A Christmas Carol - Partie 2.

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Une explosion retentit soudain, dans la chambre de la quinquagénaire. Le plafond s’ouvre au dessus de son regard, ébahi. Une galaxie se déploie telle une pieuvre et s’enroule sur elle-même, se transformant en une petite boule lumineuse, qui tombe aux pieds du lit. Irene se dresse, nerveuse. Une fée apparaît devant elle.

- Allons bon. Et puis quoi encore ?

D’un geste élégant, la nymphe lève sa baguette magique. Une nuée d’étincelles tourbillonne autour de la pièce. La mère de Megan, ferme les yeux, pensant faire un cauchemar. En les rouvrant, elle se retrouve face à une jeune femme, seule, mangeant de la crème glacée devant une comédie romantique. Son cellulaire vibre. Elle décroche en baissant le volume du poste de télévision.

- Allô ? Dorian ! Comme c’est gentil, toi aussi passe un bon réveillon. Ton appel me touche beaucoup ! Merci, bonne soirée, cher collègue !

Daniella raccroche, émue. Le jeune homme qui a fait battre son coeur dès le premier jour de leur rencontre, pense à elle, en ce soir de Noël. Le téléphone vibre à nouveau.

- Allô ? Casey ! Oh, mais quelle surprise ! Joyeuses fêtes « sergent », s’esclaffe-t-elle, moqueuse. Lieutenant Hartman, je sais. Je te taquine ! Je te remercie de ton appel… Pardon ? Au nouvel an ? Je ne sais pas, je n’ai rien prévu… Ah bon ? Tu penses inviter la « Team A » à marquer les douze coups ? Très bonne idée ! On en reparle jeudi ? D’accord, passe une bonne soirée et merci infiniment de ton appel !

La jeune femme, sourit. Orpheline depuis la naissance, rescapée d’un grave accident de la route, elle n’a jamais connu ce qu’est une famille soudée. Adoptée à seulement onze ans, elle a appris à se débrouiller seule depuis son plus jeune âge. Son téléphone grésille sur la surface de la table basse. Ses collègues, l’un après l’autre, la contactent afin de lui souhaiter un bon réveillon. Ce soir Daniella King n’est pas seule. Même si ses amis ne passent pas la soirée avec elle, ils le font par le coeur.

- C’est ça l’esprit de Noël, s’exclame la fée, toute guillerette.

Irene lui lance un regard méprisant, la trouvant ridiculement naïve. La magicienne dessine un cercle avec sa baguette, qui s’ouvre sur un bel appartement à la décoration de type « art déco ». Alison griffonne des esquisses de personnage pour la bande-dessinée qu’elle réalise avec Cameron. Aaron lui apporte un mug de vin chaud et s’installe à côté d’elle.

- Qu’est-ce que tu prépares, ma fille ?

- C’est la BD qu’on a créée avec la petite que je garde. A huit ans, je la trouve incroyablement mature pour son âge ! Et elle a du talent.

- Tu penses qu’elle devrait faire une école d’art, comme toi ? Demande le père.

- Ce serait dommage de gâcher un tel potentiel, s’exclame la jeune femme.

La mère d’Alison sort de la cuisine avec un grand plateau, rempli de crêpes, qu’elle pose sur la grande table de salle à manger abondant de mets divers, plus appétissant les uns que les autres.

- Que complotez-vous encore ? lance-t-elle avec allégresse.

- Rien maman, je racontais à papa, un chapitre de « Avengers in the dark », la bande-dessinée que je fais avec Cameron.

La mère sourit.

- A table, j’ai préparé de la soupe de potiron, je sais que vous aimez ça !

Alison estime avoir beaucoup de chance d’avoir des parents aussi ouverts. Malgré leur divorce, il continuent de fêter la Noël en famille. Même si le couple n’est plus, le lien affectif reste, sublimé par ce cadeau de Dieu, qu’est leur fille adorée.

La fée regarde Irene.

- Quand on prend la responsabilité de créer une vie, on sait que toute son existence durant, on devra compter avec cet être précieux, si semblable et différent à la fois. L’accepter et le soutenir dans ses choix, quels qu’ils soient.

La femme aigrie ne dit rien. Elle ne comprend pas. La nymphe frappe, de sa baguette, la tête de son invitée de fortune. « Sinner Man » de Nina Simon anime l’atmosphère du pub où un groupe d’habitués cognent leur chope, joyeusement.

- Après avoir joué les « intellos » à l’université, un petit peu de débauche ne peut pas nous faire de mal ! lance Ice Man à l’équipe.

Aaron avale une paire de gorgées de son breuvage.

- Les enfants, vous avez été parfaits. Je suis fière de vous ! Qui veux jouer aux fléchettes ? demande-t-il, lançant un défi.

Dorian et Casey se lèvent.

- Patron, je vais vous mettre la pâtée ! s’exclame Hartman.

Ce soir, Levar les a réunis afin de passer un peu de temps avec cette famille de coeur qu’il aime tant. Quand il a créé la section spéciale, il a minutieusement choisi chaque membre, tant pour ses compétences que pour ses qualités humaines. Aujourd’hui il est fier de ce qu’il a accompli. Soudain, l’ex-marine s’écrie :

- Sous la branche de gui, la tradition c’est… ?

- Le baiser, le baiser !… beugle l’équipe, en choeur.

Karen rougit, pétrifiée de honte. Aaron la prend par la taille, la bascule sur le côté et l’embrasse avec passion. Tous les clients du pub applaudissent et sifflent. Vaughn, Dorian, Daniella, Casey, Karen et Aaron rient de bon coeur, transportés de joie. La joie d’être avec des personnes qu’ils aiment.

La fée lève sa baguette magique et disparaît aussitôt. Sans prononcer un mot. Irene reste dans le noir, avec pour seule compagnie, sa mauvaise humeur.

Brusquement le sol se met à trembler. Les secousses se font de plus en plus violentes, puis le lit sombre dans les abîmes sans fond, du remord éternel. La femme, chute. Rien ne l’arrête, elle chute encore et encore.

- Stop ! Crie une voix fluette.

Irene flotte au dessus du vide. Elle se retourne mais ne distingue nulle présence. Puis un sourire. Puis deux yeux ronds.

- Je suis l’esprit des Noëls futurs et voici ton œuvre !

Assise dans son canapé, Karen cherche désespérément la télécommande de sa télévision. Les mains ridées et tremblantes elle finit par retrouver le bout de plastique sous un coussin. Soudain, la sonnerie de la porte d’entrée retentit. La vieille dame se lève, avance en titubant et ouvre. Daniella se tient sur le seuil, l’air mélancolique.

- Entre ma chère. Je t’en prie, bredouille la femme.

- Merci Karen.

King se dirige vers la cuisine, prépare du thé, dispose les cookies qu’elle a apportés, sur une assiette et amène le tout sur un plateau, qu’elle pose sur la table base.

- Que me racontes tu de beau ma fille, lance Karen enthousiasmée par la présence de son ancienne collègue.

- Depuis la dissolution de la section spéciale, je n’arrive pas à trouver ma place. Je me fais toujours renvoyer pour insubordination ou je ne sais quelle autre raison farfelue que les employeurs trouvent à me reprocher.

- Bas-toi pour garder ta place ! Fais toi représenter. Tu ne peux pas rester éternellement sans emploi !

- Je ne souhaite pas travailler dans de telles conditions.

- Oui, je comprends. Tu sais tu n’es pas obligée de me rendre visite si souvent. Tu n’as aucun devoir envers moi. Je suis devenue une vielle peau inutile, ne perds pas ton temps.

- Cesse de tenir de tels propos à ton égard. Je t’apprécie et je ne veux pas que tu restes seule.

Un tremblement de terre retentit dans la pièce, qui soudainement de transforme en chambre sombre, éclairée par une lampe de bureau. Dorian, les cheveux grisonnant écrit une lettre.

« Vaughn, je sais que je t’ai trahi et jamais je ne pourrai me le pardonner. J’avais peur que mon désarroi ne te gâche. J’ai toujours souhaité ton bonheur. La perte de Megan et Cameron m’a fait sombrer. Je n’ai jamais pu m’en remettre. Je suis navré de t’avoir imposé ma déchéance. J’ai rompu car je ne souhaitais pas que tu portes ce poids si lourd sur tes épaules. Tu as assez souffert et je n’ai jamais voulu t’infliger davantage de douleur. Tu m’as tant donné, sans compter. Tu m’as fait vibrer comme personne. En ta présence je me sentais vivre. Je te suis profondément reconnaissant de m’avoir fait connaître l’amour. Ce sentiment si unique et si fragile. Je l’emporte aujourd’hui avec moi. Je t’ai aimé, je t’aime et t’aimerai à jamais. Adieu. »

Dorian pose son stylo, ouvre le tiroir de son bureau, puis en sort une arme. L’ex-agent vérifie le chargeur, débloque le cran de sécurité, appuie le canon contre sa tempe et tire.

Entendant le coup de feu, Irene sursaute. Des cris stridents emplissent l’atmosphère. La femme regarde autour d’elle et voit une foule de femmes massées en cercle. Au centre, deux d’entre elles se battent comme des enragées.

- Bordel mais qu’est-ce que vous foutez, encore ! hurle une des gardiennes de prison, accourant pour disperser la foule.

- C’est Cameron ! lance une des détenues. Elle cherche encore des poux à Cara

- Au trou, ma belle ! s’écrie le dragon en la saisissant violemment par le bras.

En réalité, la jeune femme ne cherche pas d’ennuis aux autres filles, mais lorsqu’on la cherche on la trouve. Cara la harcèle depuis le début et la nouvelle n’a pas l’intention de se laisser faire. Elle a compris que dans cet enfer, le seul moyen de se faire respecter est de tenir tête aux plus fortes. Depuis quelques semaines elle attend la date de son procès. Ni Irene, ni Jordan n’ont voulu payer sa caution. La jeune détenue ne peut plus compter que sur elle même. Sa vie a tourné au désastre depuis que sa mère à été tuée et que son oncle s’est suicidé. Sa seule véritable famille, a disparu, engloutie par le chaos d’un enchaînement de circonstances malheureuses.

L’esprit des noëls passés frappe dans ses mains. Irene se réveille en sueur dans son lit. L’obscurité règne. Les doux chants des choeurs d’enfants claironnent dans la brume matinale de Chicago.

Cameron se lève doucement, afin de ne pas réveiller Megan et Casey. Elle ouvre délicatement la porte de la chambre et la referme derrière elle. L’enfant grimpe dans le canapé-lit dans lequel dorment Dorian et Vaughn, au salon.

- Tonton, il faut préparer le petit déjeuner, chuchote-elle à l’oreille de Parish.

Carter s’étire, puis ouvre les yeux.

- Bonjour Cameron. Je vais faire les pancakes, tu viens m’aider ? Laissons dormir les marmottes, ajoute-t-il, faisant un clin d’oeil complice en s’extirpant de sous la couette.

La petite court dans la cuisine, enthousiasmée par la proposition de son nouveau tonton. Carter se rafraîchit le visage et boit un grand verre d’eau avant de lancer le café.

- Tu sais où sont les œufs ? demande-t-il à l’enfant.

Elle lui montre le placard du bas, à côté de la fenêtre. Vaughn s’adapte rapidement et quelques minutes plus tard, les pancakes ornent la table. Tout à coup, le dernier album de Franz Ferdinand résonne dans le salon. La maisonnée, s’éveille progressivement, faisant la queue à la salle de bain, rangeant la literie, mettant la table au salon. La famille atypique accueille la Noël avec sérénité et enchantement. Le coeur en liesse et rempli d'espoir.

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