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Saharg était la fière capitale du royaume de Ciert arborant de somptueuses sculptures, des bâtiments traditionnels et entretenus, et était construite sur une vallée au pied des immenses collines de Papaver rhoeas. Elle entretenait des liens étroits avec les villes et villages voisins en matière de commerce et de tradition lors des somptueuses fêtes de printemps : c’était la joie, les fleurs rouges, l’amour et le partage qui régnait durant cette période sacrée. Cette tradition perdurait, bien qu’elle date de très longtemps, surement orale avant qu’elle ne soit écrite sur les premiers parchemins gardés dans la bibliothèque de l’église centrale qui s’apparentait plus à une immense tourelle à l’architecture bien singulière. Si pendant les temps de guerre la vie avait été difficile, aucun habitant de la contré n’oubliait ces moments exaltants pour remercier la belle saison qui arrivait. Aussi, les gens venaient des quatre coins de Ciert pour voir les merveilles de ces journées et nuits de plaisir, peines d’une explosion de coquelicots parfaitement conservés et animées par des danseurs aux habits légers.

Le roi Aquilino régnait depuis ses dix-sept ans sur Saharg – aujourd’hui, il en avait vingt-quatre. Il avait hérité de la sagesse de son père, mort d’une triste maladie sans remède, et repris au fur à mesure les rênes du royaume laissé par sa mère qui appréciait désormais la douce tranquillité de voyager. Elle revenait souvent le voir, en se jouant de l’excuse qu’elle voulait s’assurer que son fils portait son titre avec respect, bonté et efficacité. Elle n’avait pas à s’inquiéter, l’ayant parfaitement élevé, il faisait du très bon travail.

En cette après-midi-là, le roi était à son bureau, le dos un peu courbé sur ses affaires, pendant que ses subalternes s’occupaient d’alléger du mieux qu’ils le pouvaient la charge de son travail, accrue à cette période de l’année. Le début des fêtes de printemps aurait lieu dans moins d’une semaine et les derniers préparatifs – ainsi que les mauvaises surprises – lui donnaient pas mal de fil à retordre.

« Elestel », appela le roi sans lever les yeux.

Le domestique, appliqué à ordonner les invitations par ordre de logement, pour un des banquets privés du soir de la fête, se leva doucement pour observer son maitre : un colosse d’un bon mètre quatre-vingt-dix, à la peau claire qui, par son physique de guerrier, n’avait besoin que d’un regard pour couper court aux mauvaises négociations et baratins qui ne lui plaisaient pas. Il savait que son roi avait suivi l’éducation rigoureuse de l’armée, et ressemblait comme deux gouttes d’eau à son père, excepté ses yeux noisette aux pépites dorées, hérités de sa mère. Pourtant, le serviteur ne le craignait pas, il était bon, tout comme sa famille qui l’avait recueilli lorsqu’il n’était qu’un enfant d’esclave ; il savait qu’on l’avait vendu à un bon prix, que son ancien bourreau avait mis en avant la beauté et la force qu’il acquerrait en grandissant. Le marchand ne s’était pas vraiment trompé. Ses longs cheveux châtains, ses yeux d’un gris révoltant, sa peau sombre et sa stature assez grande et mince dévoilant ses origines lointaines faisaient d’Elestel quelqu’un de très apprécié dans le royaume.

Alors même si on n’eut pas qu’une piètre estime de lui à son arrivé au palais, la chaleur qu’on lui donna lui fit oublier d’où il venait. Le roi et la reine l’élevèrent avec discipline, bienveillance et amour, à l’instar de leurs propres enfants.

Il s’approcha un peu de son maitre, prêt à écouter sa demande :

« Fait parvenir ceci à Albert, c'est important, ne le perd pas.

  • Tout de suite, vôtre Altesse. », répondit-il en prenant la lettre qu’il lui tendait.

Il tourna les talons, s’apprêta à partir pour quitter le bureau d’Aquilino lorsqu’il entendit sa chaise grincer. Levé, l’homme le dépassait d’une bonne tête, et bien qu’après toutes ces années il avait travaillé un comportement impeccable, ses joues prirent un légère tinte rosée en comprenant qu’il l’accompagnait jusqu’à la sortie du palais. Le roi se plaça à ses côtés, droit et fier.

Ils marchèrent en silence dans les longs couloirs dorés, quand bien même ils croisèrent des domestiques qui les saluèrent respectueusement. C’était un tableau que les résidents du château apercevaient souvent, leur roi en compagnie de son plus proche homme de main, et toutes les femmes, mariés ou non, rougissaient à chaque fois. La prestance du roi n’était pas entièrement provoquée par son physique de colosse ni par son titre, il avait un caractère doux, qui s’opposait directement avec les traits durs de son corps, et prenait soin de son prochain. S’il pouvait paraître effrayant aux premiers abords, lorsqu’on ouvrait doucement cette carapace de muscle on y découvrait un homme sensible et attentionné. Par ailleurs, Elestel n’avait pas à être jaloux : il était peut-être un domestique, quelqu’un pour lequel on ne portait pas plus d’estime que le travail qu’il fournissait, son élégance et la beauté décalée de sa peau sombre attirait le regard brûlant de beaucoup.

Ensemble, ils arrivèrent à l’écurie où un écuyer prépara avec soin un cheval.

« Soit prudent sur la route. », fit doucement le roi.

Il tapota son épaule, avant de laisser sa main tomber et frôler la chute de ses reins, puis il s’en alla. Une fois assez loin de lui, Elestel s’autorisa à souffler longuement, sa poigne droite serrée sur la petite banane de cuir qu’il portait tous les jours – c’était un cadeau qu’il avait reçu de l’ancienne reine, et en prenait grand soin. On lui amena sa monture, il l’enfourcha et l’écuyer lui souhaita bonne route.

A vrai dire, la relation qu’il entretenait avec le roi n’était pas saine comme le peuple le pensait. Il y avait des jeux de regards, quelques caresses, des baisers aussi, et bien plus encore qui aurait dû être interdits entre eux. Cet attouchement-là, il l’avait déjà eu ce matin en allant le réveiller, non, Aquilino lui avait même voler un affectueux câlin dans ses draps chauds et avait pesté qu’on le sermonnerait sur son accoutrement négligé.

Il ne se souvenait pas quand cela avait commencé. Cela ne datait pas de hier, les premiers sous-entendus avaient été présents lorsque le domestique était plus grand que le roi, c’est-à-dire avant qu’il mette un pied sur le trône. Nonobstant, les embrassades, les étreintes étaient nées il y a quelques mois, après un banquet bien arrosé où le géant, bien loin d’être ivre, lui avait volé l’effleurement d’un baiser avant de s’endormir, bordé comme un enfant par le domestique. Elestel avait tenté de ne rien laissé paraitre le lendemain, dans un espoir vain que son maitre l’ait seulement rêvé, qu’il l’ait confondu avec l’une des dames de sa cour à cause de ses longs cheveux qui avaient été coiffés pour l’occasion. Même s’il admirait l’homme plus que personne, l’affectionnait avec respect et dévouement, il ne voulait pas qu’Aquilino le voit ainsi, pas comme un possible amant car il transgresserait l’éthique de son peuple et offenserait son défunt père. Et lui, il serait vu comme l’atrocité qui l’aurait détourné du droit chemin.

Seulement, le roi en décida autrement. Le matin même il le fit venir dans son bureau et lui déclara sa flamme : « Elestel, je ne m’excuserai pas pour mes avances de hier soir, je suis amoureux de toi. ». Le dit Elestel, les jambes tremblantes, le cœur affolé, les joues rouges et les mains moites ne parvint à répondre quoi que ce soit de cohérent face à cette confession. Lui qui d’habitude était le maître du masque, de l’expression stoïque s’était retrouvé totalement déstabilisé. Il avait déjà reçu des déclarations, beaucoup de la part de femme toute plus timides les unes des autres, et même d’un homme une fois, mais jamais de la part d’un roi. Non, ce n’était pas un roi, c’était Aquilino, son roi et tendre ami qu’il adorait depuis sa tendre enfance.

Ensuite, le souverain lui affirma qu’il ferait tout pour le séduire, et ça avait marché, très – trop – rapidement. Chaque nuit depuis cinq bons mois, il le faisait venir dans sa chambre par le passage secret dans le mur (il avait été conçu par sa grand-mère pour que sa demoiselle de chambre puisse venir dès qu’elle avait besoin d’elle) et il repartait avant le lever du jour.

Il ne se cachait plus à lui-même les sentiments qu’il éprouvait pour son maître, peut-être qu’il même qu’il les avait toujours eus, cependant, en aucun cas ils pouvaient flirter en plein jour, c’était insensé et purement suicidaire. D’ailleurs, cela relevait d’une chance inouïe qu’ils ne se soient pas encore fait prendre.

Elestel sortit de la ville, et traversa les collines du flanc Est. En un peu plus d’une heure il se retrouva à la lisière de la forêt. Un bâtiment de bois, haut sur deux étages, juxtaposé à une maison à l’allure chaleureuse se tenait face à lui. Il n’eut pas besoin de descendre de son cheval, Albert, celui à qui il devait remettre la lettre revenait du bois avec deux autres hommes à ses côtés ainsi qu’un grand cheval bien plus robuste que le sien, qui tirait une partie de tronc. Il pressa sa monture et tendit la lettre cachetée du sceau royal.

« Voilà pour vous mon seigneur, de la part du Roi. », annonça-t-il.

Albert, le dos un peu vouté par l’âge et son travail d’ébéniste tendit sa grosse main caleuse pour prendre le papier. Il le lu rapidement. Ce vieil homme fort, était l’artisan favori du roi. Sa famille était réputée pour construire les plus beaux meubles, les meilleures charpentes et bien d’autres choses à base de bois du pays. Chez eux le savoir-faire se transmettait de père en fils et beaucoup d’apprentis convoitaient leur technique produisant un travail à la fois robuste et fin.

« C'est tout ? demanda-t-il très surpris.

  • Il m'a seulement demandé de vous remettre cette lettre monsieur, s’il rajoute quoi que ce soit je vous le ferai parvenir.
  • Tu lui diras que sa demande sera prête dans les temps, fit-il, puis ses traits s’étirèrent en un sourire poli.
  • Bien monsieur. », répondit le domestique.

Enfin il le salua et retourna au château.

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