Day in , day out ...suite

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Je repense souvent à la période d’avant ma situation de chômeur. J’étais cadre sup dans ma boite. Je tutoyais mon directeur entre deux parties de dix-huit trous. J’étais établi. Un Plan d’Épargne Logement à la banque, un livret de développement durable, une assurance vie. Je votais socialiste. J’avais un gros catcat BMW qui polluait un max, un cross over que je prenais à chaque fois que j’allais chercher ma baguette de pain chez ma boulangère en prenant soin de mater ses formes plus que généreuses. Hé oui, je suis un gros cochon et même un peu vicelard…Une vie de gros beauf, quoi! Con et golfeur. Je consommais. Je polluais. L’environnement, la planète, la disparition des éléphants en Afrique, j’en avais rien à foutre. Seul comptait mon petit bonheur personnel, avec ma petite bonne femme. De temps en temps je m’offrais un petit extra, j’allais au putes ou alors j’allais mater un film porno dans un sexshop. Maintenant, c’est dans une caravane que je partage le quotidien avec Raymond, un SDF, un ancien flic. Le seul souci c’est qu’il est homo Raymond et m’inflige “plus belle la vie” tous les soirs. Il aime bien revoir ses potes d’avant. Un cauchemar. Raymond, c’est un patient. Il sait attendre avec son chien, le ventre vide pendant des heures. Attendre qu’une pièce tombe d’une main providentielle. La faim ne lui fait pas peur. Seule la sauvagerie d’un humanoïde aviné lui fait peur. Un type sort de nulle part et commence par insulter puis à tabasser sans raisons. Le monde est fou. Raymond a eu droit à un séjour aux urgences, le bras et le visage tuméfié. La violence la plus fréquente et la plus plausible est plutôt verbale. Le classique "va bosser fainéant !" revient souvent dans la bouche du bourgeois bien sapé et bien coiffé. Les cerbères de la morale sociale. Il y a surtout les grosses bourgeoises, l’hiver engoncées dans leur vison et qui vous jette un regard glacial et sans appel avant de s’engouffrer dans leurs grosses bagnoles fumantes. Péremptoires et sans pitié. Parfois, je tombe sur une pépite. Je me souviens qu’une fois j’étais sur le parking d’un magasin Lidl. Je fixais une dame d’un certain âge, cheveux grisonnant, une dame à l’apparence comme il faut. Elle déchargeait ses courses qu’elle rangeait soigneusement dans le coffre de sa voiture. Je la fixais, la dévisageais comme on dévisage une femme qu’on aurait choyée et aimé. On sentait en elle le poids de la vie. Elle était veuve probablement. Elle portait cette culotte de cheval qui donne à certaines femmes un peu grasse une démarche lourde, pesante et lasse. Elle s’approcha de Raymond et lui tendit une pièce de monnaie non sans lui avoir spécifié la destination de la dite pièce: elle était pour le chien. J’entends encore cette injonction faite à Raymond:

-Attention, ce n’est pas pour vous, c’est pour le chien!

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