Remords et préjugés.

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L'hiver fait ses adieux à Chicago. La neige se transforme progressivement en une multitude de ruisseaux faisant la course sur les trottoirs de la ville. Quelques ilots blancs résistent à la mutation saisonnière. Parish slalome entre les flaques, puis se poste sur le bord de l'avenue pour héler un taxi. Il rejoint l'équipe à l'aéroport.

Aaron annonce qu'ils vont à New York afin d'enquêter sur une explosion dans un lycée.

- Vaughn nous rejoint sur place. Le directeur du FBI nous a réservé un hôtel. Je vous brieferai dans l'avion. On décolle.

Durant le vol, Levar distribue a chacun une copie du dossier. L'explosion s'est produite à l'heure du déjeuner, dans le réfectoire. Le tueur s'est arrangé pour faire un maximum de victimes. Les agents du NYPD[1] ont trouvé une citation d'un verset de la bible dans la boite mail du directeur de l'école

- Adresse mail : lastprophet@gmail.com, lit Daniella. IP d'un cyber café. Il a du envoyer quelqu'un poster le message à sa place. Il va recommencer, il ne revendique rien, c'est un moralisateur.

- On n'est pas sorti de la merde, s'exclame Ice Man. C'est quoi l'extrait, au fait ?

- Jean 5 : 28 : 29. Ne vous étonnez pas de cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. Annonce Aaron de mémoire.

- Oui bah, c'est bien ce que je disais, on n'est pas sorti de la merde.

- On avait compris Casey, s'agace Daniella.

À l'atterrissage la section spéciale se rend directement sur les lieux de l'attentat.

- Dorian t'as bossé dans le déminage, va voir si tu ne trouves pas des indices supplémentaires.

- OK, chef.

- Karen interroge le directeur. Nous autres allons récolter des témoignages. On glane la moindre attitude suspecte ces derniers mois. Oh Casey, les caméras de surveillance, en espérant qu'elles ne soient pas "en carton". Certains petits malins font des économies sur la sécurité. Visionne les vidéos. Tiens nous au courrant si tu trouves un détail suspect. 

- OK, patron. Je chope le vigile si y'en a un ?

- Exact.

Dorian monte au réfectoire. Une forte odeur de matériaux brûlés et de chair calcinée l'assaille. Il surprend Carter accroupi au milieu de la salle, en train d'étudier les décombres.

- Tiens. Bonjour Dorian.

- Bonjour Vaughn.

Parish fait un tour, en observant scrupuleusement l'endroit.

- C'est une bombe artisanale, anonce le consultant. Je pencherais pour le délire messianique.

- Oui. Citation de la bible, bombe artisanale...

- Qu'y a-t-il Dorian ? Finis ta réflexion.

- Je n'ai rien de plus àa ajouter pour l'instant, je pensais seulement qu'il faut résoudre cette enquête rapidement avant que les media ne s'emparent de l'affaire et ne la détournent à des fins politiques.

- Comme le renforcement des mesures de sécurité au détriment des libertés individuelles. Oui. J'ai peur, même, qu'ils n'essaient de nous trouver un coupable tout désigné, à lyuncher sans procès. Alors au travail.

Le soir venu, les collègues dinent ensemble dans le restaurant de l'hôtel. Karen expose sa théorie. Aaron semble d'accord, soutenue par Vaughn. Casey remet en question un point de détail que Berenton s'empresse d'analyser. Tout deux échangent leurs avis, passant en revue chaque élément d'information récolté dans la journée. Carter se retire, suivi de Levar.

- À demain, cinq heures. Bonne nuit tout le monde. Je vous veux frais et dispos. La nuit c'est pour dormir, pas pour réfléchir, conclut le capitaine de la section en s'adressant à l'ex-marine. Karen je compte sur toi.

Elle lui lance un regard rassurant. Parish s'éclipse peu après. Les trois derniers collègues lui emboîtent le pas.

L'agent jette son sac sur le lit. Il entre dans la salle de bain, se passe de l'eau sur le visage puis se fige devant son reflet. Il plonge sa main dans une poche de sa veste, en sort son téléphone pour le consulter. L'écran indique vingt-et-une heures. Le jeune homme sort dans le couloir de l'hôtel. Tétanisé devant la porte de la chambre numéro onze, il prend une profonde inspiration puis frappe discrètement. La poignée tourne. Le consultant de Quantico apparaît sur le seuil. Silencieux. L'homme l'invite à entrer. Dorian commence à perdre ses moyens. Carter le sent vaciller.

- Calme-toi, dit-il lui posant une main sur l'épaule.

Parish l'embrasse. Depuis leur rencontre, cet homme sublime, à la peau d'ébène le trouble profondément. L'Iirlandais n'a jamais ressentit un tel déchaînement émotionnel. Pour aucune femme. Son regard, son sourire, chacun de ses gestes lui font perdre tous moyens. En bon agent, le jeune homme arrive à se contenir, cependant sa famille l'a cerné aussitôt. Combien de temps reste-t-il avant que ses collègues ne s'en aperçoivent ? Aaron et Karen doivent déjà s'en douter. Parish glisse sa main sous le T-shirt de l'Apollon. Sa peau est si douce, son corps si ferme. Tous deux basculent sur le lit. Dorian se débarrasse du tissu qui l'empêche de se délecter de cette chair soyeuse. Nerveux, le novice, espère combler le beau mâle. Tremblant de désir, il descend doucement le long de son torse, savourant chaque parcelle de cette peau si sensuelle. Il sent les doigts de l'amant de rêve s'enfoncer dans sa chevelure et lui masser tendrement le cuir. Sentant l'excitation de son partenaire monter, l'Irlandais tire délicatement sur la fermeture du jean. Le consultant repousse brusquement son collègue.

- Non, Dorian. Pas au boulot, Vaughn inspire. Prends mon numéro de téléphone et si tu veux qu'on se voie...

- Mais qu'est-ce que je fais ?

Le jeune homme se relève et se prend la tête. Son ami se rhabille.

- Ce n'est rien. Ce n'est pas grave, d'accord ? Dorian regarde-moi ! Carter prend le visage de Parish entre ses mains. Va dormir. On se verra demain. On se reverra quand tu veux, après le travail. D'accord ?

- D'accord. Oui... Tu as raison... Pardon.

- Ce n'est pas grave.

Vaughn embrasse Dorian pour le rassurer. Le jeune homme glisse sa main sur la nuque de celui qui le trouble tant, puis sort de la chambre d'hôtel, résigné, mais conscient que son collègue vient de l'empêcher de commettre une énorme bêtise.

[1] NYPD : New York Police Department

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