2

6 minutes de lecture

« Elestel est de retour, votre Altesse », fit parvenir un garde au roi.

Aquilino était encore dans son bureau, fatigué par le travail qu’il n’avait pas quitté sauf pour accompagner son domestique à l’écurie. Il avait également suivi une réunion épuisante avec ses généraux pour sécuriser la ville lors des fêtes de printemps qui s’était terminé il y a quelques minutes.

« Dis-lui de m’attendre dans ma chambre, nous parlerons là-bas », ordonna-t-il à l’homme.

Celui-ci s’inclina poliment et s’en alla.

Le colosse avait encore un peu de travail, principalement sur l’agencement des derniers stands qui participaient à cette période festive et quelques vérifications sur la quantité et qualité des aliments utilisés pour les banquets. Il devrait aussi vérifier les montants d’argents échangés, mais tout cela pouvait attendre demain, il aurait même le temps de profiter de sa mère qui rentrerai le jour d’après au palais.

Se levant de son fauteuil, il s’étira, détendant ses muscles raides. Après avoir traversé quelques couloirs il salua le soldat qui gardait la porte de sa chambre, et y entra.

Elestel était là, face à la fenêtre. Son regard gris était rivé sur le paysage de la ville et Aquilino ne put s’empêcher de le contempler. Sa beauté le fascinait : que ce soit sa peau sombre, ses cheveux d’une teinte à peine plus claire lui tombant souplement dans le dos et son corps, mince mais aux courbes généreuses comme celui d’une femme.

Le roi ne le quittait pas des yeux. Depuis le premier jour de sa venue au château il l’avait trouvé magnifique, et ce sentiment n’avait cessé de grandir en lui. Si au début il ne s’agissait que d’admiration et de curiosité, ces émotions s’étaient muées en quelque chose de plus fort lorsqu’il avait commencé à le voir en tant qu’homme, en tant que possible amant. Cela faisait huit ans qu’il l’aimait et voilà quelques mois qu’il avait osé le réclamer comme sien.

Son domestique tourna finalement la tête. Aquilino savait que derrière ce masque de sérieux se tenait le compagnon de ses nuits, timide et l’âme mise à nu sous son regard.

« Alors ? demanda finalement le roi en prenant place sur son lit.

  • Albert a dit que votre demande sera prête dans les temps votre Altesse. »

Le géant hocha la tête, puis détailla de haut en bas le plus petit. Elestel comprit immédiatement ce qui allait suivre et frissonna d’anticipation.

« Approche. », exigea le roi.

Le châtain ravala sa salive, le cœur battant. Une part de lui rêvait de se fondre dans les bras de son maitre, de le laisser le posséder comme il l’aurait fait avec une femme. Cependant il ne bougea pas. Il resta droit, un peu tremblant sur ses deux jambes, incapable d’avancer. Et si on les surprenait ? Et si tout ce qu’il se passaient entre eux ne servait à rien ? Jusqu’à quand aurait-il envie de lui de cette manière ? Le rejettera-t-il en se rendant compte que cette relation grotesque est vouée à l’échec ? Lorsqu’il prendra conscience qu’entre deux hommes ce n’est pas naturel ?

Le colosse le coupa dans ses songes quand sa voix claqua lourdement :

« Dois-je me répéter Elestel ?

  • Il reste encore quelques heures avant la tombée de la nuit, si quelqu'un...
  • Personne ne viendra nous déranger, viens », ordonna-t-il.

Les yeux fuyants, il s’exécuta. Lorsque la chaleur de la poigne du roi encercla sa taille, il lâcha malgré lui un gémissement. Les mains de son amant parcoururent sans ménagement son corps et celui-ci l’attira dans une étreinte brulante.

« Je n'ai pas fait ma toilette votre Altesse, insista-t-il pour se défaire de cette situation embarrassante.

  • Dans ce cas tu feras la mienne en même temps », répondit le colosse.

Sans que le serviteur puisse en redire quoi que ce soit, Aquilino le souleva. Dans ses bras, Elestel ne semblait rien peser, et pour le roi, il était aussi léger qu’un nouveau-né porté par sa mère. Il traversa la grande pièce de nuit et ouvrit sans soucis la porte de la salle de bain. Il le déposa au sol délicatement.

La pièce était entièrement faite d’opales, il y avait un grand évier sur la droite avec de larges étagères où étaient entreposé des serviettes et la baignoire (si on pouvait réellement l’appeler comme telle) était apparenté à un renfoncement dans le sol large d’un peu plus de deux mètres carrés.

« Déshabille-toi. »

Cet ordre vibra au fond du cœur du serviteur, et il s’exécuta en même temps que son maître.

Nu, le colosse était encore plus effrayant aux yeux du châtain. Il l’impressionnait avec ces muscles sculptés qui roulaient sous sa peau, par ce sexe épais et fièrement dressé sous son regard brulant. Dans ce genre de moment il regrettait d’être un homme. Il ressentait le besoin de devenir une femme, d’être celle qui serait en sa possession alors que son excitation, hideusement tendue et masculine, était la seule vérité.

« Puis-je me permettre de vous poser une question votre Altesse ? demanda le domestique en faisant couler le bain chaud.

  • Appelle moi Aquilino lorsque nous sommes seuls, je te l'ai déjà dit Elestel » exigea le roi.

Le colosse le poussa le plus petit vers le bain, sa main curieusement tendre appuyant dans le creux de ses reins. Aussi, la peau qui l’avait touchée resta aussi brulante que celle en contact avec l’eau chaude. Tout en évitant de le regarder dans les yeux, il se plaça derrière son souverain, à genou, et vint lui laver doucement le dos. Celui-ci était si large, faisant presque le double du sien et sa peau, bien que marquée par les batailles, était douce sous ses doigts. Elestel finit par souffler :

« Pourquoi ne vous choisissez vous pas une femme ? »

Il sentit ses muscles se tendre et l’instant d’après, son maître était sur lui, une main entourant sa nuque pour ne pas que sa tête soit sou l’eau et de l’autre appuyait au sol, il se maintenait au-dessus de ce corps si désirable.

« Remets-tu en question mes sentiment Elestel ? questionna-t-il avec agacement.

  • Non, Aquilino »

Le roi aimait follement son serviteur. Il l’admirait autant qu’il le convoitait. Il savait aussi qu’Elestel n’avait pas conscience de la manière dont il le regardait, il avait beau lui montrer, le lui dire, c’était comme s’il était aveugle et sourd. Il avait une peau parfaite, des courbes absolument irrésistibles bien qu’elles ne soient pas vraiment féminines. Le roi n’omettait pas ses longs cheveux, si doux, dans lequel il adorer passer ses doigts et les caresser, respirant leur doux parfum du bout du nez. Mais ce n’était pas son physique qui l’avait fait chavirer, c’était son regard : ses yeux gris qui reflétaient son âme, si pure, si délicate, et fatalement belle.

« Hélas, je ne peux pas vous offrir l'héritier dont vous avez besoin pour le royaume, rougit tristement l’homme.

  • C'est vrai, mais Gabriel sera un bon roi, et si ce n'est pas lui, son fils le sera » répondit-il.

Gabriel était le nouveau-né de la petite sœur du roi. Il était né cet hiver, il y a tout juste deux semaines, bien grand et en bonne santé, et si Aquilino n’avait pas d’enfant il serait le prochain monarque.

« Elestel, je te connais depuis que je suis bambin et je n'ai jamais voulu quelqu'un d'autre que toi », avoua le colosse en le mettant sur ses cuisses.

Il le contemplait avec tendresse et amour, comme toutes les fois où ils se retrouvaient tous les deux. Elestel rougit encore, non pas parce qu’il sentait l’excitation de son maître contre son ventre, mais bien parce que recevoir une si belle confession de la part du roi le laissaient fébrile. Il n’en avait pas souvent contrairement à ces attouchements amoureux, et cela les rendaient encore plus précieuses.

« Si le destin le veut, les mœurs changeront », dit doucement Aquilino avant de l’embrasser.

Annotations

Recommandations

Princesse40

Mon adoré, divin océan,
Sans toi j'ai été trop longtemps
Quel apaisement, quelle infinité
Grâce à ton chant, ma beauté

Tes larmes salées delicieuses
Sont une caresse fabuleuse
Oubliées mes peurs et ma douleur
Avec toi tout n'est que douceur
4
3
0
0
Lina.Lili

Je te regarde tous les jour
Tu t'asoir a côter de moi, puis tu copier ta leçons
Tu es si beau
Avec t'es reflait blond sur t'es cheveux,
Avec t'es yeux marrons qui me regard de temps en temps,
Quand tu me regarde tu me fais un petit sourir
Es-ce pour me dire que tu me remarque
Ou pour être polie je ne sais pas,
Mais je te regards quand même avec attention
Aujourd'hui tu t'es mis a côter de moi pour manger,
Je n'ai pas pus cacher ma jois, avec mon sourir jusqu'au orille
Tu ma souri et tu ma dit "Tu es belle aujourd'huit "
Je t'es regarde puis je t'es dit "Toi tu es encors plus beaux que habituellement"
La sonnerie retenti
Nous reston la a nous regarder Une heure plus tars
Nous somme rester la a nous regarder dans les yeux
Puis on prend le tram et on se dit en revoire.
Je ne voulais pas que c'ete journée s'arète
Mais je me convien que demain sa vas reprendre comme aujoud'hui.
Puis a se moment la je comprie lutiliter du mot aimer.
Car j'êtais amoureus pour la première fois.



2
1
60
1
naisa

Je t'aime et je t'adore
parce que tu me rends heureuse
parce que tu m'empêches
parce que tu m'empêches d'avoir mal

4
8
5
0

Vous aimez lire Ahmeiral ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0