frère de sang

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Peurs et boule au ventre, peurs et paralysies, peurs et douleurs, peurs et horreurs, peurs et malheurs, peur est vendeur, peur est valeur, peur est conteur, peur est semeur, peur est langueur, peur et terreur, peur et cœur, peur et mœurs, peurs et meurs...


Mon frère a eu une expérience dissociative, quatorze ans et déjà une expérience de folie due à un manque de sommeil, il accumule les nuits blanches et déjà à enchaîner trois nuits de suite ! Le divertissement des écrans (internet) quel miracle ça produit ! Voilà la chose que j'ai apprise aujourd'hui : il marchait vers ses copains et le monde s'est inversé, il les a vu quelques secondes à l'envers, se retournant, de bas en haut ou de haut en bas (petite déréalisation si je ne m'abuse de ce terme).
Dans un sous-bois alors qu'on grimpait à un arbre, mon frère m'a fait remarquer que je préférais la forêt à la ville par gêne du regard, ne pas aimer qu'on me regarde. Je ne sais pas d'où lui vient cette fulgurance, mais j'apprécie pour une fois sa qualité d'observateur. La remarque ne me gêne pas venant de lui. Pour quelqu'un d'autre, ça m'aurait agacé, mais les commentaires neutres de mon entourage ne m'affectent plus, je n'essaye plus de les démentir.

On ne peut pas rire, ils ont désappris le rire, ils l'ont jeté au culte de l'inutile-beau (parnasse), ils ne savent pas rire, ou plus maintenant, je n'ai pas connu l'époque où ils riaient sans se moquer, pour des mesquineries, pour des vulgarités faciles sous l'effet de l'alcool, des vicieuses plaisanteries petites-bourgeoises, on ne peut pas rire avec ce genre de parents, où l'on rit faux, où l'on rit méchamment, où l'on rit pour nuire, désherber à l'agent orange, maltraiter, persifler... Quand le sarcasme n'est-il pas utilisé en tant qu'arme de dépréciation, de rehaussement de l'estime de soi ? Bêtement tout le monde sait en faire usage à mauvais escient. Le rire de la fraternité, connaît pas ! Hiérarchie ! Bon sang ! Hiérarchie ! Pater nostrum ! Ô Père qui êtes aux cieux, Le Père, La Mère, L'immaculée ! Les intouchables, eux ! Les malléables, les sous-produits (monnayables), les imparfaits, nous ! Obéissance, respect, politesse : une valeur en trois mots, gradation de la sainte-satisfaction, Saint-Graal qu'ils espéraient. Naïve illusion. Pas de mérite pour ceux qui l'exigent par la contrainte, et encore la supposée légitimité de l'ascendance, sous-entendant le respect des aînés pour leur sagesse due à l'âge prétendument mâture ! En quel honneur toutes ces couronnes de fleurs dont ils se parent par la terreur, ils accaparent tous les droits, bénéfice de la force brute et morale. Violence symbolique de l'argument de « primogéniture ». Ce terme n'a aucun sens, c'est pour ça que je l'emploie. Politesse, respect et obéissance ne sont pas des préceptes dus à tous – Kant le voudrait, mais Kant est un idiot. On n'acquiert pas facilement une chose sans don et contre-don, sinon c'est une imposition, une violence morale, une exigence intransigeante. Si le modèle se casse la gueule, il assume ou on l'annule. Ploie-t-on genoux... Exemple bancal ; pour un cens le bestiau s'emploie à la sale tâche. C'est fou comme j'étais en terminale d'un lyrique héroïque face au néant, un nihiliste créateur, un lutteur pour la vie, un peu l'espoir et surtout la volonté de s'affirmer. Un vrai petit « nietzschéen ». Les années de perte m'ont défait de cette foi aveugle du barbu qui se lance au combat la fleur au fusil ivre tel le rafiot dans le no man's land. Pour combattre la lucidité pessimiste étalage de grands mots démentiels contre les propagateurs de la négation de vie. Désormais je les vilipende quand la manie me reprend, en revanche je sais que depuis bien longtemps ils ont déjà gagnés. Comment rattraper ces siècles de défaites ? Vraiment, comment encore espérer ? Sans reprendre tout depuis le prélude. Quand j'y pense, on me croyait plus pessimiste avant, il y a deux ans, peut-être me connaissait-on moins ! Plus on me connaîtrait superficiellement plus on me méconnaîtrait. C'est une sorte de malédiction que j'ai là, d'éborgner à l'aveuglement ceux qui me fréquentent et me voient sous « tous » mes aspects. D'ailleurs à partir de la première où j'ai commencé à m'intéresser sérieusement à la philosophie et à rédiger par ci par là des écrits sur mes pensées, ma pensée déjà très nuancée, sceptique, profondément vindicative, pensée du mal-être, je remarque à la relecture de Bris de philo mes changements soudains d'humeur à travers les sentences, soit le lyrisme passionné héroïque, soit la verve désespérée mutilée, soit la rage incendiaire lapidaire. Un mental bien en désordre, chaotique, torturé et bipolaire, frénétique enfiévré et nihiliste résigné.

Je n'ai aucun souvenir de quand est-ce que je me suis couché, j'avais mon casque sur les oreilles et je révisais, la vidéo (musique 1h) allait finir, je n'ai plus souvenir d'avoir entendu plus de vingt minutes et j'ai posé mon casque à côté de l'ordi que j'ai clapsé... puis me suis couché, réveil à 9h, j'éteins puis midi... me souviens de rien... En même temps j'ai failli m'endormir dans le train à cause de la nuit blanche, j'ai pas pu m'endormir, je n'étais pas fatigué jusqu'à 19h. D'un coup la fatigue m'a étreint et m'a emporté inconscient dans le lit. Tel un zombie manipulé après avoir fini de réviser mes deux pages.

La trahison sonne le glas de ses grands maux d'une complicité entre deux hémisphères. Disproportion de la gravité de la situation, sûrement, mais ma nature m'empêche d'agir autrement qu'un homme poignardé fuyant dans les escaliers son assassin. Les promesses, personne ne les tient plus, cafards abjects ! Méprisables bêtes qui ne pensent qu'à leur bout de gras. Affreuses pustules qui s'éclatent et ne s'excusent pas. Normal : ère de l’égoïsme, égocentrique, égotique, égo, égo... Quand j'en viens à être l'objet d'une trahison, j'en haïe l'humanité tout entière.

Ai-je dormi ? Suis-je encore d’hier ? Forte impression de n'avoir pas dormi et je m'en souviens...

Pourquoi suis-je si stressé ? quand je n'ai qu'à dire une chose banale, éventuellement une question à un prof, à un individu que je ne connais pas. Le Moi s'annihile quand je prends la parole, les multiples « ça » et « surmoi » présents, et « moi » passé me dictent à peu près ce que je dois dire. La timidité crée un chaos du parler à l'indicible. Existe-t-on ? Le Moi n'existe pas en tout cas. Être existant ? Étant ? Être hêtre ? Pensées du réconfort. Pensées bouddhiques. Cinq heures plus tard, la conscience marquante de mon Moi en panique, inquiet par on ne sait quoi, les flux qui reviennent du passé où dans une situation similaire j'ai été en « minorité », en infériorité.

Bizarre impression de semi-veille, être éveillé ou non. Rupture de l'âme. Inconstance de la conscience. Hier, aujourd’hui, demain ? Mon état ne me précise nullement où il se positionne, impression de sombrer dans la nuit du sommeil de l'ennui, du néant, d'une survie, réveil, éveil, veille... Inconscience de la conscience ? Conscience de l'inconscience ? Après coup ? Fatigue, grande fatigue, cela fait moins de sept heures que je me suis réveillé, conséquence d'une fièvre chaude au front mais indétectable. Les médicaments ne font rien pour les céphalées. La maladie de l'occident : la monotonie, l'ennui. Franck Lepage : hilarant et désespérant.

On balance tout sur le dos de mes allergies au pollen, c'est pratique. Le lycée m'a préservé d'une sombre dépression, et pour cause la peur du bac, connerie surévaluée, l'anxiété d'être impuissant de connaissances face aux épreuves. Alors lire était le remède, l'illusion d'en savoir plus et de savoir mieux. Certes mais pas forcément utile à la réussite d'une épreuve académique. F.Lepage le dit très justement : on nous dit d'en savoir plus que ce qu'on nous apprend mais pas trop quand même... « Le diplôme est l'ennemi de la culture » Valéry. Chaque métamorphose fait croire à une métempsychose. J'avoue je ressens une stimulation, un renfort à lire Nietzsche et toutes ses pensées me pansent, me fortifient. « Parce que je suis désespéré, j'ai plus de volonté que quiconque. » Idéal lyrique. Léon Bloy m'inspire autant de combats contre moi-même que de renforts contre mes maux. Laisser scander le cri de l'indignation ! Le mince espoir de l'homme révolté. « Plutôt perdre le sommeil que de passer sa vie ainsi » me dit Kafka. Il faut que je prenne sa sentence comme leitmotiv ! Travailler ! je ne peux pas laisser inachevé ce devoir incapacitant sur le Sieur Céline ! Exténuant, désespérant. Jusqu'en quatrième j'ai du être suivi par un psy et ce depuis la maternelle. Jusqu'à ce que je trouve des potes et que je sorte du cocon familial, façon de parler, j'ai fait comme il fallait, parler comme il fallait pour me sortir de ces plaies à chaque fois renouvelées. )))))))))Les migraines à la différence des maux de tête sont pulsatiles (((pulsions, battements))) (2016-2017 : Un taille-crayon, un couteau suisse et toutes fonctions, un couteau-clé, un couteau-carte, émoussé, et cinq lames de rasoir. 2017-2018 : 5 lames de rasoir.) Céphalées de tension ? Elle peut avoir différentes origines, due à des problèmes musculaires et squelettiques cervicaux, psychosomatique ou encore liée au stress. Douleurs au niveau de la nuque, des zones temporales, ou du front, pouvant se manifester en casque, en barre horizontale… Ces céphalées peuvent être épisodiques ou chroniques.

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