Torturée par les sens

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Elly


Irrespirable.

Je ne vois pas d'autre mot pour décrire l'air qui m'entoure dans l'habitacle de ce SUV de luxe. Pourtant l'odeur est enivrante, masculine, entre le boisé et l'ambré avec une note d'agrumes vivifiante. Elle s'est incrustée en moi jour après jour, heure après heure, minute après minute. Infusée profondément dans ma mémoire olfactive, comme si mon être tout entier ne voulait jamais oublier. Preuve une fois de plus de la folie qui m'habite et dont j'ai grand mal à me débarrasser. A chaque respiration, j'ai l'étrange sensation que je manque un peu plus d'air, d'oxygène, comme si à chaque inspiration, mes poumons perdaient un peu plus leur capacité à jouer leur rôle premier.

Je sens, mais je ne respire plus.

Et je sens, aussi, oui. Je sens ces picotements qui me traversent de part en part comme si mon corps n'était qu'une autoroute de désir. Je sens mon ventre se tordre plus fort dès que mes poumons bloquent en eux son odeur, refusant d'expirer, quitte à me faire suffoquer. Alors oui, l'odeur est agréable, entêtante, mais l'air est devenu irrespirable, pour moi du moins. Je me sens comme prise dans un feu ardent, assaillie par les flammes et obligée de respirer du CO2. Un brasier allumé au chalumeau par un homme pourtant aussi glacial qu'un litre d'azote liquide. Un brasier entretenu par un corps qui refuse d'entendre la voix de la raison, ma voix. Moi qui lui hurle que tout ceci est ridicule, que la beauté et la perfection des traits de cet homme n'est qu'une chimère, une sirène pour attirer vers l'or des pauvres marins qui ne trouveront finalement que laideur, douleur et désolation. Car cet homme est d'une dualité sans nom : Une enveloppe à se damner mais un intérieur à faire fuir même le plus courageux des explorateur tueur de dragons. Cet homme, c'est Lucifer caché sous les traits d'un ange déchu.

Et moi qui suis-je ? Celle qui s'est jetée tête baissée dans la fosse aux lions sans avoir pris les bonnes armes pour se défendre. Celle qui s'est jetée dans l'arène sans avoir lu le mode d'emploi et les règles du combat. Voici l'effet qu'il me fait, et celui que je me fais. J'ai cru pouvoir laisser au hasard la torche pour éclairer mon nouveau chemin. J'ai cru à l'adage " le hasard fait bien les choses " , mais il semblerait que je sois l'exception qui confirme la règle, car il en faut toujours une. Oui, j'ai cru. Que du haut de mes vingt-quatre ans, je serai capable de tout recommencer, ailleurs, loin. Naïve que je suis. New-York, c'est un autre monde pour moi, une sorte de Nouveau Monde. Je ne suis pas Christophe Colomb mais plutôt la jeune Pocahontas livrée à elle-même dans une ville nouvelle qui l'aspire et la déchire.

J'ai cru que je serais de taille à affronter cette ville, ses codes, et les mille et une ombres qui n'attendent que de me voir flancher pour me broyer. Dans cette nouvelle ville, dans cette nouvelle vie, j'avais décidé d'être une nouvelle moi. Décidé de me chercher, de me trouver, de me rencontrer. Et en deux mois à peine, j'ai déjà aperçu une partie de ma personnalité qui était cachée profondément sous le poids de la volonté familiale, de l'éducation conformiste d'une mère plus attachée à l'image du "Qu'en dira-t-on ?" qu'au bien-être de sa propre fille. Je me suis découverte une combativité que je ne pensais pas posséder, une petite répartie qui n'avait jamais été que dans ma tête. Mais ce n'est pas assez pour lutter.

Mais pire, j'ai entrevu une Elly bien plus perdue que le jour où elle a découvert son fiancé au lit avec sa maîtresse, que le jour où ses yeux ont compris l'ampleur de la supercherie. Je ne comprends pas ce qui m'arrive et me sens prise dans une tornade que seule l'abolissement de ma folie pourra stopper.

Encore maintenant, je sais qu'il me regarde, scrute ma réaction. Mais je l'ignore, c'est ce que je fais depuis notre mise au point d'hier. Je reste polie face à lui et en particulier devant ses collaborateurs, encaisse toujours les piques qu'il continue de me lancer, mais je n'y réponds plus, quoi qu'il insinue sur mon incompétence et mon inutilité à ses côtés, voire mon manque de légitimité à faire partie des effectifs de sa société. Oui, il l'a dit. J'encaisse les coups en comptant les heures qui me séparent de mon retour à New-York, je compte les minutes en imaginant que la fléchette que j'avais dans les mains chez Mélia ce soir là, c'est sur son visage parfait que je l'envoie. Et je ne parle pas d'une photo, non, bien de sa tête de connard en chair et en os !

Ça va aller Elly.

« Ça va aller Elly » ... C'est aussi ce que me répète Ethan par messages plusieurs fois par jour. Quand il me demande si tout se passe bien et que je m'entête à lui répondre « Si vous prenez en charge mes frais d'avocat pendant le procès, je suis prête à vous en débarrasser, gratuitement, dès maintenant » . Et non, je ne fais pas de l'humour. Ce type me donne autant envie de le tuer que de ... enfin mieux vaut ne pas y penser. Encore moins maintenant. Bref. Penser à autre chose ...

- Est-ce trop vous demander que de sortir de votre rêverie ?

Son ton cinglant, celui qu'il aime adopter lorsqu'il s'adresse à moi, me sort de ma «rêverie» qui s'apparentait plutôt à l'élaboration d'un meurtre avec préméditation puisque je revoyais mentalement la liste des dix façons de tuer quelqu'un puis faire disparaître son corps en toute discrétion. Oui, j'ai fait cette recherche hier. Et oui, je sais que c'est une preuve de plus qui sera retenue contre moi lors de mon procès, mais il n'y aura procès que s'il y a un corps pour prouver le meurtre ... Oh mon Dieu je suis complètement dingue !

Est-ce trop vous demander que de vous montrer agréable pour une fois ? j'ai envie de lui demander pour toute réponse. Mais inutile de gaspiller ma salive, je connais déjà la réponse. Je me contente de tourner ma tête vers lui pour lui signifier qu'il a toute mon attention.

- Tenez, dit-il en me tendant un large dossier, essayez de vous familiariser avec ce qui est dedans, cela concerne la fusion-acquisition de T-E. C'est l'ordre du jour principal de la réunion de demain.

Oui, je suis encore capable de lire un agenda ! Il me prend vraiment pour une débile lui !

- Bien sûr Monsieur.

- Et si vous pouviez faire un effort sur votre tenue vestimentaire pour une fois, siffle-t-il entre ses dents en tapant à toute vitesse sur le clavier tactile de son smartphone.

OK, je vais faire un effort vestimentaire, si cela peut me permettre de passer une journée plus calme et d'être moins rabaissée comme si j'étais une moins que rien pour notre dernière journée. Je peux concéder à cela. De toute façon, je suis trop à fleur de peau, j'ai encaissé autant que je l'ai pu mais contrairement à lui qui est inhumain, moi je le suis. Alors je le laisse gagner cette bataille, je crois.

- Bien Monsieur.

L'après-midi suit son cours et rien de neuf sous le soleil, même californien. Il me considère à peine ou quand il le fait, c'est soit pour me dévisager sévèrement comme s'il réprimandait silencieusement un enfant qui vient de faire une grosse bêtise ou dire une ânerie, soit pour m'observer d'un air étrange. Je suis persuadée qu'il prépare à l'avance ses attaques. Qu'il les fait fermenter dans sa tête pour qu'elles aient pour lui plus de saveur quand il les laisse finalement s'exprimer par des répliques désobligeantes. Alors que nous quittons sa dernière réunion de la journée, M.Vans m'interpelle.

- Mademoiselle, serez-vous des nôtres au dîner de ce soir cette fois ?

Je l'observe les yeux exorbités et me demande si finalement, c'est bien à moi qu'il s'adressait. J'ose un regard circulaire autour de moi, oui, il semblerait que ce soit à moi qu'il parle. Et visiblement, mon hésitation tout comme mon étonnement le font sourire.

- Ai-je dit quelque chose de si surprenant Mademoiselle Johnson ?

- Pardon Monsieur, mais en tout honnêteté oui je ...

- Eddy qu'est-ce que vous n'avez pas compris quand j'ai dit hier de ne pas vous occuper d'elle ? Elle est encore capable d'aller se trouver de quoi dîner il me semble. Même une gamine de seize ans pourrait le faire !

Une de plus ... Quand je dis qu'il les prépare.

- Vous avez bien de la chance que votre père et votre oncle n'aient pas été présents cette semaine Liam, jamais ils n'auraient permis cette attitude envers une collaboratrice, encore moins quand c'est gratuit ! J'entends que vous soyez submergé de travail, lui dit-il sur un ton paternaliste, mais jamais je ne vous avais vu ainsi.

- Eddy ...

- Laissez-moi finir ! gronde-t-il en tendant un index réprobateur vers lui. Les affaires sont les affaires, c'est une devise que je cultive depuis plus de quarante-cinq ans, et je suis loin d'être un agneau dans ce domaine, je relève plus du requin affamé, je suis connu pour cela, mais je sais choisir mes batailles et surtout, j'ai compris très jeune qu'on cultive ce que l'on sème et plus encore, jeune homme, que c'est par le respect qu'un homme grimpe en valeur dans l'estime de ses pairs. C'est d'ailleurs une maxime chère à mes yeux dont je partage l'attachement avec votre père et votre oncle. Alors je ne sais pas ce qu'il se passe pour que vous ayez été aussi véhément cette semaine, mais par pitié la prochaine fois, venez avec Aaron ! Et ce n'est en rien contre vous ma chère, peu aurait supporté un tel comport...

- Ça suffit Eddy ! C'est une fois de plus une discussion parfaitement inutile ! J'agis comme bon me semble avec mes employés et je pense pouvoir dire sans me tromper que vous faite partie vous aussi de mes employés, alors si vous ne tenez pas à devoir prendre une retraite anticipée, occupez-vous de ce que vous savez faire et de ce qui vous regarde !

Comme à chaque fois que cet homme détestable ouvre la bouche, toutes les conversations cessent immédiatement et la température dans la pièce chute drastiquement, nous donnant un aperçu de ce que devait ressentir les animaux à sang chaud après la chute de la météorites qui a provoqué l'extinction des dinosaures ...

- Par respect pour ta famille et l'amitié qui me lie à elle depuis près de quatre décennies Liam, je vais oublier ce que tu viens de dire, lui assène-t-il en passant au tutoiement. Je vous ai vu naître Ethan, Neve et toi, je vous ai vu grandir et je peux jurer devant Dieu que celui que tu es en ce moment devant moi n'est pas l'homme qu'a élevé Sullivan Kavanagh. Tu cultives depuis cinq ans ce rôle de patron autoritaire et froid mais cette fois c'est différent. Et ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire la grimace, Monsieur Kavanagh.

Mon patron jette un oeil vers moi et j'ai l'impression de m'enfoncer dans le sol tellement il me foudroie. Je peine à avaler ma salive et tente de m'évader mentalement au moins de cet enfer.

- Aaron déjeune et dîne toujours avec nous, dit-il en me portant involontairement le coup de grâce, et ce depuis que tu l'as embauché. Alors intérimaire ou pas, il aurait été légitime que cette jeune femme subisse le même traitement au lieu d'être écartée à tout bout de champ comme si elle était ...

- Persona non grata, je termine pour lui à demi-mots, comme s'ils refusaient de sortir avec fluidité. Vous avez tout compris Monsieur, c'est ce que je suis ici et j'en suis parfaitement consciente rassurez ...

- Nos temps de pause sont privés Eddy, me coupe-t-il en levant le ton. Elle n'a pas à entendre ce que nous nous disons car comme je te l'ai dit elle n'est qu'une intérimaire !

OK, cette fois j'en ai assez entendu. Ma présence n'est plus requise et encore moins désirée, déjà tout juste supportée le reste de la journée. Je n'ai donc plus à rester ici.

- Veuillez m'excuser messieurs, mais puisque la réunion est terminée je préfère m'éclipser. Je vous souhaite une bonne soirée, à demain matin.

Je n'attends pas mon reste et file en direction de la sortie. J'appelle l'ascenseur et vois du coin de l'œil que plusieurs personnes se trouvant toujours devant la salle de réunion m'épient avec insistance. Nous sommes à deux pas d'un des plus grands parcs d'attraction du pays et pourtant, depuis quatre jours déjà, l'attraction, c'est moi. Je me sens comme une curiosité en cage qui fait se déplacer les foules. Je rentre dans la cabine et appuie sur le bouton du rez-de-chaussée avec frénésie, comme si cela allait pouvoir accélérer le temps. Enfin les portes se referment mettant hors de ma vue cette horrible journée ... ou pas. Une main se faufile au dernier moment et les portes se rouvrent. Je sais sans même lever les yeux à qui elle appartient. Monsieur Iceberg PDG me rejoint et passe derrière moi en me frôlant encore une fois. S'il ne perd aucune occasion de m'humilier, il n'en perd plus aucune également pour imposer sa présence près de moi. Et là, maintenant, il est si près, trop près. Je la sens, sa présence dans mon dos, sa large carrure à quelques centimètres à peine de mon corps. Comment je le sais ? Je sens son souffle sur moi, caresser mes cheveux détachés, et son odeur comme si mon nez était collé à sa peau.

- Vous qui semblez connaître par cœur votre contrat de travail à force de le signer toutes les semaines, ôtez-moi d'un doute, vous êtes donc toujours à l'essai tant que vous êtes intérimaire, n'est-ce pas ?

Question stupide, il le sait très bien et je vois mal où il veut en venir. Il fait un demi pas de plus et s'il se rapproche encore, mon dos sera bientôt collé à son torse. Ma respiration se bloque une fois de plus. Il serait temps que je me renseigne pour prendre des cours d'apnée car j'ai le désagréable pressentiment que plus je vais côtoyer cet homme -de près ou de loin-, plus mon espérance de vie va être mise à mal et réduite.

« Oui » est tout ce que j'arrive à lui répondre, prise de cours tant par ce rapprochement que par sa question. Mon rythme cardiaque est de toute façon bien trop haut pour que j'arrive à prononcer une phrase complète, mon corps ayant encore décidé de n'en faire qu'à sa tête en réagissant comme un drogué en manque à la présence de cet homme. Un petit rire lui échappe et je sens sa main faire intrusion dans ma chevelure pour libérer ma nuque et avoir un meilleur accès à mon oreille.

- Parfait ... souffle-t-il sur ma peau qui s'embrase. J'ai adoré vous tester Mademoiselle Johnson, vous vous êtes révélée être une adversaire plus coriace que je ne l'aurais cru. Mais je gagne toujours, et l'essai n'est pas terminé.

Les portes s'ouvrent et il quitte l'ascenseur comme s'il avait le diable aux fesses, me plantant là et me laissant encore une fois me débrouiller pour rentrer à l'hôtel.

Pourtant, je suis convaincue que c'est moi, qui l'ai, le Diable aux trousses.


***


- Je te jure Mélia, mon patron est bipolaire ! Pas besoin d'avoir fait des études de médecine pour pouvoir poser un diagnostic ! je lui lance en me séchant les cheveux avec ma serviette.

Ma meilleure amie connait l'histoire, dans les grandes lignes du moins. La scène surréaliste de l'ascenseur, je l'ai gardée sous clé pour le moment, je ne lui ai raconté que sa remarque déplacée d'hier.

- Ne te laisse pas faire ma chérie ! Tu sais que tu peux être qui tu veux, joue un rôle s'il le faut mais ne te laisse pas piétiner par ce type, me conseille-t-elle une nouvelle fois.

Je me brosse les dents et m'enduis de crème hydratante en l'écoutant me raconter sa super journée. Non, je ne suis pas jalouse, mais je me demande vraiment ce que j'ai fait de tellement horrible dans ma vie pour mériter d'être traitée ainsi. Encore une fois ! hurle ma conscience au lieu de la mettre en sourdine et d'éviter ainsi de remuer le couteau dans la plaie.

Trois coups sont portés à ma porte. Mélia les a entendus, elle aussi.

- Tu as commandé quelque chose au service d'étage ? s'enquiert-elle.

Sûrement pas ! Il faudrait vendre un rein pour commander un truc ici, et il se trouve que j'y tiens, moi, à mes organes !

- Non et vu l'heure, ce doit être une erreur. Bon continue, donc tu disais que Tristan veut encore changer de boulot ? Je lui ai parlé hier, il ne m'a rien dit à ...

- Elly tu devrais aller ouvrir ça fait deux fois, là, m'interrompt ma meilleure amie.

- Je te dis que je n'ai rien commandé Mélia, je souffle agacée.

- Allez, imagine que derrière cette porte se trouve un type canon, en serviette éponge qui s'est retrouvé coincé dans le couloir et qui a besoin d'aide ... Un ToyBoy livré devant ta porte, ce serait le rêve ! Et il faut vraiment que tu t'envoies en l'air Elly ! Tu vas devenir aigrie ma fille ...

- T'es folle ma vieille !

Mais par acquis de conscience, je me décide à aller vérifier qu'il ne faut pas évacuer l'hôtel ... J'ouvre la porte, mon téléphone toujours à la main et ... non, ce n'est pas un type canon à moitié nu. Juste mon boss. Canon oui, mais mon patron. Et j'espère qu'il ne croit pas qu'il va pouvoir me refiler du boulot à plus de vingt-trois heures, j'ai des droits, moi aussi, même si je ne suis qu'une pauvre petite intérimaire !

- Je te rappelle Mélia, je lui annonce avant de raccrocher.

- Monsieur, si vous avez quelque chose à me reprocher, merci de le faire par mail. Bonne nuit, je lui dis tout en refermant la porte sous son nez.

Mais évidemment, il ne l'entend pas de cette oreille et s'interpose en glissant son pied pour la maintenir ouverte. Puis, sans autorisation, entre dans ma chambre en claquant la porte derrière lui. Ses yeux me détaillent lentement faisant un arrêt au niveau de ma poitrine alors que les miens descendent pour vérifier ce qui peut bien le subjuguer ainsi. Et je comprends. Je suis en mini-short et petit débardeur en satin noir devant MON.PUTAIN.DE.PATRON! je m'horrifie soudain. Il avance d'un pas, je recule d'autant en tendant les mains devant moi pour le sommer de s'arrêter, mais le message est trop subliminal, apparemment.

- Ce n'est pas une heure pour déranger les gens Monsieur, je tonne en reprenant contenance, mes mains à présent sur ma poitrine tentant de cacher au mieux mon décolleté. Laissez-moi au moins aller passer un peignoir ou faites-moi un mail car de toute façon je ne compte plus travailler à cette heure-ci.

Il sourit. Merde ... Il se passe quoi, là ?

Le peu de fois où il a souri devant moi, mes craintes ont toujours été justifiées. Je m'en suis pris plein la figure, à chaque fois. Pourtant le ton qu'il utilise n'est plus du tout glacial, bien au contraire. Il est suave, légèrement plus rauque que d'habitude. Alors j'ai encore plus peur. De lui ... mais surtout, de moi :

- Je ne suis pas venu parler boulot Mademoiselle Johnson. D'ailleurs, je ne suis pas venu discuter du tout, déclare-t-il en avançant d'une démarche féline tout en desserrant sa cravate, ses yeux arrimés aux miens. Et impossible de faire cela par mail, même avec la meilleure volonté du monde. Et enfin, pour répondre à votre question silencieuse, je suis là pour faire ce que vous attendez de moi.

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