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Pourquoi continuer cette chose absconse ? Parce qu'on a peur du vide, de l'inconnue, de la non-vie ! Brise le cauchemar, tourne le paradigme. Si tu n'as plus rien à quoi te raccrocher. Soit tu changes, soit tu changes définitivement. Vide existence sans sens ni cohérence. Froid glacial du corps naît du chaos confronté au néant. La conscience du vide, pensée du néant, sentiment d'inconscience complète, intelligence, affection, appréhension du suicide.

Rien ne veut rien dire, dire ne veut rien dire, rien veut rien, tout veut dire tout, rien veut dire tout, tout veut rien dire. Négation de la négation de la négation...

L'écorché aussi est un masochiste de la vie. Inhibé par sa souffrance désagréable, tout comme le mortel se mortifie pour revenir à la vie mais ne peut supporter constamment la cécité, donc se supplicie par amour envers ce qui le rejette le plus. La funeste vitalité ricane, raille, moque le dépressif suicidaire. Tel fanatique, il se supplice par extravagance puisque le néant n'est pas endurable, il endure ce qui est possible : le crucifiement, la flagellation, la torture, l'enfer...

Il ne faut pas se forcer à la joie, si la tristesse est là, accepte là. Il faut se laisser aller aux passions. Ne te voile pas la face en faisant pour oublier, cet oubli doit faire gamberger. Pas après pas vers le vide, conscient de ce vide, sans appréhension de ce vide vertigineux, un vide infini et plein de ténèbres, de tourments tournoyants, œuvre chaotique de folie, vers abîme ou cimes tu te plonges, tu te dois à grands pas de sauter sur la corde ou à côté. Tu verras où tu t'es mené. Cela réchauffe quand il fait froid de sentir les plaies refermées.

Pieds sur la batterie d'ordi, ça dégèle.Contraire à la nature de souhaiter le vide, le néant à soi-même, la sereine nullité, irréalité, absence. Trop clairvoyant, trop conscient, trop peu humain, trop peu vivant. C'est à ce moment de la réflexion qu'on arrive à penser comme disait Nietzsche par provocation ou par certitude que les animaux – sans trop de conscience – bénéficient d'une meilleure condition plus enviable que la nôtre, trop consciente de tout et forcément du plus douloureux. La fuite, l'homme est voué à fuir, chemin obligatoire vers la fin. Fuir la vérité est notre préoccupation première, sinon quel intérêt à respirer ? Quel intérêt à engendrer ? Non, il n'y a nul intérêt que des idées mènent le monde, des instincts naturels ou exacerbés par notre condition plus consciente de notre conscience et de notre fatalité, notre tragédie, notre impuissance et notre insuffisance. Jamais satisfait, impossible satiété, incurable déraison.

J'ai eu un rêve étrange où discutais avec un pote, lui aussi se scarifiait mais était tout de même intrigué, en toute logique tout cela est perturbant, comme beaucoup la réaction est automatique. Comme quelqu'un qui n'aurait jamais pensé que ce fut possible pour toi – en somme. Les gens ne s'imaginent pas assez de possibles sur autrui, il faut être très curieux en effet.

Quand je suis à l'intérieur, je n'ai pas envie de sortir. Quand je suis à l'extérieur – dans mon errance nocturne -, je n'ai plus envie de rentrer. Affligeantes ogresses de béton, toutes les mêmes, dans cette grande ville, et ces lampadaires vampires de la lumière lunaire je les abomine. Je suis sorti de nuit, de préférence, c'est la bonne heure minuit à une heure au moins de jour on ne voit rien que les gens, de nuit on voit la réalité ; moins claire, plus lucide de la représentation spatiale, plus perspicace d'elle-même et consciente de notre imaginaire. La nuit nous renvoie à nous-même, à notre solitude, à nos ombres, à notre abîme métaphysique, à la réalité de notre condition. Elle efface tous nos errements dans la métaphysique confondante des relativités fondamentales pour nos faiblesses d'homme innaturel. Pour inverser les valeurs j'irai même jusqu'à dire immoral de notre condition d'origine qui est par essence immorale. J'ai écouté une émission d'expérience de mort imminente, ça donne envie de la vivre cette mort provisoire !

Un saut dans la nuit, minuit et demi. Déambuler dans la nuit ça passe vite. Au contraire de ce qu'on peut penser. C'est dur d'y aller et puis ça devient dur d'y revenir. Mais ça donne une envie d'y retourner tous les jours à la même heure. Du moins dans la période que je traverse sinon je l'avais déjà expérimenté cette ballade à plein poumons, le week-end des jours où je n'étais pas sorti de jour. Je suis allé plus loin et d'un côté que je ne connaissais. Il faut découvrir. Être curieux. J'écris ces phrases tout en sachant que je n'y ait pas encore été, mais c'est pour me motiver et après je serai certainement fatigué. Putain de vélo, m'a dépassé d'un coup avec un bruit bizarre d'accélération flippant, mon cœur s'est calmé dix minutes après, pire que ce dépassement de chien à tout allure, lui aussi errait. Croisé quatre personnes, tout de même, à mon retour quasi deux heure. Broyé du noir, remettre sa vie en question, questionner la mort etc. tentation du vide... Jouer avec le sang est dangereux. Jouer avec le feu est dangereux. Jouer avec le vide est dangereux. Jouer avec est dangereux. Jouer est dangereux. Jouer. Danger ! 66 entailles plus ou moins saignantes.

Désespéré. Chute du précipice. Un mois de dépression, je commençais juste à ensevelir ma fosse béante, vertigineuse de vide. Quand d'une grande balade en centre ville sous un soleil alourdissant, d'euphorie à folie j'ai déliré, d'une discussion d'amertume sur la société et la vie dans son ensemble, la lassitude me saisit, la nausée, le mal de crâne martelant les tempes... fatigue extrême, bâillements infatigables. La tentation du vide et du sel sur mes yeux. Sel de désolation, des larmes dès mon retour. À peine neuf heure déjà envie de me laisser glisser dans les bras de Morphée et ses bras inconfortables. Mais non, si je dors maintenant je ne dormirai pas assez. Levé trop tôt, fatigué trop tôt. Larmes viennent à force de me décrocher la mâchoire. Dépassé par les événements, épuisé par les temps, affaibli par les dépressions. Pourquoi vivre quand la balance penche du côté du malheur et que la joie se fait illusion de blagues et rires forcés ou euphoriques d'absurdités cyniques ou de nerfs éclatés sous le coup du désespoir. La balance penche... l'épisode maniaque suit l'épisode dépressif, le mien n'a duré que deux jours, où j'ai pu rire, encore moins dormir, redevenir très actif, très pressé, puis barre de métal dans le crâne et c'est reparti. Normalement, en moyenne, lors de l'épisode suivant le dépressif, il est euphorique et a plus de force, là peut passer au suicide. Même si ce n'était pas mon intention je m'en rends compte. Fatiguant, fatigue, fatigué, ennuyeux, ennuyant, exaspérant, inutile, rien n'est rien, tout est rien. Coma, mort, suicide, folie, madness, dormir, mourir.

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gian paolo

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