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Définir ma scarification ? Philosophique, sociale et ontologique. Difficile à définir, une expérience pas vraiment bénigne, par mal-être certes, mais surtout par curiosité, étant pessimiste et très mélancolique, une épreuve initiatique dans les ténèbres de notre personnalité, d'abord prendre du recul et ne plus se voiler la face et oser se voir dans le miroir en ayant autant changé et être tombé dans cette « mode immature ». Développer l'esprit critique et devenir lucide sur ce qui ne va pas. Prendre conscience de la superficialité de l'être et du néant, la superficialité de toutes ces vanités éphémères, cela développe une philosophie des plus clairvoyantes, et, forger le caractère, même si déjà ma philosophie « nietzschéenne », plus chaotique et plus pessimisme m'avait prédisposée à accepter la vacuité et le chaos, le paradoxe et l'incohérent, l'irréaliste et l'illogique etc. du genre humain. Mais tout ce que je dirais est très souvent aussi le cas pour les bêtes, que nous sommes malgré-nous, en dépit de ce qu'on voudrait nous faire croire sur notre condition humaine. Bref, le nihilisme héroïque comme le dirait notre cher Nietzsche à l'inverse du nihilisme passif est créatif et générateur de recréation après la destruction. La destruction et la violence reconstruisent, après l'ouragan le calme plat. De plus, cette prise de conscience permet de prendre du recul sur la vie, l'univers et le reste, enseigne l'humilité, la bienveillance, l'attention, et autres qualités philanthropes. Bien que l'humilité doit être pesée à bon escient dans le quotidien, préférez modestie puisque moins réductrice dans le social, sauf si vous êtes misanthrope. J'en ai rêvé de devenir misanthrope, oui des fois se retirer du monde, au calme, loin des hommes et de leur civilisation auto-destructrice. Pourquoi étiqueter dans tabou la pratique de l'auto-mutilation quand n'importe quoi, n'importe qui, se mutile en libre conscience ou insouciance, certes n'est pas douleur physique douleur psychologique, mais bien pire, bien plus grave, bien plus dangereuse. Voilà en parti pourquoi en arrivent parfois à la mutilation corporelle. Pourquoi ne pas banaliser cette violence intériorisée ? Vous préféreriez peut-être voir cette violence extériorisée ? Exploser à la vue et au su de tous. Les spectateurs aiment la violence, ça oui, la catharsis, la purgation des passions ils aiment, ils veulent la voir en action pour les soulager eux-mêmes de leur propre frustration de leurs incapacités, incompétences, de leur propre faiblesse. La violence traduit si simplement son besoin primaire d'ardeur, d'agression contenue et garde à l'étroit dans son corps faiblard, son esprit soumis. Alors l'homme normal a mal quand il voit la violence qu'engendre la violence symbolique – dans son sens le plus large (n'importe quelle action ou dire qui percute et occasionne un dégât intérieur) – est représenté par des traits rouges, des tranchées creusées à même la peau du souffrant, de celui qui n'en peut plus du masque et de l'illusion et veut la vérité. Son surmoi lui refuse de s'en prendre à qui lui ont fait du tort alors il s'en prend à lui-même, le fameux marche ou crève défini bien la mentalité d'aujourd'hui malheureusement. Je disais, je digresse à mesure, peu importe, l'homme voyant le mutilé, égoïste qu'il est ne pense pas à la souffrance de l'autre mais se met à la place de l'autre par la représentation de ce qu'il pourrait ressentir lui-même. Rapporter à soi est un instinct naturel, un égocentrisme naturel, un individualisme nécessaire de survie, sauf à celui qui s'affranchit de cette nature cynique d'autrui. Le souffrant plus sensibilisé a un détachement et une négligence plus bénéfique à autrui qu'à lui-même, une abnégation vraiment réaliste, une compréhension éveillée, une affection sincère et émancipatrice, salvatrice. Le mutilé ne doit écorcher ses maux par des mots de détresse, il doit être désintéressé, ni brandir avec arrogance ses membres marqués. Si une personne dans l'incompréhension cherche à saisir votre folie avec tolérance alors avec toute la violence que vos blessures évoquent martelez lui le crâne de ces fatalités qui vous ont menées à ces déchirements de votre volonté et son éparpillement en lambeaux de chair sanglante. Hors de contrôle, tu perds ton sang-froid. Sang chaud frappe dur ! C'est le résultat de tous les tourments que j'ai subis jusqu'à présent et que j'endurerai encore.

La morale humaine, celle de bien-pensance est d'une médiocrité telle qu'on en perd totalement espoir de cette race déliquescente, cette civilisation globale terrienne, abjecte, basse et en pleine déchéance. L'homme qui survit et se complaît dans sa dégénérescence est l'homme du présent et de l'avenir, l'ère des médiocres. La corruption est leur efficace moyen – parmi tant d'autres - de se reproduire et de pulluler sur Terre. De contaminer le monde de leurs pensées affligeantes et ces mensonges nauséeux déréglés. Jusqu'à l’écœurement, jusqu'au vomissement.

Garder bonne conscience, l'enjeu responsable du moralisateur qui ne supporte être perturbé dans toutes ses bonnes vérités, ses croyances formatées, jette l'anathème à tout va sur l'horrible différence, sur celui au-dessus de cela, sur celui qui par sa différence engendre la haine, dès lors il le met au ban de la société en le traitant de malade, dégénéré, névrosé, en lui faisant porter le bonnet du personnage instable et donc infréquentable. Troublé, limité, déviant, frappé par une horrible folie, une personnalité difficile et exécrable, dure à supporter et exaspérante d'imagination frénétique et d'un esprit libre comme l'air, trop libre et trop intimidant mais suffoqué par la pollution d'une ambiance atavique, susceptible, choquée, recyclée continuellement par le même air soporifique... de peur, d'insipidité individuelle, de lourdeur collective, airs corrompus, se disent purs mais impurs de leurs toxines échangées, s'empoisonnent de par leurs mensonges et de par leur errements asséchés, alentour le désert, devant les pavés, seule route envisageable. Tellement drogués par leurs phantasmes et illusions, ils sont aveugles à se foisonnant désert et à ces vierges chemins, à ce labyrinthe forestier inextricable. Des fois, tout de même, j'aimerais bien, d'être stable dans mes émotions, mes ressentis, mon humeur, quelques semaines, plusieurs jours.

Telle est la rage qui nous anime, la rage de vouloir s'ouvrir les bras, le torse au ventre, les jambes et la gorge, la tête, d'ouvertures morbides, hémorragies mortelles.
N'êtes-vous jamais enragé par un abruti à en imaginer nerveusement lui briser le crâne à grands coups dans un mur ?
Sentir l'eau chaude de la douche couler sur la peau et les écorchures conforte, sensation de bien-être, libérant l’endorphine par toutes les coupures, et les vêtements à même la peau se frottant contre celles-ci et le même effet s'en échappe euphorie éphémère.
Ce soir aussi, j'ai coupé mes avant bras principalement et ça fait du bien même d'attendre le sillon laisser le sang s'échapper en petites bulles, petits flots rouge clair. Celles tout autre part sont plus difficiles à saigner donc elles ne sont que partielles mais c'est largement suffisant. Pour les cas cliniques, psychiatriques dans le jargon, l'addiction s'opère comme une drogue vicieuse où le client achète de plus en plus pour une consommation encore plus effrénée, je tape ces mots tout trépignant par les effets stimulants de ma cure. Ceux qui veulent s'en sortir n'ont d'autre choix que de remédier à des techniques de sevrage fortes et radicales. Un effort de volonté et d'introspection et de relativisation ne peut suffire. Pareil qu'avec toute sorte d'addiction puissante. Le but n'est pas de se saigner à blanc mais de retrouver une sensation perdue. L'automutilation est aussi dangereuse à haute dose qu'un sport extrême, qu'un rail géant, qu'un paquet par jour, que plusieurs litres. Le point économique sera retenu pour la première addiction. Pas de perte ou presque – de sang et de pansements au pire. Bon il est vraiment que pour les cas très grave cela puisse aller jusqu'à l'hospitalisation, donc au final ça peut coûter bien plus qu'à un alcoolique ou un gros fumeur... c'est à toi de t'imposer tes limites, si tu veux t'en imposer, sinon quelle importance. D'ailleurs quelle addiction s'interrogerait sur le fait de ses conséquentes dépenses. Se substituer à une autre drogue est une fuite vers une autre fuite. Inlassablement nous fuyons, tels des lâches, mais c'est humain de fuir, l'homme est nu par rapport aux autres animaux, il a juste son instinct de survie qui le mène à innover et à se défendre. Et quand on n'en peut plus de se défendre des autres par la fuite dans un univers fictionnel, une drogue matérielle ou une philosophie optimiste et auto-flagellatrice, on se rabat sur ses propres instincts primaires, ceux de la violence et de la haine, tournés vers nous-même malgré-nous en dépit de notre société, culture, civilisation et « progrès » tant chéri même si délétère, si destructeur, si déformé.

Le sang sent : savoureux à mes sens. Le moyen solitaire le plus efficace pour se tirer momentanément de la dépression. Seul votre corps souffrant ramène à la réalité, hors du mensonge, les excisions ne mentent pas. Et à l'effet inverse n'infligent de douleur qu'imaginée, tromperie du cerveau bloqué dans son paradigme naturel de réaction d'instinct de survie, du stimuli préventif, informatif. Cela procure une reviviscence, un regain de vigueur, d'éveil extatique. J'ai presque cru que ma dépression en était finie, si promptement – erreur - mais je n'en suis pas déçu, je ne m'attends plus à rien. J'ai eu le courage de sortir quelques heures pour manger et travailler, c'était long et fatiguant. Beaucoup de choses ne m'intéressent plus, je passe au-dessus de beaucoup de choses, qui paraîtraient primordiales pour des personnes du commun. Or la dépression change, et je suis plus détaché des broutilles du quotidien, la psychologie est plus intéressante que les sujets sociétaux, et tous ces grands systèmes qui nous dépassent infiniment pour l'individu seul, pour le groupe ou une masse passive. Fin, les sujets qui tournent en rond tendent à me lasser extrêmement vite. J'ai perdu la notion du temps et qu'importe, le temps s'en va et alors... je fais les choses avec moins d'empressement, je ne peux pas vraiment autrement dans mon état, mais je suis moins enfermé dans ma condition de désespéré, je réécoute des vidéos et plus seulement de la musique et je relis à un certain rythme, je sors pour manger en discutant, de plus en moins. Je ne sais pas si je dois être patient si la discussion de l'autre m'ennuie ou changer de sujet, à l'époque j'aurais écouté ou j'aurais mis fin rapidement pour reprendre sur un truc plus sympa pour moi, mais là je m'en fiche, tant pis si je souffle de manger si lentement ou travailler si lentement ou si insensiblement rêvasser sur le néant. L'intérêt est mort, agonisant ou putrescent. D'ailleurs je vais dormir.

Mes problèmes ? Ma vie est un maux. Une tare purulente, une plaie ouverte baignant sur le rivage. Une plaie salée, à vif, irritante. Tu as été obligé de naître, parfois même forcé. Tu as été obligé de vivre, même toujours forcé. Tu as été obligé et encore tu es forcé par le destin que l'on veut te donner. Personne n'a voulu ta naissance, personne n'a voulu ta mutation, personne n'a voulu de ce que tu es aujourd'hui. Personne n'a jamais voulu de toi. Tout le monde a voulu que tu sois ce qu'ils ont imaginé. Personne n'est en toi. Tout le monde naît en toi. Alors arrête tes justifications, modifications sur les personnes, tes illusions que tu te fais d'eux. Ils ne sont pas comme tu aimerais et ne le seront sans doute jamais. Cesse de rationaliser et tu y verras plus clair.
Depuis je me suis éloigné, mis de la distance, désillusionné, de ces personnes toxiques. Étouffantes car elles vivent dans des cages, les yeux crevés, leurs sens altérés, percés, en putréfaction, perclus de moisissures hideuses. Aveugles, sourds, insensibles, insipides, broutant l'herbe claire et verte de leur pré imbibée de morphine et de bacilles, ruminant cette légère pelouse arrosée aux pesticides, pour crever les engeances des jardins barbelés, artificiels et ennuyeux de formes géométriques sans fantaisie aucune. À travers ce texte on pourrait légitimement penser que j'en fais trop ou que j'en rajoute des tonnes ou encore pire que je me victimise, en usant de pathos à outrance. Quel intérêt aurais-je à mentir ? Si j'en suis arrivé là c'est que je n'ai plus d'espoir en quoique ce soit qui m'entoure. Pour rehausser mon estime en moi ? Je n'en ai jamais eu de bien haute. Sauf dans mes phases de délire, mais au fond, profondément sous cette épaisse carapace de marbre, coquille, fourrure, enveloppe, se craquelle, se fissure, se déchire, se morcelle mes peaux, telles une statut de terre cuite, un parchemin, et je connais ma faiblesse, désormais je ne la renie plus, je ne suis qu'une poussière, une petite et misérable petite graine qui peut s'éteindre d'un souffle. Un grain qui se sait grain, qui ne se voit réellement cosmos. Seulement dans les rêves les plus fous.

Travailler, travailler, travailler ! Les gens n'ont plus que ce mot à la bouche, ça me rend fou ! Donne la rage d'enfoncer sur ma tempe, faire exploser la poudre, cramer ce putain de crâne. 1h plus tard, un appel. Après les questions banales vint la question fatidique, lassé j'ai lâché mon téléphone.

Chacun devrait être tombé dans l’abîme, au moins une fois.

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gian paolo

Myrtille est une fille charmante, j'devrais plutôt dire un abricot charmant, car Myrtille est un abricot.
Depuis peu, elle a perdu son travail (vendeuse chez Saïd, l'épicier) et tout s'est enchaîné. Plus de travail, plus d'argent; plus d'argent, plus de logement; plus de logement, la rue, la dèche, la merde quoi!
Mais Myrtille est de nature positive. Elle sait qu'elle va s'en sortir. Elle ne sait pas comment, mais elle va s'en sortir.
Donc, ce matin-là, Myrtille se rend en ville pour chercher du travail. Chemin faisant, elle rencontre d'autres compagnons de misère. Il y a Melon, avec lequel elle a eu une aventure autrefois, Pêche, une amie d'enfance, Banane, qui rit tout le temps et Asperge, qui est toujours au régime. Tous vont chercher du travail dans la grande ville.
Arrivés à Pôle Emploi, ils frappent à la porte et c'est Mme Autruche, toujours fière et plein de bracelets en or, qui les accueillent:
- Bonjour, mesdames, messieurs, j'suis heureuse de vous dire qu'aujourd'hui c'est votre jour de chance. Il va y avoir du boulot pour tous!
Myrtille ne croit pas beaucoup aux belles paroles de Mme Autruche, car elle a si souvent été décue. Mais bon! Peut-être qu'aujourd'hui!
- Je ne perds pas de temps, car mon temps est précieux et j'entre droit direct dans le vif du sujet!
dit Mme Autruche.
- Vous Melon, j'ai une place sur le marché de Cavaillon. Vous serez pas seul. Le touriste raffole du Melon de Cavaillon!
- Mais.... j'suis pas de Cavaillon, j'suis de la banlieue parisienne...!
ose Melon.
- Mais j'm'en tamponne le coquillard! Melon, les touristes n'y voient que du feu. Ils dépensent des sommes folles pour manger du melon de Cavaillon. Capisci? Alors, vous le prenez ce job?
- Ok, j'y vais comment à Cavaillon? J'ai pas un radis.
- Tu te démerdes... T'as qu'à rouler jusque-là!
Myrtille, Banane, Pêche et Asperge rient de bon coeur. Un melon parisien à Cavaillon, c'est drôle mais au moins, lui, il sera au soleil. Il pourra bronzer.
- Bon, pour vous Banane, j'ai un couple des jeunes filles du XVIème qui me demande un régime de bananes pour le week-end. Elles payent bien, mais ne m'ont pas dit ce qu'elles voulaient faire avec ce régime! Vous prenez Banane?
- Je prends! En plus, j'ne serai pas seule et j'pourrai discuter avec mes copines. Merci!
Mme Autruche continue. Elle est déjà en retard sur son timing et donc, accélère.
- Pour vous, Myrtille et Pêche, salade de fruits géante demandée par une chanteuse pop, de passage à Paris. Elle est pleine de fric et une coupe de champagne est offerte pour ce job. Vous prenez?
- Ouais... disent ensemble Pêche et Myrtille.
- Quoi? Vous êtes pas contentes! J'me casse le cul pour vous trouver un job et mesdemoiselles font la fine bouche!
- C'est pas ça, Mme Autruche, mais si j'ai bien compris, les invités, y vont nous bouffer?
- Ben oui, ma ptite, mais dis-toi que c'est la fin de tes emmerdes... Tu bois une coupe de champagne, tu donnes du plaisir à des centaines de personnes et tu meurs... Mais dis-toi qu'avec les noyaux, tu laisseras une descendance, d'autres Myrtille et Pêche

- Ouais... OK, nous acceptons.
Et elles quittent le bureau.
Asperge, qui depuis une heure n'a rien dit et se tient à l'écart des autres, demande timidement:
- Et moi, Mme Autruche?
- Ah! Vous, Asperge! Malheureusement, j'n'ai rien trouvé pour vous mais revenez tenter votre chance le printemps prochain!
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Aiden, un jeune garçon de quinze ans est témoin d'un des plus grands cataclysmes de l'histoire humaine. Une bombe atomique de dernière génération a accidentellement explosée sur le sol Américain et en a fait des dégâts catastrophiques. Il va donc être contraint de survivre dans un monde hostile et post-apocalyptique dans lequel il y rencontrera une communauté de survivant retranchée dans un abri antiatomique de haute technologie abandonné par l'armée avec lesquels il devra se familiariser. Mais il fera également la rencontre d'infectés ayants étaient exposés aux radiations de la bombe qui sont bien décidés à rendre ce qui reste de l'espèce humaine un souvenir.
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