je m'haine

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L'ironie sur des termes et notions inconnues à leur vue les rend pathétiques : dépressif, suicidaire, suicider... Mots utilisés à tort et à travers pour révoquer ces fatalités préoccupantes, dérangeantes à souhait, frissonnantes à l'envi... sans connaissance de cause, par frivolité pour écarter, repousser le ravin, éloigner toute tentation du vide, se mentir à soi-même. Ne pas trébucher de l’œil, ne pas se bousculer les méninges. Rester de marbre sous un déguisement de bouffon, magie vaudou pour écarter les mauvais sorts et présages funestes, grigris grotesques par millier autour des os et des veines.

Les amis sont les plus coriaces des bourreaux, ils ne lâchent le morceau que quand ils arrachent un bout juteux et sanglant. Les maudire rend leurs supplices justifiables.

Scarification difficile à graver sur le haut de la poitrine, squelette que je suis. Le miroir reflète le mot qui me hante le plus en ce bas-monde, depuis plusieurs années déjà, ce fantôme qui obsède puis excite le phantasme, taillé dans l'os plus que dans la peau à la limite du plastique invisible. Geste tribal, signe distinctif. Écritures du vaudou...
Plongée : Silence et Contemplation
Penser les choses longuement au point de penser les avoir déjà dites.
La dépression, c'est passer de l'état de papillon battant de l'aile à chrysalide nécrosée puis peut-être larve galeuse. Les imprévisibles font peur, j'imagine toujours le pire du possible, aussi tordu qu'il soit il m'effraie. La peur, le sentiment omniprésent dans ma tenue et mes rapports au monde.

Mon humeur trop calme est massacrante. Boucher perfide qui attend le gibier de potence pour l'éviscérer, le transformer en boudin, en gros boudins suffocants, en barbaque dure comme de la roche. Le calme dans la solitude de l'enfermement aliène et dompte à la folie du fin fond du trou. Ce puits puant et pataugeant d'où la lumière de l'extérieur, grise pointe rarement de sa goutte de lueur
Le R marquant la fin du verbe, bloque le cran d'arrêt, le mot est terminé et ne se poursuit dans le temps, figé dans son apparat d'immortalité C'est une manière, une façon, passée.

L'espoir du changement usé jusqu'à la moelle. « et ils ne savent pas encore que cette rencontre... va bouleverser leur vie », c'est tellement gamin de croire encore à ces illusions... Le hasard, la chance, toutes ces conneries pour ne croire qu'à une chose, la supérieure, le surnaturel, la mystique...
Les hurlements de l'ambulance, des pompiers, en soirée pour rentrer plus rapidement chez eux. Ces camions stressants par pur égoïsme, je les hais. En ville, je les entends presque tous les jours à jouer de leur sirène sans aucune raison valable.

Petit, déjà obsédé par l'idée de la mort, je comptais mon âge, les années qu'il me restait, approximativement ayant vécu un dixième de ma vie pourquoi pas un cinquième, plus probable un septième bien que cela me fasse peur que ce soit si peu. Aujourd'hui un tiers me paraît largement suffisant, plutôt la moitié de la vie, la vraie moitié, le début, et le début de la fin. La fin à trente, après les espoirs de la jeunesse s'effacent et ne reste que la morne et morbide et cruelle monotonie.


« Jour et nuit occupé par la pensée du Château. » Et quel château !


Et toi le sais-tu, t'en souviens-tu ? Avoir dit cette phrase qui s'est gravée dans mon putain de crâne : « les gens instables faut les fuir. » À peu de choses prêt, cette intolérance dépassait le stade de la connerie pour une personne voulant aider les autres en travaillant dans la psychologie... presque ironique, presque si tu l'avais dit sur un ton moins haïssable. Révoltant. Ou déprimant.


Tel un décervelé d'automate j'ai posé illico la question que je hais le plus au monde pour sa putain d'hypocrisie sociale : comment ça va ? Quel con ! Putain de machination ! Pourquoi je tombe dans ce déterminisme abscons ? Putain !


Into The Black...

Ne vouloir rien faire de ce qui demande un tant soit peu d'effort. Comme réfléchir sérieusement. Partir de nulle part, comme rédiger ce qui est par petits bouts ci-dessus. N'est-ce pas partir de nulle part qu'à partir de quelques mots en retrouver pour former et faire fonctionner les fragments en phrases et les ensembles en paragraphes etc. etc. L'effort intellectuel exige des dispositions intenables quand il s'agit d'effectuer une tâche concentré.

Des quantités de fois j'ai pensé changer d'amis, excès d'imagination ou excessif ennui ? Les deux. Et encore, on ne change pas si facilement d'amis... D'un jour à l'autre je peux changer d'avis, de jugement, sur eux. Ce que je dis plus haut sur leur maladie présumée, je ne le crois plus, la théorie s'effondre. Peut-être le sont-ils, mais la différence ne les gêne pas, ce n'est pas un trouble, ils font avec et ne subissent aucune conséquence qui les insupporte, ou sinon j'ignore beaucoup d'eux. Ce que je déduis est souvent vrai, souvent, l'infaillible n'existe pas, l'exactitude parfaite non plus. On se contente de l'à peu près.

Quand je commence à trop fréquenter un lieu et ses mêmes visages. Ils prennent peu à peu l'attitude de mon entourage, le pire étant mon père, si je commence à identifier aux manières une personne au caractère de mon père: c'est terminé, j'aurais déraisonnablement les mêmes réactions intimidées, la boule au ventre de faire un faux pas et d'être mal vu pour une éternité. Véritable calvaire pour un milieu habituel acclimaté par mon esprit malade par l'anxiété et ses mots durs.
Quand ma fibre révoltée qui ressort s'exprimer en virulentes expressions et cris de fureur, les yeux exorbités par la haine et l'envie d'en défaire, langue déliée le roulement du glas fracasse. Le cri du révolté craquelle les verres des bien-pensants que nul ne siffle sa désapprobation.

Peur du groupe, peur du couple, peur de tout, et marre de fuir tout...


Vingt-et-un ans quand j'y repense, putain ! Comment oublier ça ? Tout cracher ici.

Dysthymie ? (au moins 2 ans) : « Tristesse fait partie de la vie (vide, désespoir, manque d'énergie, autocritique de tout, difficulté concentration, colère excessive, évitement du social, culpabilité, appétit diminue ou augmente... »

Entourage de larves asexuées ! Frustrant au possible de se sentir si différent, bouillonnant à l'intérieur, brouillonnant, griffonnant croquis ravagés imagi-scribouillativement, quatre ans passés depuis que je me suis éveillé à mes passions et je me suis complais comme tous les autres dans ces passions chronophages, des poisons du miroir entre réel et l'ailleurs. Et maintenant je ne sais pas comment être social, être « naturel » !

Putain c'est beau ! Quand on voit ça, on comprend tout, on comprend rien. Compréhensible au fond, à fond incompréhensible. L'homme contemporain pense trop avec ses idées formatées, pense pas avec son cœur et son sang. Il réfléchit avec son cerveau usagé, charbonneux, mal entretenu. Quelle douce sensation de sentir le chaud et le froid de partout ailleurs en dehors de la tête !

Je m'haine !

Mes parents me harcelaient pour que j'ai des potes et les invite. Quand j'ai enfin eu une raison de les inviter, au bout d'un certain temps ils n'en voulaient plus de potes chez eux, ça dérange pour pas grand chose, en plus pas des types normaux, des louches et vulgaires rôlistes. C'est vrai, j'ai rien trouvé de mieux, j'ai essayé pourtant en seconde, en première, en terminale, de me faire une nouvelle bande de potes, mais j'étais pas assez intéressé et vraiment pas persévérant... j'aurais peut-être pu me faire de ces amis faux-culs, du coin clopes, en dehors de l'enceinte du lycée, mais je ne suis pas de cette mentalité et il aurait été pour moi extrêmement difficile de m'intégrer à ce milieu, mensonger envers moi-même, le supplice de l'endurance de la connerie. Très peu pour moi. Même si les avantages sont alléchants. Enfin une vie dans le réel !!!

« c'est bien gentil de dessiner », « mumuse » qualificatif pour déprécier le loisir au bénéfice du travail sérieux, laborieux, laborare, « va falloir t'y mettre », « un coup de collier »,




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