For an half billion years.

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Megan sort une bouteille de Merlot et des verres qu'elle pose sur la table de la cuisine, dressée pour deux personnes. Dorian rentre d'une course, trempé jusqu'aux os. Il inhale à plein poumon, fermant les yeux de satisfaction.

- Mon dieu, ce que ça sent bon ! Megan, tu es un chef, lance-t-il en suivant l'odeur appétissante sortant du four. C'est pour une occasion spéciale ? Ajoute-t-il intrigué.

- En quelque sorte. J'avais besoin de passer un peu de temps avec mon frère.

Parish l'embrasse sur la joue et s'attable, l'air gourmand. Megan a envoyé Alison et sa fille au cinéma afin d'avoir une conversation avec Dorian. Après son entrevue avec l'avocat, la jeune femme angoisse quant à la tournure que pourraient prendre les événements. La situation devient critique, Jordan menaçant de saisir un juge pour récupérer la garde de leur enfant. Elle sort du four un feuilleté de légumes et fromage et le pose à côté du plateau d'antipasti qu'elle a acheté dans une épicerie italienne. Puis verse le vin.

- C'est magnifique ! s'exclame le jeune homme.

- Sers toi, je t'en prie.

Parish n'hésite pas et se jette sur l'entrée tandis que sa sœur boit plusieurs gorgées de Merlot, afin de se donner du courage.

- J'ai vu l'avocat que tu m'as recommandé.

Il lève les yeux vers elle, intrigué, pose ses couverts, puis tend sa main vers le breuvage à la robe sombre.

- J'appréhende, lance-t-il, attentif.

- Tu fais bien, c'est pas joli. Megan inspire. Jordan veut saisir un juge pour avoir la garde exclusive de Cameron.

- L'enfoiré ! s'indigne-t-il.

- Il n'y a pas pensé tout seul.

- Irene.

- Comme toujours.

- Et l'avocat, que dit-il ? interroge Parish, anxieux.

- Il est peu confiant, quant à l'issue du procès, si l'on est contraint de porter l'affaire au tribunal. Trop de paramètres aléatoires. Si on tombe sur le juge Bradford, c'est cuit, selon lui. Mon passé de "chasseur de primes" n'arrange rien. Irene et sa propension à manipuler son entourage, à me diaboliser. En sommes, c'est mal engagé.

- Je suis là pour témoigner. Cameron est bien avec nous. Mais ce que je ne comprends pas c'est comment il peut se permettre de porter préjudice à l'équilibre psychologique de sa propre fille. Il s'en fichait. Tu m'avais dit qu'il voulait un garçon. Il te le reprochait sans arrêt.

- Do, à ton avis ? Je ne vais pas te faire un dessin !

- Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment ai-je pu abandonner ma petite sœur ?

Le jeune homme plonge son visage dans ses mains. Megan s'approche de lui.

- Do, tu n'as pas idée à quel point tu m'as aidée. Ton soutien indéfectible, depuis que j'ai été forcée de quitter Londres. Tu n'avais que quinze ans ! Tes lettres m'ont permis de tenir le coup. Je voulais mourir, mais je m'en suis sortie ! Tu m'as donné la force de me battre ! Chaque étoile dans l'univers s'éteindrait l'une après l'autre si je devais abandonner aujourd'hui et ce grâce à toi ! Grâce à toi, Dorian ! Alors arrête de culpabiliser pour une souffrance dont tu n'es nullement responsable !

Elle le prend dans ses bras. Frère et sœur savent qu'ensembles ils sont plus forts.

Casey fait des pompes, tandis que Megan prépare le matériel pour un entraînement de Kendo. Il découvre une jeune femme passionnée d'arts martiaux et d'histoire traditionnelle du Japon.

- L'art du combat pour maîtriser le corps et l'esprit. La discipline absolue. Tu peux pratiquer quotidiennement, pendant dix ans, si tu t'arrêtes un jour, tu recommences tout à zéro. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais il suffit d'un moment pour sortir de l'instant présent et c'est fini. Tu n'es plus dans l'instant.

- Je vois parfaitement, acquiesce Ice Man.

L'ex-marine est charmé par la personnalité, si profonde et complexe, de la coach. En s'exerçant à ses côtés, il apprend beaucoup sur lui-même, sur elle. Il se cultive et s'apaise.

- Fais du bokken une extention de toi, de ton esprit. Chaque mouvement doit venir de l'ensemble, unifié. Toi et le sabre, une seul entité. Aussi ton geste sera plus précis. La pensée devient acte. La conscience modèle le flux de l'expérience.

- C'est comme faire l'amour avec son âme sœur.

Le visage de la jeune femme s'assombrit. Elle se fige.

- Pardon. Pardon Megan. Je ne voulais pas être grossier.

- Tu me paieras un verre après le cours.

Hartman la regarde, surpris. Il sourit en signe d'approbation. Tout au long du temps qu'il lui reste, il s'efforce d'assimiler l'enseignement de celle qui fait fondre la glace du cœur de cet ancien militaire.

L'air frais de Chicago, ce soir de mai, ravit ceux qui sortent se promener. Le printemps embaume la ville. Megan propose à Casey de manger un de ces "hot dog spéciaux" servis dans les camionnettes, afin de profiter du climat de la saison. Tous deux commandent une saucisse dans un petit pain au sésame, sur un lit de chou mariné, avec des cornichons, décorée d'une sauce piment et moutade, saupoudré d'oignons critillants accompagnée d'une barquette de frites recouvertes de cheddar fondu.

- Cette chose ignoble est mon péché ultime ! s'esclaffe la jeune femme engloutissant une bonne dose de frites.

L'homme pose, sur elle, un regard attendri.

- Bonne appétit, ma belle !

Assis sur des tabourets métalliques, au bar du snack ambulant, les deux amis profitent de la vue sur le lac. À la fin du repas, Casey la prend par la main et l'attire vers la plage. Elle se libère de son emprise, mais le suit dans son élan. Faisant mine de ne pas avoir remarqué son geste, l'ex-marine continue de marcher. Elle apprécie.

- Comment va Cameron ? demande-t-il, rompant le silence.

- Ça va. Elle a de bonnes notes en classe. Et dessine une bande dessinée avec sa nounou. Ce week-end, elles sont allées au cinéma.

Megan s'arrête soudain. L'angoisse lui serre la gorge. Casey la prend dans ses bras. À bout, elle se laisse faire.

- Tu as froid ?

- J'aimerais rentrer Ice Man.

- Bien sûr, ma belle.

La jeune femme lève la tête vers lui.

- Pourquoi on t'appelle "Ice Man" ?

- Parce que je suis froid face à l'horreur et que je passe mon temps à faire des commentaires de merde. Comme si j'en avais rien à foutre.

- Mais c'est une façade, ajoute-t-elle. Ça permet de prendre du recul, n'est-ce pas ?

- Tout à fait.

Hartman lui passe une main dans le dos puis la guide hors de la plage. Il aimerait l'embrasser, mais se retient, ne souhaitant pas la perturber d'avantage. Il ressent sa détresse et regrette de ne pouvoir lui venir en aide.

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