De retour

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2018

Ces deux derniers jours ont été exaltants, enthousiasmants, de fous rire et d'épuisement. J'ai cru que ça allait durer, j'ai été naïf... quel état cette euphorie ! Puis au soir, le blues, la déprime, la fatigue, dormir longtemps, trop longtemps pour passer l'heure du dîner. Je me douche, l'euphorie et l'éclat de l'être se libère, jouissance exquise, chair intérieur et extérieur qui respirent, les taillades de la veille et du jour me plongent dans un état « euphorique extatique » à son apothéose ; les brûlures m'éveillent, la douleur laisse place à l'extrême douceur. La puissance se dégage des feux de ma peau. Cela faisait si longtemps que je n'avais ressenti un grand coup de puissance me traversant le corps, me rendant réellement vivant. Peut-être un mois, peut-être deux mois. Puis je suis sorti. Le temps morne relativement désert de toute vie. Ce que je vois ce sont des vers recroquevillés. Des résidus d'existence teintés de maladives couleurs, des amalgames informes de cadavres mutilés, des créatures rampantes aux miasmes des couleuvres qui les dirigent, à commencer par leurs poisons intérieurs, leurs certitudes qui font leur crasseuse coquille, leur lassante dissimulation, leur fatigante mystification hors de tout authenticité. Ainsi je reviens chez moi désolé, me retournant dans ma pièce moins mortifiante qu'une invitation qui m'ennuie désormais, leurs discussions et distractions nihilistes destructeurs et sarcastiques me blasent. Tant pis pour l'après-midi qui aurait pu être hilarante ; la déception règne, la dépression s'installe, la négativité est une école qui ne trompe pas. Tout ce qu'elle saigne est réel, vérité, consistant, substance, éternité qui peut être échangée.

Changer mène à la fatalité, la fatalité est simple, mais changer est une entreprise complexe, compliquée. Crever vient d'une complexité, crever n'est pas simpliste. Se crever, c'est au-delà de tous les paradoxes, c'est tous les dépasser. C'est pour ça qu'il est complexe d'en arriver à se suicider. La balance penche constamment entre la « vérité » d'un paradoxe qui ne peut avoir de réalité que dans le matériel, tout sujet, objet, métaphysique est un paradoxe à lui tout seul, on ne peut savoir sans preuve et même avec si untel ou untel à raison. Il n'y a pas de raison. L'abandon n'est pas une lâcheté, ni même une force, parfois elle est nécessité. Abandonner une nocivité. Abandonner une idéalité. Abandonner une quintessence. Abandonner une doxa pour un paradoxe. Abandonner une étanchéité pour une clairvoyance, une existence, une nitescence... Abandonner l'abandon et c'est la soumission qui vous happera. Abandonner n'est pas fuir, c'est accepter, accéder à une autre sphère de la réalité. Abandonner pour mieux retrouver. Retrouver... Retrouver... Retrouver... Retrouver... Retrouver... Retrouver...

Je veux du Black Metal qui m'entraîne dans des abysses : les cimes de l'abattement. La noirceur cérébrale la plus entêtante, le mal le plus véritable, le tourment le plus endormant... J'ignore comment l'exprimer, mais je veux que mon putain de crâne déjà lourd s'écrase sous la lourdeur des sons misanthropiques, nihilistes, pessimistes, mélancoliques, des bas-fonds, des grottes les plus lugubres, des ravins tentateurs. Cela paraît ridicule mais c'est à l'envi que l'émotion se doit de transpercer comme un carreau empoisonné les os et les entrailles. Se morfondre dans la paix intérieure, la délivrance du chaos par le chaos, se complaire dans l'autodestruction. Se tuer à petit feu, consciemment, se tuer à petit feu, se tuer dans le bûcher funèbre. Aimer ce feu qui ronge et traverse, les cendres, les rougeurs, les morceaux charbonneux, la mort dans l'âme. Ne pas se laisser crever misérablement et frapper son enveloppe, briser cette carcasse et s'en délivrer. S'en échapper. Trouver les clés pour se faufiler hors de cet univers carcéral.

Instable je fais les choses avec frénésie. Si je ne fais pas deux choses à la fois je suis nerveux. Le temps s'égrène et me stresse. Pas de temps pour perdre son temps, pour passer le temps, l'imagination et mes folles idées n'attendent pas et jouent contre le pendule de l'ennui et la mortification.


Il est des animaux qui se reniflent le cul. Je fais parti de ceux qui se méfient et qui rôdent à l'écart de ces relations impures et bassesses ignobles.


Ils essaient de te culpabiliser, de t'enseigner les vraies valeurs du monde moderne, le keep calm and carry on, le bien dans la peau bien dans la tête, et toutes ses fadaises qui consistent à te rendre complexé de ton poids et de ta musculature non-visible. L'homme de la réussite est musclé pour les filles, dessiné comme dans les magazines et les publicités. L'homme et la femme de demain sont parfaits ou n'existent pas.

Les moins résignés sont ceux qui partent en premiers.

Les plus résignés sont ceux qui restent.

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