Guerre Froide et sangs chauds

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Elly


Les réveils New-Yorkais sont décidément compliqués pour moi. Et j'en reviens toujours à la même question : pourquoi le hasard m'a-t-il portée jusqu'ici ? Peut-être a-t-il voulu me montrer qu'en fin de compte, les choses n'étaient pas si mal à Seattle ?

Non Elly, non. Rien ne sera pire que là-bas, me fustigé-je toute seule.

Je me tourne sur le dos, allonge mes bras et mes jambes engourdis pour les détendre. J'inspire le plus profondément que je peux. Mes poumons sont toujours en berne, la toux reprend mais je réussis à rapidement la maitriser. Mes côtes apprécient cette attention. Je respire mieux, mais c'est toujours douloureux. Et il y a autre chose, qui est douloureux, l'état de mon compte en banque. Voilà sept jours que je suis enfermé dans cette cage dorée qu'est cette chambre. Je ne vais pas faire ma difficile, il y a tout le confort nécessaire d'après moi, et ma version du nécessaire se résume à peu de critères, dans ma liste : un matelas, un oreiller, une prise pour mon téléphone, une douche à proximité avec un miroir. Voilà. Quand j'ai ça, je suis contente.

Alors évidemment, ici, c'est le grand luxe ! La chambre est démesurément grande. La partie principale doit faire une quarantaine de mètres carrés et comprend en plus du lit géant et d'un insert à bois incrusté dans le mur, une partie salon avec sofa et méridienne devant l'une des deux sculpturales baies vitrées qui mènent à une terrasse. La plus haute de cette tour résidentielle puisque nous sommes ici au dernier étage habitable. Au sol se trouve une moquette grise très claire. La salle de bains fait deux fois ma chambre à la coloc, avec une magnifique baignoire carrée et une douche capable de recevoir une équipe de football américain, le tout carrelé de marbre blanc du sol au plafond. Quant au dressing ... Je suis à peu près certaine que je pourrais y ranger toutes les fringues des habitants de mon immeuble. Il est digne des plus riches fashionistas de la ville, et malheureusement pour lui bien triste et vide puisque je n'ai presque aucun vêtement ici.

Neve m'a rapporté de quoi m'habiller si je voulais sortir de cette chambre après être passée chez moi, mais je ne l'ai toujours pas fait depuis que je suis arrivée ici. Il y a sept jours maintenant. Une semaine que je suis cloitrée dans cette pièce avec une vue imprenable sur le fleuve Hudson et cette partie de la ville. Pièce bien plus grande que la commune que je partage à la collocation, cela va sans dire. Un grand écran plat est accroché au mur et me permet de regarder quelques séries quand je ne dors pas, assommée par les antibiotiques et les antalgiques. Ethan qui vient me rendre visite tous les jours m'a lui apporté un ordinateur portable et une tablette tactile. L'un des deux seulement m'aurait suffi, je n'ai qu'une paire d'yeux après tout, mais sa gentillesse et sa sollicitude à mon égard me font plaisir. Sans Mélia à mes côtés, je n'ai que lui et Neve, finalement. Trois repas me sont montés matin, midi et soir par Madame Andrews, une charmante quarantenaire, qui s'est présentée dès le premier matin comme étant la gouvernante. Elle passe aussi plusieurs fois pour vérifier si je n'ai besoin de rien. Et à chaque fois que je lui réponds "rentrer chez moi" elle tire une moue aussi déconfite que désolée pour moi tout en ne semblant pas me prendre pour une sale gosse ingrate et capricieuse. Pour le fun, j'ai même ajouté ce matin " gagner un million de dollars pour me tirer sur une île, au soleil et de préférence très loin d'ici ". Ça l'a faite rire. Et moi aussi, mais ce fut douloureux, pour moi.

- C'est peut-être le moment de jouer au loto, du coup ma pauvre Elly, me dis-je en me regardant dans le miroir de la salle de bains.

Une douche chaude plus tard, je suis habillée, coiffée et allongée sur le lit. Mais impossible de suivre le nouvel épisode de ma série Netflix. D'ailleurs je me demande bien comment il est possible que ce type paie un abonnement Netflix !!! Il est dans les médias, possède plusieurs chaînes TV et produit des films, shows et des séries TV ! Bon là, ça m'arrange bien, j'avais résilié le mien et j'ai quelques trucs à rattraper. Je laisse tomber la TV, reporte mon attention sur de la lecture, il y a une bibliothèque numérique remplie de romans sur la tablette que m'a passée Ethan, et c'est exactement ce que j'aime. Je jette mon dévolu sur un et me laisse emporter par les mots de son auteur. Je dévore littéralement cette romance qui me captive à tel point que quand je referme le livre numérique, je me rends compte que je n'ai pas touché à mon déjeuner et que nous sommes déjà la fin de l'après-midi. Je sors prendre l'air, mes poumons ont besoin d'oxygène frais. Mais il y a d'autres besoins que me crie mon corps depuis à présent. Enfin, depuis hier au moins. Il faut que je marche, et je le sais. Le médecin me l'a aussi rappelé lors de sa dernière visite avant hier. Je vais donc devoir partir en exploration dans ce que je pense être un gigantesque penthouse. Mais avant, un peu de rangement. Je me sens suffisamment en forme pour rentrer chez moi, dès ce soir. Je rassemble mes affaires, ce n'est pas très long et ce faisant, j'élabore déjà mentalement un plan pour la suite. J'ai quelques idées.

Anxieuse, je tourne la poignée de la porte qui me mène vers la liberté, somme toute sommaire puisque je suis toujours dans la tour des ultra-riches de cette ville, en plein Tribeca, mais c'est déjà un pas vers ma définitive libération ou devrais-je même dire remise en liberté qui aura bientôt lieu. Dans quelques heures à peine.
Je traverse à pas de loup un long couloir, en emprunte un autre, encore. Ce type est tellement étrange qu'il serait bien capable de vivre dans un labyrinthe ! Soulagée à la vue d'un magnifique escalier dont le vide donne sur un vaste séjour, je descends lentement mais perdue dans mes pensées. Ce sont des éclats de rires qui me ramènent au présent, faisant se figer mon cœur lorsque mon cerveau comprend que je ne suis pas seule. Je devrais remonter me cacher dans mon antre, mais une pensée me pousse, et cette force ne se nomme pas que curiosité. J'avance vers les voix, toutefois prise d'une gêne d'être sur le point de m'imposer. Mais après réflexion, ce sont les voix de mes deux amis que j'entends, et leurs rires ainsi que celui d'une petite demoiselle dont je ne vais pas pouvoir m'approcher, même si le médecin m'a dit que je ne suis plus contagieuse. Ne sait-on jamais. Je ne suis pas prête à prendre ce risque.

Les marques de joies se multiplient alors que j'entre doucement et lorsque mes yeux se posent sur celui qui s'amuse au sol avec Ivy et la fait glousser aux éclats, je me pince pour être bien certaine que je ne rêve pas. Mon ancien patron est là, aussi, dépourvu de son costume de Fucking PDG -Oui, j'ai fait évoluer son surnom depuis qu'il m'a kidnappée. Je l'ai déjà vu sans, et pas qu'en tenue d'Adam j'entends, mais cette fois-ci il semble plus ... humain. Non impossible ! C'est simplement l'effet des médicaments. Tout ça ne peut être vrai ! Tu ne rêves pas Elly ! Mince mais il se passe quoi, ici ?

Ethan qui m'a repérée se lève du ... eh bien du canapé qui pourrait accueillir le sommet de l'OTAN disons-le franchement, ce truc est immense et en U, et vient me serrer dans ses bras. Mais je ne réagis pas à son étreinte, hypnotisée par ce qui pour moi ne peut être rien d'autre qu'un mirage : un grand brun aux yeux d'un bleu ciel si lumineux qu'ils éclaireraient à eux seuls tout Central Park si c'était nécessaire, et qui ressemble à s'y méprendre à Liam Kavanagh, est devant moi, par terre, les pieds en l'air avec un bébé dans les bras. Et il rit ! Putain il ne fait pas que sourire, non, il rigole à gorge déployée ! Comme un type normal !

Un jumeau ! Il a forcément un jumeau caché ! Je me crie silencieusement.

- Elly tout va bien ? me demande Ethan en me secouant doucement. On dirait que tu viens de voir un fantôme !

Lui ne plaisante pas. Son ton est inquiet mais je ne vois pas ses yeux car encore une fois, les miens ne quittent pas la scène surréaliste qui se joue devant moi. Je vois. Mais je ne comprends pas. Il y a un décalage dans ma tête. C'est une hérésie, cela ne peut pas être vrai. Mes pensées vont si vite que ma bouche en vient à verbaliser ce qui aurait dû rester dans ma tête :

- Je me suis réveillée dans une dimension parallèle, c'est ça ?

Bravo Elly, belle entrée en matière !

Neve et Ethan se laissent entraîner dans une séance de fou-rire qui met bien trop de temps à mon goût à se dissiper, tandis que celle du propriétaire des lieux s'est tarie en un claquement de doigts. Il s'assoit en tenant toujours la petite Ivy entre ses grands bras, son regard accroche le mien. Il sent la contrariété à plein nez, mais quelque chose est différent, aujourd'hui. Pas d'éclairs ni de balles de chevrotines prêtes à me transpercer, tirés par sa légendaire colère qui se réveille dès qu'il me voit. Non, ce qui m'atteint est moins glacial que ce à quoi il m'a habitué et si je n'étais pas shootée aux médocs, je me risquerais même à dire qu'il semble plus blessé par ma remarque que contrarié de rage.

Mais je le suis, shootée. Mon jugement est donc altéré mais mon corps qui n'a visiblement pas reçu le message augmente sa température corporelle croyant percevoir un potentiel réchauffement climatique inattendu, comme si c'était le moment de penser à sa libido déchue ... Je soupire intérieurement. Vraiment, je ne suis pas aidée dans cette foutue vie. Mes yeux se baladent librement sur sa carrure que nul ne peut manquer car même un aveugle percevrait à quel point Apollon, à côté de ce type, c'est un pâle brouillon ... Merde, je redeviens dingue ! Malgré cette constatation, la grisante vision qu'il m'offre ne me permet pas de remettre suffisamment d'ordre dans mes esprits bien trop brumeux pour arrêter les frais que je vais devoir payer pour ce reluquage en public. Non, je m'enterre encore plus, en creusant de mes mains, en plus.

Hors du temps, plus rien n'existe pour mon cerveau si ce n'est la vitale nécessité de partir encore en quête de réponses. Comme si c'est sur son corps qu'il allait les trouver. Il ne s'est pas rasé depuis au moins quatre jours, porte un t-shirt noir si ajusté qu'il a peut-être été cousu à même sa peau tant il révèle chaque détail de sa musculature et un chino de la même couleur qu'il a retroussé au niveau des cheville. Non, impossible que je sois face à Liam Kavanagh, le grand PDG. Pourtant, mon enveloppe corporelle ne semble pas d'accord avec moi et m'envoie des signes bien compréhensibles que je suis bel et bien en présence de l'homme qui a, il y a plusieurs mois la première fois que je l'ai vu, provoqué en moi une tornade de frissons chauds à faire rôtir tout un élevage de poulets en un regard à peine, même glacial.

Calme-toi Elly, tout va bien, tu ne perds pas la tête, enfin juste un peu...

Non, tout ne va pas bien. Il me hait, je le déteste et nous sommes encore dans la même pièce lui et moi alors que je ne travaille même plus pour lui. Ses yeux captivent les miens, comme s'ils se parlaient en dehors de notre champ de vision. Fait chier ! Ce mec est canon mais c'est un sale con, un connard de première ! Et j'ai chuté de l'échelle de ma propre estime en baisant avec lui. Et encore, baiser n'est pas le terme exact. J'ai simplement écarté les cuisses, c'est quoi le mot pour ça ? J'ai dit que rien ne sert de regretter, je corrige : ça, je le regrette, profondément. Parce que je lui ai donné matière pour mon propre procès, celui qu'il a entamé le jour où j'ai commencé à travailler pour Ethan et quelque part pour lui, donc. Je lui ai donné sur un plateau d'argent ce qu'il attendait de moi et pensé déjà, d'ailleurs : que je suis comme les autres, une salope prête à coucher avec son patron. Et il doit faire ça souvent, coucher avec ses employées, pour mieux les virer après, ou avoir encore plus d'emprise sur elles car c'est ça son truc à lui : la domination jusque dans un lit. Et moi je l'ai laissé faire avec moi. Pourquoi ? Pas uniquement parce que je n'avais plus assez de pouvoir sur mon corps, mais aussi parce que je voulais même dans la soumission l'emmerder en le titillant par mon insolence, voir si j'arrivais à lui faire perdre les pédales. Et dans un sens, je crois que même si j'ai perdu la Guerre, j'avais un peu gagné une bataille, en fin de compte.

- Elly ? m'appelle à son tour Neve. Tu vas bien ?

Mon ancien patron se lève un sourire insolent gravé sur ses lèvres. Il n'a pas l'air vexé mais fier de l'effet qu'il croit qu'il me fait. Oui, qu'il croit, tout ceci n'est qu'un gros quiproquo entre ma tête et mon corps. Merde, il a donc bien vu que je le matais. Bravo Elly ... Il faut que j'arrête ce traitement, je perds des neurones à chaque prise. La preuve en images :

- Non, je crois que je suis en pleine crise d'hallu là, il faut que je retourne me coucher.

Ethan recommence à rire, Neve se retient du mieux qu'elle peut.

- Ferme-là Ethan ! grogne l'homme des cavernes tout en noir dont le timbre de voix se répercute directement sur ma nuque ... et dans ma culotte. Bonjour Lyanor, tu te sens mieux ?

Par réflexe plus que par envie, je regarde autour de moi, Ethan lui s'éloigne de nous et quitte la pièce car à deux doigts de s'étouffer, de rire toujours. Merde, mais c'est bien à moi qu'il parle, là ? Gentiment ? Encore ? Mais qu'est-ce qui lui prend ?

- C'est à moi que vous parlez ?

Il expire en fermant les yeux, puis les ouvre en fixant quelques secondes son très haut plafond.

- Tu vois quelqu'un d'autre ici qui s'appelle Lyanor ?

- Vous êtes malade ? je réplique pour toute réponse sans détacher mes yeux de son visage. Ou alors vous êtes un sosie ? Et le vrai a oublié de vous dire qu'il me déteste et n'attend qu'une chose c'est que je me fasse écraser par un bus ou que je puisse miraculeusement changer de galaxie ?

Inutile de préciser qu'Ethan doit être en train de rédiger son testament tellement il se bidonne dans la pièce d'à côté en m'entendant parler, à tel point qu'il est pris d'une quinte de toux. C'est un peu le monde à l'envers ! Quand je disais que j'avais atterri dans une autre dimension ... Neve doit elle se mordre les joues, d'après les bruits de gorge que j'entends car elle essaie elle aussi de ne pas laisser exploser son hilarité.

- Bien, je vois que ton traitement te fait tout autant divaguer que ta fièvre, je devrais rappeler le Docteur Simons pour qu'il vienne vérifier les dosages ! marmonne-t-il cynique dans sa barbe avant d'embrasser Ivy.

- Je ne divague pas du tout ! je le contre. Vous êtes imbuvable avec moi depuis le début , un véritable connard ambulant et tout à coup vous ... vous ... je bégaie. Bin je ne sais même pas ! Vous avez été lobotomisé ? Quelqu'un a découvert l'antidote contre la méchanceté et on ne m'a rien dit ? ! Il se passe quoi à la fin ?! Ethan vous a payé ? Vous avez été touché par la grâce ?

- Elle n'a pas tort Liam, intervient Neve. Peut-être que nous devrions-nous vous laisser régler vos problèmes en privé, propose-t-elle avant que je ne la coupe.

- Ce ne sera pas nécessaire Neve, nous n'avons aucun problème à régler lui et moi, je lui dis en agrippant son regard avant de le replonger dans celui de mon futur ex-hôte. Je suis navrée de m'être imposée chez vous pendant une semaine Monsieur et je m'excuse pour le désagrément causé ...

- Lyanor arrête ça ... siffle-t-il entre ses dents plus blanches que de la neige vierge.

Mais je continue, car plus vite ce moment gênant sera passé, plus vite je m'en irai d'ici.

- Je ne sais pas pourquoi vous êtes venu chez moi la semaine dernière Monsieur ni pour quelle raison un soudain élan de bienveillance s'est logé en vous, mais merci, je lui annonce droite et sûre de moi. Je sais que ma santé aurait pu se dégrader rapidement si vous ne m'aviez pas kidnappée. A présent, je vous rends votre liberté et reprends la mienne, vous ne m'aurez plus jamais dans vos pattes, ni sur votre chemin.

Il sonde mes yeux comme s'il pouvait sonder mon âme. Il fait ça souvent quand son regard caresse mes prunelles. Mais il n'a pas de décodeur. La preuve : il a été pire qu'odieux avec moi quand mes mots et mes yeux l'imploraient de me laisser parler avant que je ne démissionne. S'il avait réellement compris quelque chose, c'était à ce moment précis qu'il l'aurait fait. Mais non, il ne capte rien puisqu'il ne croit que ce qu'il veut bien croire. Ce qui l'arrange, en somme. Je sens l'insistance de Neve sur moi, perçois que sa tête fait des allers-retours en son cousin et moi... Puis sa voix se fait de nouveau entendre, brisant le lourd silence qui nous entourait.

- Merde Lyanor ! Mais je rêve ou tu le vouvoies vraiment ? Même ici ?

Non, c'est moi qui suis probablement en train de rêver, là Neve. Et d'ailleurs, si je pouvais avoir rêvé les trois ou quatre derniers mois, ce serait juste super. J'aimerais revenir à la soirée où j'ai découvert le putain de secret de ma vie, rejouer la scène avec la fléchette et viser ailleurs, pour ne jamais avoir été ici. Je hausse les épaules tout autant que les sourcils d'étonnement à sa question.

- Évidemment ! je m'oblige à lui répondre en gesticulant alors que tout me semble pourtant logique, légitime et très clair. C'est mon ancien boss, je ne le connais pas, il n'est rien d'autre qu'une terrible relation professionnelle qui grâce au ciel est terminée ! Au moins un truc de positif ces dernières semaines... je grommelle pour finir.

Ethan nous rejoint, plus calme mais la mine perplexe. Mister PDG de sa main libre se frotte l'arête du nez plusieurs fois, puis les yeux. Ivy gazouille, elle est trop mignonne, je n'ai qu’une envie c'est de la croquer, mais je ne peux pas. Son oncle aux yeux bleus semble même lancer un appel de détresse silencieux à son cousin. Donc, c'est le moment de me barrer parce que là, réellement, mes yeux et mon cerveau me jouent des tours. Il est temps de prendre congé.

- Bon, sur cet étrange échange qui perturbe mon cerveau cartésien bien plus que nécéssaire,je leur avoue, je vais vous laisser entre vous, fais-je en les englobant tous. Ethan, je l'interpelle en me tournant vers mon ami, tu veux bien venir me chercher quand tu partiras ? J'ai préparé mes affaires, tu pourras me déposer chez moi ?

Je ne sais pas ce que j'ai dit, mais en tout cas, ça fait son effet. MAXI EFFET. Neve récupère sa fille et va la déposer dans un parc pour bébé à l'autre bout de la pièce et revient vers nous au pas de course. Ethan et Mister PDG ont l'air d'avoir entamé une conversation visuelle et non verbale. Mon ami semble tout à la fois contrarié et indisposé, et quand ses yeux quittent des aigues-marines pour se fixer sur mes émeraudes, je sais déjà que je vais tomber de très haut. Mais c'était encore très loin de la réalité. Il se racle la gorge et se frotte la nuque. Je le connais, il est nerveux. Il est n'est pas le seul ici. L'ambiance pue la tension à dix mille kilomètres, la température a chuté drastiquement. Ce qui doit plaire à l'homme des glaces. J'ai la très désagréable sensation que nous sommes en pleine Guerre Froide 2 0. Pourtant j'entends que gronde dans tout mon être les prémices d'une éruption volcanique. La lave remplace mon sang alors que rien n'a encore été dit.

- Elly ... commence Ethan à demi-voix ... humm ... tu n'es pas bien ici ?

Tout va bien se passer Elly, respire.

Mes yeux s'écarquillent d'ahurissement à deux doigts d'aller se reconvertir en balle rebondissantes une fois hors de mon corps. Bon, cette fois, c'est moi qui pars dans un fou-rire d'anthologie. Et mince qu'est-ce que ça me fait mal aux côtes ! Je ris à m'en perforer un poumon.

On veut rester en vie ! tente de me calmer ma conscience, la peureuse.

- Merde Ethan ! Ne me fais plus jamais un truc pareil ! Tu veux me tuer ou quoi ? je lui demande en essuyant mes larmes au coin de mes yeux. Ethan ?

Il ne se passe rien. Mes yeux jonglent de lui à Neve et osent même se poser sur mon ancien boss. Ma gorge se noue mais va bientôt cracher son feu. Je le sais. Je le sens.

- Ne me regarde pas comme ça Elly ! se défend déjà Neve en levant les bras devant elle. Moi je n'y suis pour rien j'étais contre évidemment !

- Contre quoi Neve ?

- Ecoute Elly, poursuit courageusement Ethan, on a tous bien vu jusqu'où tu es prête à aller pour tenir tête à Liam, y compris te foutre dans une coloc avec des étudiants à peine pubères ...

- Je n'ai que vingt-quatre ans merde ! Le plus jeune en avait vingt et un et je n'étais pas la plus âgée des sept !

- Sept !! gronde l'iceberg en se tirant les cheveux. De mieux en mieux ! Vous étiez censés être cinq là-dedans, Lyanor !

Oui eh bien deux étaient en couple et n'ont pas prévenu l'agence de peur de se voir refouler ...
Minutes... comment il sait ça, lui ? C'est une vraie question Elly? Oh putain non !

- Vous avez fait faire une enquête sur moi vous deux ? je m'étrangle, manquant d'air. Mais putain être riches ne vous donne pas tous les droits sur les gens qui vivent dans cette ville ! C'est dingue ça ! Je suis quoi moi ? Un jouet ? Votre nouveau passe-temps de milliardaires avant de me jeter? je m'emporte et recommence à tousser.

- Lyanor ça va ?

- Mais non ça ne va pas du tout ! Je suis en plein cauchemar, ça ne se voit pas ? Je veux rentrer chez moi ! Tout de suite ! je crie en tournant les talons.

- C'est ici...

- Liam non ! Pas comme ça ! l'interrompt Neve.

Mais il ne l'écoute pas. Je me retourne en ouvrant les hostilités visuelles car je sais déjà que la Guerre Froide va se transformer en quelque chose de moche, avec des balles réelles. Il y aura des blessés.

- Tu peux aller faire le tour des trois étages du penthouse Lyanor, car ta nouvelle adresse, c'est ici.

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Plus la peine de vous faire un laïus sur le 4 mains, hein ?
Avec Lecossais, on a remis ça, encore et encore. Cabrel dirait : c'est que le début, d'accord, d'accord, d'ailleurs ;)

Bonne lecture !
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