Soumission

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Liam


- Et enfin, pour répondre à votre question silencieuse que même un sourd entendrait sans mal, je suis là pour faire ce que vous attendez de moi.

Tout en libérant ses dernières paroles, Lyanor laisse nonchalamment tomber son léger peignoir au sol sans jamais rompre notre contact visuel. Elle ne veut rien rater de ma réaction, à croire qu'elle pouvait être autre chose qu'un allumage de feu boosté à l'alcool fort.

Ses billes vertes pétillantes d'audace semblent vouloir prendre ma température corporelle en sondant au plus profond de mon âme luxurieuse jusqu'à tenter de sentir la chaleur des braises de mon désir. Les miennes choisissent de voguer sans plus attendre sur la mer agitée que va bientôt devenir son corps. Et putain ... c'est quoi ce truc qu'elle porte encore ? J'inspecte avec attention, comme pour être sûr d'avoir bien vu ... et déconnecte, grillé.

Oh Bordel ! De merde Liam, va jusqu'au bout de ta pensée !

Si c'est un rêve, je ne veux surtout pas me réveiller, et tant pis pour les draps ! Je suis le bouchon d'une bouteille de champagne qui ne cesse d'être secouée depuis des semaines, sous pression, prêt à sauter. C'est pire depuis qu'elle vit ici et ce malgré son entêtement à m'éviter comme la peste, alors si elle croit pouvoir se pointer devant ma chambre juste pour m'allumer et repartir indemne, j'espère qu'elle est prête à jouer à cache-cache.

Et à courir.

Je connais chaque recoin de ma baraque. L'air vient de gagner vingt degrés au moins, je sens mon palpitant s'accélérer alors que je ne bouge pas, mon liquide encephalo-rachidien s'évapore tellement mon cerveau se met en surchauffe. On oublie l'alcool comme accélérateur, c'est au kérosène qu'elle vient de déclencher l'incendie. Et puis ... Si un sourd est capable d'entendre mes pensées les plus intimes, un aveugle verrait même dans le noir la silhouette de déesse qui vient d'apparaître sous mes yeux et pourrait courir porter plainte pour attentat à la pudeur. Car je suis d'accord avec moi-même, elle commet ici au moins deux crimes : avoir un corps pareil d'abord, et venir m'exciter habillée comme ça.

Non, habillée n'est pas le terme adéquat, c'est même le contraire ... ce truc est si fin que je vois chaque détail des aréoles de sa poitrine qui pointe fièrement vers moi en me faisant de l'œil, et je mettrais ma main à couper que si je regarde entre ses cuisses je serai capable de deviner sans mal son épilation du jour. Mon membre dur au garde à vous se rappelle à mon bon souvenir me signifiant qu'il est en tout point d'accord avec les pensées ô combien salaces et dévergondées qui traversent mon esprit bouillonnant. Et il y en a, beaucoup.

A rendre vert de jalousie un patron d'orgies.

J'avance de deux pas vers Lyanor qui répond à mon empressement par un sourire narquois qui suinte la suffisance, puis pose ses deux mains à plat sur mon torse pour me stopper. Je commence à la connaître -même si elle croit le contraire- elle a quelque chose en tête. Ses doigts tracent des arabesques à travers le tissu du t-shirt, remontent sur mes obliques mais j'en ressens tout de même la douce brûlure jusque dans mon boxer.

J'avance, elle recule, la bouche-entre ouverte. Sa langue me nargue, provoque la bête qui ne demande qu'à rugir. Cette peste joue avec moi faisant grandir mon excitation tout autant que ma queue gonfle encore de désir et ne semble pas savoir que ce n'est pas une bonne idée, ni à quel point elle est bandante. Je veux bien faire preuve de self-contrôle, mais j'ai comme tout homme mes limites. Sans aucun doute quand il s'agit de Lyanor, les limites sont proches de la ligne de départ. Sa simple présence m'en ayant déjà dangereusement rapproché. Donc elle, en lingerie fine, sous mes yeux avides de parcourir son corps une nouvelle fois avant de laisser la place à mes mains et ma bouche, c'est bien plus que du simple rapprochement, je la sens presque contre moi, cette foutue limite.

Hameçonné, je n'ai plus qu'une envie : qu'elle remonte la ligne que j'ai mordue à m'en faire péter la mâchoire pour m'attirer plus près d'elle. Mais rien ne se passe jamais comme je le prévois avec cette fille, même sur du très court terme. Alors que j'avance mon visage vers le sien, empiétant plus dans son espace, Lyanor se mord la lèvre inférieure puis redresse son visage, plus sûre d'elle et conquérante que jamais, en même temps que sa main enserre durement mon menton pour stopper ma quête. Aucune femme ne me l'avait jamais faite celle-là! Et avant qu'elle ne s'ancre en moi, je chasse rapidement la conclusion que j'étais sur le point d'apposer comme vérité absolue. Je ne veux pas y penser, pas maintenant.

Je voudrais fixer ses yeux mais sa bouche humide me tente bien plus. Je me demande quel goût elle a, si ce n'est celui de l'insolence mêlée à une once de défi. D'une impulsion plus forte sur mon torse et sans lâcher sa prise sur mon visage, mon invitée surprise me somme sans parler de reculer. J'obtempère, pour cette fois, en me questionnant sur lequel des mille scénarios qui se bousculent dans ma tête je vais bien pouvoir arrêter mon choix ce soir. Sa main droite descend vers mes abdos qu'elle palpe en se léchant les lèvres. Le message est très clair ...

L'exploration continue jusqu'à la lisière de mon pantalon, traçant un sillon ardent pour preuve de cette torture. A présent, plus aucun doute possible sur l'état de mon sexe : il est lui passé en mode soldat et n'attend plus que mes ordres à exécuter. Moi ? Je suis d'attaque à plonger en première ligne. N'y tenant plus et sentant la tension ambiante prête à nous péter à la figure, je profite de la dominer de ma hauteur pour grignoter un peu plus l'inutile l'espace qui sépare toujours nos deux visages. Encore une fois, elle me prend de court en levant un sourcil interrogateur l'air de dire "Mais qu'est-ce que tu fais ?", se saisit fermement de ma queue à travers mon pantalon puis répond elle-même à la question qu'elle ne m'a posé que dans ma tête.

- Je ne vous ferai pas mal, mais je ne serai pas douce pour autant, me glisse-t-elle lascivement à l'oreille en se mettant sur la pointe des pieds. Je ne vous embrasserai pas mais vous y prendrez du plaisir, beaucoup de plaisir, c'est une promesse que je m'engage à tenir. Mais il y a des règles, ajoute-t-elle en plongeant son regard voilé d'érotisme dans le mien encore plus concupiscent. Vous n'avez ni le droit de parler, ni le droit de me toucher si je ne vous l'ai pas expressément demandé. Si vous les transgressez, vous serez puni, termine-t-elle en infiltrant plus de pression dans sa main qui me tient à présent ...

Par les couilles, Liam.

Littéralement. Et symboliquement.

Pantois qu'elle reprenne presque mot pour mot ce que je lui ai dit dans sa chambre d'hôtel il y a plusieurs semaines, et perdu dans les méandres de mon aberration, je ne remarque pas immédiatement que Lyanor ne s'est pas laissée impressionner par mon manque de réaction.

Elle a continué son petit manège.

Je sens des dents mordiller l'intérieur de ma cuisse, et ce n'est qu'à ce moment-là que je me rends compte que mon pantalon est déjà sur mes chevilles.

Agenouillée devant moi, son regard agrippe encore le mien à la vitesse de la lumière. Aussi rapidement que ce qu'il faut à mon sang pour quitter le haut de mon corps afin d'aller gorger un peu plus mon membre devenu douloureux. Empli de promesses plus charnelles les unes que les autres, ses émeraudes sont à l'affût de la moindre de mes respirations. Or, je ne respire plus, je n'en suis plus capable. Je ne peux que crever de désir devant l'image aphrodisiaque de Lyanor dans cette position. Pire que les décharges qu'elle me lance par télépathie, c'est la pensée que quoi qu'il se passe à partir de maintenant c'est moi qui suis à ses pieds pour le temps que durera ce moment, qui me grille comme une ampoule en surchauffe. Je suis bien prêt à quelques concessions pour ne pas la voir tourner les talons. Mais je ne suis qu'un homme ... et mon corps veut beaucoup plus, lui aussi.

Lorsque mes mains prennent d'autorité son visage en coupe pour la faire se relever, ses yeux m'attaquent tout autant que ses ongles qui laisseront indubitablement quelques traces sur ma peau qu'ils lacèrent. Ayant compris son ordre silencieux, mes mains se dressent de part et d'autre de mes épaules en signe d'excuses. Mais Lyanor ne pardonne pas si facilement, tout mon être devrait le savoir maintenant, et la punition ne se fait pas attendre. Sans préambule, sa bouche ouverte s'abat sur le coton tendu de mon boxer, puis son émail se referme sur ma longueur déjà à l'agonie. La crainte de la douleur m'assaille une seconde, mais loin de ressentir de mal de sa morsure c'est au contraire la plus enivrante des caresses qui vient de se poser sur mon sexe au diapason pour elle. La lésion est interne mais marque mes chairs plus que de raison. Le venin qu'elle semble avoir injecter en moi se répand si vite dans mes veines que je dois lutter comme un forcené pour ne pas lui sauter dessus. Son poison n'est pas toxique, il donne un coup de fouet à mon besoin de libération. Booste l'attraction de l'aimant que je suis devenu.

D'un geste leste, ses doigts fins font glisser mon sous-vêtement le long de mes jambes. J'envoie balader les fringues à mes pieds, retire seul mon t-shirt sans qu'elle n'ait besoin de me le demander. Toujours à genoux, ses yeux contemplent sans avarie mon corps totalement nu. Aucun mot ne passe la barrière de nos lèvres, ils sont muets, voire secrets, mais nous les entendons. La pulpe de ses doigts pétrit la peau de mes jambes, remontent jusqu'à ma virilité qui lui hurle de s'occuper d'elle. Espièglement sensuelle jusque dans ses mouvements de bouche pour me faire baver, elle approche sa tête de mes parties sensibles. Je retiens mon souffle pourtant presque inexistant, suis avec attention la progression de ses doigts qui jouent avec mon épiderme, viennent frôler mes testicules sans jamais les toucher vraiment. La frustration est si grande que je crois un instant que je vais rentrer en combustion spontanée. Les simples effleurements qu'elle s'autorise près de mon sexe étant à eux seuls capables d'allumer un feu sur une forêt de bûches trempées.

Sans avertissement, sa langue se pose sur mon bas-ventre à quelques centimètres à peine de ma verge. Un grognement de frustration sourd que je n'avais pas convoqué rompt le silence, la fait sourire comme la diablesse des Enfers qu'elle est. Elle se moque de moi. Elle ne semble pas se rendre compte à quel point mon combat intérieur affaiblit de plus en plus mon self-contrôle qui va bientôt rendre les armes. Lentement et avec application, elle remonte laissant la trace humide de son passage qui n'éteint pourtant en rien l'incendie qu'elle ne fait qu'attiser. Elle s'attarde sur mes abdominaux, caresse en même temps mes flancs, mes pectoraux. Je sens mon thorax se soulever à une vitesse folle alors que je jurerais que mes poumons sont à l'arrêt. Dangereusement, elle me porte au pied d'un précipice même si je fais tout pour freiner la vague de plaisir que me procurent ses agréables attentions.

Je souffle fort, bruyamment et dois serrer mes poings à m'en faire exploser les jointures pour ne pas exploser tout court, fermer les yeux juste une seconde pour me reprendre. J'ai toujours su qu'elle était synonyme de danger, mais à aucun moment l'ombre de mon masque n'avait envisagé une telle perdition. L'appréhension est bien présente, mais différente. Une angoisse que la débauche ait des conséquences immuables. A présent totalement debout, je perçois le souffle de Lyanor dans mon cou tout autant que ses lèvres qui goûtent avidement ma peau en feu. Elle va m'achever.

Et je suis putain de consentant.

- Si tu continues à m'allumer ma belle, il ne faudra pas venir te plaindre d'avoir été brûlée au troisième degré par le feu d'artifices que tu es en train de préparer... je la préviens d'une voix si rauque que j'ai du mal à en reconnaître le timbre.

Au dernier mot de ma phrase, un soupir traduisant une plainte à mi-chemin entre la douleur et le plaisir répond à sa nouvelle attaque : le pincement d'un de mes tétons entre ses doigts. La garce ! Et en plus, elle me sourit sardonique.

- Je sais que vous aimez vous entendre parler, mais là il va falloir la fermer, m'assène-t-elle sur le ton de l'impudique luxure. La fermer vraiment.

Merde mais c'est qui cette fille ?

Mon excitation monte encore d'un cran stimulé par l'assurance qu'elle dégage... tout comme mon agacement de l'entendre encore me vouvoyer alors que je suis à poil devant elle, que ses dents ont dû laisser une empreinte sur le marbre qu'est devenu mon membre et qu'elle s'apprête à recevoir au creux de son intimité... Je le lui aurais bien fait remarquer, mais il semble que cela ne soit pas le moment. Je garde un joker Paroles pour plus tard.

Les yeux dans les yeux, Lyanor me repousse ensuite jusqu'à mon lit au centre de la pièce. Je me laisse tomber sur le dos, complètement hypnotisé par cette fille aux formes à faire damner le plus fervent des Saints, qui prend pour nous deux les rênes d'une nuit qui n'aura, je n'en doute pas rien de catholique. Elle me regarde autant que je la dévore des yeux. Les siens fixent quelques secondes mon membre ultra bandé qui n'attend plus que de se fondre en elle une nouvelle fois, ragaillardit par le souvenir de sa première fois avec cette déesse infernale qui loin de rester sagement soumise m'avait déjà montré sans le savoir à quel point elle domine ma libido.

Toujours dans le contrôle de la situation, elle se dirige vers ma table de nuit, ouvre le tiroir et y trouve ce qu'elle pensait bien y trouver. De quoi nous protéger. Ses dents déchirent l'emballage doré, puis telle une aventurière féline et fière qui sait déjà qu'elle a découvert ce qu'elle était venue chercher, elle s'approche de moi, pose un genou entre mes jambes, puis un deuxième. Si près et trop loin à la fois, je ressens les tremblements internes de l'indécision de mon corps à choisir s'il doit encore lui rester soumis ou pas.

- Arrêtez de réfléchir, c'est peine perdue, chuchote-t-elle contre ma mâchoire crispée. Les hommes ne savent pas faire deux choses à la fois, c'est une vérité universelle, et moi j'ai besoin que la totalité de vos synapses soit directement reliées à l'objet qui m'intéresse, ajoute-t-elle en pointant des yeux mon sexe maintenant appuyé sur le tissu de son string.

- Lya ....

- Chut !

Ferme-là la dame a dit ! Ok, je saurai m'en rappeler. Lyanor se redresse sur le lit, agrippe les liens qui retiennent son string et tire dessus sans cérémonial. Débarrassée de cette entrave, elle se mort franchement la lèvre inférieure tout se foutant de ma réaction : je suis figé, foudroyé, et elle le sait.

- En fin de compte, le grand Liam Kavanagh est visiblement capable d'être autre chose qu'un iceberg capable de faire fuir même le plus ardent des blizzards, susurre-t-elle tout en déroulant la protection sur moi.

Sale petite peste ! Évidemment que je ne suis pas froid. Je suis tout ce qu'il y a de plus bouillant !

Je serre un peu plus les dents, me promettant de passer chez le dentiste pour vérifier que je ne m'en suis pas pétée une. Car ma conscience me hurle que si, je vais m'y péter les dents. Mais impossible de reculer. Assise à califourchon sur moi, son regard de braise caresse ma peau, le mien suit le mouvement de sa main qui glisse lentement de sa nuque à son clitoris déjà bien gonflé d'excitation. Je veux être cette main, me grogné-je entre deux autres pensées. L'image est divine, divinement atomisante pour le peu de neurones encore capables de fonctionner dans mon crâne en surchauffe. Sans honte et toujours attentive à la moindre de mes réactions, Lyanor cajole son bouton rose entre ses doigts. Cette fille est le Diable ! Et j'accepte d'être son damné, l'en supplie presque.


Mes mains décident qu'il est grand temps de ne plus jouer les seconds rôles mais sont immobilisées dans leur élan par celles de la femme au-dessus de moi. Putain, elle va me tuer ! Si son petit jeu a pour but de me faire regretter mon attitude de dominant de la dernière fois, elle a gagné. Je me foutrais des baffes, ce qu'elle me fait est la pire des tortures. Je meurs d'envie de la toucher ! Elle pourrait la breveter et la revendre à l'armée, je suis convaincu qu'à Guantanamo cela fera des miracles pour faire parler le plus muet des prisonniers. Sa main droite vient encercler mon sexe, entame un mouvement de va-et-vient, souple dans une prise ferme. Dix neurones de moins. Mon bassin se soulève de contentement, mais j'en veux plus, tellement plus. J'attends, souffle, soupire, retiens autant que possible mes gémissements. C'est dur. La pression grimpe trop vite, aussi vite que ma température corporelle.

Répondant enfin à mon besoin le plus primaire, Lyanor soulève ses hanches et vient s'empaler sur moi. Trop lentement, centimètre par centimètre, jusqu'à la garde. Le calvaire est inhumain, je suis son martyre. Je ne peux rien dire. Mais elle ne se prive pas pour exprimer ce que mon intrusion provoque en elle. Elle geint fort, comme une délivrance au moment où elle m'a aspiré tout entier dans la chaleur de son antre, celle de la tension qu'elle aussi avait dû accumuler, et peut-être même bien avant qu'elle ne passe cette porte. En appui sur mon ventre, elle commence à onduler. Ses yeux clos et la bouche ouverte, je la regarde, subjugué.


Elle est superbe. Différente des autres. Moins superficielle, moins fade, moins armée pour survivre dans ce monde de requins aussi, mais tellement "plus" finalement. Mes pupilles ne savent plus où regarder, je sais que moi aussi, je devrais les clore pour me concentrer et ne pas courir aussi vite vers la vague de plaisir qui gronde déjà en moi, mais je ne peux pas. Envoûté, j'observe son visage rougir, ses lèvres se tordre en même temps que ses muscles internes m'encerclent de plus en plus fort. Sa poitrine danse sous la dentelle de sa lingerie au rythme de ses coups de hanches devenus frénétiques. Elle a de l'endurance, je ne peux pas dire le contraire.

Sa peau se couvre d'une pellicule de sueur. Ses cheveux longs volent quand elle balance sa tête en arrière, ses ongles se replient sans douceur sur ma peau. Oui, elle laissera la trace de son passage ici. Ses seins érigés me font de l'œil mais je sais que je n'ai pas le droit, c'est frustrant. J'ai l'impression d'être un gosse puni de bonbons dans un magasin de confiseries. Elle est autour de moi, je suis en elle aussi loin que je peux l'être, mais j'ai envie d'elle. Le plaisir monte. Le mien, le sien aussi, je le sens et surtout je l'entends. C'est comme si les décibels qu'elle n'a pas pu jouer en Californie se joignaient à ceux d'aujourd'hui. C'est fort, à s'en péter un tympan. C'est bruyant, et ça me rend encore plus dingue. Je ne fais rien, elle fait tout le boulot, pourtant c'est déjà le Nirvana. Alors je n'imagine pas ce que cela donnerait si nous étions à deux, à jouer cette putain de partition !

- Oh mon Dieu ! OUIIII ! Put... crie-t-elle au moment où je comprends qu'elle atteint le sommet de son plaisir.

Prise de spames de la tête aux orteils, Lyanor est incapable de continuer à se déhancher, se fige presque en hurlant d'extase, ses yeux verts illuminés mais ébahis par la puissance de ce qu'elle ressent. Puisque moi aussi je vois les étoiles et sens mon membre durcir une ultime fois en elle, prémices d'un tsunami qui va tout dévaster, j'autorise mes mains à s'arrimer à son bassin pour donner les derniers coups de butoirs qui vont moi aussi me délivrer. Et il n'en faut que quelques-uns. Moins de dix avant que je sois moi aussi traversé par un orgasme démentiel qui n'en finit pas. Je m'oblige à ne pas crier mais ne peut empêcher les grognements de ma jouissance de se loger dans ma gorge.

Le temps se suspend à ce moment. Haletants tous les deux, je ne sais combien de temps il nous faut pour retrouver nos esprits, descendre de cette sphère de luxure et de félicité qui nous a accueillis pendant ce moment hors de tout, mais pas de nous. La chaleur de notre bulle se dissipe en un battement d'ailes quand Lyanor commence à se soulever. Soudain, nos corps cessent de n'en former plus qu'un au moment où elle me libère totalement de sa féminité.
La frustration reprend immédiatement ses droits. Et pas qu'elle ... car lorsque Lyanor rompt la quiétude qui avait pris place après le tumulte des bruits de nos corps qui s'aimantaient et de nos plaisirs qui se mélangeaient en quittant mon lit, elle le fait non sans m'annoncer les yeux dans les yeux :

- Pardon de ne pas vous laisser un billet d'avion sur la table de chevet, mais d'une part je n'ai pas les moyens, et d'autre part il n'y a aucune destination qui soit assez lointaine à mon goût. Mais ce n'est pas l'envie qui me manque ...

Oh putain !

Ahuri, je mets quelques secondes avant de pouvoir me lever à mon tour. Mais trop tard, elle est déjà sur le seuil de la porte. Avant de fuir, elle se retourne une dernière fois, un immense sourire florissant sur son magnifique visage de démon venu pourtant du paradis, et énonce clairement avant de claquer ma porte :

- Bonne nuit, et merci.

Elle t'a bien eu cette fois vieux ! Je rêve ?? Elle n'a quand même pas osé me faire un truc pareil, si? Elle se barre comme ça ?

Impossible, j'ai dû rêver ! OU PAS! Je tourne en rond. Les draps sont bien la preuve de ce qu'il vient de se passer, tout comme ce que je vois en baissant les yeux... Non, c'est bien réel!

"Oeil pour oeil" semble être son mantra ... Et je viens de m'en trouver un nouveau, pour moi. Reste à pouvoir le mettre en application. Je m'incline pour cette fois, mais je n'ai pas dit mon dernier mot, ma belle ...

Tu crois me connaître, mais tu es si loin de la vérité...

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