Sueur et tremblements.

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Le temps s'écoule lentement dans la salle d'attente. Megan perd patience, s'efforçant, tant bien que mal de se contenir. Soudain, la porte s'ouvre. Un homme brun d'environ trente-cinq ans dirige ses grands yeux bleus vers la jeune femme.

- Madame Costello. Bonjour. Je vous en prie.
Megan se lève et entre dans son bureau. Il referme derrière elle.

- Parish. Je n'ai pas gardé le nom de mon ex-mari.

- Pardon. Je vous en prie, prenez place, dit-il en indiquant une chaise devant une superbe table en acajou verni. Donc, votre demande concerne la garde de votre fille.

- Oui. Jordan veut la garde exclusive. C'est Irene qui le manipule.

- Irene...

- Ma... Génitrice.

Megan n'a jamais considéré cette femme comme une mère. Une mère ne laisse pas son enfant de cinq ans seule à la maison pour aller en boîte avec ses amis, pendant que le père travaille à l'étranger. Une mère n'épouse pas un homme qui finira par violer l'enfant à douze ans. Une mère ne fait pas passer son enfant pour un monstre aux yeux de ses collègues pour se dédouaner de son immaturité. Une mère ne cherche pas à porter atteinte à l'équilibre psychique de sa petite-fille pour atteindre sa fille. Une mère ne tente pas de détruire votre vie en prétendant que c'est pour votre bien. Megan refoule sa colère. L'avocat l'observe.

- Vous allez devoir être honnête avec moi. Si vous voulez que je plaide votre cas. Tout ce que la partie adverse aura contre vous, vous portera lourdement préjudice lors du procès, si nous ne sommes pas correctement préparés. Si nous sommes forcés d'aller au tribunal.

- Je ne mens pas. Posez-moi toutes les questions que vous jugez utiles. J'ai horreur du mensonge. Irene est une menteuse pathologique. J'ai horreur du mensonge.

- Bien.

Maître Evan Thomas O'Mara consulte son ordinateur. La jeune femme le regarde, impassible. Sa colère s'est transformée en vide émotionnel. Si elle perd Cameron elle ne répondra plus de rien, mais pour le moment elle s'entoure d'alliés. Pour le moment elle monte son fort en vue d'un siège de longue durée. Irene se moque de sa fille, elle l'humilie constamment, la harcèle sans vergogne et la loi laisse faire cette abomination. Megan laisse faire cette abomination. Aujourd'hui, elle reprend sa vie en main.

Dorian sort de l'ascenseur. Il reste planté quelques instants devant la porte de l'appartement numéro 73. Il frappe, fébrile. Vaughn ouvre. Parish tend la bouteille de vin rouge qu'il a apportée pour accompagner le diner. L'Apollon saisit le flacon et l'invite à entrer. Le jeune homme enlève ses chaussures et son manteau, Carter les range dans le placard.

- Tu veux des chaussons ?

- Merci, non. La moquette est assez épaisse, lance Parish avec le sourire.
Il appréhende l'issue de cette soirée. Sera-t-il à la hauteur des attentes de son partenaire ? Saura-t-il se détendre assez afin de ne pas tout gâcher ? Autant de questions qui se bousculent dans l'esprit de l'Irlandais, montrant une certaine tension sur son visage. Vaughn lui caresse la joue.

- Je t'en prie. Le dîner est prêt.
Dorian entre dans le salon. C'est une belle pièce à la décoration minimaliste, avec une superbe baie vitrée offrant une vue splendide sur la ville. Une table basse japonaise, un petit canapé placé en face du panorama et une cuisine équipée le long du mur de gauche.

- Tu n'as pas de télé ? demande le jeune homme intrigué.

- Non, je regarde généralement mes films sur l'ordi, dans ma chambre. Vaughn montre la pièce, située à l'opposé de la baie, derrière un muret de briques rehaussé d'une verrière.

- J'y ai installé mon bureau, aussi. Viens je te fais visiter, ce n'est pas un palace. Les deux portes à l'entrée, en face du placard ce sont les toilettes et salle de bain. Quand il fera plus chaud on mangera sur la terrasse, dit-il en faisant un clin d'œil.
Carter lui montre son cocon. Le jeune homme reste ébahi devant l'agencement, sobre et élégant. Une moquette blanche, un grand lit de la même couleur et un bureau étroit, noir, longeant tout un pan de mur. Soudain Dorian pousse le bel Apollon sur le "gros nuage" moelleux, se couche sur lui puis l'embrasse avec ferveur. Vaughn le retourne et le maîtrise, lui passant la langue dans le cou.

- Le dessert, après le dîner.
Le jeune homme frémit de plaisir à cette idée. Le consultant le relève et l'invite à le suivre dans le salon.
Vaughn cuisine divinement. Parish se délecte de chaque plat. Son visage s'assombrit, soudainement.

- Pardon pour l'autre fois à l'hôtel. Mais cette enquête à New York a réveillé en moi des souvenirs désagréables. J'ai ressenti le besoin de me blottir contre quelqu'un. Ça fait petit garçon, mon dieu ! s'exclame-t-il gêné.
Le consultant pose la main sur celle de son collègue. Leur regards se croisent.

- Afghanistan, bredouille Dorian.

- Ah. Si tu ne veux pas en parler, ne te force pas.

- Merci. Une autre fois.
Carter lui caresse la joue puis l'embrasse tendrement.

- Tu as encore faim ?

- Non, répond l'Irlandais, désireux de continuer de savourer ce prélude amoureux.

- Tu m'aides à faire la vaisselle ?
Vaughn se lève et emporte les assiettes, ainsi que les couverts à la cuisine. Parish le suit avec le reste. Verres et sets de table. Il observe son bel adonis dans son rituel. L'homme est consciencieux.

- Peux-tu essuyer ? s'il te plaît, demande-t-il en donnant un torchon immaculé. Pose-les sur le plan, d'accord ? Je les rangerai, ajoute-t-il avec le sourire.

Le jeune homme obéit. Une fois la valse prophylactique accomplie, Vaughn s'approche de son compagnon, enfouit ses doigts dans sa chevelure noire aux reflets auburn et l'attire à lui. Dorian le regarde intensément, glissant doucement une main vers sa ceinture. Ses yeux pétillants rivés sur le sublime visage d'ébène, il défait la boucle, dégraphe le bouton et tire sur la fermeture du pantalon. Il descend lentement, tout en gardant le contact avec les prunelles ardentes de son bien-aimé.

Au ralenti, Dorian soulève les interdits. Affolé, affolant il glisse comme un gant. Il se sent étourdi, tout alourdi, mais d'un très grand appétit. Enlacé, élancé il le mord, encore et encore. Baiser salé, sali, Vaughn l'aime à la folie.

- Dorian !

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