Private.

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2 septembre 2019

Hôpital presbytérien de New York.

Andrew Hunt, enquêteur pour le cabinet de maître O'Mara, s'informe sur Irene auprès du personnel hospitalier. Tous pensent que Megan est une manipulatrice. Madame Carver est une employée irréprochable, attentionnée envers les patients et consciencieuse dans son travail. Ces témoignages ne présagent rien de bon quand au déroulement de l'affaire. Si ces personnes témoignent contre la cliente de son patron, il doit trouver un contre-poids à la mesure des propos qu'il a entendus. Adolescente, la fille de cette aide soignante "exemplaire", se droguait et séchait les cours pour "trainer avec de la racaille". Après ce début d'investigation, Hunt appelle la jeune femme.

 - Bonjour, mademoiselle Parish. J'aurais des questions à vous poser, vous avez quelques minutes à m'accorder ?

 - Bien sûr, répond la voix, au téléphone.

Le limier lui expose les faits.

 - Je séchais les cours pour me cacher à la bibliothèque de l'école. J'avais besoin de silence et de quiétude. Pour ce qui est des "racailles" avec lesquelles je trainais, soit disant, ce n'étaient, ni plus ni moins, que mes camarades de classe et ma voisine. Avec lesquelles je sortais, après les cours. Nous faisions nos devoirs ensemble, certaines avaient des difficultés, je les aidais. Mais je vous avais prévenu qu'Irene a toujours eu le don de me diaboliser. Par contre en effet, j'étais alcoolique. Mais la drogue, j'y ai touché plus tard, un peu de coke, pour tenir les soirées, au bar où je travaillais. J'ai tout arrêté depuis la naissance de Cameron. Faites une prise de sang, vous verrez, je suis clean.

 - On s'occupera de ça plus tard. Merci pour votre franchise. Je risque de vous rappeler dans le courant de la journée, j'espère ne pas vous déranger.

 - Faites votre job, répond Megan, sur un ton froid.

L'homme raccroche. Il sort de sa poche un petit carnet noir et le consulte. Il siffle un taxi et lui indique l'adresse où la cliente vivait étant enfant.

2 septembre 2019

Lucrecia Gomez, 85 Bristol Street, New York.

Hunt frape à la porte de la grand-mère de Selena. Une vieille dame de près de soixante-dix ans ouvre. L'enquêteur se présente. Cette dernière l'invite à entrer. Elle lui propose du café, il accepte avec enthousiasme. Andrew apprend que la petite-fille de madame Gomez fait carrière à Broadway. L'image de racaille, dépeinte par Irene, s'effondre comme un château de carte. L'homme sourit.

- Qu'y a-t-il jeune homme ? J'ai dit quelque chose de saugrenu ?

- Oh non, Madame Gomez, bien au contraire, vous êtes porteuse de bonnes nouvelles ! lance-t-il, la mine réjouie. Votre petite-fille n'habite plus avec vous ?

- Non, hélas. Elle me manque tellement. Mais elle me rend visite, tous les weekends, avec un paquet de cookies maison. La dame se penche vers Hunt et lui chuchote : une recette de famille que je lui ai apprise. Et appelez-moi Lucrecia, mon garçon, j'ai l'impression d'être une vieille chouette !

Elle lui ressert du café.

- Pourriez-vous demander à votre petite-fille de me contacter à ce numéro, s'il vous plait, il lui tend sa carte. Dites-lui bien que c'est pour Megan.

Lucrecia bascule ses lunettes sur son nez et lit le petit bout de papier.

- Comment va-t-elle ? Elle doit être devenue une belle jeune femme ! ajoute la mamie, l'air prévenant.

- Elle s'en sort, vu ce qui l'attend.

Le limier lui résume la situation. Hunt sait qu'il ne devrait pas tomber dans l'affect lors de ses investigations, cependant le sort de Cameron l'inquiète sincèrement. Étant père de famille, il ne peut s'empêcher d'éprouver de l'empatie pour Megan et son enfant.

- Oh le salaud ! La dame se met la main devant la bouche, honteuse de ce qu'elle vient de prononcer. Pauvre petite. Elle reproduit le schéma de sa mère, en épousant un malandrin ! Mais vous dites que c'est Irène qui tire les ficelles ?

- Oui. Hunt finit son mug et le tend. J'adore votre café, je sais que j'abuse, mais c'est une drogue !

La grand-mère éclate de rire.

- Mais non, mon garçon, c'est avec plaisir. À part ma petite-fille, je n'ai personne pour me tenir compagnie. Restez autant que vous voudrez, buvez tout !

Le regard de l'enquêteur s'illumine. Il sourit. Madame Gomez est une admirable petite vieille, chaleureuse et vive d'esprit. Hunt apprécie sa compagnie, mais il sait qu'il doit continuer ses recherches et ne tarde pas à prendre congé.

- Au fait, mon petit, je peux vous dire que ça ne me surprend pas le moins du monde, qu'Irene soit derrière toutes ses manigances contre sa fille. Je ne l'ai jamais sentie. Toujours à se plaindre de tout et à racontrer des horreurs sur son enfant. Une enfant, vous imaginez ? Megan était une petit fille sage et discrète. Elle ne voulait pas déranger. Et Irene la rendait responsable de tous ses problèmes. Elle avait le chic pour se fourrer dans des situations intenables. La gamine a tout supporté jusqu'à ses douze ans. Là elle a commencé à se révolter et elle a bien fait ! J'ai témoigné au tribunal, pour qu'elle obtienne son émancipation. S'il le faut, je le ferai encore ! Vous pouvez compter sur moi !

3 septembre 2019

Philip Carver - Rikers, New York.

Hunt a réussi à obtenir une entrevue avec le beau-père de Megan. Il l'a appâté avec une proposition du FBI. L'homme a accepté, intrigué. L'enquêteur découvre que le détenu n'éprouve pas de rancœur contre sa belle-fille. Concernant sa femme, ses sentiments sont clairement plus virulents : il la hait et souhaite se venger.

- J'ai hâte de sortir de là, pour récupérer mon blé. Et si au passage je peux faire raquer cette salope. Je signe où ? Par contre j'espère pour vous que vous n'avez pas l'intention de me piéger. Si je témoigne pour Megan, vous n'avez pas intérêt à me coller des années de taule en plus, pour ce que je lui ai fait.

- L'avocat vous fera signer un accord d'immunité, à ce sujet. Vous ne risquez rien.

Un rictus de satisfaction illumine le visage de Carver. L'ex-agent immobilier s'imagine déjà tisser sa toile autour d'Irene. Hunt se demande si O'Mara n'a pas plus intérêt à laisser "les loups se dévorer entre eux".

- Je sors dans un an, on va s'éclater ! J'ai hâte d'y être !

- Vous ne vous remettez pas en question quant à ce que vous avez fait subir à votre belle-fille ? demande l'enquêteur, quelque peu décontenancé par les propos de Carver.

- Pas vraiment. Je sais que ce n'est pas bien ce que j'ai fait. Mais j'ai payé ma dette. Et entre nous - il se penche vers le limier - vous l'avez vue ! Ne me dites pas que cette petite garce vous laisse insensible ? Je parie que vous vous êtes déjà fait un film dans votre petite tête de monsieur bien sous tous rapports !

Carver se redresse. Son regard s'assombrit.

- Ne vous inquiétez pas, je témoignerai en faveur de ma belle-fille. J'ai joué, j'ai perdu. Elle a de la personnalité et a su me tenir tête. J'apprécie les ennemis de valeur. Mais sa pute de mère, j'aurai sa peau. La salope m'a descendu au procès, en jouant les pauvres victimes effarouchées ! Elle savait ce que je faisais à sa gosse !

Andrew Hunt salue le détenu et quitte Rikers. La nausée lui tenaille l'œsophage. Cet individu malsain n'a aucun scrupule à reconnaître sa perversion et la mère de Megan a fermé les yeux.

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