Solidarité fait loi.

4 minutes de lecture

25 novembre 2019.

L’État de l’Illinois contre Pierson et Rayborn.

- Bonjour, je me tiens devant le tribunal de Chicago. C’est aujourd’hui, lundi 25 novembre, que débute le procès, à huit clos, de l’une des affaires les plus médiatisées de Chicago. Le recours collectif des parents des victimes, associé à l’action du procureur, promet une instance sulfureuse. C’est maître Robson, du célèbre cabinet Carter & Mason, qui assure la défense des accusés : James Pierson, l’ancien directeur de la maison de correction Brubaker et son donateur, le promoteur immobilier Alan Rayborn.

- Espèce d’assassin ! Vous avez tué ma Debby, vous avez tué mon bébé ! Elle n’avait que quatorze ans ! hurle la mère d’une des victimes, se jetant sur les deux hommes.

O’Mara retient sa cliente. Pierson et Rayborn la toisent sans dire un mot et s’engouffrent dans une berline noire aux vitres teintées, accompagnés de leurs gardes du corps.

- Comment ces gens peuvent être encore en liberté après ce qu’ils ont fait ? s’écrie la femme éclatant en sanglots.

- Ils sont riches. Je sais c’est injuste, mais nous allons nous battre, madame Mazar, ajoute Megan pour la rassurer.

26 novembre 2019.

Cabinet juridique sur Clark Street.

- Une fois l’affaire jugée, il n’y a plus d’appel possible, lance maître O’Mara, je ne le sens pas, ce procès.

- Dites au procureur d’appliquer le traitement Capone, s’ils s’en sortent. Dans ce pays l’argent est Dieu, assène Megan, impassible.

- Tu devrais vraiment passer ton barreau, s’exclame l’avocat.

Son regard s’illumine, il semble reprendre confiance.

- Je ne le ferait pas Evan, s’esclaffe la jeune femme.

- Continue ton stage avec le procureur, si notre dossier s’effondre. Cette expérience te permettra d’accélérer ton passage aux examens.

- D’accord. Mais nous n’y sommes pas encore, maître. Demain, on fait témoigner Carla Baretti ? Demande Megan.

- Oui. Cette pauvre fille ne s’en est pas sortie, psychologiquement. Elle a enchaîné trois cures de désintoxication et finit systématiquement par replonger. J’appelle aussi Kelsea Mayers et Sonia Kurcheski, à la barre. Toutes ont de solides arguments contre les accusés. Hunt a bétonné le dossier en trouvant assez de preuves pour appuyer leurs témoignages.

27 novembre 2019.

L’État de l’Illinois contre Pierson et Rayborn.

- Agent, Daniella King. Bonjour.

- Bonjour, procureur Colson.

- Durant vos investigations, vous avez trouvé des preuves inculpant deux personnes. Pourriez vous développer ?

- Objection, votre Honneur, spéculation ! s’écrie l’avocat de la défense.

- Objection rejetée. Maître Robson veuillez cesser d’objecter chaque fois que l’accusation tente de poser une question à un témoin. Je connais vos techniques pour déstabiliser la partie adverse, mais en l’occurrence, là c’est moi que ça perturbe. Veuillez poursuivre, ajoute la juge, s’adressant à Colson.

- Merci, votre Honneur. Agent King, vous pouvez répondre à ma question.

- James Harisson et Simon Kensington. Tous deux, fils de notables de la ville, étaient clients de la « maison ». Mon équipe a pu prouver qu’ils avaient tué les trois jeune filles, dont les corps ont été retrouvés en début de juillet.

- Comment, comment les a-t-on assassinées ?

La juge jette un regard incendiaire à l’avocat de la défense, qui se mort la langue.

- D’après le rapport du légiste, Onika, treize ans, est décédée des suites d’une chute de plus de sept mètres. Deborah, quatorze ans, a été écrasée, on lui a roulé dessus plusieurs fois. Elle est morte d’une hémorragie interne. Et Marryanne, douze ans, a été noyée.

- J’ai pris deux semaines de congé pour accompagner maître O’Mara, durant tout le procès, crie Megan en direction de la cuisine.

Dorian prépare une omelette aux champignons.

- Tu vas avoir une expérience en béton armé ! s’exclame-t-il, enthousiasmé par la nouvelle.

La jeune femme apparaît sous le chambranle, téléphone à la main.

- C’est une occasion en or. Je reconnais que j’ai de la chance dans mon malheur.

- Repas léger, aujourd’hui ! Je ne suis pas un chef, s’esclaffe l’agent.

Il s’approche de sa sœur et l’enlace tendrement.

- On va s’en sortir.

- C’est pas tout, mais je dois rejoindre le tribunal à quatorze heures et il est treize. Je vais devoir prendre un taxi.

Frère et sœur s’attablent. Dorian la sert.

- Merci, Do.

- Comment ça s’est passé avec Daniella, demande-t-il, curieux.

- Elle a assuré ! Très professionnel avec juste ce qu’il faut d’affect. On fait témoigner les assassins aujourd’hui.

- C’est bon pour vous, non ?

- Plutôt, ils ont passé un accord avec le procureur, ils devraient être motivés pour faire plonger les deux bosses du Centre Brubaker, lance Megan en finissant rapidement son assiette.

2 décembre 2019.

L’État de l’Illinois contre Pierson et Rayborn.

- Veuillez vous lever, ordonne la juge Mansfield, sur un ton solennel.

L'assemblée obéit. L’huissier de justice questionne, s’adressant au jury :

- Êtes vous parvenu à un verdict sur tous les chefs d’accusation et ce d’un commun accord ?

- Oui, répond le président du groupe.

- Chef d’accusation numéro un, association de malfaiteurs, déclarez vous les accusés, coupables ou non coupables ?

- Coupables.

- Chef d’accusation numéro deux, association de malfaiteurs. Déclarez vous les accusés coupables ou non coupables.

- Coupables.

- Chef d’accusation numéro trois, association de malfaiteurs, déclarez vous les accusés, coupables ou non coupables ?

- Coupables.

- Chef d’accusation numéro quatre, association de malfaiteurs. Déclarez vous les accusés coupables ou non coupables.

- Coupables...

2 décembre 2019.

Rives du lac Michigan, Lake View Park.

- Je ne m’imaginais pas finir l’après-midi à me promener au bord du lac en sirotant un Pumpkin Spice de chez Starbuck’s, lance maître O’Mara, satisfait de l’issue du procès. Merci, Megan. Vous m’avez bien aidé. Et merci pour la boisson, c’est… très original, mais pas mauvais.

- C’est ce que je préfère. Regardez moi cette couleur !

L’avocat apprécie la sortie proposée par sa stagiaire. Il n’a pas profité d’un moment à lui depuis des mois. Ses dossiers lui prennent tout son temps. Bourreau du travail, l’homme ne s’accorde aucun repos. Le soleil inonde Chicago de ses rayons cuivrés. L’air est doux. Une odeur de cannelle embaume l’atmosphère. La victoire au procès « Brubaker » redonne espoir à la jeune femme. Elle cogne doucement son gobelet contre celui de l’avocat, plus confiante que jamais.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
Alessya Monk
KARLITO tv chaud. - Butcher est salé, KARLITO est juteux ... dur choix entre les deux, j'opte alors pour le sandwich dont je serais la saucisse ! - Et sur cette croustillante et bien grasse plaisanterie, tu sors ! Lulu qu'est ce qui t'arrive ?? - Je ne sais pas SYSY ! J'en rêve toutes les nuits ! Il est beau, il est chaud, j'en suis dingo ! Ça me reprend !... - Tais toi, ça commence ! - Quoi ? - KARLITO tv chaud ! Tu viens d'en parler, mec ! - Pardon ? Mais c'est de lui que l'autre timbrée parlait ! Si elle commence à confondre série et réalité, la camisole n'est plus une recommandation, c'est une nécessité ! - Lulu, oublie. Tais toi ou je t'intègre dans ma collection de trophées ! C'est la nouveauté KarmaZone prime ! Tu vas adorer ! Shush ! Heureusement qu'on peut mettre sur pause ! SYSY le fêtard de la bande s'est entiché de la nouvelle série événement de l'une des chaînes les plus populaires au monde. Depuis la disparition de sa Maze adorée, Lulu la luciole infernale, aujourd'hui en dépression, squatte le QG de la M team. Le fiancé psychotique de Frozen EM, veille de près mais pas trop. Son tv chaud est plus important que tout, une addiction, une lubie, non... Une drogue dure !
100
96
41
20
Maxence Sardane
37° millénaire. Après des siècles de guerres et de retour à la barbarie, l'Homme a conquis l'océan des étoiles. Mais il n'est pas seul et les dangers sont nombreux.
Rika est une jeune humaine rebelle et réprouvée qui tente de survivre dans cet univers peuplé de créatures hostiles et de menaces diverses, sous la houlette d'un gouvernement totalitaire et excluant. Sa vie prend un nouveau tournant lorsqu'elle rencontre le mystérieux (et dangereux) Ren, seul survivant d'une espèce légendaire et portée disparue...
587
673
1704
600
jesuispasunerockstar

Sweet dreams are made of this, who am I to disagree...
La voix de Marylin Manson résonne dans la chambre de Sindy.
Marylin Manson, je l’écoute en boucle. La chanson Sweet dreams (1) fait partie de la bande originale de « La maison de l’horreur ». Dans ce film, un milliardaire transforme son manoir, un ancien hôpital psychiatrique, en parc d’attractions de l’horreur. Il convie des invités pour tester...
Je ne vais pas tout vous raconter, vous n’avez qu’à le télécharger. Sachez simplement qu’avec le reste de la bande, nous avons adoré.

«Some of them want to abuse you
Some of them want to be abuuuuuuuuuused.»
Sindy et moi connaissons les paroles par cœur. Sin imite super bien la voix de Marylin Manson, j'ignorais même qu'il était possible pour une fille de chanter comme lui.
Ah oui, petite précision, Marylin Manson est un mec. Son nom de scène est une référence à l’actrice Marylin Monroe et au tueur en série Charles Manson. Si c’est pas mignon ! Exubérant, provocateur, une voix d'enfer, je kiffe grave !
Pendant le solo de guitare, Sin et moi secouons la tête de haut en bas, nos cheveux noirs volent dans tous les sens.

Sindy est ma meilleure amie. Elle déteste ce prénom, elle préfère son surnom, Sin, qui signifie mal ou péché en anglais. Elle le revendique, il colle bien à l’image de sataniste que les gens lui donnent. Qu’ils imaginent ce qu’ils veulent , elle ne va pas les contredire. Sindy, ça rime avec...
une marque de chaussette !
Mais si, la pub à la télé : Cindy, les chaussettes ne se cachent plus.
Je comprends, à sa place, je préférerais Sin.

C'est une chouette fille, hyper affective, un peu trop peut-être. Elle fait toujours tout son possible pour me faire plaisir, me fait découvrir des tas de lieux sympas, me prête ses robes noires, ses bijoux et même ses New Rock(2). J’adore son look. Je m’habille comme elle, maintenant que je fais partie de la bande, et vu qu'elle me fournit la plupart de mes fringues.
Le maquillage aussi. Ce qui fait bien chier ma mère. La tête qu’elle a faite quand je me suis teint les cheveux en noir. Rien que pour cela, ça en valait le coup.
Ma mère n’aime pas que je me maquille ni mes nouveaux amis. Elle n’aime pas Marylin Manson non plus. Bizarre.

Au fait, j’ai oublié de me présenter. Moi, c’est Maélie.
Ravie de faire votre connaissance.


(1) à l'origine, c'est une chanson de Eurythmics
(2) marque de chaussure


1175
1346
1122
363

Vous aimez lire Alessya Monk ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0