99 - Une guerrière

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Je monte dans la voiture et réfléchis, pendant que mon conducteur fait son travail. Au bout d’un certain temps, je finis quand même par me demander où se trouve le lieu de vie de son père. Pourquoi est-ce si loin ?

— On va où ? je demande.

— Cette règle du silence, c’est seulement quand ça t’arrange, non ?

— Rrrrhhh, je grogne.

Il ne répond que par un sourire, puis allume la radio.

— Ça te dérange ? demande-t-il.

— Non.

C’est parti pour trente minutes de France Culture, dont l’émission traite des fonds marins et a l’air de passionner Léo. Finalement, il finit par se garer devant la maison, à mon plus grand étonnement.

— C’est pas chez ton père, je lance.

— T’es perspicace.

— Pourquoi ?

— T’as besoin de repos. Mais avant…

— … La piqûre, je termine.

Résignée à passer cette épreuve la tête haute, je sors de la voiture sans me plaindre et me dirige vers le lieu de torture. J’y retrouve Laurent-Outang, Margorille et le vieux crapaud qui me sert d’infirmière.

— Lara, tu nous as manqué !

— Mmh oui, bon, très bien, je me renfrogne en m’asseyant dans le fauteuil.

Aujourd’hui, je sens que je peux y arriver toute seule ! Léo doit le sentir aussi, puisqu’il garde ses distances, tout en faisant attention à ce que je reste dans son champ de vision. Quel petit malin !

— C’est bientôt fini, ma jolie. Tu as presque fait la moitié, me dit la saigneuse.

Je rêve où elle essaye de me rassurer ? Elle croit vraiment que me dire que j’ai PRESQUE fait la moitié va me rendre optimiste ?

— Va te faire voir !

Charmante, comme d’habitude.

Allez, Lara, tiens bon, ce n’est rien. Dans une semaine, ce ne sera qu’un mauvais souvenir, tu pourras dire que t’as vécu le pire en y survivant. T’es une battante, une guerrière !

— Fini ! Tu peux aller te reposer maintenant.

— Merci pour la permission, je grogne.

Je n’y peux rien, sa tête ne me revient pas.

Le Boulet ouvre grand ses bras pour m’enjoindre à lui grimper dessus, je ne me fais d’ailleurs pas prier.

— On va vous laisser, lance Margot. Léo, j’ai mis ton agenda à jour tout à l’heure. Mikail veut encore une remise, il m’a harcelée toute la journée. Je lui ai dit que tu l’appellerais demain matin.

— Très bien, merci encore. Bonne nuit à vous deux.

Ils s’en vont main dans la main dans leur maison au fond du jardin, tandis que je me fais poser sur une chaise autour de la table, où se trouvent plein de petits mets délicieux qui n’attendent qu’à être dévorés.

— Merci, dis-je avant d’enduire un avocat de mayonnaise.

— Pour quoi ?

— Pour ne pas avoir été têtu.

— Moi aussi, j’ai bon espoir que ça dure, répond-il en me faisant un clin d’oeil.

Nous passons ainsi la demi-heure qui suit à manger et discuter de nos impressions sur le pot de départ de Nassim. Léo me rappelle qu’il ne supporte pas mes deux collègues, et surtout la façon possessive qu’a Charlatan de me regarder. Je lui fais remarquer qu’il n’est pas mieux, ce à quoi il me répond que, lui, au moins, m’a déjà vu nue.

— Ton père ne va pas nous en valoir de ne pas être venus ?

— Non, je lui ai dit qu’il pouvait déjeuner ici demain midi.

— Merci de me prévenir…

— De rien, j’apprends à faire des compromis, tu vois ?

— Oui, c’est évident qu’il faut savoir faire des efforts pour prévenir sa petite-amie qu’elle va devoir se taper son beau-père au déjeuner, qui est, soit-dit en passant, son patron.

— J’ai seulement deux choses à répondre à ça.

— Seulement ?

— Un : j’aime quand tu te proclames être ma petite-amie. Deux : ne redis plus jamais que tu vas te taper mon père.

— Pourquoi, ça t’excite ?

— Tu mérites clairement qu’on te remette à ta place.

— Ah bon ? Et comment comptes-tu t’y prendre ?

Il se lève d’un coup et m’attrape au passage.

— Tu vas voir…

Ouuuh, je sens que quelqu’un va me détendre avant que j’aille me coucher !

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