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Des bruits de voix à l'extérieur, assez lointains, Jérôme les distingue à peine. Elles sont trop faibles pour que l'habitant du sanctuaire les perçoivent semble-t-il. Mais Jérôme détourne imperceptiblement son attention. Suffisamment pour alerter l'homme qui sort aussitôt de sa réflexion. Un instant d'hésitation et Luc prend Jérôme par l'épaule pour le conduire à l'extérieur aussi rapidement qu'il le peut.

- Ça y est la visite est fini, tu m'éjectes ?...C'est à cause des voix... tu veux pas m'présenter... suis pas assez clean...tu veux pas que j'rencontre tes potes ?   C'est ça ?

Le vieil homme sourit. Jérôme aurait pu se défaire facilement de son emprise fragile mais il se laisse conduire. Pas de vagues.

Repasse demain, c'est mieux... à la tombée du jour.

Faut pas qu'on me voit ou il faut pas que j'les vois ? Pas de réponse. Eh réponds.

Mais Luc regagne déjà le mystère du lieu...

Li t'as validé les points de la bibli? On r'vient ce soir comme il a dit mais d'abord.

Jérôme revient rapidement sur ses pas, court jusqu'à l'entrée de l'énorme bâtiment. Il veut savoir. Il longe les murs immenses.

Doivent en savoir des machins eux, si les pierres pouvaient parler...

Il se dirige vers la fenêtre par où le soleil naissant a dénoncé la présence du vieillard.

Ça doit être celle là...j'espère.

Il s'arrête, tend l'oreille. Rien.

Faut qu'je grimpe là haut. J'entends rien d'ici. Ça s'ra easy avec tous les trous qu'y a là dedans. Sans bruit c'est plus difficile et sans tomber. Sûr que la pierraille n'est pas de mon coté.

Il se hisse jusqu'au rebord de l'ouverture. Se fait aussi léger que possible. Il entend maintenant des chuchotements, mais ce n'est pas suffisamment audible pour comprendre leur sens. Dommage. Il faut avancer encore. Les pierres sont friables. La chaleur monte. Il ne pourra pas tenir longtemps. Il doit se mettre à l'abri, rebrousser chemin. Pourtant il reste accroché à son mur. Une voix féminine, c'est sûr, une voix jeune au milieu de timbres, d'âge mûr.

Cette voix. J'connais. Faut que je la voie...

Jérôme attention à toi, ces gens n'aimeront pas que tu les espionnes, leur réaction risque d'être violente s'ils te découvrent. Il va faire de plus en plus chaud tu auras du mal à rentrer.

Li t'es là... Je sais Li, laisse moi.

Mais Jé...

- T'inquiète Li. Gps les points et s'il m'arrive quelque chose, appelle Fred. Attends ce soir.

Jérôme grimpe dans l'ouverture et se glisse à l'intérieur de la pièce, s'immobilise. Ce n'est pas le bon endroit. Et le sol est complètement éventré. Ce n'est pas terrible, ça s'effrite, la façade gémit sans arrêt. Ça tient pas du tout. Li ! Le jeune homme bascule dans le vide, se rattrape in extremis à la poutre la plus proche et provoque la chute de gravas et de pierres. Le vacarme alerte les voix. On le sort de son mauvais pas. Luc n'a pas l'air très heureux de le revoir.

Je t'avais pourtant dit...

Lucie :

Papi tu le connais ?

Papi ne répond pas. Il croise le regard de sa petite fille, surprend l'étonnement à peine masqué de Jérôme puis rétorque :

Et vous, hein ?

Silence gêné.

Tout le monde se regroupe autour de l'intrus. Ber, Maud et Le Geek demandent quelques explications. Ils ironisent, se moquent de Lucie et de Luc. Qu'est ce qu'on va bien pouvoir faire de Jérôme. Maintenant qu'il est là... Lucie le prendra en charge. Elle n'est pas tout à fait d'accord mais face à l'assentiment général que faire. Alors elle livre son dernier argument.

- i sont tous connectés, tous ses friends doivent déjà être au jus. Ils vont se rappliquer. Ils ne nous aiment pas, pour eux on est que des primitifs . Ils vont faire des shoots, organiser des safaris jusqu'ici, enlever les livres, nous piller, nous voler et tout ça finira sur des rayons dans des caisses pendant que les doubles tronçonnés circuleront sur leurs réseaux. Ça s'ra le carnage. Ils voudront tous avoir un souvenir. Ils prendront une page, déchireront un morceau de books. Le pré-numérique est in. Ce sont des prédateurs, rien ne leur résiste. La bibliothèque disparaîtra. Elle s'écroulera comme les autres. C'est la dernière...

Ils sont pas au jus. Li ne publiera rien, j'lui ai dit, elle le fera.

Luc prend la jeune fille à part.

Tu as vu l'insurrection, tu as vu la police. Tu sais bien que ce n'est qu'une question de jour voire d'heures. Il est sympa ce gars là. J'ai discuté avec lui. Et puis il peut nous rendre service. Il nous aidera pour les livres. Il est jeune comme toi. C'est un connecté. Nous on n'en a pas pour très longtemps et c'est pas un gars comme le PN15 qui pourra t'aider.

Papi ! J'irai pas...

Tais toi fi-fille, tu ne sais pas ce que tu racontes. Je ne suis pas éternel, ce monde non plus. Tu es jeune et je SAIS que tu es attirée par la cité. Jérôme peut être une opportunité.

papi, i me plaît pas, j'ai pas confiance. Il filait PN15. Et si c'était un spion ?

Papi sourit

Lui ? Non sûrement pas, crois moi. Je suis sûr que tu changeras d'avis à son sujet. Mais il y a plus urgent. Les livres.


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David Vincent était plongé dans son fauteuil ,la tête entre ses mains.
Le désarroi s’était emparé de son être.Il était là ,seul chez lui.Mais aussi seul au monde.Aussitôt après s’être réfugié chez lui,il s’était versé un grand verre de whisky pour se soulager de ce qu’il avait vu.De ce qu’il n’aurait jamais dû voir.La première fois,il avait pensé à une hallucination,à un moment d’égarement de ses sens.Mais là ,en se laissant tomber dans son fauteuil accablé et désespéré ,il était convaincu de leur présence.Le doute n’était plus permis .Ses sens ne l’avaient pas trompé.
“ILS” étaient bien là!
Mais qui le croira?Visiblement il était en état de choc car ce n’était pas la première fois qu’il “LES” avaient surpris dans le village où il n’y avait pas encore d’envahisseurs .Je veux parler de ces singes crépus que l’on nomme melons ou boucaques comme vous préférez.Voilés de noir de la tête aux pieds.Eh bien la joie fut de courte durée.On avait parlé trop vite dans le village.Oui,un couple de jeunes chimpanzés est venu s’établir dans le village.Quand? Comment? Nul ne le sait.Si,le maire le savait mais en a dit mot à personne.Des cafards je vous dis .Dès qu’il y a un couple c’est une armée qui suit. Ce couple se suivait.Lui devant,elle derrière.La guenon était en cloque d’un bébé et marchait derrière son mâle tout en tapotant sur un smartphone.Le ventre déjà gros.Image inquiétante.
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David Vincent n'était pas rassuré.Quelque chose de difficilement palpable flottait dans l’air pesant et lourd, comme l’angoisse d’un drame.Il était comme vidé physiquement, sans doute avait il trop fait la fête, trop mangé et trop bu peut être.Il était perclus de fatigue,allant jusqu’à tomber droit dans les bras de Morphée, lorsque soudain…
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J’avais ces quelques mots d'une chanson qui me trottaient dans la tête :
« Je ne sais plus, je ne sais pas, et je reste planté là
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… »
Des mots qui flottent et qui s’enroulent autour de moi…qui me disent : regarde ce qui se passe autour de toi.
Alors l’idée que toute chose à une raison faisant son chemin dans ma petite tête, je suis partie à la recherche de cette fameuse chanson, dont je ne me rappelais que ce passage.
Le pouvoir d’internet, franchement ! En 2 secondes, je l’ai retrouvée, avec une vidéo montage très jolie de plus !
Et là, l’émotion m’a saisie. Quelques larmes fugaces et discrètes… pudiques. Tout est dit, tout est là : c’est ce que je ressens, ce que je vis, ce que je nie.
Beaucoup de monde sait que ce chanteur était un humanisme, proche des autres, mais j’ajouterai qu’il était très intelligent et très (trop ?) conscient de ce qui l’entourait. Il est mort trop tôt, c’est sûr (bien qu’il n’y ait pas d’âge, car cela est toujours trop tôt pour ceux qui restent).
Ce qu’il a laissé derrière lui ce sont ces nombreuses chansons, comme s’il fallait mettre en musique ce qu’il était.
Certes, il faut prendre le recul nécessaire au contexte. Il était d’une époque où les gens pensaient encore possible de faire changer les choses, l’énergie et les possibilités semblant infinies. Aujourd’hui sa carrière et ses possibilités d’actions et de paroles auraient été bien moindres.
L’héritage qu’il laisse derrière lui nous exhorte à ouvrir les yeux, est une guerre à la haine, au rejet des autres, à la bêtise humaine, aux croyances et aux religions en total désaccord avec la tolérance, le respect des femmes, l’humilité, l’ouverture d’esprit et le libre arbitre.
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Ceux qui disent aimer ce chanteur, aimer ces chansons, ne peuvent pas, ne doivent pas trahir, fouler aux pieds, ce qu’il criait avec tant de conviction…sinon ce n’est pas vrai. C’est un mensonge si énorme qu’il ne trompe qu’eux.
Alors si d’habitude je le pense, aujourd’hui je l’écris :
Courage à tous ceux qui comme moi vivent et ressentent cela, car quelque part nous sommes les rebelles d’une société qui encense l’égoïsme, la vantardise, la destruction et le profit.
Ne restez pas plantés là, faites bouger quelques gravillons…

Bon, je pense que vous aurez tous reconnu le chanteur ?



Réponse au défi "Ecouter de la musique..." lancé par Anonymous_writer_mp
Salut tout le monde, cela fait très longtemps que je n'ai pas posté de nouveaux défis alors je vous en propose un aujourd'hui.
Beaucoup de personnes écoutent de la musique et la comprennent puis il y a d'autres personnes qui écoutent de la musique sans l'écouter donc sans comprendre le sens des paroles.
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Ce n'est pas compliqué, choisissez une musique qui vous parle, que vous ressentez jusqu'au bout de vos doigts et que vous comprenez puis expliquez-moi toutes les émotions, toutes les pensées qui vous traversent quand le son vibre dans vos tympans.
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