Paris, Quai Bourbon le 14 février 2019

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Il y a des lieux, des moments, des ambiances simples et furtives que l'on découvre d'un probe hasard. Et nous y tombons éternellement amoureux. Ces moments, si rares dans une vie d'homme, se f apprécier dignement mais très humblement. Faut-il encore s'en rendre compte lorsqu'ils se dessinen sur la blanche page de notre existence.

Cet instant est venu me frapper de sa soudaineté, alors que je marchais sans but le long de la Seine afin de profiter d'une courte semaine de congés. Il fait beau et j'aime si fort Paris qu'en plaisir solitaire je viens lui rendre visite. Je souhaite ne jamais oublier la beauté qui s'est dressée, au détour du Quai Bourbon.

Je viens de trouver le plus bel endroit de Paris... me suis-je dit, les yeux emmerveillés.

Je le traverse une première fois, accueilli par un authentique accordéoniste solitaire, il était là, sur sa petite chaise au beau milieu du pont et seule sa mélodie comptait. Elle était venue fretiller à mon oreille depuis l'autre bout. C'était savoureux et ordinaire, pourtant personne ne prenait le temps d'aimer, en ce jour des amoureux. Les regard sont coincés, avec un impropre naturel, sur les téléphones et vivre encore et encore à travers leur écran alors que par délà, il y a la vie et surtout une soudaine beauté rarissime.

Je me suis posé sur la terrasse de la brasserie de l'Isle Saint Louis, là à contempler tout ce que mon regard peut voir. Mon âme se sent vivre et malgré mon execrable vue, j'aime cet instant banal, je voudrais tant étendre le temps, empêcher la nuit de s'imposer car le soleil dévoile un sensible charme immanquable, je contemple là le théatre de la merveille. Paris est une merveille à elle seule.

Le soleil quant à lui caresse le vieux pavé froid de la rue, faisant scintiller les milles verres sur chacune des terrasses bordant les rives, c'est un spectacle saisissant jusqu'au delà du pont où s'élèvent élegamment les immeubles voilés d'un ton sépia couronné par le bleu du ciel transpirant de rayons. Tout autour, les langues se mêlent, du français, de l'anglais, de l'arabe, de l'espagnol et bien d'autres. Tout le romantisme que l'on prête à Paris se trouve ici.

Je pourrais y trépasser d'amour si soudain, je reviendrais encore et toujours y boire un café.

Paris, 55 quai Bourbon, le 14 février 2019.

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Jean-Paul Issemick

Penser à réciter un poème de voyage
   au banc de pierre
Penser à faire respirer le parfum de la fleur licencieuse
   à la vierge noire
Avant que de solitude rompus les amants ne se prennent
   à rêver qu'ils sont deux
   quand ils ne sont que folie

Penser à jouer avec les mots
   à gifler la tendresse
   à torturer les caresses
Penser à transpirer d'indécence
   à se farder de malfaisance
Avant que d'innocence convaincus les amants ne se prennent
   à rêver la douceur d'aimer
   quand ils ne sont que violence

Penser à extraire le venin des chansons tendres
   à redorer les cadres
   des anciennes blessures
Penser à humilier la beauté
   à tordre l'âme pour exprimer
   les eaux de souffrance
Avant que d'espoir caressés les amants ne se prennent
   à rêver d'éternité
   quand ils ne sont que passé

Penser à couvrir les lits d'abandon d'un drap noir
Penser à étouffer les cris du corps qui exulte de joie
Penser à déterrer le silence enseveli sous les « je t'aime »
   et surtout penser à penser
Avant que d'extases emportés les amants ne se prennent
   à oublier que l'amour
   chuchote avec la mort

   Et pourtant
Penser à relire ce vieux livre
Penser à ne pas renoncer
Penser à réveiller la vie au creux de chaque ride
   à s'épuiser d'émotion au coeur
   de chaque baiser
Penser à tout réinventer
Avant que de désillusion martelés les amants ne se prennent
   à hurler de rancune
   alors que le rêve se sera brisé
   ils dirons souffrir
   repus de suffisance
   ils chériront leurs larmes esthétiques
   Mais à aimer ne se seront point risqués.

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