À la lueur d'une étoile.

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Ma maman, elle aime les fleurs

Ma maman est la plus belle

Et chante comme les hirondelles.

Ma maman c’est la douceur.

Ma maman était jeune quand elle m’a eue

Et quand je suis née, elle m’a aimée

Aussitôt et sans compter

Ma maman, pour moi, elle s’est battue.

Mais à trois ans quelqu’un m’a tuée

Maman ne s’en est jamais relevée.

La police m’a laissée tombée

Mais maman n’a jamais abandonné.

Sans conviction, elle a fait carrière

Car seuls les riches sont entendus

Il n’y a, dorénavant, plus de barrière

A une justice plus assidue.

Aaron sort les photographies de la scène de crime et les étale sur la table.

- C’est laid, assène-t-il, l’air sombre.

- Le tueur aime Jackson Pollock ! s’exclame Hartman.

Martha Selman, une psychiatre de renom, a reçu quarante-sept coups de couteau dans l’abdomen. L’une des patientes, Alisha Langton est suspectée du meurtre. Le Sergent Beltram du département de police de Chicago est convaincu de son innocence, mais ses supérieurs ne veulent rien entendre.

- On doit confirmer l’alibi d’Alisha et trouver le véritable meurtrier. Dorian, Daniella, allez fouiner dans le cabinet de la victime. Casey et Vaughn, non, pas la morgue cette fois-ci, s’esclaffe le capitaine. Interrogez la dite suspecte et si vous pouvez trouver des liens, ainsi que les raisons qui ont convaincu l’inspecteur de sa culpabilité… Bref je ne vous apprends pas votre job. Karen avec moi, à la morgue.

L’équipe se disperse.

- Trouver des raisons, à part le fait que les flics sont des crétins ? lance Ice Man à son binôme, en déclenchant l’ouverture de sa voiture.

Vaughn sourit.

Mademaoiselle Langton, vit dans une jolie résidence dans le quartier de Lincoln Park, sur Cleveland Avenue. La jeune femme les accueille sans surprise.

- Du café, messieurs ?

Tous deux acceptent. Elle les installe dans le salon. En attendant son retour de la cuisine, ils jettent un coup d’oeil autour d’eux.

- Une chambre d’enfant, murmure Hartman.

Alisha sert ses invités.

- Qu’est-ce qui vous a poussée à consulter un psychiatre ? demande l’ancien marine.

- J’ai perdu ma fille il y a cinq ans.

Le silence s’empare de la pièce. Le cellulaire de Vaughn vibre, il le sort de sa veste et le consulte.

- Où étiez vous le samedi 28 septembre à vingt-et-une heures ? Demande Carter en rangeant son téléphone.

- Au bureau. Je travaillais sur un projet de décoration d'une boutique de parfum. Mon assistante peut confirmer. Mais la police ne veut pas me croire.

- Vous avez utilisé votre ordinateur, pour envoyer un mail, par exemple ? ajoute-il.

- Oui, j’ai envoyé le premier jet au client.

- Alors, votre alibi est établi. Nous n’allons pas vous déranger plus longtemps, conclut le professeur universitaire.

Casey se lève sans dire un mot. Les deux agents se dirigent vers la sortie. l’ex-marine se tourne vers Alisha :

- Je me permets une dernière question. Vous vivez dans le quartier depuis combien de temps ?

- Trois ans.

De retour dans la voiture, Hartman se tourne vers son collègue :

- Crache le morceau.

- Daniella a craqué l’ordinateur de la psychiatre. Alisha est devenue sa patiente deux ans après le meurtre de sa fille. La police a clos l’affaire sans jamais appréhender personne. Avant le docteur Selman elle n’a jamais consulté.

- Pourquoi attendre deux ans, c’est ça ? ajoute Casey, pensif.

- Exact. Il y a cinq ans sa fille se fait assassiner, au bout d’un an, le dossier est classé, confirme Vaughn.

- Un an pour enquêter soi-même ? Il faut qu’on vérifie si elle a engagé un privé.

- Mais elle ne va pas nous le dire, ajoute Carter. Tu aimes les défis ?

- Et comment !

Vaughn envoie un message groupé à toute l’équipe, expliquant ses déductions ainsi que celles de sont coéquipier.

- Regarde, espèce de sous merde. Regarde bien. C’est la dernière chose qui me reste de ma fille. Le dernier message d’amour, d’un enfant pour sa mère.

La jeune femme montre une feuille de papier usée. Une grande fleur rouge, aux pétales en forme de coeurs, se dessine au dessus d’un poème de quatre lignes.

- Derrière, j’ai écrit la suite. La seul suite possible, à cause de toi !

L’homme bâillonné et ligoté, s’agite, terrifié par son assaillante.

- Tu peux crier, personne ne t’entendra. Comme ma fille. Alors, ça fait quoi ? Souviens toi bien de son nom, le temps qu’il te reste à vivre. Melissa Langton.

Alisha se redresse et sort du trou creusé dans la terre de Garfield Park. Prenant la pelle posée contre un arbre, la justicière rebouche lentement la tombe improvisée. Le monstre s’époumone, en vain. Une heure plus tard, la jeune femme recouvre le carré d'humus fraîchement retournée de feuilles mortes. Elle s’assoie et ferme les yeux. Un sourire apaisé s’esquisse sur son visage d’ébène.

Casey enfonce la porte de l'appartement de Kurt Studwell. Il pénètre les lieux, suivi de Dorian et Karen. Vaughn et Aaron attendent dehors au cas ou le suspect tenterait de fuir. Arme au point, les agents inspectent les lieux.

- Clear, s'écrie Hartman.

Ses collègues l'imitent. L'homme semble avoir fuit dans l'urgence. Tous trois sortent rejoindre le reste de l'équipe.

- Il a disparu ? demande le capitaine, pour la forme.

- Oui patron, lance l'ancien marine.

Il jette un regard à Vaughn. Ce dernier sourit.

- Je ne suis pas convaincu qu'il ait fuit, lance-t-il.

- Entre nous, quelqu'un a envie de perdre son temps a chercher un meurtrier pédophile ? ajoute Casey en regardant chacun de ses collègues.

- Non. On rentre, ordonne Levar.

- Pub ? demande Dorian à ses amis.

- Pub ! s'exclame l'équipe, en cœur.

Une Ford file, telle un astre embrasé, vers la cité des anges. Une mère veut amener son enfant, à sa dernière demeure. Une poussière d'étoiles s'envole au firmament. Rejoignant le royaume des songes, jusqu'à la fin des temps, pour l'éternité durant.

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