Sauvée par le Bip- ou presque

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Elly


Cette fois, c'est la bonne.

Et pour une fois, j'ai hâte d'être dehors, d'être fouettée par le froid New-Yorkais. Le froid et la nuit car il est plus de vingt heures quand je place dans une grande pochette molletonnée le smartphone, la clé USB et tout ce que je devais rendre au service RH. Pochette que j'ai elle-même glissée dans la fente de la porte de M.Darmont prévue à cet effet. Il ne doit pas pouvoir être ici tous les vendredis soirs ou samedis pour les départs successifs des assistantes de M.Walsh. M.Walsh que je n'ai pas vu depuis hier fin d'après-midi après la réunion à laquelle j'avais été conviée. Il m'a simplement envoyé un sms hier soir pour me demander de bien vouloir le représenter à une présentation tôt ce matin, et de filmer ladite présentation avec le smartphone. Bon, je n'avais rien de mieux à faire, et mon contrat précisait bien que je pouvais être appelée à travailler les samedis. Et finalement, je suis restée ici toute la journée.

Je rends mon badge jaune à Charly, l'agent de sécurité du Hall 2 tout en lui souhaitant une bonne soirée. Il me regarde étrangement -enfin je crois - mais me salue à son tour. Je passe ensuite le portique suivant qui mène au hall 1 et dépose mon badge blanc à sa collègue, Audrey. Je repositionne correctement mon écharpe, enfile mon bonnet et quitte non sans un certain soulagement l'immense bâtiment.

Comme prévu, l'air frais me fouette mais me revigore aussi. J'emplis mes poumons avant de devoir descendre dans les méandres du métro et ne pas avoir d'autre choix que d'y respirer l'air pollué ... par les odeurs de transpiration, surtout. J'espère que Mme Darmont me trouvera une mission plus près de chez moi. Et quand on pense au loup ... mon téléphone à peine dans ma main, il se met à sonner avec le nom de cette sympathique femme qui je l'espère à une bonne nouvelle pour moi.

- Mademoiselle Johnson ? dit-elle dès que j'ai décroché.

- Oui, bonsoir Mme Darmont. Comment allez-vous ?

- Très bien merci, et vous ?

Ça ira mieux si vous avez un boulot pour moi lundi ... je me murmure dans ma tête.

- Fraîchement ! je ris en sautillant sur place. Et j'ai encore près d'une heure de marche et de métro mais je vais survivre !

Heureusement elle met fin à l'un de mes supplices rapidement.

- J'ai une mission pour vous dès lundi matin Mademoiselle Johnson, si toutefois vous l'acceptez bien-sûr. C'est un CDD de trois semaines, un mois peut-être, m'explique-t-elle tandis que je souris. Un remplacement de congés maladie. C'est dans Vinegar Hill, vous connaissez ?

- Vinegar Hill ? Non, je ne suis à New-York que depuis trois semaines comme je vous l'ai dit, et je ne connais que quelques quartiers et surtout de nom, je lui avoue. Envoyez-moi l'adresse et les informations par mail s'il vous plait.

- Je viens de le faire. Vous n'avez toujours pas d'imprimante pour le contrat ?

Heu ... Il va falloir investir donc.

- Non désolée, je n'en ai pas. Mais j'irai dans un tabac ou à la poste ce n'est pas un soucis, je vous le renvoie demain sans faute. Merci beaucoup !

- Merci à vous Mademoiselle, vous m'enlever une belle épine du pied en acceptant ! A très bientôt, bon weekend-end.

- Merci à vous ! Bon week-end.

Et à peine ai-je raccroché qu'un homme en trottinette qui roule à toute allure en téléphonant me bouscule juste après avoir fait tinter sa clochette ... Mon portable m'échappe et ne survit pas au choc avec le bitume dur. Un couple se précipite vers moi pour s'assurer que je vais bien, l'homme sur roues n'ayant même pas pris cette peine avant de pestiférer et reprendre sa route. Choquée autant par cette mésaventure que par leurs conséquences, j'ai du mal à leur répondre.

- Je ... Je ... Oui, merci, je balbutie en me penchant pour récupérer mon téléphone.

- Vous êtes certaine Mademoiselle ?

- Oui vous êtes gentil. Merci, bonne soirée.

Et c'est les larmes au coin des yeux que je rejoins la station de métro. Heureusement que j'ai eu Mme Darmont avant cet accident et qu'elle m'a envoyé les infos par ... oh non ! Je crois bien que si ... chuchote ma conscience.

Et tandis que je descends les marches comme si je marchais vers les Enfers, je ne peux plus retenir mes larmes : sans mon portable, plus de partage de connexion avec ma tablette, donc plus d'accès aux mails depuis chez moi ou même en ville. Plus d'internet non plus à la maison, plus de sms avec Mélia, de vidéos pour passer le temps ou de série sur Netflix ... et donc pas de GPS pour me rendre à mon nouveau boulot lundi matin ! Je réfléchis à mes options et en trouve une pour au moins me dépanner pour l'accès aux mails : je vais devoirs aller dans un endroit avec un accès wifi gratuit pour télécharger les documents, puis je mettrai le tout sur une clé USB avant d'aller les imprimer. Sauf que je ne sais plus si ma tablette à un port USB ... OK ... là je recraque.

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