L’amour égoïste

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Haïssons-nous pour ce qu’est l’autre ou pour ce qu’on n’ose lui objecter ?


Au lycée j’ai eu une soudaine envie de m’informer sur les maladies à raison d’une lecture Wikipedia par jour, je m’y suis tenu une semaine, surviennent des fois des idées saugrenues qui surgissent telles quelles d’elles-mêmes, comme ça, comme de l’envie de baiser.
Frénésie luthéraire m’égrenant parmi l’écoulement du supplicié sablier. Doux murmure d’absence de bruits. Sourd. Je désirerais ardemment en la lectance ne plus m’irriter de crispations de tord-noyau. Outre l’aphasie, ressentir ou plutôt devrait-on dire ne plus ressentir cette douleur tonitruante grâce aux vertus analgésiques... MORPHINE !!!
N’y a-t-il plus frustrant que d’avoir été à deux doigts d’en disposer ? Comme d’un rêve oublié au réveil.
On se bat car on ne croit pas. Profondément tristes nous luttons tels des picaros modernes. De cette énergie noire nous en avons besoin. Nous ne pouvons croire qu’en une vie, profondément notre corps nous le scande de ses maux.
J’en ai marre. J’en peux plus. L’échafaud se dérobe sous mes pas. Comme un roc je me fracasse — je me fends — brisé en miettes projetées en tous sens. Loin du rivage, bien loin, très très loin...
Faut pas le dire aux autres qu’on les aime, ça pourrait les choquer !
L’Angoisse gouverne nos troubles et distord nos humeurs, maîtresse de nos vices elle nous enchaîne à notre condition humaine tragique, propre à une destinée toute tracée, desseins du divin ! Et quand elle s’absente et nous livre à la Liberté on l’oublie dans sa fureur de vivre sa folie avec la Vie. Déchaînement des instincts, retenus depuis bien trop longtemps par la Frustration, avec élans de violence et puissance érotique. À la limite d’une sauvagerie bestiale, démoniaque, satanique ; notre ardeur nous consume dans nos derniers retranchements... à voir en pleine conscience — de soi — des ravages de cette guerre mondiale apocalyptique. Être témoin impuissant de cet effondrement. Alors notre seule volonté nous dicte d’abuser de notre puissance et d’exterminer la moindre trace de ce qui représente pour nous un espoir-miracle — suppositoire de toute civilisation — à s’opposer à la grande Inconnue. Le nihilisme tend à annihiler toute valeur qui prônerait la vie en vertu et le bonheur en étendard, ces ragots nuisent l’esprit et tordent les boyaux. — Autant tout emporter ! Mort à la Vie ! On se venge, on se venge, comme on peut. Mais surtout, surtout, tel que nous l’Angoisse subliminale de sa langue de serpent. Une langue qui nous brûle le cœur et se répand insidieusement... (ah... l’espèce humaine!) subrepticement.
Pourquoi aime-t-on tant acheter « convulsivement », — société de con-sommation —, non pour accumuler mais par manque de sens et de confiance, car l’on peut s’approprier les choses aisément de cette façon, la possibilité de le faire nous rend puissant. Illusoirement, évidement. S’occuper l’esprit, le temps de digérer ces dépenses une fois rangées de côté dans notre proche univers matériel et casées dans notre système de rangement mental. Des sortes de peluches dont rapidement on extraie les yeux et les tripes de lassitude.
Je me sens bien. TROP bien !!! Que je ne sais pas quoi en faire de cette énergie. Je suis vide, je tourne en rond, je souris. Je m’ennuie si je ne fais rien, pas vraiment mais je me sens inutile comme perte de temps... ah ! où a disparu la vertu de l’oisiveté et l’art de la paresse ? Je m’allonge une Milena à la main. Je lis, non pour le plaisir mais pour me replonger dans mes songes et dans les mines de ma mémoire. Je réfléchis bien plus quand je lis pour m’introduire, m’explorer, m’expédier. Je ne sais pas... aime-t-on se morfondre ? A-t-on besoin de cette énergie noire pour éclater de ses rayons aux moments opportuns ? Est-ce un confort de le croire ? Pourquoi alors s’infliger une rencontre avec ses plus néfastes pensées ? Autodestruction.
Crevé le week-end ? C’est une peine qu’on s’inflige. Un fardeau de fatigues pour éviter l’ennui. La tristesse plutôt que la mort ! Un prétexte à la fainéantise. Ces créateurs de néants : ces anéantis flegmatiques, coutumiers.
Quand je suis à la maison parentale je me souviens que j’ai une famille. Quand je suis entouré d’amis je me souviens que j’en ai. Quand je suis seul je me souviens de tous mes tourments. Quand je pense à quelqu’un je me tourmente à son sujet. Quand je ne pense à rien je culpabilise. Quand je pense au néant je n’y crois pas vraiment. Quand je pense au suicide j’ai comme l’impression de m’achever, de le réaliser. Angoisse de n’avoir jamais été là pour moi...
Recroquevillé. Se perdre en face de la face du monde. Se retrouver en face à face avec son monde. Se brouiller avec son moi en son moi.
On retrouvera au hasard — sous des couches de sédiments — mes ossements.
Maudites sont les étoiles fuyantes qui maudissent vos espoirs — qui ne sont qu’afflictions de pures pertes —
Malade. Maladie de l’âme. Malade de corps et d’esprit. Malade. La Mort cruelle ouvre ses bras, le sourire narquois. La Vie cruelle, sifflotante, se détourne de moi.
Écoute d’un podcast sur Paul Valet, un intervenant en parle comme une révélation quand il l’a entendu à la radio, agité par des tremblements, j’en tremble à mon tour. Le gisant debout qui ne peut qu’offrir son gouffre. Quoi de mieux sinon son blanc entre les lignes ?
La panacée des psychiatres et autres psys est de ressentir des tensions et relâchements, de jubiler des fous et, enfin, de les torturer par incompétence — par absence.
Absence de puissance. Nuisances. Dépressions. Trou de ver. Vertige infini. Chute libre contre courants ascendants. Étourdi par la violence, la vitesse, de l’atmosphère. Chute. Silence. Compressante angoisse de l’absence. Trop tard. L’absolu s’est perdue. Absolu de l’absence.
C’est la bouche amère (littéralement) que je rumine mon désœuvrement présent et celui de tout temps, témoignages miséreux ou anorexiques n’aident personne, pas de consolation à déterrer de ces entassements de plumes et d’encre, juste la douleur qui annihile un instant l’être conscient souffrant. L’espace d’un instant, d’une ligne ou d’une page. Encore et encore. S’oublier aux travers de ces traits. Se disloquer* [*remplacé automatiquement par dialoguer] dans ces alignements monotones et militaires des mêmes lettres, des mêmes maux, de la même rumination... perpétuelle...
La vertu du Sacrifice me vomie. J’abhorre ceux qui vivent au crochet d’un prétendu humanisme, d’un espoir d’un futur fleuri. Des tombeaux sur lesquels ils s’assoient prêts à déféquer leur morts, à violer leur sépultures et à dévorer leur cadavres. Je les haïs ceux qui croient en une descendance, leur naïveté me désespère. Je haïs ceux qui croient que c’est foutu pour la descendance, leur terreur ne changera rien. Ces inconscients détruisent tout existence avec leur tête réduite, ce sont des déchets, ils causent comme si la terre se résumait à une fondation monolithique.
Dimanche soir, citoyens sages.
Pourquoi les gens sont ? (comme ils sont)
PARANOÏA, jeu de rôle perdu, colis en attente depuis plus d’un mois. Ironie du nom.
Je comble les trous du manque par la consommation. Je haïs cette société consumériste ; des clones, de la vitesse, de la pression, du « manque » de temps !!!!!
La GUERRE est plus qu’un concept, c’est une raison de vivre : une justification à l’extrême de soi, un instinct véritable, un incendie ravageur, une vérité foudroyante ! Sans guerre nous sommes démunis, en dehors de nos retranchements, de nos retraites, de nos trous d’obus, contemplant hébétés et ennuyés d’une plaine dévastée, un no man’s land, une terre épurée, lavée, torchée, hors d’usage. Paysage de désolation. Ton visage désormais hors d’âge est portrait reflet de cette méphitique réalité. Traits désespérés, angles rugueux, osseux, à chair larvée chair vérolée. Il n’y a plus qu’à creuser sa tombe. La fosse du copain est aussi bien la nôtre que la sienne, peut-être même bien plus la nôtre que la sienne. Lui n’existe plus : il en a fini de souffrir inutilement pour passer le temps. Il est arrivé à échéance, sa coquille s’est craquelée... D’une humeur à une autre humeur : « Le cycle aux montagnes russes ».
Zelda n’est pas actrice de sa vie. — Inconsistance. Tourbillon d’émotions. Doigts qui s’agrippent, à cause de vitesse s’émiettent... — brisures, cassures, déchirures,
Tu n’en parles que comme d’un prétexte pour toucher des bourses, l’aimes-tu ou feins-tu l’indifférence ? Chagrin. Ne vois-tu pas que ça blesse. Bien plus que tu ne l’imagines. À quoi joues-tu ? Ces pieds sous la table qui m’enserrent ? Est-ce un jeu pour toi ? Dis-le moi ! Je suis muet, aphasique quand je tremble devant toutes mes contradictions, devant toutes ces différences, devant tous ces troubles de la réalité-imaginaire. Les mots ne sortent pas. Trop tard. Je les pense, ils s’autodétruisent. Sur ces ruines j’en improvise de nouveaux, fades et inconsistances, triviaux. Je ravale mon amertume corrosive, qui elle me dévorera de l’intérieur. Alors comprends la haine qui essaye de s’arracher à mes crispations d’angoisses. J’ai terriblement peur de Ça ! J’imploserai ; je l’ai su dès que ma frustration ne pouvait plus y tenir et m’a jeté dans l’abîme de la Dépression. La seule fidèle amante qui ne ment pas comme elle respire. Dégoutante de vers immondes et d’horreurs-charognes de vérités à l’uranium. — Gouffre de pétrole magmatique — Horreur du Néant !
On est vides. Caissons irrécupérables. Vides. Peut-on être rempli de vide ? Oui, alors nous gonflons. Le vide prend de la place, gaze et s’échappe, ou éclate. On se remplit pour combler ce vide par ce qui nous entoure. On se joue des tours. Pour sembler plein de vie, non de vide !
« L’artiste vient à la Vie pour un accomplissement mystérieux, il est un accident, rien ne l’attend socialement. » — Odilon Redon.
Individuellement nous œuvrons pour la grande usine radioactive qu’est la Civilisation. Nous la nourrissons de nos âmes, elle se nourrit de l’âme du monde.
Je ne connais (pas encore) plaisir plus grand qu’éprouver vives flammes dévorer la chair, vifs éclats brûlants, torride au contact des fluides.
Angoisse agit comme à retardement, une bombe qui n’en finit pas avec son tic-tac... J’engrange malgré moi la somme des soucis et inquiétudes de la phobie sociale (des situations sociales, plus exactement) quotidienne pour qu’elle me comprime l’estomac et compresse les articulations — bloc de marbre qui s’effondre sur lui-même, s’écroulant...
Chevalier inexistant montant à l’assaut de batailles endiablées, et, à la conquête de forteresses maudites, inexistantes.
Hantise de ma mutilation : épluchure de mon Sexe !
Tu imagines le temps perdu à lire ou à entasser futilité sur futilité ? Le temps perdu à enchaîner les futilités à tes pieds pour t’éviter de décoller lestement. Le temps perdu qui ne reviendra plus, celui-ci jamais tu ne le comptabiliseras comme une perte sinon tu t’effondrerai de tant de vanité. De tant de gaspillage. Du temps tu n’en as pas. Pourquoi ? C’est effrayant le temps ! Profiter du temps présent ? La blague ! Spéculer sur l’instant ! Quoi de pire à faire que de se monter la tête d’étoiles ? Ne pense pas trop. Oublie souvent.
L’espoir est un mirage mouvant, similaire à l’horizon, jamais atteint.
Pour ne guère s’ennuyer sur la terre il faudrait orchestrer un théâtre d’ampleur mondiale ! Voilà une vie de rêve !
Se rassure-t-on à certifier que la dépression apporte un souffle à la vie et fait mûrir si bien (peut-être trop, que le fruit pourri bien vite) qu’on peut enfin s’accomplir en soi. Peut-être, en revanche si c’est une illusion de plus, nous sommes dupes de nous-mêmes pour nous survivre. Ceux qui ne l’on pas vécu, — bien peu, bien portants — ne vivent-ils qu’à moitié ? Au moins eux ne peuvent se vider...
Quelle coïncidence ne m’a jamais tant troublé que celle-ci lors de cette nuit d’insomnie, la seule œuvre cité dans un livre est celle étudiée ce semestre et en particulier aujourd’hui : Norma (en représentation d’opéra). Après demain nous allons à Toulouse pour y assister. Ce livre : Suicide de Édouard Levé.
Je suis errant Je suis néant
Pourquoi ne puis-je pas te dire que je t’aime ? Ces mots se gargarisent et ne dépassent pas le bout de ma langue. Tu n’es plus la même. Mon esprit pervers s’amuse de moi. Je voudrais le faire taire.
Il y avait. C’est tout —
Tout va trop vite : hypersensible, tu perds ton sang-froid.
Nous vivons d’illusions. Comment font-ils ceux qui les défèquent ?
« Que se passe-t-il lorsque chute sa croyance en un Autre ? » : L’insensé. L’effondrement. La chute en soi. Cet absurde abîme dont nous craignons le fond. On ne peut supporter longtemps cette attraction, cette pression, cet écrasement.
Pourquoi la vie t’apparaît si étrange ? Tu n’es pas d’ici. Tu as été exhumé de ton tombeau. Tu es gisant. Endormi à l’agonie. Mort-né en sursis. Pourquoi es-tu sorti ? Tu ne l’as pas voulu. On t’a extirpé de cette chair comme une tumeur. Tu es — nécrosé.
Nous nous abrutissons dans les temples mortuaires du divertissement ou sur les pyramides hautaines du sacrifice. Cependant il nous faut nous risquer pour éviter l’accablement des ratés. Se mettre en danger avant de regretter. Être vivant contre la mort du vide de nos pupilles troublées par de malsaines diversions. Les larmes au coin des yeux. Lamentation surréaliste de notre condition d’impuissance. Nous préférons nous apitoyer que nous réjouir. Après la réjouissance, la nostalgie et l’affliction. Après la tristesse, rien.
Le contraste entre rêve et réalité nous fait fous.
Comment ai-je pu rester les bras croisés sans me couper ? Je suis un cut-up VIVANT !!!
À toutes ces filles qui croient qu’attendre la vie toute leur vie leur rendra la vie ; (perdue dès le premier sang ;) je leur fais un doigt !
Le trouble, l’angoisse, l’impuissance du verbe, la mélancolie et l’empressement (l’ennui suscitant la frustration) sont des électrons d’une violence impossible à neutraliser par quelque exorcisme que ce soit ; une violence qui ne peut s’exténuer par les forces extérieures, le déchirement organique est une fissure protéiforme hautement inflammable, et inextinguible dès lors. La violence (organique) se révulse en elle-même et alimente sa haine (viscérale) sévissant tel un anticorps (autophage) — fonction déclenchée d’autodestruction.
Vu de l’extérieur l’hypocrisie a ce je ne sais quoi d’amusant.
Si vous ne mentez pas le « beau » monde vous fuira, sinon vous mentez comme vous respirez. Soyez superficiels ! Heureux sont les simples de mœurs.
Égoïstement on imagine que l’on a laissé une bonne ou mauvaise impression à quelqu’un, qui sans doute ne nous reverra plus, inquiétude infantile qui nous permet de prospérer dans un imaginaire-continuum de notre pathétique existence insensée.
Je veux un ciel plus sombre. Faites moi taire ces lumières ! (Lapsus : limites).
Crois-tu que ma passion est la dépression ? Peut-être puisque la passion est une souffrance. Mais crois-tu que l’on puisse désirer ce que l’on possède déjà ?
Une ex-S a remarqué que je devais être bel et bien au bout de ma vie pour lire du Nietzsche. Quelle naïveté touchante ! Si ce n’était que ça ! Si c’était le cas, ça fait depuis la première ou terminale que j’ai les deux pieds dedans !
J’aime ce qu’il y a de plus viscéral chez nous : la Folie. Je pourrais en faire de ces éloges à cette chère amante ! Sans elle, qu’est-ce je ne serais pas ?
Écrivant pour me vider l’estomac, m’évacuer... vacuum ! Bûcher de vaniteux !!
Souviens-toi ; si tu ne comprends pas tu ne le veux pas.
Je parle avec des fantômes fantasmés par mon imagination vide-fertile.
« Ton suicide rend plus intense la vie de ceux qui t’ont survécu. Si l’ennui les menace, ou si l’absurdité de leur vie jaillit au détour d’un miroir cruel, qu’ils se souviennent de toi, et la douleur d’exister leur semble préférable à l’inquiétude de ne plus être. Ce que tu ne vois plus, ils le regardent. Ce que tu n’entends plus, ils l’écoutent. […] Tu es cette lumière noire mais intense qui, depuis ta nuit, éclaire à nouveau le jour qu’ils ne voyaient plus », Suicide, É. Levé.
À travers toutes les espaces blanches de ce Journal transparaît cette ligne : Monologues et dialogues épidermiques ; Voici ce que fut ce journal, cette exploration vingt milles lieues sous la chair.
« Ça fait plaisir de t’avoir vu ! », suffit à se sentir joyeux et souriant.
Pourquoi ne répondent-ils pas, ces idiots, quand un mot m’échappe ? Existent-ils indépendamment de mon esprit ? J’ai eu quelques fois des vertiges existentiels de ce type-là — comment dit-on déjà ? Ontologiques, non. Solipsisme !
Eris m’a oubliée. Je ne peux donc, nuit après nuit, ressusciter comme le soulignait Nietzsche. Les vertus du sommeil et de l’oubli pour l’activité, à contrario le savoir intrigue le savoir, ce dernier s’imbrique dans la mémoire infinie du savoir (monolithe qui s’étend si loin qu’un milliard de vies ne suffiraient à atteindre son extrémité). NB : c’est un anneau.
Black-out à 6h : levé à 16.
15 minutes au téléphone pour un dilemme racinien dont je ne sors pas indemne. Un dilemme racinien n’offre aucun choix ; alors pourquoi me laisser le choix ? C’est absurde de parler tant pour si peu. J’ai dû causer par mots brefs a maxima trente secondes. Prolonger le monologue, répétitions inlassables, phrases entêtantes comme s’il les répétait bien fort que ça rentre dans mon crâne — marteau-piqueur. Il joue peut-être au téléphone arabe en rajoutant un petit plus à chaque ressassement.
Quand une fille me plait je suis sidéré par l’attraction qu’elle peut aisément exercer sur moi. Mon désir, d’abord dans le déni, s’accroît s’il y a rapprochement affectif et relation tendre et attentionnée. Je rêvasse, je sublime, j’idéalise, je fantasme. Et j’en souffre — après-coup — d’être atone et aphone en sa présence... Comme pour mimer la morgue d’un être d’exception au-dessus de ces maigres considérations matérielles, vulgaires, obscènes (s’il n’y a que drague et jeux de séduction). J’en souffre solitairement dans mon lit, tourmenté d’angoisses. J’essaie de palier au manque en devenant hyperactif, en m’épuisant par mes névroses, m’attaquant compulsivement à moi-même en me négligeant, en dépensant à tout-va, en m’abrutissant l’esprit jusqu’à en avoir la nausée... Je fuis la réalité de ma piteuse nature de tétanisé du bulbe. Ensuite, je trébuche dans une dépression, me perdant dans une chute sans fin, où l’obscurité règne et m’écrase sans fin vers le fond. Inexorablement. Seul, je deviens fou. J’exècre la race humaine. Je m’en prends à moi-même. Enfin, le calme après la tempête. La disparition a creusé un trou en moi. Un courant d’air passe. Je respire. Cette plaie existe mais ne saigne plus. Elle ne peut plus saigner. Elle s’est vidée de ses réserves et de son pus. Elle se nécrose. Elle me nécrose. L’espoir est mort pour ça, à l’abandon l’illusion, à l’agonie... Mon parcours de deuil habituel pour une fille quelconque auquel j’aurai tant aimé partager plus que de la souffrance de mots incompris. Répétez le schéma pour n’importe quelle perte. La vie est en deuil. L’existence est la Passion de la Perte, de deuil en deuil, d’oubli en oubli...
L’Angoisse surplombe toutes mes décisions. En fait, je n’ai plus le choix, je suis tellement présent à ce qu’il advient que je suis absent à moi-même. L’Angoisse entrave la liberté de mouvement, de penser, par des biais cognitifs de fuite et de rationalisation négative propices à l’inaction, à la passivité subite.
Dès le début de ma démesure dionysiaque d’écrire une saga absolue j’ambitionnais de compiler en dix tomes, l’équivalent de dix mille pages, l’encyclopédie de toute science humaine et tous les genres littéraires en une œuvre ainsi que tous les mots existants dans toutes les langues existantes. Pour faire de cette œuvre un savoir absolu, une œuvre globale où n’importe quel livre pourrait puiser sa source. N’importe quelle œuvre !
Les liens de parenté devraient se couper quand le cordon l’est, quand le sevrage l’est — pour une seconde fois —, quand l’adolescence l’est. De quel droit dites-vous fils ou fille ? Dites jeune homme ou jeune femme. Est-ce déshumaniser sa progéniture de ne pas la dénommer par des liens de filiations patriarcaux et rapports hiérarchiques intrinsèques ? Ce n’est pas une question : c’est un constat qui mérite une vraie mise à l’épreuve, si elle n’est déjà prouvée par la somme de souffrance qu’elle engendre, une réévaluation des valeurs. Non par intérêt égoïste mais par intérêt communautaire ; non par la tension opportuniste mais par l’entente bienveillante. Mais l’espoir d’une harmonie est un rêve trop noble pour l’humanité. Le rouleau-compresseur de la civilisation bétonne le chaos naturel des choses, en ayant la prétention insensée de domestiquer le monde. La civilisation est la lèpre du vivant-néant, elle détruit ce qui ne lui convient et survie aux dépens de tout ce qui n’est pas lui.
Lapsus tout en écrivant une introduction : est caractérisée par sa « solitude »...
Pourquoi tu fais ça ? Tu es cruelle. Tu me perturbes dans mon travail juste parce que tu n’arrives pas à dormir. Et tu me laisses en plan dans l’attente d’une réponse. Si c’est juste pour te désennuyer que je suis là, oublie-moi !
Qu’elle soit douce ou cruelle j’ai atrocement besoin de ta présence ! De toi !
Vie, si je te pose encore une question : ne me prends pas sous ton aile et détruis-moi ! Garde entre tes griffes ta générosité habituelle.
Je ne me comprends pas alors comment veux-tu que je te comprennes ? Les stries mesurent toute l’envergure de mon impuissance. Je ne vois que ça.
Avoir le plus grand des luxes : SE détruire.
J’inverse l’axiome (ton truisme) ; l’écho d’une outre vérité s’ouvre à nous : il faut rêver pour vivre, et non pas vivre pour rêver.
Tu sais tu l’as toi-même dit : « Ça ne m’étonnerait même pas si un jour j’apprends que Tom a tué quelqu’un. » As-tu pensé — une seule seconde — que ce quelqu’un pouvait être moi ?
(Devinette) Je n’arrive pas à vivre. Au fond du trou je me crois maudit. Dans les ténèbres, sa brûlante lumière me calcine, encore les corps me pèsent, et écorche toute surface charnelle réduite, à leur laideur la plus immonde. Le désir me consume, et en attendant, l’ardeur se tourmente de son manque, l’âme en peine se détruit, incompréhensible... au bout du tunnel l’Angoisse de n’y trouver qu’un Enfer bien pire qu’ici, la Peur rôde en ces murs tels des rats grouillants, je ne veux même plus voir cette blancheur qui me dévore la rétine. L’Aveugle est un Démiurge Suicidaire ou un Archange du Néant. Ou bien n’est rien... ou bien... Cet instant est malheureux et pourtant, et surtout, pourrait être le dernier. Je ne m’y résoudrai jamais. Je haïs l’abandon. Pourtant je ne fais que m’échouer. D’île en île. Jamais je n’ai de toit. Condamné aux caprices des éléments. Malmené par mon ignorance. Déchiré par la futilité de ma connaissance. Ravagé par l’absurdité de mon trauma. (Qui suis-je ?) Mon « irréel moi » se joue de mes cogitations morbides. Pourquoi encore écrire ? Survivre ? Si nous ne pouvons changer... à quoi bon ? Comment puis-je vraiment aimer la Vie ? Si celle-ci ne pense qu’à me rejeter, ne pense qu’à m’abandonner, sachant pertinemment que je cours à ma mutilation, en bon gibier de potence. Elle me repousse comme si j’étais déjà mort. Peut-être l’ai-je trop blasphémé que ma vivacité s’est tue. Ma flamme s’est éteinte face aux ténèbres. Vie est morte ! Nous l’avons tuée. Nous traînons son cadavre mutilé à travers les sentiers de la perdition. Nous vouons un culte à la Mort, célèbre inconnue qui nous préserve de ses mystères, ainsi elle nous permet de nous consoler de cette existence ponctuée, et, souvent, dictée par la souffrance. En revanche la vérité nue de notre vie est un fardeau qu’il s’agit de supporter minutieusement à chaque instant comme le premier d’une longue veillée qui n’en finirait jamais de ses longueurs exténuantes. À la longue, on finit par désirer la torpeur de la réalité, la dissolution dans le sommeil, l’effacement et l’oubli dans la nuit. Ce retour, fusionnel, à la Mort que nous voudrions éternel !
Je revêts les parures du lyrisme pour me contempler à l’œuvre, tel Narcisse. Je n’y crois pas vraiment. Seulement laissez-moi quelques secondes de répit (à défaut d’un sommeil profond au calme plat). Ces phrases propices à l’éblouissement schizophrénique du moi me dépossèdent. Je suis nu. Je suis vivant. Je est un autre.
Est-ce que je te fais peur ? Dois-je en rire ou en pleurer ? Jouer avec les fils de l’existence, devenir marionnette dans un grand guignol, instrumentalisation de la scène, la rompre à sa volonté propre, jouer de masques et d’artifices. Le monde est un grand théâtre où des figurants se prennent trop au sérieux, tandis que des acteurs principaux se jouent la comédie quand les metteurs en scène changent le script comme de chaussettes pour intensifier l’ambiance dramatique car il s’agit de l’interpréter à fond !
J’espère pouvoir profiter de mon analyse médico-légale !
Quand je serai heureux, promis j’écrirai un journal heureux !! quand je serai...
Je crois que... je vais me suicider... Je crois que... je t’aime...

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gian paolo

Myrtille est une fille charmante, j'devrais plutôt dire un abricot charmant, car Myrtille est un abricot.
Depuis peu, elle a perdu son travail (vendeuse chez Saïd, l'épicier) et tout s'est enchaîné. Plus de travail, plus d'argent; plus d'argent, plus de logement; plus de logement, la rue, la dèche, la merde quoi!
Mais Myrtille est de nature positive. Elle sait qu'elle va s'en sortir. Elle ne sait pas comment, mais elle va s'en sortir.
Donc, ce matin-là, Myrtille se rend en ville pour chercher du travail. Chemin faisant, elle rencontre d'autres compagnons de misère. Il y a Melon, avec lequel elle a eu une aventure autrefois, Pêche, une amie d'enfance, Banane, qui rit tout le temps et Asperge, qui est toujours au régime. Tous vont chercher du travail dans la grande ville.
Arrivés à Pôle Emploi, ils frappent à la porte et c'est Mme Autruche, toujours fière et plein de bracelets en or, qui les accueillent:
- Bonjour, mesdames, messieurs, j'suis heureuse de vous dire qu'aujourd'hui c'est votre jour de chance. Il va y avoir du boulot pour tous!
Myrtille ne croit pas beaucoup aux belles paroles de Mme Autruche, car elle a si souvent été décue. Mais bon! Peut-être qu'aujourd'hui!
- Je ne perds pas de temps, car mon temps est précieux et j'entre droit direct dans le vif du sujet!
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- Mais j'm'en tamponne le coquillard! Melon, les touristes n'y voient que du feu. Ils dépensent des sommes folles pour manger du melon de Cavaillon. Capisci? Alors, vous le prenez ce job?
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- Tu te démerdes... T'as qu'à rouler jusque-là!
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- Bon, pour vous Banane, j'ai un couple des jeunes filles du XVIème qui me demande un régime de bananes pour le week-end. Elles payent bien, mais ne m'ont pas dit ce qu'elles voulaient faire avec ce régime! Vous prenez Banane?
- Je prends! En plus, j'ne serai pas seule et j'pourrai discuter avec mes copines. Merci!
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- Pour vous, Myrtille et Pêche, salade de fruits géante demandée par une chanteuse pop, de passage à Paris. Elle est pleine de fric et une coupe de champagne est offerte pour ce job. Vous prenez?
- Ouais... disent ensemble Pêche et Myrtille.
- Quoi? Vous êtes pas contentes! J'me casse le cul pour vous trouver un job et mesdemoiselles font la fine bouche!
- C'est pas ça, Mme Autruche, mais si j'ai bien compris, les invités, y vont nous bouffer?
- Ben oui, ma ptite, mais dis-toi que c'est la fin de tes emmerdes... Tu bois une coupe de champagne, tu donnes du plaisir à des centaines de personnes et tu meurs... Mais dis-toi qu'avec les noyaux, tu laisseras une descendance, d'autres Myrtille et Pêche

- Ouais... OK, nous acceptons.
Et elles quittent le bureau.
Asperge, qui depuis une heure n'a rien dit et se tient à l'écart des autres, demande timidement:
- Et moi, Mme Autruche?
- Ah! Vous, Asperge! Malheureusement, j'n'ai rien trouvé pour vous mais revenez tenter votre chance le printemps prochain!
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Yoann Edward Devos
Aiden, un jeune garçon de quinze ans est témoin d'un des plus grands cataclysmes de l'histoire humaine. Une bombe atomique de dernière génération a accidentellement explosée sur le sol Américain et en a fait des dégâts catastrophiques. Il va donc être contraint de survivre dans un monde hostile et post-apocalyptique dans lequel il y rencontrera une communauté de survivant retranchée dans un abri antiatomique de haute technologie abandonné par l'armée avec lesquels il devra se familiariser. Mais il fera également la rencontre d'infectés ayants étaient exposés aux radiations de la bombe qui sont bien décidés à rendre ce qui reste de l'espèce humaine un souvenir.
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