Secousses

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Liam

- Bonne soirée Messieurs-Dames.

- Vous aussi, leur répondons-nous à l'unisson.

- Bonsoir Messieurs, lancent d'autres voix prenant place. Mademoiselle.

- Bonsoir.

Sitôt les portes refermées après que deux employés du service Recherches-Développement soient sortis de l'ascenseur, et que six autres les aient remplacés pour quitter la tour à mon grand dam, j'attrape discrètement Lyanor par la taille pour la ramener un peu plus à moi, en arrière de deux pas. Ethan, lui, voit tout, et me lance un clin d'œil de connivence, même s'il ne me la fait pas à moi. Un truc le tracasse, c'est évident. Mais je mets ça de côté pour quelques minutes.

Je jette un coups d'œil aux six individus devant nous. Ils sont trop occupés à parler entre eux pour s'occuper de nous, d'autant plus que nous sommes au fond et qu'ils n'oseraient pas nous scruter sans raison. Lyanor se tend mais se laisse faire. Je sais qu'elle l'a senti elle aussi, cette électricité entre nous quand j'ai pris sa main dans la mienne. Pour autant, je ne suis pas stupide. Je sais qu'il se passe quelque chose dans sa tête, à elle aussi.

Même depuis Atlanta, je pouvais renifler l'odeur de la distance qu'elle remettait silencieusement entre nous. Ce qu'elle ne semble pas comprendre bien que je lui aie dit, c'est que je ne renoncerai pas. Je suis très sérieux. Si je dois monter un mur en béton armé derrière elle à chaque pas en avant qu'elle fait pour ne lui laisser aucune possibilité de reculer, je le ferai.

Achète une bétonnière, vieux.

- Tu es magnifique dans cette robe, Lya, je lui chuchote à l'oreille pour qu'elle soit la seule à l'entendre. Tu es toujours magnifique, d'ailleurs.

Sa longue et dense chevelure claire rabattue sur son épaule droite, j'ai tout le loisir d'admirer sa nuque et son omoplate se couvrir sous mon haleine d'une vague de frissons. Ce timide tremblement de son corps que je perçois avec bonheur m'atteint moi aussi sans préavis, secouant à la racine chacune des cellules de ma peau, comme si les nôtres étaient connectées par un fil invisible pourtant si tangible. Irréfutable. Elle peut bien lutter contre elle-même, moi je n'ai plus aucun doute sur la réciprocité de l'attirance qui nous lie. Ni sur l'ampleur de la force qui me pousse vers elle. Le magnétisme va au-delà de ce qu'elle s'imagine.

- Liam il faut que je te dise quelque chose.

Ethan vient déranger mon esprit qui ne veut se concentrer que sur l'objet de ma convoitise, pour m'aider à me gorger de la chaleur, mais surtout comme pour pénétrer sa tête et y trouver des réponses à mes questions.
Celles qui éloignent mon sommeil tant le brouhaha qu'elles provoquent est tonitruant, effrayant même pour le plus valeureux des gladiateurs.

Je n'ai pas fait une véritable nuit depuis mercredi.

Jeudi dans les archives, tout allait enfin mieux entre nous. Mieux que mieux. Après son petit pas la vieille, celui qu'elle avait fait vers moi alors que nous étions cloîtrés dans cette pièce, même avec la vue sur le ciel, il m'avait paru être un pas de Gulliver, une enjambée de pont. Il a suffi qu'Ethan ne sache pas tourner sa langue sept fois dans sa bouche pour que le soufflet retombe, percé.
L'amorce d'une discussion se dessinait affablement sous mes yeux, un moment pour lequel j'avais prié matin et soir. Il me semblait que nous avions un accord tous les deux, d'essayer de communiquer pour avancer ensemble, sur le même chemin et encore plus dans le même sens. Jusqu'à ce qu'elle s'énerve et nous claque la porte au nez. Oui. À nous. Un comble, que nous avons quand même accueilli comme un signe.

Le signe que cette femme a plus que tout sa place ici. Chez KMC, mais aussi dans nos vie. Lyanor a fait un magistral bras d'honneur au Masque Noir. À l' « Iceberg », comme elle dirait. Elle nous apporte ce vent de fraîcheur qui nous manquait. Cette claque pour nous faire garder les pieds sur Terre, me faire redescendre sur Terre, bien qu'elle croit que je n'y vive pas puisqu'elle ne me connait pas encore. Elle dézingue nos piédestaux habituels, les lime. Lyanor et Amélia sont des providences pour chasser toutes nos ombres, communes comme individuelles, à mon frère et moi. L'une ne va pas, plus, sans l'autre. Exactement comme Ethan et moi. Nous sommes ensemble depuis la naissance, rien ne viendra changer ça. En apparaissant dans nos vies, Lyanor a mis un terme au jeu d'Ethan. Il lui avait longtemps servi d'exutoire, de thérapie, mais l'arrivée de sa désormais assistante officielle a remis les choses à leur place. Le sens du manège de nos vies est désormais le bon.

À nous, à présent, Ethan Neve et moi, et non sans le soutien d'Amélia qui fait aussi sa part non négligeable depuis quelques semaines, de lui montrer aussi clairement que possible que sa nouvelle vie est ici. À des milliers de kilomètres de son ex-fiancé qui ne l'emportera pas au Paradis, de son ex-famille dont le peu que j'en sais me confirme que ses valeurs elle ne les doit pas à eux mais à son cœur et celle qu'elle est depuis toujours, malgré un manque probant d'affection maternel et familial.

Il en t'en a fallu du temps.

Je respire ses cheveux, les embrasse sans bruit. L'huile avec laquelle elle les nourrit sent aujourd'hui la noix de coco. Le parfum de sa peau, aussi, est différent, elle a dû passer à une senteur plus estivale, plus fraîche mais tout aussi entêtante pour mes sens en manque de son goût dans ma bouche. Mes mains s'emparent des siennes que je ramène au bas de ses reins, pour que ce geste intime mais clandestin n'appartienne qu'à nous.

Enfin, c'est toujours sans compter sur les yeux de snipper de mon meilleur ami qui lui ne rate absolument rien, ses billes vertes ambrées rivées sur nos mains jointes, puis sur la tête de Lyanor qui s'incline en arrière pour se poser sous mon menton. Cela ne dure que quelques secondes, mais suffisamment pour qu'un apaisement immédiat m'inonde dans une secousse ardente mais vivifiante, rassurante. Autant que l'ont été les mots d'Amélia à mon atterrissage à LAX. Je n'oublie pas pour autant qu'elle m'a bien avoué en m'ayant fait batailler que quelque chose « chiffonne » Lyanor. Que nous devons en discuter tous les deux avant que cela ne « la parasite encore plus ».

Sors le porte-voix. Et les rames.

Les portes s'ouvrent de nouveau au sous-sol 3. Lyanor se sépare de moi, juste à temps pour ne pas être vue par les personnes qui en sortent et se retrouvent pour nous saluer tous les trois.

Enfin seuls.

Ou presque.

- Liam ? retente Ethan après s'être raclé la gorge.

Sérieusement, il ne peut pas m'oublier trois minutes ? Moi aussi j'irai les lui briser quand il sera avec sa copine.

- Viens par-là toi.

Lyanor, son portable à la main et ne s'attendant pas à ce que je m'agrippe de nouveau à elle tel un lion sur sa proie -ou sur sa lionne-, pousse un petit cri de surprise qui fait rire Ethan, qui soupire pourtant en regardant sa montre connectée. Je la retourne face à moi, sors mon badge de ma poche et le passe devant le scanner puis j'appuie sur le bouton stop de l'appareil qui s'immobilise instantanément.

- Liam t'es sérieux là ? m'interroge Ethan les yeux ronds.

- S'il te plaît mon frère, fais-moi une fleur et oublie-nous les soixante prochaines secondes ok ? je lui demande en le regardant dans les yeux. Parce si ma mémoire est bonne et crois-moi elle l'est, Lyanor ne se serait pas expatriée chez Neve jeudi soir si tu avais su fermer ta bouche aux archives ok ?

Je reporte mon attention sur celle qui accapare sans le savoir mes pensées, et me dire que je vais passer les deux prochaines heures au moins à essayer de résoudre le problème Campbell au lieu de les passer chez moi à discuter de tout ce qui doit l'être avec elle et une bouteille de vin, ça me refout en rogne.

Je sais que je pourrais très bien les envoyer balader eux et leur désir de partenariat, après tout ils ne sont pas la seule entreprise d'orfèvrerie à chercher des investisseurs à New-York. Et si ce n'était pas pour Lyanor, pour apaiser ses crises et son besoin de comprendre, Ethan et moi aurions juste tourné les talons à la seconde où elle nous a informés de ses doutes. Vérifiés ou pas. Mais nous nous sommes renseignés jeudi après sa crise aux archives, crise d'angoisse, j'entends. Le Dr. Simons nous a donnés les coordonnées d'un de ses confrères au Mont Sïnai, chef de service psychiatrique. Nos informations couplées à ce qu'Amélia avait bien voulu nous dire sur sa meilleure amie, c'est-à-dire peu mais c'est toujours ça de pris, ne nous ont pas été inutiles.

D'après le Dr. Morrison et au vu de notre récit, Lyanor n'aurait peut-être pas simplement une mémoire eidétique, mais serait plutôt atteinte d'une forme d'hypermnésie qui, en période de stress ayant un élément déclencheur non banal ou traumatique, affecterait ses capacités affectives et cognitives, et pourrait même lui créer des formes de névroses. Des crises d'angoisse dans lesquelles elle s'enferme, à plus forte raison quand justement, son stress perturbe sa mémoire et l'empêche d'accéder à un souvenir dont elle a besoin. Exactement ce qui lui arrive sur le dossier Campbell. Toujours selon lui, la meilleure solution pour l'aider pour le moment et sans passer ni par la case examens approfondis lors d'une séance ni par un traitement médicamenteux trop lourd, c'est de résoudre le mystère, « S'il y en a vraiment un », dixit-il.

Il y en a certainement un.

Pas si simple en si peu de temps. Ce qu'il nous a également dit , c'est que ses angoisses peuvent éclabousser d'autres sujets de sa vie. Ce serait un mécanisme de défense de son cerveau pour « étaler le mal pour qu’il paraisse moins épais ».
En somme, mieux vaut que nous trouvions rapidement ce que les Campbell manigancent, car je ne doute pas de Lyanor.

Ni de sa mémoire.

- On va y passer le Réveillon Liam ? Tu la boufferas des yeux chez vous vieux. Et pas que des yeux à mon avis, s'amuse-t-il. J'ai un truc...

- La ferme Ethan ! râle-t-elle en même temps que moi. Et arrêtez de parler de moi comme si je n'étais pas là, vous deux.

Les poings sur les hanches et les sourcils froncés, elle est encore plus belle. Des idées toutes aussi indécentes les unes que les autres défilent sous mes yeux. Mon membre tendu, que Lyanor a bien senti il y a une minute, valide chacune d'elle. Je comprends que mon mauvais moi ait eu peur de cette femme dès la première seconde. Elle est la lumière capable de chasser les ténèbres. Les miennes étaient combatives, mais contre plus fort que soi, on ne peut jamais rien.

Mes mains caressent sur sa taille fine le tissu de sa robe, de la couleur de ses yeux. Un bijou précieux autant qu'elle l'est.

- Pas de risque que j'oublie que tu es là, Lya, je susurre dans son cou qu'elle tend d'instinct vers ma bouche avide. Tu m'as bien trop manqué et ton odeur est partout sur moi. Tu as changé de parfum ?

- Mais com...

- Je le sens. Tes cheveux aussi, j'ajoute en embrassant la ligne de sa mâchoire, ses joues, son nez, en la cachant du regard d'Ethan par ma carrure plus large que son petit corps.

- Oui.

Pudique, elle me laisse tout de même la serrer plus, ses yeux toujours aimantés aux miens, en écho à nos corps, sa lèvre inférieure emprisonnée par ses dents.

Un pas de plus, Liam. Lentement mais sûrement.

Oui. Ou plutôt, son pied est en suspension, car sa moue douloureuse trahit ce qu'il se passe encore dans sa tête. Elle réfléchit, pèse le pour et le contre. Sa jambe gauche se secoue, le cliquetis énergique de son talon dévoile le rythme de la bataille qu'elle mène en sous-marin. Sa crainte de chuter est là. Palpable. Elle l'a dit. Elle a peur de se laisser aller et de le regretter. De revivre un passé qui l'handicape et dont elle a certainement souffert bien plus que j'en suis pour le moment conscient.

Perdu dans la verte prairie de son regard ombragé par ses questionnements nuageux, je sens soudain ses doigts se faufiler sous ma chemise bleue nuit qu'elle a déjà sorti de mon pantalon. Eux aussi, tremblent d'angoisse , mais je profite de son élan tactile fébrile qui me secoue pourtant intérieurement autant qu'un placage au football américain.

Je sais qu'elle avance, à son rythme contenu, mais la cadence qu'elle donne à mon cœur est si puissante que je suis convaincu qu'elle la ressent, elle aussi. Je la regarde, passionné par ce que j'ai devant moi, mais quand mes mains s'apprêtent à prendre son visage en coupe pour embrasser une dernière fois son front avant de rendre sa liberté de mouvements à l'ascenseur, ce sont les siennes qui m'interrompent d'abord, puis se posent en douceur sur mes joues qu'elles cajolent de leur pulpe. Ses yeux suivent leur cheminement sur ma courte barbe. Puis lentement, son visage se rapproche du mien.

La preuve de son pouvoir sur moi est là : mes poumons jouent une pause prolongée tandis que les battements de mon palpitant sont sur des notes à quintuple crochets, pour ordonner une rapidité extrême à mon pouls. Ce n'est pas douloureux, c'est excitant. Lyanor est un tout: une muse, mais aussi le compositeur et le chef d'orchestre de la partition qu'elle crée pour mon organisme. Ses lèvres dont j'imagine le goût sucré encore et encore, frôle délicatement ma peau à la commissure de ma bouche, hésitante. Puis mue d'une hardiesse qui m'ébranle, atterrit plus franchement sur moi, un peu sur ma bouche d'ailleurs. Volontairement, j'en suis sûr. C'est un entre-deux.

Ce n'est pas un « vrai premier baiser ». Pourtant, il m'agite avec une force similaire. C'est éloquent. Prémices de quelque chose de « plus ». Qu'elle accepte d'envisager ce « plus ». Et putain, l'échelle de Richter peut tout remballer. L'échelle de Lyanor la surpasse de loin.

Les secondes s'étirent. Je profite d'elle. De ce qu'elle me donne. La serre encore, avant de devoir accepter qu'il est temps de faire exploser notre bulle. À contrecœur, je relance la descente de l'ascenseur.

- Tu es vraiment magnifique Lyanor.

- Je suis d'accord, se fait de nouveau entendre la voix de mon frère que j'avais presque oublié.

Il voit quand il veut il sait se faire petit !

- Bon Liam...

- Ah Aaron ! je l'interpelle en voyant mon assistant nous attendre à la sortie de la cabine. J'ai plusieurs choses à voir avec toi. Tu as lu mes mails ?

- Liam ?

- Ethan ?

Son téléphone se met à sonner. Et durant tout le temps de notre trajet jusqu'au restaurant japonais le plus coté de la ville, il me lance des regards suppliants, mais je ne comprends pas pourquoi. Jusqu'à ce que je mette un pied dehors.

- Ah ! Liam ! J'allais t'appeler, j'ai un instant eu un doute sur l'heure, et Ethan ne répondait pas à mes messages.

Oh. Oh. Oh. DANGER LIAM !! Hurle ma conscience qui agite tous les drapeaux rouges et fait tinter les alarmes comme avant une catastrophe climatique imminente.

Je vais le buter. Frère ou pas. Je vais me le faire ! Je lui avais dit d'annuler sa venue. Elle ne devait pas se pointer ici, plus. Simplement attendre un rapport demain matin et faire ce pourquoi on la paie, et qu'elle fait très bien, en général.

- Quoi ? s'enquiert-elle en avançant vers moi un immense sourire sur sa bouche rose alors qu'elle a très bien compris ce que mes yeux qui la bombardent lui crient.

- Liam, je ...

Ouais. Tu ! Putain !

- Oh Aaron, comment vas-tu ? s'élance-t-elle vers lui toute guillerette. Tu sais que tu es le bienvenu à Atlanta toi aussi !

- Liam n'avait pas besoin de moi. Certaines choses ne nécessitent pas ma présence, lui répond-il badin.

Double alerte.

Mon regard se porte vers Lyanor. Un masque d'impassibilité bien accroché à elle, elle attend à bonne distance. Mais j'entends tout ce qu'elle ne dit pas. Et là, quand ses yeux sautent de moi à celle qui devait rester chez elle ce soir, je n'ose même pas imaginer quelles remarques Aaron a bien pu faire devant Lyanor. Elle remet des choses en place dans sa tête. Je le sais. Et bien pire arrive, vite:

- Bonsoir, vous devez être Elly. J'ai beaucoup entendu parler de vous. Ethan ne tarit pas d'éloges sur vous, débite celle qui risque d'amorcer un bâton de dynamite. Enchantée, lui tend-elle maintenant la main. Moi, c'est Sonja Woodforth.

- Ravie de vous rencontrer, réplique-t-elle.

Mémoire. ALERTE Mémoire Liam!

Ethan prend faussement gentiment Sonja par le coude en s'excusant devant nous, prétextant devoir lui dire un mot en privé. Bien. Finalement, il avait dû lui dire de ne pas venir. Mais cette femme n'en fait qu'à sa tête !

Non, tu crois Einstein?

- Liam ? Tout va bien ? On dirait tu viens de voir un fantôme, plaisante Aaron.

C'est ça.

- Mais non ne t'inquiète pas Aaron, le prend Lyanor par le bras pour me faire enrager. Il doit simplement se demander s'il n'a pas perdu une cravate quelque part.

Putain.de.merde.

Tu la sens la merde là ?

Elle va faire la gueule pendant deux heures et imaginer toutes les revanche possibles, oui, je sais. J'ai d'ailleurs déjà les oreilles qui sifflent. Mais elle se trompe. Encore.

- Hein ? la regarde Aaron qui ne comprend pas l'allusion.

- Rien. C'est une vanne entre nous, n'est-ce pas Monsieur ?

Elle me sourit avec toute l'ironie et l'hypocrisie dont elle est capable alors qu'elle rêve de m'ouvrir le ventre pour m'étrangler avec mes boyaux. Là, j'ai bien envie de la hisser sur mon épaule et de me barrer loin. De tout. D'ici. De tout le monde. Juste elle et moi.

Pas sûr qu'elle apprécie la scène .

- Bien. Nous n'avons plus le temps de débriefer avec Sonja sur ce que nous avons prévu de dire. On ne ment pas. On la présente comme... notre analyste financière, hésite-t-il en regardant Lyanor dont les yeux s'agrandissent de stupeur avant de se clore pour assimiler les pièces d'un puzzle dont je ne sais pas tout, en pinçant ses lèvres. Disons que Neve lui a demandé de venir au dernier moment, cela accentuera à leurs yeux notre volonté d'aller plus loin. Ok ?

Tout le monde acquiesce. Ethan ouvre la marche vers l'entrée du restaurant quand Sonja, qui a clairement envie de me foutre dans une colère noire, ouvre encore sa bouche comme elle aime le faire quand elle veut insuffler un doute raisonnable dans la tête de mes accompagnateurs sur nos relations.

Pour marquer de son vernis les objets qu'elle convoite.

- Liam, tu avais oublié ton stylo dans ma suite, tiens !

Ethan se fige. Lyanor aussi, juste une seconde. Suffisent pour que la vois faire.

La petite garce. Quand est-ce qu'elle me l'a piqué ? Et quelle suite ?

Réfléchis.

Et là, je vois clair dans son jeu et je comprends pourquoi elle est là. Et ça n'a rien à voir avec sa conscience professionnelle. Elle m'a entendu, au téléphone. Tout comme Lyanor l'a entendu elle et sa foutu question sur ma cravate. Mais elle non plus, elle ne l'emportera pas au paradis ! J'en ai ma claque de toute cette merde !

- Messieurs-Dames, bonsoir ...

Nous sommes accueillis par le propriétaire lui-même mais je ne l'écoute pas. À la première occasion alors qu'il nous guide vers l'un des salons privatifs et discutent avec Ethan, j'attrape Lyanor pour l'apaiser avant qu'elle ne passe deux heures à se faire de fausses idées. Et moi à avoir envie de tout péter.

Surtout.

- Lya, je te jure sur Ivy qu'il n'y a que toi.

- Ouais, me répond-elle en se dégageant violemment de ma prise. Depuis trente minutes apparemment, Monsieur. L'exclusivité ne passe pas les frontières de l'Etat de New-York, c'est ça ?

C'est pas vrai ...

- Un problème Monsieur ? me demande la voix d'un serveur, permettant à Lyanor de s'enfuir.

Oui. Un gros. Je ne vais pas tenir deux heures ici sans faire un massacre.

~~~

{ Dans 24 à 48h : 52: Cataclysmes}

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