits, prend la parole Amélia qui glisse sa main dans celle de Lyanor, tandis que Neve ne tarde pas à faire la même chose de l'autre côté. Si tu ne veux pas, nous, on le fera. Toutes les trois, affirme-t-elle franchement.

Bien. Une brochette de fortes têtes qui n'en ont rien à foutre de mon identité de milliardaire. Out le PDG. Bordel de merde ! Mais qu'est-ce qui leur prend ? Je cherche d'autres soutiens sur les visages de mes parents, de mon frère, de ma tante Maureen. Aucun d'eux n'a hésité quand Ethan les a prévenus. Mon père m'a rejoint au poste en moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire, presque téléporté, mon frère a lui dû faire une déposition, ainsi qu'Aaron mais je l'ai libéré après en lui promettant de le tenir informé, ce que j'ai fait. Les autres se sont rués à l'hôpital. Parce que nous sommes une famille.

Et que c'est ainsi que vous fonctionnez.

Même Neve, qui a réveillé sa super nounou pour venir veiller sur Ivy. Oui, c'est ainsi que nous fonctionnons. La famille est notre seule religion. Et je ne suis qu'au début de cette constatation qui va me faire éclater en morceaux. D'admiration sans commune mesure, mais de folie aussi. Cette femme me rend complètement dingue.

Et de tellement de façons.

— Ose nous dire que nous n'avons que vingt-quatre ans et que nous ne savons pas ce que nous faisons, me défie Neve avec son air de petite peste moqueuse, sachant très bien que je ne ferai plus jamais de remarques sur son âge à Lyanor.

Saleté de brochettes de dragonnes qui vont me rendre sénile avant l'âge !

Prudent, le gars.

J'ai trop galéré, je me vais pas me tirer une autre balle dans le pied après avoir vidé tout un chargeur avec ma connerie. Non, cette balle, je la réserve à l'autre enfoiré, sait-on jamais, si un malentendu...

— Maman qu'est ce que tu fais ? je lui demande en manquant d'air la voyant se poster derrière Lyanor, ses mains sur ses épaules.

SOS neurones. Pas un gâteau vieux !

— Je suis ta mère Liam, je te montre la voie à suivre. Tu seras toujours mon enfant, me dit-elle émue. Ni ton âge ni ton poste ne signifient que tu n'as plus besoin que l'on te montre le bon chemin de temps en temps. Mon rôle de parent ne s'est pas éteint à ta majorité, tu le comprendras quand tu en auras. Tu as le droit de faire des erreurs, mais ce soir, tu as surtout le devoir d'écouter car tu n'as pas ton mot à dire. Pas ici. Il n'y a qu'elle qui peut décider de la suite. On ne te demande pas ton avis, il n'y a rien de plus véridique. On te demande de soutenir une démarche, même si tu ne la comprends pas, Liam. Tu peux mener ce combat, mais tu dois comprendre qu'il n'est pas uniquement le tien, c'est avant tout celui d'Elly. Et qu'aucun de vous ne se montre condescendant en osant dire que ce sont des mots manquant de réflexion, c'est insultant ! nous prévient-elle fermement. Nous le ferons à quatre.

Toujours écouter sa mère, Liam.

C'est pas possible... Elle se sont liguées ou je rêve ? Et pourquoi j'ai envie de sourire comme un con en me disant ça ?

Encore une question rhétorique.

—Cinq, corrige ma tante Maureen, ce qui fait couler quelques larmes des yeux troublés de Lyanor, peut-être de découvrir des soutiens auxquels elle ne s'attendait pas.

Putain. Et c'est moi qui tremble le plus !

— Ethan ? Dis quelque chose bordel de merde ! je m'emporte devant une idée qu'elle n'aurait même pas dû avoir, même si je vacille face à une telle solidarité de femmes que je respecte, face à un vent d'assurance qui me rend, moi, fébrile.

— Tu n'as toujours pas compris frérot ? s'enquiert-il un grand sourire malin aux lèvres que j'ai comme une envie de lui faire bouffer tant il se fout de ma gueule.

Parce qu'il voit tout.

— Compris quoi ?

—Tu ne seras jamais à égalité Liam, me répond-il très sérieusement. Moi, j'ai conscience qu'Amélia aura toujours naturellement un ascendant, m'explique-t-il sans honte de le faire devant tous en rivant ses yeux sur celle qui l'inspire, parce que les choses sont ainsi. Les femmes gèrent mieux leurs émotions que nous. Elles ont le vrai contrôle. Accepte-le et incline-toi. C'est une bataille perdue d'avance. Et Maëve a raison, le chef des armées, ce soir, ce n'est pas toi, pas nous, vieux, même si Sa Seigneurie prend un grand coup dans son égo, se fout-il de moi pour détendre l'atmosphère tendue comme un arc .

Mais on peut toujours essayer. Ne pas oublier de me le faire. Plus tard.

Ou pas.

— Lya, je lui dis après un long silence et avoir expiré bruyamment pour me calmer en convoquant mes esprits, je me fous de sa plainte, tu comprends ? Ne fais pas ça, s'il te plaît. Ne rentre pas dans son jeu, je la supplie carrément du regard priant pour qu'elle change d'avis.

Je sais que j'ai perdu avant même qu'elle n'ouvre la bouche. C'est écrit dans ses yeux qui n'ont jamais été autant sûrs d'eux, plus de faiblesse dans ses émeraudes, qu'une force agile et souple qui va m'ébranler avec une fougue déterminée à me mettre à terre, à ses pieds. C'est indiscutable, je plonge droit vers une folie ardente et acidulée. Celle qui m'y pousse mais peut aussi m'en sortir est pourtant celle qui mérite que j'y reste, voire que je mène seul un combat pour elle, s'il le faut. Celui auquel elle veut renoncer. Pas moi.

— J'ai pris ma décision.

— De ne pas demander justice pour ce qu'il t'a fait ? je rétorque toujours dans l'incompréhension totale, suffocant. Putain Lyanor, on peut en reparler quand tu ...

— Fais attention Liam, me coupe ma mère.

Les mains croisées, les bras levés vers le ciel et les yeux clos, j'essaie vraiment de comprendre, d'expirer pour me délester de ce poids, de cette fureur pour ne pas succomber à une voix sombre dans ma tête qui me conseille d'aller finir le travail, au moins ...

— Laisse la justice faire son travail, je lui adjure en embrassant son front, seul acte capable d'apaiser la violence en moi.

— Je décide de la justice que je veux Liam. Celle qui me convient à moi. Tu ne comprends pas ? me demande-t-elle en entourant mon visage de ses doigts.

— Ne pas porter plainte c'est ça te rendre justice ? Mais vous êtes des femmes bordel ! Dites quelques choses vous toutes ! je vocifère.

— Calme-toi Liam, me demande ma tante.

Lya inspire, recule. Ses yeux verts sans aucune indécision balaient notre groupe, lentement, comme si son pouvoir, celui de convaincre par sa seule présence, sa seule volonté, sans palabre ni plaidoyer, allait tous nous toucher, nous atteindre, nous transpercer.

Parce que ça marche.

— Tu ne pourras pas revenir en arrière Elly, se fait entendre mon père congédiant le vouvoiement qu'il lui accordait encore il y a cinq minutes. Ton avocate te l'a dit ?

— Oui, Monsieur Kavanagh, affirme-t-elle en pivotant vers lui. C'est mon choix.

— D'accord.

— Non papa tu plaisantes là ? C'est votre vision de la justice ça ? Qu'elle renonce à sa plainte ?

Ils ont l'air de plaisanter Einstein ?

— QUE VA FAIRE LA JUSTICE LIAM ? se révolte-t-elle en posant son index et son majeur au creux de ma poitrine, nos regards soudés menant déjà le combat. Je vais te le dire moi ! ELLE va décider de sa peine à ma place ! ELLE va décider pour moi de ce qu'il convient de faire de lui ! ELLE va lui ôter ses droits civiques et sa liberté pour quelques mois, quelques années et encore ! LIAM ! Putain mais dans quel monde vis-tu ? Aux Etats-Unis, la peine maximale pour un viol n'est pas la réclusion à perpétuité, tu le sais ? Jamais il n'en prendra pour dix ou quinze ! JAMAIS ! Tu sais pourquoi ? s'écrie-t-elle emportée par son exaltation à me faire comprendre son point de vue, son choix. Parce que je ne suis pas mineure ! Parce que tu es arrivé avant qu'il ne puisse remplacer ses doigts par autre chose ! Parce qu'il aura un bon avocat ! Parce que s'il plaide coupable, le juge sera clément ! IL EST HORS DE QUESTION QUE CE PORC PSYCHOPATHE NE PASSE QUE SIX MOIS DANS UNE PRISON AUX ALLURES DE CAMPS DE VACANCES POUR RICHES! TU M'ENTENDS !?

Tout New-York entend, oui.

— Lya ... je tente de la tranquilliser la voyant pleurer sans qu'elle ne s'en rende compte, trop passionnée par sa plaidoirie.

— JE vais me rendre justice, Liam. MOI ! C'est trop facile de passer quelques mois dans une cellule, dans un centre pénitencier de sécurité minimum avec une jolie télévision et pas de codétenu parce que cet enfoiré n'ira jamais dans une prison comme Rykers, sois en sûr ! Puis de sortir et reprendre sa vie un beau matin ! Non, NON ! s'agite-t-elle en reculant, je ne prendrai pas le risque qu'il ait une remise de peine, qu'il sorte pour bonne conduite, qu'il ne passe que quelques jours dans cet environnement, ou pire, qu'il prenne du sursis ! C'EST NON, TU COMPRENDS ? Je vais lui prendre ce qu'il convoitait tant, me dit-elle en revenant vers moi. On va leur prendre À TOUS ce pour quoi ils ont travaillé ces dernières années en prévoyant de s'en prendre à Ethan et KMC, Liam, déclare-t-elle avec aplomb quand moi, je me sens tituber intérieurement, ivre de cette leçon, de cette démonstration éloquente d'une détermination à choisir comment justice lui sera rendue.

Sa justice.

Elle vient de revêtir sous nos yeux l'habit de la pénalité, avec grandeur et brio. Et au lieu de ne penser qu'à sa propre vengeance, pour rendre la monnaie de sa pièce à ce porc aux doigts baladeurs, ou plutôt lui prendre cette pièce à la con, elle englobe dans son plan tous ceux que les Campbell et leurs associés ont voulu éclabousser, déshonorer et affaiblir par leurs magouilles.

D'après le substitut et ce qu'a raconté, pour ne pas dire balancer Randy Campbell lorsqu'il s'est quand même bien mis à table pour sauver son cul -quoi que tout le monde en dise- quand Claryssa a mis sur pied sa stratégie, elle l'a fait en pensant, à juste titre, qu'Ethan prendrait le poste de PDG, pas moi. Ce qui avait toujours été prévu ainsi depuis notre adolescence. Après qu'Ethan l'ait plaquée comme la punaise malodorante qu'elle s'était révélée être, en la surprenant un après-midi en pleine conversation avec sa meilleure amie, alors que les deux femmes parlaient amusées sans filtre de l'amant de Claryssa, celui dont elle était éperdument amoureuse, mais avec qui elle ne pouvait vivre qu'une relation cachée devant rester la plus discrète possible pour ne pas perdre Ethan... enfin surtout toute la vie de femme de milliardaire qu'elle envisageait à ses côtés. Finalement, seul le fric comptait. Toute son histoire avec Ethan avait toujours été fausse, alors qu'ils devaient se marier. Cette vérité l'a détruit, presque tué. Et aujourd'hui Madame revient en force sous couvert du nom de ses cousins pour récupérer de l'argent ? Il faut vraiment qu'elle aille se faire soigner, jusqu'à la fin de ses jours !

Qu'ils y aillent tous.

— C'est insensé ... je souffle pour moi, excédé.

— Ce qui est insensé, c'est une bande de tarés en réunion qui décide de monter une société dans l'unique but de s'en prendre à ton frère ! Ce qui est insensé, c'est qu'à aucun moment, ils ne se soient dit que ça ne marcherait peut-être pas ! Ce qui est insensé, répète-t-elle enflammée, c'est que sans savoir s'ils allaient réussir à vous convaincre d'investir, ils aient entamé un processus de sabotage de leur propre boulot alors que Campbell.Inc a un potentiel et une notoriété phénoménales ! Ce qui est insensé, c'est qu'ils soient tous si aveuglés par leur haine contre Ethan alors que la seule coupable, c'est cette espèce de dingue à leur tête qui pourtant est sûrement la plus aliénée de tous, qu'ils n'aient pas une seule seconde douté de l'issue ! Et ce qui est encore plus insensé, Liam, me dit-elle en posant à plat ses deux mains sur mon torse qui se durci à son contact qui me fout encore plus au diapason de ses mots, c'est qu'aucun d'entre eux ne semble outré de ce qu'il s'est passé ce soir. Qu'ils mettent sur un même pied d'égalité une agression sexuelle et des coups et blessures ! Alors non, je ne veux pas porter plainte parce qu'il n'y a que lui, qui serait inculpé. Moi, je les veux TOUS ! Je veux que cette pétasse pathétique et fourbe regarde Ethan, énonce-t-elle en le pointant du doigt, et qu'elle voie que la seule qui vient de tout perdre, c'est elle ! Je veux voir sa chute sans ses yeux, Liam. Je suis venue à New-York pour prendre les rênes de ma vie, n'essaie pas de me faire prendre une voie dérobée. Je vais leur montrer qu'ils ne me font pas peur et qu'ils ne tiennent plus le volant!

— Lya, on peut en discuter en privé ?

Mauvaise réplique Liam, très mauvaise.

— Pour cette nuit, il n'y a plus rien que je puisse cacher, il me semble, non ? J'ai basculé pour quelques heures dans le domaine public ... Tout le monde ici sait ce qu'il m'a fait, rit-elle amère.

Un voile de tourments mêlés passe dans ses yeux. Je la ramène à moi pour la serrer, parce que maintenant je peux le faire, la sens expirer ses tensions, se relâcher, alors qu'en moi l'orage gronde toujours. Il y a les nuages noirs, les contaminés par tous ceux qui ce soir, sont coupables. D'avoir encore voulu s'en prendre à Ethan, d'être complices d'une folie collective, que chacun à sa manière a alimenté, fait grandir. Il y a les étincelles d'un éclair qui germe en moi quand le tonnerre, lui, est déjà prêt : un cri de rage terrible que je voudrais pousser pour tous les anéantir de ma foudre. Et puis il y a un petit nuage blanc. Celui dont les plus sombres et néfastes, chargés d'ondes négatives, n'ont pas peur. Pourtant, ce petit mouton blanc dont ils ne se méfient pas, c'est la déflagration qui va les faire éclater, la plus belle et dangereuse particule d'oxygène qu'ils pouvaient croiser sur leur route, finalement.

— J'ai besoin de le faire, Liam. Ne sois pas un frein à mon besoin de rendre moi-même justice, articule-t-elle en me regardant dans les yeux. J'ai un autre choix que de porter plainte en jouant sur leur plateau de jeu minable, et je sais que je peux gagner. La seule justice que je veux, c'est qu'ils ne pensent pas à moi comme une victime de Randy Campbell, mais comme la fille qui aura brûlé jusqu'au dernier de leurs pions dégueulasses.

C'est moi qu'elle fait flamber là. Elle ne s'en rend pas compte ?

— La plainte pour agression sexuelle est certainement un faux prétexte, Liam, intervient Amélia maintenant enlacée dans les bras de mon frère. Je suis convaincue qu'ils sacrifieraient Randy s'ils avaient un autre moyen de sauver les meubles. Ce qu'ils veulent surtout, c'est que vous ne lanciez pas d'autres poursuites contre eux. Après tout, il y a quand même eu des fraudes.

— Elle a raison Liam, poursuit Neve qui semble comme beaucoup d'entre nous sur les rotules. Durant les dix-huit derniers mois, ils ont augmenté leur chiffre d'affaires en se passant eux-mêmes des commandes depuis un compte off-shore. Trente pour-cent de leur C.A, c'était en fait eux, d'où les marges. Ils n'avaient ni besoin de produire ces trente pour cent, ni de les expédier. Ils avaient prévu ces sommes dès le départ. Les documents qu'a vus Elly, c'était ça.

— Oui, j'ai vu le troisième Campbell au coffee shop où je vais souvent avec Aaron, confirme-t-elle. Je pense qu'il nous suivait, tous les deux. Il devait profiter des moments plus calmes dans sa filature pour s'occuper de la compta puisque c'est lui, l'expert de Campbell.Inc. J'ai dû voir son écran d'ordinateur en allant aux toilettes il y a une dizaine de jours, mais je n'y ai pas vraiment fait attention, c'est mon cerveau qui a gardé l'info au chaud, dit-elle en pointant sa tête. Le tatouage sur sa main gauche, aussi, je l'avais remarqué. Quand j'ai aperçu celui sur celle de Randy au restaurant, et que je lui ai demandé si son frère avait le même, je ne parlais pas de Derek, mais de l'autre homme que j'avais vu avec un identique, en tous points. C'est là que ma mémoire est redevenue coopérative.

Un vraie génie.

Oui mais alors...

— Tu n'avais pas pris ton traitement, je suppose sur le ton de la réprimande.

Elle plisse les yeux, pour me signifier « tu crois que c'est le moment? » alors je mets cette réflexion de côté, pour l'instant.

— Je pense aussi qu'il suivait Neve, embraye Lyanor pour ne pas s'attarder sur le sujet. Au bar dimanche soir, quand je me sentais observée après l'arrivée de Neve et que j'ai paniqué pensant que Cooper était là quelque part...

Trop tard, raille ma conscience alors qu'elle s'interrompt tout à coup et recule de deux pas penaude et les lèvres aspirées par sa bouche comprenant qu'elle en a trop dit. J'inspire fort, serre et desserre mes poings, dont le droit va lui bientôt porter plainte contre moi tant je l'aurais malmené. Je me souviens alors qu'elle m'avait téléphoné pour la première fois, et qu'Amélia m'avait bien dit contrainte et forcée que Lyanor s'était sentie mal. J'avais donc raison, ce n'était pas une fausse manip. Ça aussi, je le mets de côté pour plus tard, quand nous serons seuls. Il semblerait que nous ayons beaucoup à nous dire... Mon regard est attiré par Amélia et Lyanor qui communiquent silencieusement. Il se passe encore un truc, et je n'ai plus les nerfs pour apprendre les choses au compte-goutte après une longue distillation .

— Qu'est-ce que tu ne me dis pas Lya ?

— Pardon ?

— Il y a autre chose. Alors puisque tu ne veux pas discuter en privé, vas-y, nous t'écoutons. Ne me cache pas d'infos si tu veux que je permette un truc pareil.

— Je crois que vous n'avez pas compris, Monsieur Kavanagh, lance-t-elle sans se démonter, que vous soyez d'accord ou pas, je vais le faire.

Ouais, change de sujet ma belle, comme si j'allais tomber dans le panneau. Mon père et mon oncle tentent difficilement d'étouffer leurs rires. Maureen me lance un clin d'œil de connivence. Ma mère lève les yeux au plafond, mais je sais parfaitement que je ne couperai pas à un énième interrogatoire avec elle, et vu ce à quoi elle a assisté tout à l'heure, je ne vais plus pouvoir esquiver cette discussion sur ma vie sentimentale.

Putain c'est moi qui aie pensé ça ?

Affirmatif Einstein.

— Lyanor Johnson ! Bouge tes fesses ou c'est moi qui lui dis ! gronde la voix de la sagesse d'Amélia. On était d'accord !

— Sale collabo, t'es pire que ma conscience toi ! se renfrogne-t-elle les sourcils froncés.

On peut la rencontrer ?

— Eh bien, ça va détonner entre vous deux, plaisante mon père qui se sert du whisky au beau milieu de la nuit avec mon oncle un peu plus loin. J'ai plutôt intérêt à me remettre au sport pour survivre à vos enfants...

Non mais je rêve ! Il n'a pas osé ?

Si.

— Sulli ! réprouve ma mère.

— Qu ... hei... Nos ... Quoi ? s'empourpre Lyanor choquée qui pique un fard aussi rouge qu'un feu tricolore avant de se rependre. Bon, donnez-moi ça Monsieur Kavanagh, le réprimande-t-elle en lui arrachant son verre en cristal des mains qu'il portait à sa bouche. J'ai entendu suffisamment de suppositions et de projets sur mon utérus pour les douze prochaines années au moins ce soir, plus d'alcool pour personne ! décrète-t-elle. Domaine public fermé, rideau clos !

Elle fait la même chose avec mon oncle sous leurs yeux médusés, mais amusés de son élan d'audace.

Et puis quelles suppositions sur son utérus ?

Il te faut un dessin ?

— Elly, tic-tac tic-tac, lui rappelle sa meilleure amie en lui montrant son poignet.

— S'il ne retire pas sa plainte contre toi, ça risque de faire du tort à KMC, Liam. Et je ne veux pas que tu sois inculpé. Non.

— Mais je m'en contrefous de cette plainte Lya ! Il faut te le dire en quelle langue ?

Essaie une autre.

— Si je porte ... Non mais de toute façon, ce n'est pas la peine d'en parler puisque ça n'arrivera pas, Mélia ! Je le fais pour Ethan, KMC et moi ! Ce sera bien plus destructeur pour eux, si on veut qu'ils paient tous pour ce qu'ils ont voulu faire à Ethan !

— S'il elle n'avait pas cette solution pour se venger, si elle ne pouvait pas le faire pour Ethan et Liam, elle hésiterait quand même à porter plainte, nous explique Amélia qui s'est séparée de son rocher.

— Mince ! Mélia !

— Pourquoi ? je m'enquiers. Pourquoi tu hésiterais ?

— Je te l'ai dit, la peine encourue n'en vaut pas la peine, pas dans mon cas, énonce-t-elle la tête haute mais la voix légèrement éraillée. La véritable condamnation, c'est moi qui la subirais, et je ...ne... veux pas.

Ma vision la sonde de nouveau, mes oreilles sont grandes ouvertes pour entendre les mots qu'elles n'osent pas prononcer. Mais je crois voir les petits caractères entre les lignes. Ethan, tout aussi intrigué que moi par ce demi-aveu qui pique autant notre curiosité que nos cœurs se rapproche de moi, d'elle.

— Qu'est-ce que tu essaies de nous faire comprendre Elly ?

Elle prend une grande inspiration et se lance en détournant ses yeux de moi pour ne regarder que mon frère, ce qui n'est pas bon pour mon palpitant :

— J'ai mis trop de temps à trouver ma place à KMC Ethan. Je commence à peine à prouver ma légitimité à tes côtés. Les regards en coin quand Liam et toi avez le dos tourné disparaissent peu à peu, pas assez, mais bon, soupire-t-elle nous révélant ce dont nous n'avions pas confiance pensant que tout été limpide à ce sujet. Si je porte plainte contre Campbell, ça va faire du bruit. Tout le monde saura ce qu'il a fait, ce qu'il m'est arrivé. Je ne veux pas qu'on me regarde avec pitié. Comme une victime. Je ne le supporterais pas. Je devrais démissionner, nous assomme-t-elle. Mais moi, j'aime travailler pour KMC, maintenant. Alors je ne veux pas d'un nouvel échec, dit-elle les yeux humides. J'ai eu mon lot de chaos durant ce quart de siècle, c'est bon, j'ai ma dose.

Son lot de chaos. Oui. Et j'ai bien rallongé la liste, qui même si je n'en sais pas tout, pas encore, semble plutôt longue.

À chacun son histoire.

— « Chacun est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de son temps.», cite-t-elle.

Moi, j'étais prisonnière de ma famille et de mon milieu, je me suis évadée. Mon travail n'est pas une nouvelle prison. Ne m'y mets pas, s'il te plaît. Mène ce combat avec moi, pas contre moi, Liam, termine-t-elle le bras tendu sur ma poitrine.

Ce qu'elle vient de dire, ça ne la bouleverse pas qu'elle. Nous sommes tous autant que nous sommes suspendus à ses mots. Ce qu'ils signifient. Leur portée. Ces mots-là, ils vont s'évaporer une partie du poids logé dans ma poitrine. Car entre les lignes, elle vient d'avouer qu'elle est attachée à nous, vraiment. Malgré ce que son boulot lui a apporté comme horreur ce soir.

Foutu pour foutu...

Elle me rendra sûrement la vie difficile parfois, mais je sais aussi qu'elle me permettra de vivre. Alors je m'incline, littéralement, pour lui rendre hommage, car je suis certain que ni sa famille dédaigneuse ni son ex ne lui avaient jamais exprimé à quel point elle est forte. Ethan avait raison: le patron ce soir, ce n'est pas moi. Et peut-être ne le serais-je plus, d'une certaine manière. Et puisque les actes valent autant que les phrases, c'est cette méthode que je choisis pour abdiquer.

Je fais un dernier pas vers elle, pose un genou à terre, puis le deuxième, sous son regard mobile, médusé, traduisant son incompréhension.

— Liam tu fais quoi ? me demande-t-elle un brin paniquée, ce qui m'amuse en pensant à la tête qu'elle va bientôt faire.

— Je fais ce que vous attendez de moi, Mademoiselle Johnson, je lui réponds sans aucune honte et joueur, les bras ouverts en agrippant son regard plein de doutes. Et même avec la meilleure volonté du monde, je ne pourrais pas le faire autrement. Je me prosterne devant votre courage, votre détermination, votre intelligence, votre altruisme, votre empathie et sûrement aussi, je dois bien l'avouer, aux pieds de votre foutu caractère de mule, souris-je. Et enfin, Mademoiselle Johnson, devant votre beauté, aussi brillante à l'extérieur qu'à l'intérieur. Vous avez gagné. Je ferai ce que vous avez demandé. Vous vouliez que je descende de mon piédestal, il me semble ? Voilà. Vous m'avez remis à ma place. Toutes mes félicitations. Vous aviez raison, il ne fait pas si froid, en bas. Et la vue est à tomber, surtout votre chemise, j'ajoute avec l'envie folle de l'embrasser.

Mais en privé, cette fois.

— Oh mon Dieu tu es complètement fou ! s'exclame-t-elle en cachant sa bouche de ses mains.

Oui. Fou.

J'espère qu'elle comprendra vite de quel type de folie je suis gravement atteint.

En tout cas, je ne veux jamais me soigner, je suis déjà guéri du vrai mal. Je respire enfin. Les poumons plus légers, le cœur branché sur un meilleur rythme, la tête vide de toute intrusion néfaste pour nous, tous liés par la promesse de plus laisser personne la faire tomber.

Quelle soirée. Quelle nuit, mais pour reprendre les mots du même philosophe qu'elle « Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde». Cette nuit, le temps a renversé nos mondes, pour mieux les reconstruire, ensemble.


***

Après une deuxième douche compulsive en moins de quinze minutes, Lyanor parvient enfin à sortir de la salle de bains dans laquelle elle s'était enfermée, pour venir se coucher. Mes parents, mon oncle et ma tante ainsi qu'Ethan et Amélia sont rentrés chez eux il y a plus d'une demi-heure. Ethan m'a envoyé une photo de moi à genoux devant Lyanor qu'il a prise à la dérobée. Je cherche déjà comment le lui faire payer. Une fois que toute cette merde sera réglée, chaque chose en son temps et il ne paie rien pour attendre, cet abruti fleur bleue.

Comme s'il était le seul. Jumeaux.

Tout comme les Campbell&Compagnie. Mais pour eux, la chute sera rapide. Qu'ils profitent des heures qu'il leur reste avant de se prendre un mur blindé. De moins d'un mètre soixante-dix sans ses escarpins, mais qui va faire plus de dégâts qu'une tornade alliée à un Tsunami bodybuildé. Définitivement, me mettre à genoux devant elle était une des meilleures décisions de ma vie, même si les circonstances sont déplorables. Le symbolisme a bien fait rigoler ma conscience que je sais portant soulagée de ne plus être séquestrée par son alter-égo obscur, et je suis aussi parfaitement au fait que les autres ont entendu mon message silencieux. Elle probablement moins, mais elle comprendra, bientôt. Quand les parasites auront déserté sa tête, mais également les nôtres.

Dans l'obscurité de la chambre qu'elle occupe depuis une semaine ici, elle tâtonne sur le lit, soulève les draps et s'allonge enfin, sans un mot. Si elle a eu son lot de chaos, elle a aussi eu son quota de discussion hier soir, ou cette nuit, question de point de vue. Elle n'a plus à exprimer le désordre qui doit régner dans ses pensées, même si elle s'est montrée d'une force extraordinaire. Son orage interne muet nourrit le mien, celui qui veut rugir en moi et ne s'est pas tu malgré le silence apparent qui nous berce de son faux calme.

Son obstination à dompter elle-même la fosse aux lions qui veut la dévorer comme si elle n'était qu'un agneau insignifiant retient en otage ma hargne violente, mais moi tout entier suis otage de tout son "elle", sans qu'elle ne sache être ma ravissante ravisseuse. Elle a tout ravi sans essayer, tout bousculé sans bouger, tout hurler sans dire, tout envoyé valser sans danser. Elle éduque sans être professeur, se bat en jouant des armes de l'adversaire, tient déjà la victoire sans être arrivée aux arènes. Parce que la vie vient de nous montrer que la puissance n'est pas toujours celle que l'on croit. Que le puissant qui croyait l'être n'est finalement rien face à celle qui de sa petite position se révèle être la muse de l'auteur sans qui rien de beau ou valable ne peut exister. J'ai vu la fierté dans les yeux luisants d'Amélia de voir sa meilleure amie révéler enfin celle que des années, sa famille avait fait étouffer. Je sais que Lyanor a fui Seattle pour se trouver. Ce soir, elle s'est rencontrée sous nos yeux. À nous de soutenir cette renaissance, de la seconder dans son combat. Si Ethan n'a rien caché de son émotion face à ce qu'elle fait aussi pour lui, nous n'en étions tous pas moins en admiration devant elle.

Je l'entends expirer longuement par la bouche, mais avant que je n'ai pu faire un seul mouvement, une tempête de larmes éclate dans la nuit dont l'impassibilité s'envole par l'entrebâillement de la baie vitrée et des volets roulants qui laissaient passer par quelques centimètres à peine la fraîcheur extérieure. Ses sanglots font chanceler et frissonner mon corps jusqu'à la moelle. Ils percutent mon cœur qui n'a plus aucune barrière. Elle les a toutes détruites. Je ne sais même pas si je peux la toucher, puisqu'elle a refusé que je l'accompagne dans la salle de bains tout à l'heure. Elle entend mes doutes internes, qui doivent faire vibrer ses tympans, et se tourne pour venir d'elle-même se blottir contre moi, jusqu'à ce qu'elle finisse, au petit jour, par s'endormir. Épuisée et vidée, alors que moi, j'ai senti à chacune de ses inspirations des parties de moi terminer de se ressouder à la force des larmes qu'elle a versées sur ma peau, vu briller la lumière qu'elle venait définitivement de rallumer en m'honorant de sa confiance, me murmurant déjà l'histoire de ce nouveau chapitre qu'elle accepte d'écrire. À deux. Avec nous tous. Parce qu'elle ne sera plus seule.

Plus aucune guerre entre nous. Nous sommes maintenant dans le même camp.

~~~

Notes :

« Chacun est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de son temps.» Citation de Jean d'Ormesson.

«Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.». Jean d'Ormesson.

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Plus la peine de vous faire un laïus sur le 4 mains, hein ?
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Bonne lecture !
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