Domination

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Elly


Il avance toujours, mais je recule. A bien y réfléchir, j'ai l'impression que c'est un pas de danse que nous connaissons bien, lui et moi. Son regard sur moi n'a plus rien de glacial dans l'intimité de cette chambre, il est ardent, brûlant. Ses yeux bleus se baladent une fois de plus sur mon corps, en s'attardant sur ma poitrine et mes hanches. L'arrière de mes jambes heurte le lit. Je me fige et me demande à quoi il joue.

- Arrêtez.

Un sourire carnassier fend son visage. J'ai l'impression qu'il est en chasse, et je suis sa proie. Alors pourquoi n'ai-je plus peur ? Il fait trois pas supplémentaires, puis s'immobilise devant moi. Sa cravate bleu nuit enroulée autour de sa main, il défait maintenant les boutons de sa chemise, sans me lâcher des yeux.

- Sortez.

- Non.

- Qu'est-ce que vous faites ici ? je lui demande de la voix la plus claire possible, mon corps et ma volonté s'étant momentanément séparés, encore, à cause de cet homme.

- Je vous l'ai dit, ce que vous attendez de moi, répète-t-il.

- J'attends que vous sortiez, Monsieur.

Un rire lui échappe, et il se mord la lèvre en retirant sa chemise, dévoilant à mes yeux avides de son physique une musculature que j'avais déjà devinée sous ses costumes sur mesure. J'avais parlé d'Apollon pour le décrire ? Ce n'est pas assez. Il est musclé oui, mais pas à outrance ou du moins, c'est juste parfait. Une musculature sèche, sculptée à la lame des dieux. D'ailleurs, j'aimerais bien comprendre pourquoi, quand on parle de l'extrême beauté d'un homme, on évoque Apollon. Car ce qui est évident pour moi, c'est que cet homme est bien plus. Apollon était un dieu musicien et poète, un amoureux transit car sans cesse repoussé par les femmes qu'il courtisait malgré sa grande beauté.

L'homme qui me fait face relève plus du guerrier que du poète ingénu, et je suis convaincue que contrairement au fils de Zeus, lui n'est pas repoussé par ses conquêtes. Non, ces batailles-là, il doit les gagner sans même réellement les mener. Et malheureusement pour moi, je crains de ne pas avoir les armes, encore une fois, pour l'affronter sans flancher. La peau dorée de son torse luit malgré la lumière tamisée de la pièce. Je peux compter ses abdominaux et me demande bien quel type d'exercices il fait, pour entretenir ce corps et avoir de tels pectoraux. J'aperçois qu'il retire sa montre à sa main gauche mais suis incapable de décrocher mes yeux de son corps. A vue de nez, il doit faire dans les quatre-vingts kilos, quatre-vingt-cinq, peut-être. Ce type à une carrure en V , mais loin de celle d'un bodybuilder. C'est beau et très attrayant, trop, à vrai dire. Et cette forme de V, elle est également marquée sur son abdomen, elle descend jusque dans son pantalon dont il a déjà ... défait un bouton ?

Je relève les yeux vers les siens, il sourit toujours, et mais cette fois c'est une flamme de satisfaction, qui crépite dans ses iris océan.

- Le spectacle te plaît, on dirait ? me demande-t-il de sa voix rauque voilée par ce que je crois deviner être du désir.

Allez Elly, bats-toi. Tu n'es pas une godiche qui va se jeter sur lui juste parce qu'il en a envie, me chuchote ma conscience. Et elle a raison. Je ne sais pas à quoi il joue, mais je peux quand même piquer là où ça va lui faire mal, dans son égo démesuré.

- Pas mal en effet, dommage que le mythe s'effondre dès lors que vous ouvrez la bouche Monsieur, je lui réponds en le toisant, un sourcil levé et les bras croisés sur ma poitrine. Vous n'êtes pas superman non plus, ne vous faites aucune illusion.

Bien joué.

Il fulmine. Les muscles de ses mâchoires tressautent, preuve que je l'ai bien piqué au vif. Fière de ma petite répartie, je ramasse sa chemise posée au sol et la lui renvoie en pleine figure d'un geste rapide.

- Merci pour le strip-tease, mais je n'avais pas commandé de gigolo, vous vous êtes trompé de chambre Monsieur. Bonne nuit, lui dis-je en ouvrant la porte de ma chambre.

Il me rejoint mais toujours torse nu, et je vois parfaitement qu'il a activé le mode conquérant. Il referme la porte qu'il verrouille et place ses bras tendus de part et d'autre de mon visage, me bloquant entre le mur et lui. Sans talons, je suis plus petite que lui d'une vingtaine de centimètres et obligée de lever le visage pour le regarder dans les yeux. Grave erreur. Parce que ses yeux m'hypnotisent, envoûtent encore mon cerveau qui ne donne plus l'ordre à mes poumons de respirer durant quelques secondes. Et quand enfin je réussis à inspirer, je me prends un retour de bâton. Son odeur m'enivre et me galvanise. Il est bien trop proche de moi. Je dois m'éloigner de la flamme, alors je pose mes deux mains à plat sur son torse et le fixe toujours, lui sommant silencieusement de reculer. Mais il ne bouge pas. Alors j'appuie sur ses pectoraux bandés, mais cela n'a toujours pas l'effet escompté. C'est même encore pire pour moi. Le contact entre nos deux peaux est si électrisant que je ressens les décharges jusque dans mon sous-vêtement. Je sens mes lèvres sud gonfler, mon rythme cardiaque accélérer et une chaleur significative se loger dans le creux de mes reins.

- Je sais qu'il est difficile pour toi de comprendre quand je te parle, alors je vais réitérer, murmure-t-il à quelques centimètres de mes lèvres, se faisant mélanger nos souffles. Je ne partirai pas, parce que je n'écoute pas ta voix mais ton corps. Et ton corps hurle de désir alors je vais le contenter.

- Arr...

Il pose un doigt sur mes lèvres pour me faire taire, puis avance son visage dans ma nuque avant de continuer :

- Arrête de lutter. Tu ne gagneras pas cette fois. Ta peau est recouverte de frissons alors que je ne t'ai pas encore touchée, énonce-t-il si près de mon oreille que j'en tremble déjà de plaisir. Tu peux te raconter des histoires tant que tu veux, mais tes yeux ne mentent pas, ton corps lui, ne me ment pas. Je sais que tu en as envie tout autant que moi.

- Vous avez bu, je lui dis en tentant encore de le repousser.

- Un verre de whisky mais j'ai tous mes esprits, rassure-toi.

Puis d'un geste leste auquel je ne m'attendais pas, il passe ses mains sous mon fessier et me soulève sans difficulté pour ne me déposer qu'au milieu du lit, lui à genoux face à moi, me dominant de sa hauteur. Il me regarde de longues secondes et je suis persuadée qu'il cherche à quelle sauce il va me manger. Et bien que je pourrais en profiter pour m'enfuir, je reste là, à observer son corps mais aussi l'incroyable beauté de son visage. Oui, je profite du spectacle qu'il m'offre, ayant perdu toute raison. J'ai l'impression que ses yeux me détaillent et me scannent, comme s'il me passait au rayon X. Puis, il se penche vers moi me retourne à la seule force d'un bras, passe une main sous mon buste pour me rapprocher de lui, me plaquant contre son torse chaud. Ainsi, dans cette position, plus aucun doute sur le désir qui l'habite, lui aussi. Je sens son érection contre mes fesses et dois lutter de toutes mes forces pour ne pas m'y frotter.

- Je ne te ferai pas mal, mais je ne serai pas doux, souffle-t-il contre ma nuque qui crépite de nouveau sous cet assaut, faisant encore grimper ma température corporelle. Je ne t'embrasserai pas mais tu y prendras du plaisir, beaucoup de plaisir, c'est une promesse. Mais il y a une règle, tu n'as pas le droit de parler, pas le droit de crier. Si tu la transgresses, tu seras punie, il m'avertit en caressant doucement ma fesse droite pour illustrer ses mots.

Et j'ai très bien compris ce qu'il veut dire. Pourtant, quelque chose en moi refuse encore les chaînes qu'il veut me mettre, et je ne peux m'empêcher, déjà, de protester, joueuse :

- Pour avoir envie de crier, encore faut-il que cela soit bon. Et encore une fois, vous laissez parler votre vanité masculine en pensant que vous serez à la hauteur.

Un grognement lui échappe tandis qu'il resserre sa prise sur mon cou. Puis le bruit d'un claquement fend le silence de la chambre. Première fessée. Je sens la douce brûlure au point d'impact et bien qu'elle n'ait pas été délicate, mes mots vont plus vite que ma pensée :

- Vous faites une jalouse, je halète en souriant.

Deuxième fessée, à gauche cette fois. La douleur ne dure qu'une seconde et se transforme en quelque chose de bien plus sensuel. La vibration de la punition à créer une vague de plaisir dans mon bas-ventre qui s'est tordu de désir. Il relâche sa prise et me fait m'allonger sur le ventre. Je sens ensuite ses mains attraper mon shorty et le baisser en emportant avec lui mon tanga. J'entends sa ceinture tombée au sol, suivie par son pantalon, puis le bruit d'un emballage qu'on déchire. Je ne bouge pas. De toute façon même si je le voulais, je ne pourrais pas.

Je sais qu'il ne faut pas, que c'est une grave erreur, mais je suis incapable de faire le moindre geste, tétanisée. Pourtant, je n'ai pas peur, pas là. Non, c'est le désir brut qui m'empêche d'être raisonnable et de m'enfuir. Une faim jamais atteinte encore, une soif que lui seul pourra étancher. C'est dangereux, parce qu'il est lui, et que je suis moi. Mais là, tout de suite, je sais que le désir est devenu besoin. Comme s'il entendait mes pensées les plus impures, je sens son grand corps me recouvrir de sa chaleur. Il est lourd, alors que je vois ses avant-bras le soutenir au niveau de mes épaules. Son souffle caresse mes cheveux, il les décale sur le côté pour libérer ma nuque et mon dos. Il a dit qu'il ne m'embrasserait pas, et ça me va. Pourtant, je sens la douceur de ses lèvres effleurer la peau de mon épaule droite, alternant avec la peau râpeuse de sa courte barbe. Le bout de sa langue trace des sillons allant du milieu de mon dos au haut de mon cou, en suivant la cartographie de ma colonne vertébrale. Et je crois bien que s'il continue, je pourrais avoir un orgasme comme ça, simplement de sentir l'humidité de sa langue sur moi.

Je ne vois rien, mais je sens tout. De sa main droite, il caresse mon flanc, le bas de mes reins qui brûle d'un incendie de désir. Un incendie nourrit de la sensation de son sexe contre mes fesses, qui fait de petits va-et-vient qui le font haleter lui aussi, de plus en plus fort au fil des secondes qui s'égrènent. Mais il ne cesse de se frotter à moi et si je me contiens de gémir maintenant, je me demande ce que ce sera, après ...

- Tu vois quand tu veux, tu sais être docile et faire ce que l'on te dit, souffle-t-il de nouveau à mon oreille dont il mordille ensuite le lobe, me faisant me cambrer sous lui.

- Qui a dit que ce que vous me faites me donne envie de dire quoi que ce soit ? je le nargue.

Je le sens se redresser. Sa main s'abat sur ma fesse droite, plus fortement que la première fois, mais je ne cille pas. Je me mords simplement la lèvre inférieure. La décharge que cela a provoqué dans la partie la plus sensible de mon anatomie est phénoménale. Il passe un bras sous mon ventre pour me faire agenouiller, puis ses lèvres s'attaquent plus ardemment au bas de mes reins, juste au-dessus de mes fesses. Je sens sa langue me lécher avidement, ses doigts malaxer mon postérieur sans délicatesse et j'ai bien envie de lui faire remarquer que ce qu'il fait s'appelle embrasser, mais je me retiens. Pas parce que je crains des représailles, mais parce que c'est vraiment trop bon, je ne veux pas qu'il arrête. Je ne me savais pas si sensible à cet endroit-là. Il continue tout en passant maintenant sa main droite sur ma poitrine qu'il soupèse d'abord, et dont il vient finalement agacer un téton qu'il prend entre deux doigts. Cela provoque de petites décharges en moi et des spasmes de plaisir.

- Tu es tellement réceptive, c'est sensationnel.

Oui, sensationnel, ça l'est, surtout pour moi. Parce que je découvre des sensations que je ne connaissais pas. Sans cesser de faire parcourir sa langue sur ma peau, sa deuxième main vient s'occuper de mon sein gauche. Ma respiration devient erratique, je peine à me concentrer tellement je suis excitée. Ma tête chauffe tout autant que mon corps brûle. Et quand l'une de ses mains se pose entre mes jambes et commence à s'occuper de mon clitoris, je n'ai pas le temps de bloquer ma respiration avant d'être prise de convulsions, terrassée par un orgasme qui me laisse si pantoise que je ne suis plus capable de tenir, même à genoux. Je vois littéralement des étoiles et mets plusieurs secondes pour reprendre un souffle digne de ce nom.

Lorsqu’enfin je respire mieux, je sens deux doigts s'enfouir en moi et ne peux empêcher un long gémissement de plaisir de m'échapper. La sentence est immédiate : une nouvelle fessée, qui provoque un nouveau gémissement. Toujours allongée sur le ventre, je ne peux que l'entendre émettre un petit rire, avant que sa main ne vienne une nouvelle fois clamer sa sanction.

- Incapable de te tenir. Tu vas encore dire que tu ne ressens rien ? Que mes mains sur toi ne te font aucun effet ? Et mes mains en toi, elles te font quoi, là ? me demande-t-il en léchant mon oreille.

Je sens le piège, alors je ne réponds rien. Ses doigts se font de plus en plus pressant dans mon vagin mais alors que la vague de plaisir montait délicieusement et rapidement, il les retire soudain me laissant un sentiment de vide tel que la douleur est bien plus vive que la frustration. Encore, une fois, il rit, car même si je n'ai laissé échapper aucun son, le soupir d'insatisfaction que mes poumons ont créé, bien que silencieux, il ne l'a pas manqué.

- Ne bouge pas, m'ordonne-t-il alors qu'il descend du lit.

Lorsqu'il revient à mon niveau et s'agenouille à ma droite, je ne peux enrayer le choix de ma tête de se tourner vers lui, et me retourne nez à nez avec son membre bandé et déjà couvert de latex. Il semble lire mon trouble et ne parvient pas à étouffer son ricanement narquois, cette fois, et je suis sûre que sa vanité se sent glorieuse à cet instant, car il se penche vers moi pour me murmurer, d'une voix emplie de concupiscence :

- Ne t'inquiète pas, tu es tellement trempée de désir que tu n'auras pas mal.

D'une de ses mains, il attrape l'un de mes poignets, puis le deuxième et quand je sens un tissu les encercler, je comprends ce qu'il fait. Je crois qu'avec n'importe qui, j'aurais paniqué, mais étrangement, avec cet homme que pourtant je déteste la journée, cette nuit, je me sens totalement en confiance. Il remonte ensuite mon bassin contre le sien, positionne correctement ma tête pour que la position ne soit pas inconfortable pour moi, je crois, puis sans préambule me pénètre en deux poussées à peine. Il s'immobilise quelques secondes, et à ma grande surprise, me demande si ça va. Je hoche deux fois la tête pour lui signifier que oui et m'étonne ensuite de ne pas avoir mal, car je sens la place qu'il prend dans ma féminité, pourtant je ne ressens aucun tiraillement, rien que du plaisir d'être enfin comblée dans le vide qui hurlait d'être contenté. Arrimé à mes hanches qui sans nul doute auront encore la trace de ses doigts demain, il commence à bouger, d'abord lentement puis avec plus d'ardeur. Le claquement de nos deux corps résonne dans la chambre et si moi je n'ai pas le droit d'émettre un seul bruit, les siens suffisent rapidement à camoufler celui de nos chairs qui se rencontrent à une cadence de plus en plus frénétique. Je l'entends lâcher un juron entre ses râles de plaisir, ses longs soupirs qui je pense ont vocation à le calmer, puis un " eh merde fait chier " avant qu'il ne se retire tout à coup, défasse mes liens d'un geste vif et me tourne sur le dos pour que je lui fasse face. Il me regarde, plantant son regard chargé de désir, un désir qui exacerbe encore plus le mien. Et, sans me quitter des yeux, comble le vide qu'il venait de laisser en moi, m'emplissant jusqu'à la garde. Mes yeux se révulsent d'eux même sous cet assaut, alors que mon corps se délecte de toutes les sensations par lesquelles il est assailli. Le plaisir gronde et se fait entendre en moi.

- Regarde-moi.

J'ouvre les yeux et amarre mon regard au sien. Je suis en sueur et je ne me rappelle même pas qu'il m'ait retiré mon haut. Pourtant il n'est plus là. Ma poitrine se secoue au rythme qu'il nous impose par ses coups de reins puissants. Alors que je m'étais déjà intérieurement persuadée que rien ne pourrait être meilleur, il se redresse sur ses genoux sans nous dessouder et soulève mon bassin en nouant d'autorité mes jambes autour de ses hanches, s'ancrant ainsi plus profondément encore en moi. Je le regarde, il est transpirant, lui aussi. Il place mes mains au-dessus de ma tête, m'ordonnant silencieusement de ne pas quitter cette position puis recommence à me pilonner, plus fort encore. Les spasmes reprennent leur marche et la vague de plaisir qui s'annonçait se transforme en tsunami, prêt à tout emporter sur son passage. Mes bras gardent la position qu'il m'a imposée, mais je ne peux empêcher mes mains d'agripper la couette. Ma respiration devient chaotique, mon souffle bien trop court et mon cœur accélère tellement qu'il va prochainement quitter ma poitrine. Il s'emballe trop vite, jamais je n'avais ressenti ça. Je ferme les yeux mais suis aussitôt rappelée à l'ordre. Alors je m'exécute et puisque je sais que je ne pourrai rester aussi silencieuse qu'il le veut, et profitant de l'état dans lequel lui aussi se trouve tout portant à croire qu'il n'est pas loin des portes de la jouissance, je me laisse aller à soupirer très bruyamment.

Comme je m'y attendais, il sourit, frondeur, en pensant que je le défie une fois de plus, mais ce n'est pas juste ça. Et il me fesse, encore. Fort. Et là, il comprend que c'est ce que j'attendais de lui, quand immédiatement après, l'orgasme m'attaque et me transperce. Il le voit, il le sent probablement même autour de lui, mais il continue et ne se fige que quelques secondes plus tard, lorsqu'il se laisse lui aussi emporter, mais par une jouissance bien plus tonitruante que la mienne.

Il me libère de sa prise après avoir repris ses esprits, se retire doucement, tout en se laissant tomber à mes côtés. Ni lui ni moi ne parlons, et je réalise ce que je viens de faire. Ce que nous venons de faire et, alors prise d'une pulsion de gêne et de pudeur, je soulève mes fesses pour aller me cacher sous ma couette, comme si cela pouvait effacer l'acte . Je le sens se lever à côté de moi et pense avec un certain soulagement qu'il va s'en aller en nous évitant ainsi une discussion embarrassante ou pire, un gigantesque malaise. Mais je comprends que j'ai tort quand j'entends l'eau de la douche couler moins d'une minute et qu'il réapparaît une serviette enroulée autour de ses hanches. Il me rejoint sur le lit et retire la couette qui nous cachait, moi et ma nudité.

- Je n'en ai pas encore fini avec toi.


***


Quand je me réveille au petit matin, ma première pensée est que j'ai rêvé. Mais mon pyjama en satin, ainsi qu'une serviette, tous deux savamment repliés au bout de mon lit m'informent que non, tout cela est réellement arrivé. Et quand je m'étire, c'est mon corps tout entier qui se rappelle que tout était bien réel. J'ose un regard sur ma gauche.

- Merci Seigneur, il est parti ... soufflé-je pour moi-même.

Bordel Elly, mais qu'est-ce que tu as fait ? je me fustige intérieurement en me redressant péniblement. Bon, nous sommes deux adultes, eh tiens cela me fait penser que bien qu'il me traite de gamine immature à tout va, cela n'a pas empêché Monsieur de se jeter sur moi, ni de me baiser, alors qu'il est plus âgé ... Bref, j'y reviendrai plus tard. Quoi qu'il en soit, nous sommes adultes. Il est parti sans me réveiller, nous n'aurons donc pas à en parler. Je vais oublier ce qu'il s'est passé, tout comme lui a déjà dû le faire. Nous allons reprendre le cours normal de nos vies et avec un peu de chance, il se montrera moins con avec moi. Voilà.

L'espoir fait vivre ...

Mais mon soulagement ne dure qu'un temps. Quand je me tourne pour attraper mon téléphone portable sur la table de chevet, quelle n'est pas ma surprise lorsque j'y trouve aussi un billet. Un billet d'avion. Je l'ouvre et sans même le lire, je sais que je vais m'énerver.

- Aujourd'hui, 17:50 pm, je lis à haute voix.

Et en y regardant de plus près, je constate que ce billet électronique a été réservé hier avant quatorze heures, soit avant qu'il ne vienne frapper à ma porte !

- Putain de sale enfoiré ! je crie en me levant, regrettant aussitôt mon geste brusque - il n'a pas été tendre, je confirme. Ok !? Tu veux jouer à ça ? Alors jouons mon grand !

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