52 - Une double planification

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Batman rapplique rapidement et me ramène à la cuisine, d’où une merveilleuse odeur de gratin titille mes narines.

— Au fait, tu ne m’as pas dit qu’on retournait à Paris jeudi.

— J’ai dû oublier.

— Bien sûr.

Il s’assied en face de moi et remplit nos assiettes de courgettes et pommes de terre. Une fois nos plats prêts à être dégustés, je décide qu’il est temps de larguer la bombe. Et quand je parle de bombe, je parle de moi, évidemment. Je lance donc mes somptueuses jambes à la recherche d’un bout de cuisse à caresser de l’autre côté de la table. Tranquillement, j’atteins ma cible et attends que mon adversaire daigne s’exprimer sur le sujet, verbalement ou non.

— J’ai remarqué que mes chaussettes avaient eu leur petit effet. J’espère que tu ne m’en veux pas, dis-je comme si de rien n’était.

— Comment ça ?

— Tu es désormais obligé de cuisiner, j’ai réussi à libérer ton elfe de maison.

— En fait, j’ai toujours cuisiné, mais tu le remarques seulement maintenant.

— N’essaye pas de brouiller les pistes. J’ai compris ce que tu manigançais et j’y ai mis un terme. Tu devrais me remercier de ne pas avoir averti les autorités compétentes au lieu de te justifier faiblement.

— Tu as raison, je suis désolé. J’ai clairement outrepassé les limites et heureusement que tu étais là pour mettre fin à cette situation honteuse.

— Très bien, mais que je ne t’y reprenne pas.

Je profite de sa bonne humeur pour remonter un peu plus mon pied le long de sa cuisse. S’il ne veut pas venir à moi, je vais l’y forcer. Le problème est qu’il sait très bien faire semblant et agit comme si je n’étais pas à quelques centimètres de ses parties intimes. Pas de souci, il ne me reste plus qu’à pousser un peu plus loin. Je tends mon pieds et effleure ma cible doucement, que je sens se gonfler au fur et à mesure.

Léo finit par poser ses yeux sur moi, il n’a plus le choix. Je ne me fais pas prier et lui rends son regard, même si la lueur que j’y vois me donne l’impression de me consumer sur place.

— J’en déduis que tu ne vas pas te laisser faire si facilement, hein ?

— Je ne suis pas encore prête à devenir un animal domestique.

— Ça tombe bien, je n’ai jamais souhaité que tu le sois.

— Si j’avais mes deux pieds valides, tu serais déjà à ma merci.

— Tu penses que c’est de cette manière que tu m’auras ?

— Oh non, j’ai très bien cerné ce qui te rendait dingue… et ce n’est qu’un début. Tu vois, moi aussi j’ai commencé à planifier.

— Toute stratégie se doit d’avoir un objectif clair. Quel est le tien ?

— Mon bonheur.

— Ainsi, ton bonheur dépend de ta faculté à contrecarrer mes plans ? Ce n’est pas très Stoïcien.

Pourquoi ça m’excite à ce point quand il me cite des courants de pensées philosophiques ? Il faut que je pense à autre chose que son corps nu contre le mien ou je n’arriverais jamais à me concentrer. Allez Lara, ressaisis-toi, tu n’es pas une pucelle en chaleur ! En même temps, il est si beau, avec son corps immense, sa mâchoire carrée et cette barbe naissante qui lui donne un air d’homme des cavernes. Combien de filles ont succombé devant ces yeux miel ? Mon Dieu, si ça continue comme ça, je vais finir par faire du shopping tous les jours, m’inscrire sur instagram, prendre des photos de tout ce que je mange et croire qu’il n’existe qu’un corps féminin parfait à atteindre coûte que coûte. C’est si cliché de craquer pour un physique pareil, qu’est-ce qui me prend ?

— C’est là où tu te trompes. Mon bonheur dépend de bien plus que ça.

— Et imaginons que ton plan aille dans le même sens que le mien, est-ce que cela réduirait ton bonheur ?

— Tout dépend de ton objectif.

— Bon, je suppose que nous sommes en compétition.

— À quel sujet ?

— Au sujet de ton bonheur.

Il pose mon pied, qui était toujours accroché à son entrejambe, sur le siège de la chaise qu’il quitte pour débarrasser la table. Son physique est peut-être parfait en tous points de vue, mais je me souviens aussi de sa personnalité taciturne, renfermée, trop calme, autoritaire et finalement, je me sens mieux. Il est aussi imparfait que moi et ça me va très bien comme ça. Après tout, moins et moins égal plus.

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Vous n'avez pas le droit au rajout de mots sauf les mots de liaison.
vous avez le droit de prendre des paroles de plusieurs chansons différentes."

Ci-dessous les chansons dont j'ai utilisé les paroles :

1: "C'était hier" - Agustin Galiana : http://dai.ly/x6f1tl5
2 : "La vague à lames" - Vanessa Paradis : http://dai.ly/xdwav1
3 : "Le rempart" - Vanessa Paradis (ici en duo avec Benjamin Biolay) : http://dai.ly/x1055b1
4 : "Pourtant" - Vanessa Paradis : http://dai.ly/x5hptlh
5 : "N'oublie pas" - Mylène Farmer featuring LP (partie anglaise traduite par mes soins) : https://www.rtbf.be/auvio/embed/media?id=2367643#
6 : "Dès que j'te vois" - Vanessa Paradis : http://dai.ly/x5hoop0
7 : "Dis-lui toi que je t'aime" - Vanessa Paradis : http://dai.ly/x5sepfe
8 : "Je sais" - Claude François : http://dai.ly/x1qwlln
9 : "On n'oublie jamais rien, on vit avec" - Hélène Segara featuring Laura Pausini : http://dai.ly/x8otp
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