Une de plus

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Liam.

  • Quinze, peut-être dix-huit mois Monsieur Kavanagh, mais les délais que vous voulez nous imposer sont absolument irréalisables, pour ne pas dire chimériques !

J'ai bien envie de lui demander si nous parlons la même langue, mais je m'abstiens.

Ce qui est chimérique, c'est que ce type soit directeur de projet et autant payé pour me sortir de telles inepties, sans parler du fait qu'il ose me contredire devant toute l'assemblée. Bon, je dois avouer qu'il a des couilles le Burton, mais il devrait savoir que je déteste être contredit, surtout quand j'ai raison ! Et j'ai toujours raison.

Lorsque je suis entré la salle de réunion 3, j'ai immédiatement remarqué que ses traits se sont tendus. Et pas que les siens. Et cette simple vision a un peu apaisé mon esprit qui frôlait la crise de colère. Cette présentation, c'est Ethan qui devait la présider, pas moi. Mais Monsieur a décidé à la dernière minute d'aller passer le week-end à La Barbade pour s'éclater avec ses potes. Qu'il profite, je l'éclaterai d'une toute autre manière à son retour. Il a bien de la chance de faire un boulot irréprochable et d'avoir pu s'imposer à Chicago, parce si en plus de me frapper ses heures de son boulot il fallait que je rattrape son incompétence, je serais déjà sous les verrous pour assassinat. Et Rikers ... ce n'est pas l'idée que je me fais de quelques " semaines" de vacances ... sans rien d'autre à avoir à penser que la couleur de mon maillot de bain. Enfin à Rikers, même la couleur de la combinaison je ne pourrais pas la choisir, et je déteste le orange.

Pour en revenir à Burton, je sais très bien ce qu'il pense : que je ne maîtrise pas suffisamment ni le sujet d'un point de vue technique ni le dossier, mais il se trompe. Je connais parfaitement tous les dossiers en cours, même ceux qui sont sous l'entière supervision de mon bras droit, car nous sommes une équipe, un tandem, des siamois même dans l'ombre. Et nous ne l'avons pas attendu pour nous renseigner sur la faisabilité de la réalisation des travaux pour notre nouveau projet.

Nous avons bien sûr confiance en nos équipes car je n'ai jamais eu de problème à virer qui que ce soit pour le remplacer par un plus compétent, et ils le savent tous, pour autant Ethan et moi sommes bien conscients que certains des plus importants départements de notre entreprise aiment avoir des délais rallongés. Pour travailler en douceur car ils n'aiment pas être "brusqués". Mais tout comme mon père et mon grand-père avant lui - et Ethan a la même opinion - je suis convaincu qu'un vrai professionnel est capable de travailler aussi bien dans des délais serrés qu'extra-larges. Tout est une question de dosage.

Je ne demanderai jamais à quiconque d'abattre un travail en une semaine si je sais qu'il en faut trois, je ne suis pas un tortionnaire, ni un utopiste contrairement à ce que Burton semble croire. Mais c'est moi qui suis à la tête de cette société, et c'est à moi de tout faire pour qu'elle reste au même niveau que ce qu'elle est ou à la porter plus haut sans jamais qu'elle ne chute. Alors leur donner des délais trente pour cent supérieur à ce qui est nécéssaire pour qu'ils aient plus de temps autour de la machine à café et une tension la plus basse possible, c'est non. C'est une perte de temps, et le temps c'est de l'argent. Et chez KMC.Corp, l'argent et le temps se comptent en double. De plus, je ne supporte pas d'entendre des chefs de secteur, des managers, dévaloriser ou sous-estimer les capacités de leurs équipes, et donc par extension, de KMC. Aller, je vais encore passer pour le méchant flic en tapant du poing sur la table.

Madame Sullivan termine un laïus dont je n'ai rien suivi, ce qui n'est pourtant pas dans mes habitudes, mais je ne doute pas qu'elle ait appuyé les dires de son collègue. J'ai eu des soucis de concentration cette semaine. J'ai besoin de recul, et de repos.

  • Je ne vous demande pas la lune ! Non en fait, je ne vous le demande pas, je ne vous laisse pas le choix, je leur annonce fermement sous leurs regards blasés. Vous avez douze mois et je me trouve déjà plutôt conciliant, je serais tenté de ne vous en laisser que dix. Et je vous prierai de ne plus préjuger de ma méconnaissance sur les dossiers de MA société, ni sur mes capacités techniques soit dit en passant. Je ne suis peut-être pas ingénieur, mais si vous avez tous encore un boulot, ce n'est pas parce que les choses marchent toutes seules ! Sinon je serais au soleil sur une île déserte à l'heure actuelle ! je gronde en tapant du plat de la main sur la table ce qui en fait sursauter plusieurs. Alors que les choses soient bien claires une bonne fois pour toute, je les préviens en me levant, le prochain qui se plait à penser que tout m'est tombé tout cuit dans les mains et que je ne suis ici que pour signer des chèques et des contrats, je lui conseille de faire un détour par le service RH pour déposer sa démission, sinon c'est moi qui le vire ! Compris ?

Bien entendu je ne m'attends pas à ce qu'ils répondent, d'ailleurs je ne veux pas qu'ils répondent. Ma main droite sur la poignée et mes dossiers sous le bras, je me retourne et scrute l'assemblée en leur lançant mon regard le plus noir.

  • Il est tard rentrez-tous chez vous. Mais je vous veux ici lundi matin à la première heure et par avance et afin qu'il n'y aucune ambiguïté sur le sens de mes mots, mettons-nous d'accord. Quand je dis tous, je veux bien dire sans exception. Aucune excuse ne sera tolérée. Et que ceux qui ne sont pas d'accord avec les délais annoncés ne prennent pas la peine de revenir. Bon week-end.

Et je sors, en claquant la porte.

Putain Ethan, tu vas me le payer !

***

Dix-huit heures cinquante-trois. Reste calme Liam ...

  • J'ai bien pris note de votre demande Monsieur Kavanagh, je vous souhaite un bon week-end.

Je raccroche sans même le saluer en refermant mon pc. Tu parles d'un week-end toi ! Nous sommes samedi, et mon weekend va se résumer à ... demain. Si je n'avais pas eu à remplacer celui qui me sert de bras droit, je serais déjà chez moi depuis plusieurs heures. C'est la dernière fois qu'il me fait ce coup-là !

Après un rapide passage à l'étage du service Marketing, je peux enfin aller récupérer mes affaires pour quitter le bureau. La semaine a été longue, trop longue, et la suivante ne sera pas plus reposante. L'ascenseur entame sa montée et je commence à taper un SMS à l'attention du lâcheur. Lorsque les portes s'ouvrent et que je m'apprête à sortir, je décide finalement de ne pas bouger en voyant qui est sur le point d'entrer. L'assistante de la semaine d'Ethan.

Au début nous leur donnions des numéros. Puis le chiffre est devenu tellement aberrant que cela ne m'a plus amusé. Voilà bientôt cinq ans que lui et moi avons repris les rênes de cette société, et jamais il n'a réussi à garder une assistante plus de deux semaines. Je commence d'ailleurs à me poser des questions ...


La jeune femme entre dans la cabine et ne semble pas m'avoir vu, absorbée par la recherche qu'elle a lancé dans la poche de son long manteau. Ses affaires sous le bras gauche, elle a du mal à garder son barda coincé et je m'attends à ce que tout s'écroule au sol d'un instant à l'autre, comme lorsqu'elle est tombée lundi. Enfin, quand je l'ai bousculée en sortant du bureau d'Ethan et qu'elle a fini sur les fesses ... et s'est blessée au poignet. Je le sais par Ethan, il n'a pas manqué de me faire son sermon sur mon " attitude de glacière à la con " pour le citer. Il n'a qu'à moitié raison.

Ou à moitié tort question de point de vue.

Ce jour-là, cette fille m'a étonné, et c'est assez rare de la part d'une assistante d'Ethan pour être noté. Et par deux fois de surcroît. Les femmes sont pourtant si prévisibles, c'est insensé. Tout d'abord parce que c'est bien la première fois que je voyais une assistante nouer les dossiers qu'elle se trimballe pour éviter qu'ils ne s'éparpillent en cas de chute. Et Deuxièmement parce qu'elle a osé me confronter. Moi ! Elle a osé me répondre et jouer les impertinentes pour me recadrer sur mon attitude et mon manque de correction à son égard après sa chute. En public, ce pourrait être un "Troisièmement".

Les effluves de son parfum chatouillent une fois de plus mes narines. Elle sent bon. C'est fleuri mais légèrement poivré, et ça lui va bien. Ses longs cheveux châtain clair qui blondissent sur les pointes tombent en cascade épaisse dans son dos. Je vois qu'elle se fige deux ou trois secondes, avant que l'ascenseur n'arrive à l'étage demandé. Et je crois bien qu'elle vient de se rendre compte de ma présence, ce qui se confirme lorsqu'elle brise le silence :

  • Bonsoir Monsieur Kavanagh.
  • Mademoiselle.

Les portent s'ouvrent sur le quinzième étage et c'est à mon tour de comprendre. L'étage des Ressources humaines. Elle m’a surpris en début semaine, pourtant les faits me prouvent encore une fois que j'ai raison. Les femmes sont si prévisibles. Et je suis presque déçu. Je la pensais différente, parce qu'elle paraissait l'être. Vestimentairement parlant, mais pas que. Plus discrète que ses prédécesseurs, plus organisée d'après Ethan. Pourtant... pas si différente au fond. La preuve en images. Elle quitte la cabine et se retourne une dernière fois pour me faire face. Bon, elle avait un certain cran celle-là.

  • Bonne continuation Monsieur Kavanagh, dit-elle son regard vert émeraude toujours amarré au mien.

S'il me fallait une deuxième confirmation de ce que j'avais déjà deviné il y a une minute, en voilà une. Plus de doute maintenant. Je ne me trompe jamais !! Je me crie intérieurement. Même si pour une fois, j'aurais accepté cette erreur.

Tandis que les portent se referment, je souris narquois pour lui montrer que j'ai très bien compris ce qu'il se passe :

  • Toutes les mêmes, je lui lance une dernière fois d'une voix claire.

Et elle de me répondre :

  • Connard !

Charmante jeune femme. Vraiment. J'aurais bien répondu "Salope" mais trop tard, l'ascenseur a déjà repris son ascension vers le dernier étage.

***

  • Liam ? Où est-ce que tu te caches ?

Pas assez loin apparemment ... je marmonne dans ma barbe.

  Mon cher cousin me rejoint à l'étage sans même que je ne lui aie répondu. Il a le chic pour toujours débarquer à des heures improbables. Comme maintenant. Un dimanche soir à plus de vingt-deux heures trente.

  • Liam si tu ne te reprends pas tu vas virer vieux garçon ! se fout-il de moi en se laissant tomber lourdement dans le fauteuil d'à côté. Franchement tu me fais peur vieux ! Aller viens on sort ! Les gars sont au Q2.

— Au cas où cela ne t'aurait pas frappé, je suis occupé.

— A regarder un film dans ta salle de ciné ou à travailler sur ton PC ? Excuse-moi mais j'ai comme un doute.

Merci de me tendre cette perche et si rapidement, nous allons pouvoir régler nos comptes sans attendre. Et dans bien des sens.

— Eh bien tu vois moi aussi j'ai comme un doute ! je lui assène en me levant après avoir mis mon film d'action en pause.

— Heu on parle de quoi là Liam ?

— Du recrutement ! je gronde en nous servant deux whisky. La première fois que l'idée m'est apparue je l'ai vite mise de côté, je lui annonce en lui tendant son verre, cela me paraissait énorme et indigne de toi. Mais hier l'idée s'est une nouvelle fois imposée à moi, et je me dis que ta vraie motivation ça doit être de gagner pour me prouver que ton charme est légendaire et que tu as toujours ce que tu veux. Alors dis-moi, comment ça se passe ? Tu partages les gains du pari avec Kristopher ?

Ses yeux s'écarquillent de surprise et j'y croirais presque. Mais au lieu d'avouer alors que j'ai découvert le poteau rose, il s'entête à nier. Aucun doute, nous sommes bien du même sang.

— Ok Liam, je ne sais pas ce que tu as bu mais j'en veux !

Il est doué. Il semble vraiment sérieux, tant dans le ton que dans son expression faciale. Et cela me vexe qu'il use de ses talents sur moi. Nous avons pourtant une règle d'or : jamais de mensonge entre nous. Nous avons grandi ensemble, fait nos études ensemble, nos conneries aussi. Beaucoup de conneries. Sur le papier il n'est peut-être que mon cousin, mais il est bien plus, je le considère comme mon frère. Il est mon frère. Mon meilleur ami même si nous sommes parfois en désaccord sur nos vies privées. Mais jamais il ne m'avait menti.

— Ne me prends pas pour un idiot, pas toi s'il te plaît ! je m'emporte. C'est bon j'ai compris le stratagème et je m'incline même ! C'est de bonne guerre. T'as triché mais maintenant avoue ! C'est que du fric je m'en fous je ne vais même pas te demander de me rembourser !!

— Merde Liam mais c'est quoi ton délire ? De quoi est-ce que tu parles ?

Non. Non. J'ai passé une semaine de merde et elle va réellement se terminer par une dispute avec lui ? Pour la peine, je vide mon verre cul sec et m'en ressers un qui se vide tout aussi vite.

— Allez tu veux que je t'explique pour être certain que j'ai bel et bien découvert ton manège ? Pas de problème ! Mais je ne te cache pas ma déception. Pas que tu aies monté ce plan mais que tu me mentes !

— Frérot je ne sais pas où tu veux en venir mais tu délires là ! Tu bosses trop, t'es surmené ! il me sermonne en haussant le ton à son tour après s'être levé pour me faire face. On est dimanche soir et même calé devant un film tu bosses ! Faut que tu lèves le pied un peu !

Il a raison mais c'est un autre sujet de discussion.

— Tu demandes à Kristopher de ne recruter que des jeunes femmes que tu es sûr de pouvoir foutre dans son lit ! Ou sur ton bureau ! Alors comment ça se passe, il leur montre une photo de toi à l'entretien ? Ou c'est l'agence d'intérim qui s'en charge ? Puis tu partages les gains avec lui ? Parce que je suis au moins certain que tu ne fais pas ça pour le fric ! Cinq cent dollars c'est rien pour toi ! Et du coup explique-moi, sur quels critères tu te bases pour décider si tu vas les baiser avant la fin de la première semaine ou la deuxième ? L'âge ? La taille ? Le poids ? La couleur de leur peau ou de leurs cheveux ? Leurs compétences professionnelles ? Vas-y ! Epate-moi !

Ethan se rassoit en me fixant méchamment. Un voile de colère passe sur son visage et s'y installe durablement. Si ses yeux pouvaient tuer, je serais déjà à terre. Et je connais ce regard, là il ne joue pas. Il est vraiment blessé... Est-il possible que je...

— Je ne sais pas ce qu'il te prend Liam mais t'as été étrange toute la semaine ! Alors je me retiens de ne pas te mettre mon poing dans la figure là tu vois ! Et je vais mettre cette attaque dégueulasse sur le compte de la fatigue, du stress et du poids qui pèse sur tes épaules ! Mais putain comment oses-tu croire que je ferais une chose pareille ! hurle-t-il tout à coup en envoyant valser ma table basse. Monter un plan aussi tordu juste pour pouvoir gagner nos petits paris, impliquer notre directeur RH en passant pour un sale pervers à ses yeux, et le pire te mentir ? Merde mais qu'est ce qui ne tourne pas rond chez toi ?

Allez savoir ...

— Ok, donc toutes tes assistantes sans exception finissent baisées parce qu'elles tombent toutes sous ton charme ? je lui demande interloqué.

— Liam je te jure que je n'ai monté aucun stratagème. Toutes ces femmes sont consentantes et je n'ai jamais eu à insister. Je connais la règle : j'essaie une fois, une seule et unique. Si elles me repoussent, je laisse tomber ! Je n'ai jamais triché ! JAMAIS !
réplique-t-il en pointant un doigt accusateur vers moi. L'intérêt de ce jeu pour moi ce n'est pas de gagner du fric, c'est de savoir choisir le bon moment pour obtenir un oui et tu le sais très bien ! J'aime les femmes et j'aime baiser je ne m'en suis jamais caché de toi. Et oui ça m'amusait de chasser mes assistantes. Et ma fierté est gonflée à bloc quand j'arrive à mes fins au bout de quelques jours à peine, moins quand je dois les séduire durant quinze jours avant de sentir qu'elles sont mûres. Mais quelle que soit la méthode, je n'ai jamais triché ! Elles craquent toute au bout de deux semaines maximum. Et si elle craque, je mets fin au contrat, tu le sais !

Merde ! Bon il y a un début à tout. Je me suis planté ! Et je le crois.

— Je te présente mes excuses Ethan, je lui lance en lui tendant la main en signe de paix. J'ai vraiment cru que je tenais l'explication. Mais finalement ma seule explication est que les femmes sont toutes des salopes.

— Liam non ...

— Oh ça va ! Ok tu arrives toutes à les baisers mais tu crois très honnêtement qu'aucune ne se laisse prendre dans tes filets uniquement parce que tu es Ethan Walsh ?

— Je ne suis pas si naïf Liam. Je sais très bien que certaines couchent plus avec le milliardaire que l'homme. Mais je m'en fous ! C'est pour une fois et même pas une nuit ! Et parfois juste une pipe alors ....

— Épargne moi les détails pour une fois s'il te plaît ! Quoi que non, la dernière elle a craqué où et à quel moment ?

— Rosie ? Je te l'ai déjà raconté la semaine dernière, pendant le voyage à Washington, le troisième jour...

Bon cette fois il me prend pour un con !

— Celle de cette semaine Ethan !

— Johnson ? Mais je ne l'ai pas baisée !

Oh.

Oh Oh même vieux.

— Oh. Eh bien deux erreurs en une journée j'ai fait fort ! je ris en me frottant la barbe qu'il faut que je pense à tailler demain matin. Alors puis-je savoir ce qu'elle a fait pour être virée avant même que tu ne l'aies utilisée celle-là ? Elle a raté ton café ? Car pour ce que tu m'en avais dit elle bossait bien. Elle a même...

— Liam je n'ai pas viré Johnson, souffle-t-il en passant ses paumes sur ses yeux fatigués par son escapade qu'il a dû être tout sauf reposante.

— Elle a ramené ses affaires au service RH à dix-neuf heures Ethan. Je l'ai vue. J'étais avec elle dans l'ascenseur. Et elle a aussi laissé un mémo sur son bureau à l'attention de l'assistante qui prendra sa place lundi. Je l'ai vu aussi, je lui explique, et je l'ai lu. Elle détaille le fonctionnement de l'agenda numérique et le code couleur qu'elle a mis en place pour savoir à quels rendez-vous vous tu as besoin de ton assistante ou pas...

— Ah c'est pour ça qu'il a plein de couleurs sur mon agenda ? me coupe-t-il. Je pensais que c'était un beug moi !

— Non c'est elle. Elle a noté toutes tes habitudes qu'elle a relevées, des process pour gagner du temps et plein d'autres trucs. A l'attention de ta nouvelle assistante. Donc quelqu'un l'a virée Ethan ! Bon navré pour toi vieux, tu n'as même pas eu l'occasion d'essayer avec elle, j'admets qu'elle était séduisante ...

Merde ça, ça m'a échappé. Et au regard qu'il me lance je m'empresse de préciser :

— Et ce n'est pas moi ! J'te jure !

— Mais moi non plus !

Il plisse les yeux, je sais qu'il met de côté pour le moment ce que j'ai dit, mais je n'y couperai pas.

— Tu as bien dû Ethan sinon elle ne serait pas aller rendre ses aff...

— Merde ! s'écrie-t-il en se levant de nouveau pour sortir son téléphone de sa poche, je crois qu'elle a mal interprété un truc que je lui ai dit !

— Quel truc ?

— Quand je l'ai embrassée vendredi soir et qu'elle m'a immédiatement repoussé, je lui ai demandé si cela aurait changé quelque chose si je n'avais pas été son patron et elle m'a répondu que non. Et avant de partir je l'ai remercié pour son travail. Je ne lui ai presque pas parlé samedi puis elle est rentrée seule à New-York. Je suppose qu'elle a cru que je la remerciais dans un autre sens ...

— Bon. Heureusement que je n'ai pas eu le temps de la traiter de salope alors ! je m'exclame sans réelle joie.

— C'est à dire ? s'enquiert Ethan. Pourquoi l'aurais-tu traitée de salope Liam ? Putain t'as fait quoi ?

— J'ai cru que tu l'avais baissée elle aussi quand je l'ai vu descendre à l'étage RH avec toutes ses affaires ! je me défends. Et quand elle est sortie de l'ascenseur elle m'a souhaité une bonne continuation, alors je lui ai répondu " toutes les mêmes " en pensant qu'elle se foutait de moi ! Et elle m'a traité de connard avant que les portent ne se referment ! Ton assistante m'a traité de connard !

Ethan me regarde les yeux ronds puis éclate de rire à s'en tenir les côtes.

— Merde ! Elle a des couilles ou quoi cette fille !!! dit-il hilare. Elle t'a traité de connard ? Dans nos locaux ? Toi ? Liam Kavanagh ?

C'est ce que je viens de dire, et ma colère monte d'un cran en entendant les faits sortir de sa bouche.

— Calme-toi ou tu vas le regretter Ethan ! Déjà que je l'ai mauvaise pour la réunion d’hier, alors ne me chatouille pas trop ! D'ailleurs demain 7H30 dans mon bureau, il faut qu'on parle du lancement des nouvelles offres.

— A force de jouer les connards il fallait bien qu'un jour ça arrive Monsieur le grand PDG ! raille-t-il pourtant en étant sérieux. Mais je n'aurais jamais pensé que l'insulte viendrait d'une petite nana de l'âge de ma sœur ! s'exclame cet abruti qui a bien de la chance d'être de ma famille, il est l'un des seuls à pouvoir me parler ainsi. Bon, je vais devoir rattraper ça maintenant ...

Au non ! Hors de question et pour plusieurs raisons ! Dont ma santé mentale.

— Oublie c'est non.

— Oh que si !

— Ethan j'ai dit non !

— Et tu as parfaitement raison d'exprimer ton point de vue vieux, me répond-il avec un clin d'œil en faisant défiler son carnet de contacts sur son téléphone, mais tu n'as pas ton mot à dire sur ce sujet. Elle t'a traité de connard et rien que pour ça, elle mérite de rester une semaine de plus !

Une semaine. Ok.

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