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Il y a encore du boulot Luc. T'as vu tous ces bouquins qu'il faut déplacer et on a que ce vieux pick-up plus nos jambes de centenaires pour les transporter jusqu'ici. On y arrivera jamais.

Ber scrute la vieille ville en bas au pied de leur colline. Pas de bruit qui remonte des rues, pas de mouvement sporadique non plus. En fait il ne scrute rien du tout. Ses yeux à un mètre quatre vingt du sol, vagabondent mais ne se posent nulle part. La vieille ville leur est transparente. Belle indifférence pour masquer son inquiétude. Silence.

Allons Ber nous savons que tous ne seront pas mis en lieu sûr. Il faut continuer à trier pour ne sauver que l'indispensable.

Tu ne trouves pas la ville bien calme. Depuis quelques jours ils remontent vers la bibli en grappes de plus en plus denses. Ils nous ont dit que quelque chose se préparait mais quoi, personne ne sait. Aujourd'hui pas un ronflement de moto, pas un seul éclat de voix, de toute la nuit et ce matin, rien non plus.

Ber entend sans surprise. Il sait ce que dira son vieil ami Luc. Régulièrement l'un et l'autre conversent à demi mots. Pas besoin de longs développements entre eux. Sur son épaule un main légère. Il la connaît. Cela fait si longtemps qu'elle se pose ainsi. Maud sa compagne de toujours est là. Ils ont tout partagé et l'amour leur a donné un fils. Leur fierté. Ils ne le voient plus souvent. Il a migré vers la cité. Il y vit. Les a un peu oublié. Mais au moins lui sera sauvé.

Tu penses à lui mon tit Ber. Il est heureux comme ça et nous avons bien fait de le faire passer dans la cité. Ne regrette rien. Je suis fière de toi.

Ber lui sourit. Il a l'air si fragile malgré sa carrure imposante :

Il y a quelque chose de bizarre en bas. Tu sens le poids de ce silence ?

Il va y avoir une charge de la police pour nettoyer la zone du Leca. Je pense qu'ils atteindront bientôt notre sanctuaire.

Tous les trois se retournent vers le nouveau venu. Le Geek a parlé. Ils lui font confiance. C'est le seul à bidouiller les vieilles bécanes abandonnées dans la zone.

J'ai réussi à me connecter sur leur réseau tout à l'heure. Il va y avoir plusieurs vagues d'expulsions. La Bibli est condamnée. Il faut faire vite et rapatrier le maximum d'ouvrages jusqu'ici. On ne va pas se laisser faire quand même.

J'ai une idée, s'exclame Luc. J'ai une idée pour sauver un maximum de livres. Allez on file à la bibli avec ton pick-up. Vite.

Là bas en bas, une explosion suivie d'une clameur profonde, des éclats de voix. La rumeur dans la vieille ville. Des mouvements de foule au pied de leur colline.

Ça urge.

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