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Le traumatisme de l'étant vers le néant.

Cathédrale ou églises, impressionnants édifices, grandioses, grandioses, ouais. Transcendance ? Non, même en visitant seul, en contemplant les vitraux, les statues, les arcades, les sculptures. Avec un pote on les visitait en discutant et se baladant en ville. Une fois avec un autre pote on s'est réfugié dans une église d'une école privée, on crevait de chaud. Une employée est venue et on a tapé la discute, elle nous a demandé si on croyait pour commencer. Avec du recul j'aurais dit « j'aimerais » mais les dogmes me sont refusés (je me les refuse), les croyances aussi, certes consolations mais qu'est-ce que tu veux dire ? Je ne suis pas assez dupe, en dehors de l'intelligence pour croire, trop rapproché du terre à terre ; Kierkegaard le dit aussi, c'est un fervent croyant qui saute le pas dans une folle certitude de devenir avec ce qui fut, je simplifie... Avoir la Foi ! C'est l'aventure héroïque ! On saute sans savoir si on va tomber dans le néant ou de l'autre côté du ravin. Je pourrais être prêtre du Néant, on organiserait des orgies, on pourchasserait plutôt que prier, on massacrerait des idoles, on brûlerait dans des autodafés tous ces ouvrages de photocopieurs, on lapiderait les faux prophètes, ces génies hallucinés qui déblatèrent de l'hermétisme pseudo-mystique, tous ces démagos, tous ces bien-pensants. Fantasme d'une nouvelle Terreur !

Je ne peux me résoudre à la résignation face à l'absurde tragique impuissance de ce que l'on est, ait. Je ne peux me réconcilier avec la Fatalité, la Mort, la Grande Inconnue.

« Vous tiendrez pas » qu'il disait.

Traits tirés vers le bas, si je fais plus la gueule que ça je suis déjà alors ridé, mais le mensonge empeste leur langue d'amertume, sarcasmes nocifs et commentaires nasillards de souillures et déjections désobligeantes.

Monsieur tout-le-monde : Paladin de la négativité et de l'Ordre de la dépréciation. Il rend son Jugement-Châtiment – sanglant. Cruauté de l'avocat du Diable.

« Tu gâches ta vie ». La ménagère ménopausée pète un câble quand on ne suit ses principes.

Injonctions au silence de mort : « Tu dis rien ! »

Excédé, cent onze haussements de sourcils en un repas – toc !

Sale gamin bouffi d'angoisses, pourraient-ils me dire et ils n'auraient pas tort.

À l'heure où les êtres déracinés pourrissent. 

Soupir-sourire

Fou d'ennui

Corps bâille

Le scandale de la vérité

fol âtre, fol ohm.

Paysages navrants, mais poésie possible...

Plongée dans le chaosmique pour que quelque chose reparte

pas les mêmes trajets qu'avant, raccourcis. Guattari.

Tu es blasé ? Je sais. Tu as choisi la voie de la facilité ? Je sais. Celle de l'absurdité ou celle de l'espérance maladive d'un sens à ta pitoyable existence. Tu m'attristes. Tu ris de ce que j'écris ? Tant mieux. Demain pour toi, ça ira mieux. Oh non, tu ne connaîtras pas ce lendemain, lui te connaîtra.
Ton dernier condamné, ce sera toi.
Témoignages de béquille et de planche de salut
Vision affûtée ou dérangée
Premiers et derniers mots d'un mortel
Condition du révolté désabusé qui a jeté cent fois l'éponge

De cela, certains enfants se persuadent très vite, et s'ils ne trouvent personne pour les détromper, comme on ne peut vivre sans passion, ils développent, faute de mieux, la passion de l'échec.
Chagrin d'école, Pennac.

Repas pesant sans langage où tout silencieusement semble morne, pour ne pas dire mort. Solitude qui tranche l'âme sans l'éparpiller, sans morceaux, appesantit la vacuité charnelle et intellectuelle en miasmes fantomatiques. Que dis-je ? Esseulé, seul sur cette réalité éternellement incomprise. Illusion de la compréhension. On effleure, jamais en profondeur le sujet n'est creusé. Restes de paranoïa de ma jeunesse, héritage toxique de mon père, où le True Man Show me semblait pour moi réalité : on me voyait tout le temps, comme si un Dieu omniscient me surveillait constamment mais avec les outils technologiques, ce Dieu vicieux un Père.

N'être à sa place nulle part. Malédiction de sa propre vision.

Si je me tue avant ou maintenant cela n'aurait rien changé... de ma vie je n'ai rien accompli.
Quelques uns ont influencé ses habitants et son monde...
Mais de quoi parles-tu ? Encore de la postérité ? Qu'en disais-tu déjà ? Tu nous chantes le même refrain, tu peux te passer de ton mensonge de cynique personnage... Prends ton grand bol de javel et tais-toi ! Ferme ta grande gueule d'indifférent, tu feins l'armure d'obsidienne, et alors sous ta carapace qui crois-tu persuader ? Brûlante carcasse, même plus tu ne peux ramper.

Confusions des sentiments, perturbé dans mon indésirable inutilité, pourtant j'aimerais en sauvage vivre loin en ermite, chanter dans la forêt, rouler vagabonder, ne plus jamais me confronter. L'idéal serait de ne plus être enchaîné, laissé dans l'errance, tolérer ma danse, ainsi en rien libéré vagabonder à l'envi, ne jamais se retourner – enfin vibrer !

Carreaux qui claquent sous le moindre pas, et les silences bourdons de mes oreilles et de l'inertie spatiale, corps emmuré fabriqué par les vivants faber pour s'appesantir dans leur néant ou, et, se cloisonner hors du mouvement qui dit achèvement pour tout commencement.

Malade de ne pouvoir rien finir, achever, sans le négliger par vanité.

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