Brubaker.

5 minutes de lecture

- Vous avez tué ce jeune homme et quand j'en aurai la preuve, monsieur Keane, je viendrai vous arrêter personnellement ! En attendant l'équipe vous a à l'œil. Le moindre faux pas et c'est la garde à vue.

L'homme sortit du commissariat, dédaigneux. Karen se passa les mains dans les cheveux.

- L'infiltration me manque, murmura-t-elle.

- Bonjour Karen.

Un grand brun d'une quarantaine d'années se tenait devant elle.

- Je ne veux pas vous déranger, je sais que vous avez beaucoup de boulot. Je passais seulement vous inviter à dîner samedi soir, si vous êtes disponible ?

- Si je suis disponible ? Euh... Oui. Oui bien sûr je suis disponible. Bredouilla-t-elle, surprise.

- Super. Alors à samedi. Ah, oui. Au King's, vous connaissez ?

- Oui.

- À dix-neuf heures, ça vous convient ?

- Parfait, s'esclaffa-t-elle, empourprée.

- Bon je vous laisse. Bonne journée, Karen.

- Pareillement, Nick.

Tandis que Berenton le regardait s'en aller, sa collègue s'approcha furtivement et lui chantonna à l'oreille.

- Karen a un amoureux...

L'inspectrice pouffa d'un rire nerveux et s'éclipsa à son bureau, gênée, mais ravie de ce rendez-vous galant.

Buvant son noir breuvage, l'ex-policière regarde le tableau où sont épinglées les victimes. Toujours célibataire, à bientôt cinquante ans, elle se questionne sur le sens de sa vie. Aaron apparaît dans la salle avec un épais dossier sous le bras.

- Je connais ce regard.

Il jette la pochette sur la table et la prend dans ses bras.

- Arrête de cogiter. Notre métier a un sens. Ce n'est pas pour rien que l'on fait tous ces sacrifices.

- Tous les soirs, je rentre dans un appartement vide. Je me fais à manger et je regarde un film ou une série. Je viens ici chaque jour et je mets les criminels sous les verrous, pendant que les gens normaux ont une vie normale. Je veux une vie normale.

Levar la serre plus fort. Il ne sait quoi dire. Même s'il a divorcé, il a eu Alison et il en est fier. Sa fille est une adorable jeune femme, qui paie ses études d'arts en gardant des enfants, en donnant des cours de dessin et de mathématiques. Karen se libère afin de se verser un autre café. Elle remplit aussi le mug d'Aaron.

- Les autres arrivent quand ?

Il regarde sa montre.

- Il ne vont pas tarder.

Berenton fait équipe avec Casey. C'est une affaire vieille de dix ans, classée et oubliée. Des adolescentes disparues alors qu'elles étaient incarcérées à Brubaker, une maison de correction.

- Une taule qui se donne des allures d'école privée, moi je dis ça pue.

- J'en avais entendu parler. On les soupçonnait de faire du trafic humain, mais on n'a jamais pu avoir aucune preuve.

- Tu aurais pu les infiltrer, ma vieille !

- Je sortais avec un dealer à ce moment-là.

- J'adore ton humour ! Comme le mien.

- On est fait pour s'entendre, mon garçon.

Karen apprécie de travailler avec Casey. Chaque enquête est menée sous le signe de la légèreté sarcastique, dont l'ex-marine, seul, a le secret. La voiture s'arrête devant le commissariat du quartier Englewood, au coeur du Southside de Chicago. Les deux agents sont accueillis par un policier qui les oriente vers la morgue.

- Rendez-vous avec les morts. Ça ferait un bon titre de film, non ?

Karen étouffe son rire.

- Je parie que tu aimes les films de zombies !

- Bah, quoi ? Ouais ! Comme ma cop...

L'homme déglutit instantanément, espérant que sa collègue n'a pas entendu. Elle se tourne vers lui, ses yeux bleus, grand ouverts.

- L'homme de glace a une copine !

- Non... Non... C'est pas... C'est pas ce que tu crois.

- Détends-toi mon petit, je suis contente pour toi, fait-elle avec un sourire radieux.

Si elle n'arrive pas à trouver l'amour à cause de sa profession, Karen se satisfait de savoir qu'une personne comme Casey se laisse une chance d'avoir autre chose dans sa vie que les tournées au pub entre collègues et les visites à la morgue.

- On ne sort pas ensemble.

- Mais tu aimerais, lance-t-elle, comme une évidence. C'est ce qui compte.

Tous deux traversent un long couloir, froid. Dand le silence, il semble interminable interminable.

- Si je risque de finir seule avec des chats, c'est parce que je vis, je respire, je mange ce boulot. Ne fais pas la même erreur que moi.

Ice Man pose la main sur l'épaule de cette femme qu'il admire tant, sans jamais avoir osé le lui dire. Ils entrent dans une pièce glaciale. Le légiste les salue. Trois corps fraîchement déterrés gisent sur des tables de métal. Finir dans le froid, exposé dans un endroit inhumain, oublié de tous. Karen et Casey savent clairement pourquoi ils ont choisi ce métier. Ils se jettent un regard complice. Le médecin leur explique les circonstances de la mort de chaque victime. Onika présente les séquelles d'une chute de près de cinq étages, sans bris de verre incrusté dans la peau : sans doute, d'un toit. Deborah a été écrasée par un véhicule de type 4x4, le chauffeur ayant roulé plusieurs fois sur le corps, après le choc sur le capot. Marryanne a été noyée.

- Mais ses poumons contenant des traces de chlore, il est judicieux de présumer que la jeune fille n'est pas morte dans le lac, ajoute le légiste.

À cet instant le cellulaire de Karen vibre. Elle sort l'appareil.

- Il n'y a pas de réseau ici. C'est le sous-sol, s'exclame le maître des lieux.

- Vous n'avez rien de plus, docteur Leung ? demande Casey.

- Non. Tenez, je vous ai fait une copie du rapport.

L'agent le prend en le remerciant d'un mouvement de tête. À la sortie du commissariat Berenton consulte le message.

- Dorian est sur une piste. Des jeunes gens d'un lycée privé semblent être impliqués. Il a trouvé plusieurs connexions. Je l'appelle.

Hartman acquiesce.

- Apparemment les petits bourgeois aimaient faire la fête avec des gamines, pense-t-il tout haut. Dix ans bordel.

- Ne t'inquiète pas, ils vont payer, lance la collègue en raccrochant.

La maison de correction pour jeunes filles était présentée comme un projet novateur, où les délinquantes recevraient une éducation d'élite et pourraient ainsi espérer une réinsertion sans échec. Le directeur Pierson avait perçu des subventions et levé des fonds auprès de quelques nantis de Chicago, dont le promoteur Alan Rayborn. En entrant dans la voiture, Casey reste un instant assis, les mains posées sur le volant.

- Ils ont monté un bordel avec des gosses ! Et les victimes se recrutaient d'elles-mêmes.

Karen pose sa main sur l'épaule de son ami. Ice Man démarre.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 5 versions.

Recommandations

Défi
Alessya Monk
KARLITO tv chaud. - Butcher est salé, KARLITO est juteux ... dur choix entre les deux, j'opte alors pour le sandwich dont je serais la saucisse ! - Et sur cette croustillante et bien grasse plaisanterie, tu sors ! Lulu qu'est ce qui t'arrive ?? - Je ne sais pas SYSY ! J'en rêve toutes les nuits ! Il est beau, il est chaud, j'en suis dingo ! Ça me reprend !... - Tais toi, ça commence ! - Quoi ? - KARLITO tv chaud ! Tu viens d'en parler, mec ! - Pardon ? Mais c'est de lui que l'autre timbrée parlait ! Si elle commence à confondre série et réalité, la camisole n'est plus une recommandation, c'est une nécessité ! - Lulu, oublie. Tais toi ou je t'intègre dans ma collection de trophées ! C'est la nouveauté KarmaZone prime ! Tu vas adorer ! Shush ! Heureusement qu'on peut mettre sur pause ! SYSY le fêtard de la bande s'est entiché de la nouvelle série événement de l'une des chaînes les plus populaires au monde. Depuis la disparition de sa Maze adorée, Lulu la luciole infernale, aujourd'hui en dépression, squatte le QG de la M team. Le fiancé psychotique de Frozen EM, veille de près mais pas trop. Son tv chaud est plus important que tout, une addiction, une lubie, non... Une drogue dure !
100
96
41
20
Maxence Sardane
37° millénaire. Après des siècles de guerres et de retour à la barbarie, l'Homme a conquis l'océan des étoiles. Mais il n'est pas seul et les dangers sont nombreux.
Rika est une jeune humaine rebelle et réprouvée qui tente de survivre dans cet univers peuplé de créatures hostiles et de menaces diverses, sous la houlette d'un gouvernement totalitaire et excluant. Sa vie prend un nouveau tournant lorsqu'elle rencontre le mystérieux (et dangereux) Ren, seul survivant d'une espèce légendaire et portée disparue...
587
673
1704
600
jesuispasunerockstar

Sweet dreams are made of this, who am I to disagree...
La voix de Marylin Manson résonne dans la chambre de Sindy.
Marylin Manson, je l’écoute en boucle. La chanson Sweet dreams (1) fait partie de la bande originale de « La maison de l’horreur ». Dans ce film, un milliardaire transforme son manoir, un ancien hôpital psychiatrique, en parc d’attractions de l’horreur. Il convie des invités pour tester...
Je ne vais pas tout vous raconter, vous n’avez qu’à le télécharger. Sachez simplement qu’avec le reste de la bande, nous avons adoré.

«Some of them want to abuse you
Some of them want to be abuuuuuuuuuused.»
Sindy et moi connaissons les paroles par cœur. Sin imite super bien la voix de Marylin Manson, j'ignorais même qu'il était possible pour une fille de chanter comme lui.
Ah oui, petite précision, Marylin Manson est un mec. Son nom de scène est une référence à l’actrice Marylin Monroe et au tueur en série Charles Manson. Si c’est pas mignon ! Exubérant, provocateur, une voix d'enfer, je kiffe grave !
Pendant le solo de guitare, Sin et moi secouons la tête de haut en bas, nos cheveux noirs volent dans tous les sens.

Sindy est ma meilleure amie. Elle déteste ce prénom, elle préfère son surnom, Sin, qui signifie mal ou péché en anglais. Elle le revendique, il colle bien à l’image de sataniste que les gens lui donnent. Qu’ils imaginent ce qu’ils veulent , elle ne va pas les contredire. Sindy, ça rime avec...
une marque de chaussette !
Mais si, la pub à la télé : Cindy, les chaussettes ne se cachent plus.
Je comprends, à sa place, je préférerais Sin.

C'est une chouette fille, hyper affective, un peu trop peut-être. Elle fait toujours tout son possible pour me faire plaisir, me fait découvrir des tas de lieux sympas, me prête ses robes noires, ses bijoux et même ses New Rock(2). J’adore son look. Je m’habille comme elle, maintenant que je fais partie de la bande, et vu qu'elle me fournit la plupart de mes fringues.
Le maquillage aussi. Ce qui fait bien chier ma mère. La tête qu’elle a faite quand je me suis teint les cheveux en noir. Rien que pour cela, ça en valait le coup.
Ma mère n’aime pas que je me maquille ni mes nouveaux amis. Elle n’aime pas Marylin Manson non plus. Bizarre.

Au fait, j’ai oublié de me présenter. Moi, c’est Maélie.
Ravie de faire votre connaissance.


(1) à l'origine, c'est une chanson de Eurythmics
(2) marque de chaussure


1175
1346
1122
363

Vous aimez lire Alessya Monk ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0