Déréalisation

7 minutes de lecture

Odeur vivifiante de la vivisection. Paumes rougies. Bras rougis... coagulation trop spontanée. Picotements régénérateurs. Deux mois peut-être que je m'en privais, désormais je peux revenir, le vide est passé.

Sommes-nous les appâts de notre nature ? L'adaptation pour l'évolution, quelle perspective darwiniste moraliste et décourageante. Démotivation... avec un léger angle d'inclinaison, serait-ce possible, oui, mais réalisable... La chute, Camus. Lui aussi, certainement un suicidaire. « Commander pour respirer » « Les gens se dépêchent de juger pour ne pas l'être eux-mêmes » Par l'absurde qu'il relève et révèle des parts d'humanités, l’œil perçant dévisage et menace des tourments de la réalité les soi-disant bien-portants qui se prémunissent de cette terrifiante vérité par la dérision et l'hilarité.

Vide sidéral peuplé d'échos de fantasmes de mort et néant.
Oppression des divertissements d'évitements, frustration de la passivité, impuissance de l'activité, de l'extériorité éconduisent aux portes du néant. Vide, anxiété, autodestruction, vacuité. Indicible terreur de choir à tout instant, assassiné on ne sait par quelle absurdité ! Ronger jusqu'aux sangs, trembler d'hantises, compresser ce crâne tourmenté, peur ontologique transfiguré en couperet de Terreur. Psychose, délires d’anéantissement, tandis que tranquillement tout le monde continue en évitant la question, tout le monde fait comme si jamais la mort ne surviendrait. C'est pourquoi les suicidés font si peur ! On ne veut pas comprendre : on rationalise pour camoufler l'inimaginable. L'indicible horreur de la réalité ! Je perds mon sang-froid, faut que je me calme, mon cœur accélère, je tremble de l'intérieur et de l'extérieur me crispe nerveusement, encore des céphalées, ma respiration saccadée... peur d'évoquer ce qui pourrait se produire si je cède ma folie à la panique, aux bouffées délirantes peut-être des envies expresses me prendraient les mains et me feraient gambader par la fenêtre. Pieds endoloris, bras faibles, lourdeurs... je vais m'allonger. Quand la lucidité maladive frôle la folie furieuse.

Je me sentais à l'envers de l'endroit, couché sur mon lit, les images se superposaient, les sensations, je sentais l'air extérieur, ne pas être dans une chambre close, traversée par des passants, rayon de soleil chaud et air libre, sensation étrange d'être allongé sur le banc public, j'étais dans cet envers qui n'existait pas en tant qu'endroit. Une dimension parallèle hallucinait mon existence présente. J'ai voulu écrire sur les sensations en cours mais pas assez de force pour rester éveillé, il semblerait que je me sois endormi... une, deux heures... et nous sommes resté jeudi. À n'y rien comprendre. L'inversion des avions, les lunettes, le phénomène étrange d'atterrissage, qui l'avait réellement vécu ? Tous les quatre comme un transfert des expériences nous avions tous eu conscience de la prééminence de la mort et cette situation inévitable nous avons rendu l'incroyable faisable... Fou, incompréhensible, mystère... Cette fin inattendue ouvrait inévitablement une voie autre pour tous désespérés désillusionnés – une sorte de révélation miraculeuse !? Dans ce court instant de folie insidieuse, le temps s'est figé, a ralenti, pour assembler en une vie quatre existences bien différentes, le temps et toute logique espacée la durée d'un respect éternel, d'un souffle de paix infini...
Jamais autant d’héroïsme ne s'était illustré aussi magnifiquement que le tour de force affolant entre les quatre camarades ennemis, distants d'un langage commun. Encore quand nous rapportions les faits invraisemblables ne savions la réalité des événements, tout semblait et semble vague encore sous l'emprise d'une quelconque euphorie délirante, un rêve ? Alors embrassons ce rêve-là et souhaitons qu'il se reproduise encore, que ces réalisations soient nos saluts. Nos hymnes au triomphe, de la beauté et de l'amour ! Euphories de la vie ! Euphories de l'infini ! Kamikaze exalté !
Expérience de déréalisation, c'est exactement ça ! et je vois sur l'article et pouf Camus et Sartre avec le sentiment de nausée, ça me l'a fait à plus de la moitié de La chute. J'ai posé le livre un moment pour m'allonger et... Expérience forte. Frappante. J'en étais tout étourdi à la sortie de ce « rêve ». Pendant les longues minutes qui suivirent ma vision resta brumeuse et comme désorientée et soumise à en environnement changeant du tout au tout, comme une sorte de sensation de passage de l'obscurité de l'intérieur à la lumière estivale de l'extérieur. Ça tourne le crâne, cécité passagère, déformation de la réalité... encore sensation de nausée. Mal de mer. Ce n'est pas l'estomac qui tangue après avoir trop bu et s'allonger juste en suivant, mais le corps dans cet état tout entier, allongé ou debout, il peine à retrouver ses repères.

Je me suis inquiété pour un moindre mal, j'étais dans un état second quand l'expérience a eu lieu, certainement un rêve, mais qui semblait tellement réaliste et pourtant si improbable à la fois. Néanmoins c'est le seul rêve persistant et qui me semble pas rêvé mais vécu même si raisonnablement c'est impossible. Ne pas dramatiser plus qu'il ne faut l'information, les médias m'ont enseigné ça à mes dépends bien sûr, pour ne pas tomber dans le piège de l'hypocondrie. Maladie du paranoïaque et du narcissique, pourquoi pas !

J'ai peur de dire quoique ce soit à mon entourage pour qui la maladie est uniquement physique et biologique et pas psychique, j'ai entendu cette phrase de ma mère à propos d'une amie qui tendait à relativiser sa dépression en disant que c'était essentiellement dans la tête, enfin elle a voulu passer le message de cette manière ; exemplaire pour une infirmière ! Mes inquiétudes : qu'on me regarde mal si je vais plus loin que les symptômes... J'ai peur aussi des médicaments et leurs effets secondaires. Mais pour les symptômes handicapants ou qui nuisent à la qualité de vie au passage, je suis obligé d'en prendre. Ganglions gonflés, fièvre – bien que je ne sois pas sûr cliniquement, en tout cas j'ai la sensation – maux de tête... selon le diagnostic je pourrais avoir une maladie de Lyme mais ça me paraît peu probable vu la saison, en plus si j'annonce à la cantonade une telle chose ! En plus de me prendre pour un exalté hypocondriaque ! De plus en France depuis l'année dernière cette maladie n'est pas admise voire cette année. Non c'est peu probable, mais tout de même les symptômes, peut-être qu'ils n'ont rien à voir ensembles. Je me fais trop de mourrons, je vais poser sur la table à qui je pourrais mes symptômes et on verra plus tard. J'ai peur du changement de perception que je pourrais opérer sur mon entourage mais c'est un risque à prendre, l'année dernière quand j'en pouvais plus j'ai failli déclarer par mail ma personnalité supposée borderline à ma mère. Je n'imagine pas comment elle aurait pris ça ! Sûrement en invoquant ma folie, mon hypocondrie voire même ma simulation puérile, syndrome du baron de Münchhausen ! J'ai lu le livre il y a quelques années, il est plutôt amusant, comme quoi la mythomanie peu aller très loin, bien plus qu'un pote supposément et très certainement narcissique. Peut-être en parler par allusions, ou sur le ton de la discussion à une grande tante qui vit dans le coin et qui a été médecin.

En plus que ce soit tabou mon père dans une anecdote en rajoute comme si cela suffisait pas sur ma capacité de mensonge imaginative. En parlant du fait que quand j'étais petit en thérapie de famille ma langue enfin déliée a parlé sur le cas de mon père qu'il m'avait foutu à la porte à coups de pieds parce que je voulais pas sortir dehors. Avec du recul si vous voulez, riez-en ! Même si j'ai exagéré cela ne veut pas dire que ce n'est pas censé rester dans l'intimité, la violence des mots ils se rendent pas compte. Ayant beaucoup menti par peur des réprimandes maintenant la malédiction continue bien que j'ai cessé de mentir depuis la seconde par rédemption, un mal dont j'essaie vainement de me débarrasser. Bien sûr, les mensonges de circonstances, les petits riens pour protéger l'interrogateur, les omissions pour ne pas blesser etc. mais rien de répréhensible.

Pour revenir au phénomène de déréalisation, le choc n'a pas été si puissant qu'il puisse constituer une folie durant des semaines, même si cet effet peut survenir par la maladie de Lyme et même si j'en ai les symptômes de la première phase, ça ne veut rien dire. Ce rêve me vient surtout et avant tout d'un stress intense et prolongé, cet espèce de trouble dissociatif s'est dissipé plusieurs heures après le rêve, après une nuit de sommeil. Ce qui m'a intéressé et j'en ai fait la relation avec le trouble de la personnalité borderline, ce pourrait être un symptôme en cas d'extrême. En tout cas, l'expérience ne m'a pas infligé de troubles pathologiques, au contraire même !, donc que ç'ait été un rêve ou non l'appréciation revient au même. À l'inverse de ce qui aurait pu m'infliger plus d'anxiété, de panique m'a calmé par cette sorte de transcendance psychédélique ! Une illumination, émulation contre la dépression. Je viens de voir que – et je pensais qu'il y avait une relation – les problèmes de sommeil peuvent conduire à un état dissociatif, ayant accumulé quelques insomnies, une nuit blanche, du mal à trouver le sommeil (éveillé jusqu'à 4-5 heure) plus une nuit blanche pour pouvoir aller en cours et par incapacité à trouver le sommeil (lecture du Journal de Kafka et exactement les mêmes sensations qu'il a ressenti pour les états insomniaques), pour moi ce serait le stress, la peur de la mort durant la nuit, une fatigue impossible à endormir... de plus mon imaginaire en ébullition me permet d'inventer des choses saugrenues assez aisément. (Dans une étude, 25 volontaires en santé, qui n'avaient pas dormi pendant une nuit, présentaient beaucoup plus d'expériences dissociatives.) ; (Un mauvais sommeil peut aussi altérer la mémoire et augmenter la suggestibilité, augmentant potentiellement l'impact des interventions suggestives.) Pour ce qui est du reste, je trouve qu'on sous-estime le pouvoir hyperactif de l'imagination – ce diable maniaque !

Annotations

Recommandations

gian paolo

Myrtille est une fille charmante, j'devrais plutôt dire un abricot charmant, car Myrtille est un abricot.
Depuis peu, elle a perdu son travail (vendeuse chez Saïd, l'épicier) et tout s'est enchaîné. Plus de travail, plus d'argent; plus d'argent, plus de logement; plus de logement, la rue, la dèche, la merde quoi!
Mais Myrtille est de nature positive. Elle sait qu'elle va s'en sortir. Elle ne sait pas comment, mais elle va s'en sortir.
Donc, ce matin-là, Myrtille se rend en ville pour chercher du travail. Chemin faisant, elle rencontre d'autres compagnons de misère. Il y a Melon, avec lequel elle a eu une aventure autrefois, Pêche, une amie d'enfance, Banane, qui rit tout le temps et Asperge, qui est toujours au régime. Tous vont chercher du travail dans la grande ville.
Arrivés à Pôle Emploi, ils frappent à la porte et c'est Mme Autruche, toujours fière et plein de bracelets en or, qui les accueillent:
- Bonjour, mesdames, messieurs, j'suis heureuse de vous dire qu'aujourd'hui c'est votre jour de chance. Il va y avoir du boulot pour tous!
Myrtille ne croit pas beaucoup aux belles paroles de Mme Autruche, car elle a si souvent été décue. Mais bon! Peut-être qu'aujourd'hui!
- Je ne perds pas de temps, car mon temps est précieux et j'entre droit direct dans le vif du sujet!
dit Mme Autruche.
- Vous Melon, j'ai une place sur le marché de Cavaillon. Vous serez pas seul. Le touriste raffole du Melon de Cavaillon!
- Mais.... j'suis pas de Cavaillon, j'suis de la banlieue parisienne...!
ose Melon.
- Mais j'm'en tamponne le coquillard! Melon, les touristes n'y voient que du feu. Ils dépensent des sommes folles pour manger du melon de Cavaillon. Capisci? Alors, vous le prenez ce job?
- Ok, j'y vais comment à Cavaillon? J'ai pas un radis.
- Tu te démerdes... T'as qu'à rouler jusque-là!
Myrtille, Banane, Pêche et Asperge rient de bon coeur. Un melon parisien à Cavaillon, c'est drôle mais au moins, lui, il sera au soleil. Il pourra bronzer.
- Bon, pour vous Banane, j'ai un couple des jeunes filles du XVIème qui me demande un régime de bananes pour le week-end. Elles payent bien, mais ne m'ont pas dit ce qu'elles voulaient faire avec ce régime! Vous prenez Banane?
- Je prends! En plus, j'ne serai pas seule et j'pourrai discuter avec mes copines. Merci!
Mme Autruche continue. Elle est déjà en retard sur son timing et donc, accélère.
- Pour vous, Myrtille et Pêche, salade de fruits géante demandée par une chanteuse pop, de passage à Paris. Elle est pleine de fric et une coupe de champagne est offerte pour ce job. Vous prenez?
- Ouais... disent ensemble Pêche et Myrtille.
- Quoi? Vous êtes pas contentes! J'me casse le cul pour vous trouver un job et mesdemoiselles font la fine bouche!
- C'est pas ça, Mme Autruche, mais si j'ai bien compris, les invités, y vont nous bouffer?
- Ben oui, ma ptite, mais dis-toi que c'est la fin de tes emmerdes... Tu bois une coupe de champagne, tu donnes du plaisir à des centaines de personnes et tu meurs... Mais dis-toi qu'avec les noyaux, tu laisseras une descendance, d'autres Myrtille et Pêche

- Ouais... OK, nous acceptons.
Et elles quittent le bureau.
Asperge, qui depuis une heure n'a rien dit et se tient à l'écart des autres, demande timidement:
- Et moi, Mme Autruche?
- Ah! Vous, Asperge! Malheureusement, j'n'ai rien trouvé pour vous mais revenez tenter votre chance le printemps prochain!
3
4
8
2
Défi
Ovide Blondel
Où le lecteur pourrait se faire une fausse idée de la personne attendue...
13
20
3
2
Yoann Edward Devos
Aiden, un jeune garçon de quinze ans est témoin d'un des plus grands cataclysmes de l'histoire humaine. Une bombe atomique de dernière génération a accidentellement explosée sur le sol Américain et en a fait des dégâts catastrophiques. Il va donc être contraint de survivre dans un monde hostile et post-apocalyptique dans lequel il y rencontrera une communauté de survivant retranchée dans un abri antiatomique de haute technologie abandonné par l'armée avec lesquels il devra se familiariser. Mais il fera également la rencontre d'infectés ayants étaient exposés aux radiations de la bombe qui sont bien décidés à rendre ce qui reste de l'espèce humaine un souvenir.
0
3
91
8

Vous aimez lire Marquis de Corbeau-de-Vaulserre ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0