Silence

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Les gens adorent raconter leurs vies, ils sont bavards, ils ont besoin d'exposer toute leur existence pour sentir qu'ils ont une histoire, pour peupler leurs histoires. Moi, broder sur ma vie m'ennuie. Je préfère écouter le silence, il a tout autant de choses à nous enseigner.

Je suis un peu mauvaise langue car le silence absolu me rend la migraine, entendre battre ses tempes et son cœur, les échos du silence dans un bâtiment vide de vie. Non, écouter les silences du dehors, les silences des paroles incompréhensibles étouffées par une concentration sur son intérieur ou son extérieur inhumain presque mécanique ou plutôt animal qui ne saisit rien au langage des humains, qui saisit les sons et les bruits comme ils viennent sans leur donner de signification métaphysique, intellectuelle, cohérente, nuancée. Laissez donc échapper ces propos à la traversée du vide, dans la poursuite du vent, la course du néant. Comme de l'eau, laissez les choses vous traverser sans vous affecter. Ou comme le feu, laissez les choses s'embraser à votre contact. Les cendres s'éparpillent aux six cent vents.

De toute façon, les gens s'enterrent d'eux-mêmes.

En première, une fille de terminale s'est suicidée par balle. Fusil de chasse de son père. Il y a eu une petite commémoration dans l'arrière de la cours. Ses amies avec des profs ont lu un texte ou une connerie comme ça. Je ne sais plus si c'était pas en seconde, peu importe, il se trouve qu'un pote a voulu y aller, au final on l'a suivi. Une fille normale qui ne semblait pas avoir de problème, bien entourée par ses amies les mieux notées du lycée... Bref, je regardais celle qui parlait comme si elle était l'assassin. Elles parlaient plus pour elles que pour la morte. En quoi ça aurait servi ? Elles étaient coupables et ne l'encaissaient pas. Elles refusaient la vérité. Alors elles balayaient le passé en l'enterrant. Ce qu'il y avait de plus émouvant, je me rends compte maintenant, c'est que tout l'entourage du suicide enterre la victime comme si c'était une mort involontaire, une brusque mort qui survint comme un infarctus. Comme si aucune causes existaient pour pousser au suicide. Pourquoi tout le monde ignore la plus grande leçon de la vie ? Croyez-vous que toutes les leçons de vie sont des sentences moralisatrices ? Je le croyais, mais c'est tellement absurde que je suis revenu dessus.

Faire à sa guise et n'écouter rien ni personne ; c'est la vraie preuve d'immaturité. La seule vraie liberté ? Que nenni ! c'est être dans le moule, l'individualisme morbide, l'insouciance, l'inconscience, le cynisme, l'indifférence...

Allez ! Ce soir je raconte, je me psychanalyse, j'extériorise d'où vient mon intérêt pour ces thématiques. Bien sûr cela vient de mon état. On va vers ce qui nous ressemble. On écoute ce qui entre en résonance avec soi...

La procrastination – oui je n'ai trouvé que ce mot pour me justifier d'une chose que je ne vais pas encore faire – je peux repousser au lendemain ce que je peux faire aujourd'hui alors pourquoi ne pas attendre un petit peu, inutile de se forcer. Quand il y a de la contrainte, le résultat est souvent moins concluant. C'est commencer quelque chose du pied gauche. On m'a beaucoup trop contraint enfant, adolescent et un peu après. Surtout mes parents, ils me forçaient pour tout et pour rien. Pas assez de laisser-aller, trop de restrictions, d'obligations, de devoirs que ça en devient rebutant. L'opposition, les engueulades, la soumission. Je dois bien avouer que mes parents me faisaient peur quand ils s'énervaient. Puis ils me saoulaient, me gonflaient avec leurs sermons, leurs prières du petit matin, du déjeuner, de la soirée, bref j'ai fini par avoir la haine. Tant de chaînes m'ont donné envie de croire, d'espérer, à la liberté, à l'indépendance, à l'émancipation. Et bien sûr il y avait beaucoup de faux dans le tas, beaucoup trop de déceptions, des croyances assassinées. Du déterminisme en voici en voilà. Et j'ai fini par ne plus croire en rien – et surtout en personne. Carapace de la provocation, du marginalisme, à m'acopiner avec les figures contre les idéaux et les saintes valeurs, les figures subversives telles Nietzsche, Cioran, Caraco, Bloy, et j'en oublie. Mais ils seront toujours dans mon cœur, dans mon esprit, profondément ancré dans ma mémoire et mon présent ; dans mes pensées, dans mes écrits, dans mes réflexions, dans mes désolations, dans mes vagues à l'âme, dans mes propos sulfureux, ces idées qui germent et fleurissent à fleur de peau. Je pourrais dire un certain instinct de survie rageur, en contradiction avec les limites du Surmoi, avec les limites du Réel, jouant avec le feu, bravant la moralité et les normes admises, guerroyant toujours contre moi-même et contre le Tout. L'absurdité, la surdité affolante du monde, l'aliénation des humains inhumains courant à leur perte, nullité de l'espèce, désespérante condition, affligeante, larmoyante tragédie... et conformisme des êtres en stères pour la grande usine qu'ils appellent le Monde, la Race, la Civilisation, la Culture, la Famille, l'Héritage, la Postérité, etc. toutes ces idoles sont sous un même Sacro-Saint Nom Innommable, dont on ne doit prononcer le nom : Immortalité.

Quelle époque de folie ! on cherche du sens où y'en a pas.
La neurasthénie est ma vie.

Ils chassent tous la culture, la pop culture, les divertissements en masse, les fast-foods ou les « classiques », pour engranger des « connaissances », ils chassent le vide par la profusion, l'abondance de malbouffe, même si ces mets ont du goût les manger à cette vitesse détruit les papilles et bouillonne l'estomac qui ne digère pas à une telle vitesse. Ils chassent les connaissances de l'humanité pour se préfabriquer un barrage de culture de masse, ils veulent tout savoir, tout connaître, pour ne pas être en dehors de ces fondations. La tentation de cette quête est puissante, la recherche déraisonnable du pouvoir de l'Omniscience, une quête vaine mais une ambition qu'on ne peut empêcher qu'après âpres efforts, maints obstacles, maintes tentations dues à notre condition. L'ambition du savoir est la plus destructrice, maintenant je comprends et je peux m'en prémunir.

Quand on voit des groupes d'adultes de loin ou quand l'on est extérieur à un groupe, celui-ci semble mâture, plus mâture que ce que nous avons pu côtoyer jusqu'à maintenant... et pour cause quand on intègre un groupe on s'aperçoit qu'il est aussi mâture qu'une blague potache. La maturité est un mythe. Qui a dit qu'un idéal devait ressembler au mythe ? généralement c'est l'inverse qu'il faut faire car le mythe est une leçon de morale, une histoire fantaisiste dont il faut tirer un conseil de vie et des interdits à ne pas braver. L'humanité n'a jamais aspiré à la maturité, c'est une idole mythique dont il croit suivre le modèle mais il ne fait que s'en écarter à mesure qu'il veut devenir adulte. Dans un monde absurde toute entreprise sérieuse est vouée à la blague potache. Ils se disent mâtures et sont idiots.


Existe-t-il pour moi encore des désespoirs inattendus ?


En CM2 je me fascinais déjà pour la violence exterminatrice et génocidaire de l'humanité, leur potentiel était haut et je l'estimais d'une manière « neutre » (propre au genre humain) ou d'une certaine envie d'assouvir ma haine sur mes semblables, je lisais après les exercices les livres du fond de la classe dont un livre-images sur l'époque de la Terreur. Mon aversion me pousse à la misanthropie.

À l'approche de Noël, en primaire, on était content d'avoir des mandarines. Maintenant, on ne ressent plus.


Pourquoi ai-je autant de livres dans ma chambre universitaire ? Pour ne pas me sentir seul.


L'angoissant silence des animaux.


N'est-ce pas misérable de se protéger de l'inéluctable ?

Nous sommes dotés d'émotions, d'un panel allant d'une extrémité à l'autre, alors pourquoi s'en priver, s'en réserver, des très astringentes comme des très savoureuses Quant à eux, ils s'enferment dans leur vierge de fer, attitude mortifère, chassant les larmes par la douleur masochiste et par le gras rire du cynique.

Aucun mal n'est passager. Quatre ans que je suis dans cette infernale descente, l'inclinaison a complètement basculé – au bout de deux ans seulement. L'Histoire, la Vie, et tout le reste, est voué à glisser sur la pente vers la torpeur.

Tout agissement ou immobilité est doublé d'une volonté de préservation – soulagement – réassurance.
Vie et vide : qui se ressemble s'assemble.

Je ne suis plus torturé par les mauvais, les malins vicieux, les folies destructrices de l'humanité – nullité, inanité... prétentieux mot, insulte ! Je m'en fiche... seul le mal ontologique m'atteint si profondément. Il remue les tripes, les synapses, les veines... Leur mal ? Qu'ils le fassent si ça leur chante !
Infréquentable devient le désespéré

Plus une chose est reproduite, moins elle a de sens. Nous sommes des animaux signifiants, nous avons besoin de significations dans nos perceptions, pas seulement cognitives aussi des signes intellectuels, des images-sens, des identifications : des idées structurelles relatives à notre conscience. Souvent ces idées nous viennent de notre intériorité influé par l'extériorité, plus simplement tout l'entourage environnemental et corporel influence notre habitus, un comportement qui semble personnalité mais qui provient d'influences extérieures, de contraintes socio-culturelles etc. Notre besoin de sens provient de notre peur existentielle d'une vie insensée, dénuée de toute logique, rationalité... toutes ces valeurs qui sont prônées comme fondamentales ne reposent en fait sur rien de tangible. Le paradigme seul permet la stabilité, « Je pense donc je suis », et autres sentences qui donnent sens à notre existence. Le rapport Vie et Mort s'effectue comme un modèle d'addition et de soustraction. Cette opération annihile l'espoir dans l'élévation, l'espérance d'une réponse optimiste future. Alors l'irrationnel prend le pas sur le terrestre et les dogmes mystiques s'invitent à penser autrement, non par la méthode scientifique mais par l'imagination, pour appréhender le monde sans peur en se vouant en un Idéal transcendantal qui donne tant de sens au monde que ce sur-monde repousse l'humain à se détacher de sa condition pour n'être qu'un immobile dans son existence... il finit par disparaître de l'existence, il « vit » par procuration, en dehors du monde, tel un ascète. L'élévation dans la décadence du corps et de l'esprit mène à la folie car nos modèles rationnels ne laissent de place à l'interprétation paradoxale du monde... et souvent vouer sa philosophie au paradoxal revient à se paralyser ou à accepter les extrêmes et rejeter l'équilibre pour s'exiler en dehors de ces notions métaphysiques. Voir sans jugement. Vider de tout sens un mot en le répétant deux cent fois, oublier des idées persécutantes, négation, mensonge, fuite, diversion, voilà les moyens pour ignorer la réalité désespérante du non-sens... alors rire pour éloigner, se défaire, se détacher de l'impact... enlever le trop de sens négatif, ajouter de la dérision et du positif dans le négatif pour combler le trou béant du néant... La production de masse abêtit et confine au consumérisme car plus on reproduit moins il y a de sens plus on souhaite remplir le vide de sens... à l'infini... à l'infini... à l'infini... à l'infini... à l'infini...

Voyage au bout du cerveau... si tout le monde allait au bout de sa nature on serait plus simple à l'égal des animaux, tout serait tellement plus simple. Se prendre la tête, pourquoi les humains ont-ils dû foncer tête baissé dans ce sens ??


Vivre sans rendre de compte. Voilà le vrai Saint Graal ! Rêve à la Midas !

Quand je me remémore mes fautes, non-agissement de mon moi vidé de ses forces, vidé de sa patience, et impatient que ça se finisse ce qui est en cours... Je me dis en moi : « J'ai envie de me suicider ». Et ça continue, et ma vie peine à changer, puis l'envie laisse place à l'ennui... et tout est à recommencer.

J'ai commencé depuis trois semaines mon journal de mon psychisme où je relate quotidiennement mes troubles psychiques et biologiques et quelques « pansées » intellectuelles, « spirituelles ». Les médicaments sont des drogues tandis que l'esprit plus puissant est un réel contrepoison.

Je remarque que la solitude est besoin nécessaire pour ma « liberté », je me sens seul même au milieu de bons camarades. En revanche la solitude amoureuse, la frustration me ronge de l'intérieur. Mes pulsions me dégoûtent car mes affaiblissements dus à mes timidités ou encore l'espoir idiot du bon moment futur m'éloignent de l'assouvissement de celles-ci. Pourquoi le monde moderne a tant besoin de se compliquer la vie pour se sentir entier ? Ces galeux pestiférés qui hurlent au scandale au moindre compliment... ah ! Abrutissement des masses individualisées au sordide ! Être intouchable, désir d'immortalité, d'invincibilité, d'ultra-personnalité, de domination par le mépris ou feindre l'intérêt par une pseudo-compassion, la pitié ! Le peuple rêve d'être élite, le peuple se croit Narcisse applaudie ! Maudite post-réalité ! Maudits dogmes nouveaux ! Maudites manipulations !

C'est irritant de voir et d'entendre ces gens palabrer avec autant d'ignorance, on voudrait leur dire de se taire, mais leur langue de plastique les préserve du goût affreux de leurs phonèmes nauséeux. Pourtant troubler leurs servitudes ? Leur « liberté » de devoir est consentie (Kant), même volontaire (La Boétie) pour le pacte social (Rousseau), le peuple faible par rapport aux animaux a dû se concentrer sous le feu de Prométhée. Leurs lois c'est Leur État, ils ont choisi donc ils sont libres sous cette justice qu'ils ont instauré et puisque le gouvernement va dans le sens du peuple, logique... quel con ce Rousseau !

Je n'ose même plus dire que j'ai mal au crâne, on me servirait du sophisme à tour de bras sur l'origine de ma maladie : « Tu fais pas de sport ! Tu restes enfermé ! ». Ce qui est (partiellement) faux, mais il est plus facile de manipuler la réalité que de la supporter. Préjugés à la con, comme s'il y avait un âge pour être malade. Idéalisations malsaines !

Être déconnecté de la réalité, est-ce n'en voir qu'une « infimité » ? protégé de ses bottes et de son parapluie, ganté jusqu'aux épaules, ou en voir une dimension panoramique, tridimensionnelle et presque surnaturelle, vaguant et vagabondant entre les légèretés spirituelles de l'esprit, l'errance d'une âme en recherche, tout en passant pour un original fantôme dans les nuages ou assimilé à un mort d'âme ?

Le langage est l'habit de la pensée. Plus la timidité, l'habit ressort flashy, excentrique, loufoque. Ils se moquent plus facilement de ce qui n'est pas dans le courant de modes.

Parler pour ne rien dire. Parler pour faire diversion. Parler pour se sacrifier et massacrer. Parler pour creuser sa tombe. Vos catacombes sont vos charniers.

Lors de mes études, j'ai plus regardé la fenêtre que le tableau. Plus écouté mes bruits intérieurs que les agitations extérieures.

Six mois après les avoir vus pour la supposée dernière fois : elles m'ignorèrent superbement. Sur le coup j'ai passé mon chemin, je comprenais, pendant deux ans je n'avais rien eu de très sociable comme attitude, je suis timide il fallait aller de l'avant, pas toujours à moi de faire cet insurmontable effort. L'indifférence, j'étais catégorisé, classé dans leur dossier, rangé, je ne pouvais plus changer de place, j'étais pour tous devenu ce qu'ils ont écrit dans leur dossier d'observation. Et encore, y en a dès la première impression le dossier torché est foutu parmi les autres dans le froid du tiroir morgue.

Le silence des bruits ambiants en contraste au boucan de mes propos internes, suscite une interrogation : ai-je parlé tout haut ? C'est décidé – après peut-être deux mois – ce soir je parlerai mes découvertes de fin d'adolescent, des souvenirs initiatiques vraiment intellectuels, du disparu qui m'a donné à entendre de la souffrance « immature ». Son combat désespéré... pour la vérité ; un témoignage...

Comment ferais-je pour simplement vivre si je n'étais forcé de me préserver des larmes et « crises de nerf » incontrôlables devant une histoire qui m'émeut ou même du sensationnalisme des médias ? Je m’éploierais comme une fille avec sa formation de fille.

Des malades, des morts, des suicidés, partout dans mon entourage – lointain ou proche. Ça a le même effet. Chaque être qui souffre ou d'ennui m'accable de son fardeau. S'ils me le demandaient j'abrégerai leur mal et leurs vicissitudes.

Idéaliser est un cauchemar comparé à la vérité : à la bibliothèque du lycée, en première ou terminale, la seule fille pour qui j'ai eu un « coup de foudre », coup au cœur et aux nerfs – je préfère – en plus de n'avoir jamais pu lui avouer mes sentiments... de plus je ne la connaissais ni de près ni de loin, comment l'approcher ? Je rêvassais des quantités d'occasions romanesques ou d'autres impossibilités du genre où je pourrais, dans le futur, un bon jour, la bonne occasion, il fallait que tout soit réuni ! Bien sûr, un songe niais... un mensonge ? Eh bien, elle était là assise en face de moi, au coin des magazines, je lisais Lovecraft et j'avais peine à me concentrer sur ma lecture et pourtant je ressentais des frissons, ceux-ci venaient-ils de la nouvelle ? Non, la situation me faisait ressentir la stupeur de tout mon corps, un rougissement sévère ? Peut-être, en tout cas j'avais chaud et je gouttais légèrement mais suffisamment pour d'une distance d'au moins d'un mètre et quelques ce soit visible si l'attention se portait trop longuement. Que faire ? Paralysé, j'étais impuissant, ça a duré moins d'une demi-heure mais je l'ai ressenti comme une très longue heure. Comme si je me cachais d'un étripage sociopathe. Remords qui ont continué de la première et durent toujours, minimisés certes, mais parfois qui reviennent en regrets avec leurs acerbes moqueries. La dernière fois que je l'ai vue et croisée, on s'est frôlé quasiment. Peu après j'aurais voulu que mon pote n'ait jamais existé. Mais seul qu'est-ce que j'aurais fait de plus ?

Quoiqu'il arrive je suis un perdant. Un picaro. Je sais qu'on n'en parle plus une fois que c'est fini ! Et moi ça me marque au fer rouge, ça me fait souffrir, ça me fait trop réfléchir... trompe-la-mort au tournant ! On idéalise trop, on imagine trop, on rêvasse trop, on n'agit pas assez. On se complaît dans son immobilité. On s'enferme, s'encage, s'emmure en notre soi. J'aurais pu dire « je » partout je dis « on » ou « nous » mais je varie parce que malheureusement ce que je dis s'applique pour les monstres modernes que nous sommes, des entités mécaniques, sans conscience ni confiance, calculateurs, froids, programmatiques. On ignore la matrice. On ignore notre essence. On ignore. On crève d'envie de s'entourer, on ne peut pas exister sans ignorer. La vérité est trop dure à supporter... et c'est pourquoi il faut la vivre avec légèreté... S'émanciper...

Dans ces moments de pertes et d'abandon de toute maîtrise de notre corps et de notre psyché, on oublie, pourtant, sans cesse, flotte alentour la mort. En nous la Mort paralyse. En dehors la Vie essouffle. En dedans la Vie époumone. En dehors la Mort vadrouille.

Ronge les ongles et peaux frénétiquement, addictement, sans pouvoir refréner cette pulsion ; rêve inconscient et implacable, maître dans la maison qui agite les mastications et déchirures, cruelle envie de disparaître, de « disparêtre », de se rendre invisible par le fameux anneau de Gygès, rêve éveillé du timide. Merci pour ces vilaines et trop nombreuses réflexions sur la timidité. D'où je tirais mes propos décousus, chaotiques et brumeux, d'où me venait mes accès à la timidité, à l'intériorité. Cliniquement je suis bien moins timide qu'avant et pourtant dans beaucoup de situations je le suis encore beaucoup trop. Pour m'exprimer, pour formuler un tout cohérent sans avoir préalablement répété trente-six fois la même chose pour ensuite le moment venu l'oublier et faire avec les miettes qui restent sur la table. Cet éclaircissement assombri. Ciel et terre. Gris. Corbeau. Pie. Tristesse fatiguée. Vitalité matraquée. Vide idée. Que faire ? Se résigner ? S'accomplir en tant que fatalité ? Rabattre l'irritant rideau de la tragédie ?



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