Chapitre 11 : Shopping.

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Sorti de cours et l’ennui le gagnant, Sky décida de suivre le conseil de Laure. Il proposa aux gars de faire soirée à l'internat.

  • Nickel ! J'irais chercher à boire et à manger après les devoirs ! s'exclama Selim qui entama une course.
  • Pareil. On ira sûrement ensemble, dit Alex.

Il ne restait plus que Loyd et lui. Ça faisait longtemps qu'ils n'avaient plus fait un tour.

  • Allons cherchons des bières, annonça Sky en lançant son sac sur son dos.
  • Tous les deux ? s'étonna Loyd.
  • Non avec lui, dit-il en montrant un passant en riant. Bien sûr tous les deux.
  • Même si ce n'est qu'au Konbini, je ne sais pas si c'est une bonne idée...
  • Trouillard, lança-t-il en levant son nez bien haut.

Mis au défi, Loyd pressa le pas jusqu'au petit magasin. Ils entrèrent l'un après l'autre. La jeune fille à la caisse les observa d'un œil admiratif, mais aussi craintif, se diriger vers les alcools. Les deux se servirent en bouteilles et estimèrent allègrement combien il leur en fallait pour passer une bonne soirée.

Chose faite, Loyd pris quelques violettes et se dirigea vers le comptoir. Il se retourna en voyant que Sky ne suivait pas. Le bougre était planté devant le rayon des "ballons" et choisissait une boîte d'un visage très sérieux.

  • C'est pour qui ? demanda son ami gêné des regards occasionnés.

Il le dévisagea, le paquet bleu "ultra fin" en mains. Loyd reposa sa question :

  • Je veux dire à l'attention de qui ?
  • Je ne sais pas encore, je suis juste à court.
  • C'est donc pour ça que tu voulais que je vienne avec toi, dit-il d'un ton malicieux.
  • Et toi alors ? C'est quand que tu vas te décider à en utiliser ? Parce qu'avec Laure t'en ai toujours au point mort si je ne me trompe pas.
  • Plutôt logique quand tu es toujours dans ses pattes.

Boulette. Il avait laissé la jalousie prendre le dessus. À sa grande surprise, Sky ne sembla pas l'avoir mal pris. Il leva simplement les yeux au ciel et sortit son portefeuille pour payer. La demoiselle à la caisse, rougissante face aux deux Richess et le contenu des achats, leur demanda leurs cartes d'identités :

  • Est-ce vraiment nécessaire ? demanda Sky en faisant la moue.
  • Nous ne pouvons pas vendre d'alcool à des mineurs…
  • Je crois que si, intervint Loyd en lui adressant un sourire angélique et un gros billet.
  • Je ne peux pas…
  • Avec mon numéro en prime, ça devrait le faire non ? continua-t-il.

Fièrement les deux Richess sortirent sac à dos pleins.

  • Tu lui as vraiment passé ton numéro privé ?
  • Tu plaisantes ! C'est celui de mon dentiste ! s'exclama-t-il, mort de rire.
  • Mec… Rappelle-moi de me méfier plus souvent de toi, fit Sky en lui ébouriffant sa belle chevelure argentée. T’es vraiment le pire d’entre nous.

***

De nombreux sacs à bout de bras, Laure débitait à un rythme incroyable pendant que Kimi cherchait entre les vêtements.

  • Oh ! Ça c'est trop beau, ça t'irait super bien ! s'exclama-t-elle en pointant une jupe du doigt.
  • Je ne porte pas de jupes…
  • Pourquoi ? C'est tellement coquet !
  • Mais je ne suis pas vraiment féminine, regarde-moi, ahah. Je porte toujours des Jeans et des sweats.

Le super radar de Laure détecta un manque de confiance en soi. Elle la regarda de haut en bas et réfléchit intensément.

  • Si tu n’es pas à l’aise avec les jupes et les robes, ce n’est pas grave. Tu peux très bien être féminine avec un simple haut ! Regarde si tu mets un pull léger comme celui-ci, ce serait joli. Tu en penses quoi ? demanda-t-elle en lui montrant la maille rose pâle.
  • Je… J’aime bien, je crois.
  • Et ça c’est moulant, ça mettra tes formes en valeurs ! Tu peux aussi tenter quelque chose de fluide…

Très rapidement, Kimi se retrouva avec les bras chargés de vêtements à essayer. Les pièces que Laure lui avait choisies étaient simples, mais dans ses attentes. Parfois indécise, elle se trouvait belle et appréciait ce qui collait à son corps. Elle avait toujours favorisé des vêtements amples ou confortables auparavant. Tandis qu’elle essayait un pantalon taille haute, Laure l’interpella de derrière le rideau de cabine.

  • Tu es certaine que tu ne veux pas essayer une jupe ? lui demanda-t-elle avec des yeux tout pétillants.
  • Euh…
  • Juste pour voir ce que ça donne, pas obliger de l’acheter ! Je… J’ai même pris des bottines pour voir comment ça rend, ajouta-t-elle en rougissant et en lui lança un petit sourire timide.

Quelques instants plus tard, Kimi se retrouva à la fois émerveillée et indécise face au miroir. Elle passa ses mains de part et d’autres de ses hanches maintenant recouverte d’une jupe en jeans. Elle les remonta sur sa poitrine contemplant le col roulé à rayures qui moulait tout son torse. Le bas noir mettait en lumière ses belles longues jambes et les grosses bottes lui plaisaient vraiment.

  • À ça tu peux ajouter un long manteau ou un béret, mais ce n’est pas la saison. Avec une jupe comme ça tu peux mettre de simples baskets et un de ces t-shirts…
  • Waw…

L’exclamation fit relever la tête de Laure qui n’avait pu s’empêcher de trier les vêtements en boule aux crochets de la cabine. Presque tremblante, Kimi s’amusa à mettre ses cheveux en arrière pour se contempler. Elle se retourna et lui fit un grand sourire.

  • J’adore ! Merci !
  • C’est… vrai ? demanda-t-elle incertaine.
  • Oui ! Ce n’est vraiment pas mon style, enfin… Je ne pensais pas que ça m’irait bien, mais en fait si !

Ses yeux brillaient si fort que Laure réprima son émotion. La voir si heureuse grâce à ses conseils, constater qu’elle se trouvait jolie, lui réchauffait le cœur. Il n’y avait rien de plus satisfaisant que de faire plaisir à son amie rayonner.

  • Mais je n’ai pas assez d’argent, se rendit compte Kimi.

Tout s’écroulait. La mine triste, elle observa longuement les vêtements qui lui plaisait temps.

  • Si tu veux, je peux te dépanner ? proposa-telle.
  • Non ! Surtout pas ! Hum, je pourrais demander à Dossan, réfléchit-elle, mais ce n’est pas sûr qu’il dise oui… Et puis, je devrais revenir avec lui.
  • Alors pourquoi tu ne lui demandes pas et je t’avance l’argent ? Ce n'est pas un problème, tu sais.
  • L’avancer ? Mais… même s’il veut bien, c’est un peu… Ça ne te dérange pas ?? s’assura-t-elle en prenant son téléphone entre les mains.
  • Ce n’est pas comme si tu faisais du shopping tous les jours ! Allez !

Aussi tôt dit, aussi tôt fait. L’appel étonna beaucoup Dossan, mais il accepta directement. Depuis le temps qu’il essayait de l’emmener faire les boutiques, il apprécia qu’elle découvre le shopping avec Laure. Puis pour une fois qu’il pouvait la gâter. Les deux filles sautèrent de joie et se dandinèrent dans les cabines.

Kimi qui trépignait dans sa nouvelle tenue lui tendit ses mains. Avec grande joie, Laura tapa dedans. Elle fut surprise quand elle lui fit une petite étreinte en sortant du magasin. Si bien qu’elle ne réagit pas tout de suite à l’engouement qui se créait dans le centre.

  • Oh, ce n’est pas la mère d’Alex ? s’étonna Kimi en la pointant du doigt.

Avant même de recevoir une réponse, elle se fit rapidement emporter dans un coin. Laure se cacha derrière son épaule pour observer Marry Stein. La grande dame passait au milieu de tous comme une reine, accompagné d’une autre femme. Cette dernière avait une mallette à la main. Laure en déduit qu’elles venaient pour le travail. Les dernières nouvelles annonçaient que sa première collection sortirait en septembre pour la rentrée des classes, après tout. Les travaux avaient déjà commencé également. Elle avait décidé de s’implanter à l’extérieur du centre commercial, mais il ne serait pas étonnant qu’elle négocie avec la concurrence.

Une fois la voie libre, Laure soupira d’avoir trop retenu sa respiration inconsciemment. Kimi la questionnait du regard.

  • Je n’aime pas cette femme.
  • Pourquoi ? s’étonna-t-elle.
  • Sa manière de faire concurrence à mon père… Ma mère n’a pas tort de dire que c’est une gamine.

Elle remarqua immédiatement que ses propos ne voulaient rien dire pour Kimi.

  • Nos familles ont toujours été en conflit. Je… me méfie, voilà pourquoi.
  • Je crois que je comprends, mais je trouve que c’est dommage.

Elle n’avait pas tort, mais quelque chose ne lui revenait pas chez Marry Stein. Elle n’aurait su expliquer quoi. Puis, elle trouvait ridicule qu’elle sorte une collection de vêtements à ce stade de sa carrière.

  • Mais vu que tu aimes autant la mode, tu n’es pas curieuse de voir sa boutique ?
  • Ah je… je n’aime pas autant ça ! rougit-elle.
  • Tu plaisantes ? Tu m’as relooké en un rien de temps et tu es douée pour assortir les vêtements.
  • Me… merci, fit-elle en essayant de calmer ses joues en feu. Ce n’est pas faux ! J’irais jeter un œil moi-même à sa collection pour voir à quel point c’est un désastre ! ajouta-t-elle en prenant un air fier.
  • Je n’en doute pas, rit Kimi.

Cette dernière la trouva mignonne, malgré le fait qu’elle n’était pas du tout raisonnable.

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