Acte II, scène 1

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ALERVINA, KIREON, YORIEL

ALERVINA. — Encore merci, à vous et à son altesse Solacyn pour cette invitation.

KYREON. — Tout le plaisir est pour nous, honorable Alervina. Cet événement est l’occasion d’échanger dans des conditions moins formelles que lors des conseils d’Aldria et de fêter ensemble, comme il se doit, tout ce que les divinités gardiennes ont fait pour nous.

ALERVINA. — Votre mode de vie et vos coutumes m’ont toujours fasciné. Un environnement où la magie se mêle à votre imagination, pour aboutir à de surprenantes inventions. D’autant plus que vous conservez une approche traditionnelle sur certains aspects comme votre médecine.

KYREON. — Bien que notre existence même sera à jamais liée au triste souvenir de la guerre fantastique, nous regardons désormais vers le futur. Si la grande Talyss était encore parmi nous, je suis sûr qu’elle contribuerait ardemment à l’évolution de notre espèce, comme notre chère Sorane.

YORIEL (elle est assise sur l’épaule droite d’Alervina). — Et comment va-t-elle ? Lors de la précédente cérémonie, elle brillait par son absence.

KYREON (il sourit). — La curiosité reste une valeur que nul ne peut museler. Juste avant la réception, elle s’était enfermée dans son laboratoire personnel, avançant une découverte majeure pour Skylae. Je me souviens que sa mère en colère avait demandé à la garde d’enfoncer sa porte pour qu’elle participe enfin à la fête.

YORIEL. — Et le résultat ?

KYREON. — Jamais ils ne la trouvèrent, alors qu’elle était bien là, camouflée grâce à une potion d’invisibilité, dont elle avait finalisé la formule peu de temps avant.

ALERVINA (elle rit). — Cette petite est décidément pleine de ressources. Je ne doute pas sur sa capacité à diriger votre peuple.

KYREON. — Ce compliment me va droit au cœur, grande prêtresse. Et comment se porte la petite Erulyn ?

ALERVINA (elle tourne son regard vers sa fille, discutant avec un autre groupe). — Elle continue à vouloir faire ses preuves en aiguisant sa maîtrise de notre pouvoir primordial. J’ai beau lui affirmer qu’elle gagnera en puissance au fil des siècles et donc que cela n’était pas nécessaire, elle fait la sourde oreille.

YORIEL. — Il faut dire que vous ne lui accordez pas beaucoup de temps, chère Alervina.

ALERVINA. — Une vérité que je ne peux nier. Mais au moins, je sais qu’elle sera prête à me succéder, lorsque qu’Alyona décidera que mon heure sera venue et que je devrais la rejoindre dans les forêts éthérées.

KYREON. — Et vous, noble Yoriel ? Si ma mémoire ne me fait pas défaut, vous avez deux frères.

YORIEL. — Ils doivent certainement se remplir l’estomac quelque part dans la salle. Mon aîné s’occupe suffisamment bien de mon cadet pour que je leur fasse confiance. Tant qu’ils ne font pas de bêtises, je n’ai point à m’inquiéter d’eux.

KYREON. — Nos chefs cuisiniers seraient ravis d’entendre cela.

ALERVINA (elle prend un air plus sérieux). — Pardonnez-moi de poursuivre cette conversation sur une note moins joyeuse, mais je pense que vous avez eu vent de cette guerre civile qui frappe actuellement Sulsae.

YORIEL. — Et qui a abouti à l’assassinat de l’impératrice.

ALERVINA. — Je ne la portais pas vraiment dans mon cœur, mais je ne peux qu’exprimer mes condoléances aux dernières représentantes de sa lignée.

YORIEL. — Une tragédie qui n’aurait pu être évitée. À force d’user de son puissant pouvoir primordial, elle a fini par sombrer dans la folie. Hélas, c’est le destin des despotes de son espèce que d’être tués par le peuple qu’ils asservissent. Je l’avais mainte fois averti sur la dangerosité de ses actes, elle ne m’a jamais écouté.

KYREON. — Et Mizuna ?

YORIEL. — D’abord opprimée par peur de représailles, elle a su prouver aux habitants de Sulsae qu’elles n’étaient en rien complices des agissements de sa mère. Elle a tout de même perdu toute sa famille, à l’exception de sa fille Kayna et de l’enfant qu’elle porte aujourd’hui. Je plains la pauvre petite…

KYREON. — Elle a quand même tenu à être présente ce soir. N’y voyez pas un mépris accentué par les contentieux que nous avons avec les sirènes, mais venir à une réception en portant un deuil aussi pesant…

ALERVINA (elle le coupe). — Elle a besoin de réconfort, je l’ai senti dès le moment où elle s’est rendue à Sylvae, implorant refuge. C’est d’ailleurs moi qui l’ai convaincu de venir à cette réception. Si elle reste seule et enfermée à se morfondre, la folie la gagnera. Le pouvoir primordial des descendantes de Mel’Shana est renforcé par les sentiments de son détenteur. Si la détresse et la tristesse envahissaient son esprit encore trop jeune, elle pourrait bien… (elle s’arrête, le visage peiné). S’il vous plaît, le temps de cette soirée, ne laissez pas votre haine obscurcir votre jugement et soyez indulgent avec elle.

KYREON. — Je ne peux garantir que nos convives soient aussi compréhensifs, mais pour ma part, je tiendrai promesse et la considérerai comme une invitée, au même titre que les autres. Je doute que mon épouse ne lui apporte un quelconque soutien.

YORIEL (elle fixe le regard de Kireon). — Et vous, le feriez-vous, en toute honnêteté ?

KYREON. — Pas de ma propre initiative. Mais si l’enfant s’était présentée face à nous, croyez-moi que j’aurais tenté de persuader Solacyn de lui offrir un lit pour se reposer.

ALERVINA (elle soupire). — L’éternel conflit entre les anges et les sirènes… Bien que nous prônons la paix entre les peuples d’Aldria, nous ne pouvons vous forcer à les aimer. Mais ce geste aurait peut-être permis de renouer des liens.

KYREON. — J’imagine. Mais nous ne pouvons… (Il est interrompu par plusieurs puissants coups de bâton sur le sol, résonnant dans toute la pièce. Les conversations s’arrêtent, pendant que tous se tournent dans la même direction, vers les deux trônes)

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