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Jérôme s'engage dans les pas de l'homme. Il le suit de loin avec prudence. PN15 a l'air de savoir où il va. Il enfile les rues d'un pas rapide. Jérôme s'essouffle derrière. Il longe les murs, avance à couvert autant qu'il le peut. Ça le ralentit.

Li , non faut pas que je l'appelle sinon je me fais pister par les keufs de la cité illico.. Il va vite... tu pourrais pas ralentir un peu.

Les deux hommes empruntent des rues éventrées et plus ils s'enfoncent dans la vieille ville et plus le bruit sourd de la révolte s'amplifie.

On est pas loin maintenant de la bagarre. Ça sent l'âcre et ça pique les yeux. Et puis c'est trop de l'électricité, l'air qu'on respire. Le vent emmène les gaz jusqu'ici, je vais chialer et lui aussi. Il a mis son foulard sur le nez. Je vais mettre mon tee shirt jusqu'aux yeux.

Les cris et les tirs de grenades se rapprochent. Ça hurle dans les oreilles de Jérôme et PN15 continue sur le même rythme. Jérôme n'est pas très rassuré dans cette ambiance de guérilla.

Je vais le perdre, i va m' semer...

Le jeune homme accélère. Tout autour de lui des gens qui fuient et qui crient. On ne fait pas attention au jeune homme de la cité. La fumée se fait plus épaisse et les groupes d'insurgés plus denses. Ils se replient vers Jérôme, les yeux rivés vers la masse noire et compacte qui avance au pas de charge maintenant.

Je vais le perdre, je vais le perdre.

PN15 se faufile entre les insurgés. L'un d'eux s'arrête à sa hauteur. Ils parlent. C'est une jeune femme brune. Elle est mince avec un beau visage mais ses traits sont tendus.

Ouf, je vais souffler un peu.

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Accord écrit

Là où elle repose, je m'évaderai dans un cri en courant
Avec dans le coeur la légèreté de l'espoir des jours meilleurs

Venez dans ma vallée aux poumons verts
Aux gorges profondes et aux cascades puissantes
Les bois s'y enfoncent vers mille merveilles naturelles
Laissant les méandres des rivières irriguer ses chenaux
Elle est belle ma vallée, oubliée des citadins présomptueux,
Elle respire l'indifférence du temps qui passe,

De la cacophonie des fausses urgences de la vie.
Et dans ce décor intimiste, cet écrin végétal

Le milan royal majestueux caresse de ses ailes
Allongée sur le dos, les courbes d'une femme endormie

Dans ses rivières déambulent,
Ombres, truites et saumons dans de souples mouvements aquatiques,
Réagissant seulement aux clapotements de galets qui accompagnent la danse du courant.
Dans les entrailles de ta terre, le bruit assourdissant d'une cascade
Ou la myriade de sons de ses poumons
Grondent et enchantent mes oreilles, ils m'appellent...
Ne t'endors pas profondément belle endormie, j'arrive
Et je reprendrai le goût de tes chemins de pierres randonnant encore de mystères en mystères

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Défi
enialrev

« Qui te dis que je te demande de m'aimer, Erell ? Tu crois que je parle que de l'amour, ici ? L'amour c'est de la merde. C'est pour les gens dans les films, les beaux dans les livres. Moi, j'suis pas belle. Je ne sais pas chanter, j'suis même pas drôle. Rien. J'sors pas d'un film. Je ne te demande pas de m'aimer, Erell. Je te demande autre chose. Cet autre chose qu'on a toutes les deux. C'est plus fort que ce truc – l'amour. C'est pas l'amour. C'est plus. Plus que les mots. Plus que les guillemets et les virgules. Peut être que oui, Erell. Peut être que je t'aime, oui. » Une pause. « En fait, il n'y a pas de peut-être. Je t'aime. C'est certain. Mais ce n'est pas que ça. Ce ne sont pas que ces trois mots et puis tant pis, Erell. C'est notre vie. Notre nous. Tout ça. Je pourrais en faire un roman, Erell. Et encore... Je ne sais pas si je pourrais l'achever. Tu ne veux pas m'aimer alors je t'aimerai pour deux. Tu ne veux pas avoir peur, alors j'aurai peur pour nous deux.
C'est de nous que je parle Erell.
De notre amour.
Mais qui bat, qui ne parle pas. Qui ne dit pas je t'aime. Qui dit juste, ça. Cet éclat... Là. »

[...]
« Tu vois c'est pour ça que je ne suis pas restée depuis le début, Erell. »
Ma voix pleure. Elle pleure. Des larmes coulent entre les mots. Sans assonances ni allitérations. Pas besoin d'artifices. Juste quelques tremblements et les émotions au bord de l'âme. Au fond de moi se trouve un gouffre ; il déborde d'une amertume dégueulasse. Ma logorrhée n'est rien comparée à mon désespoir ; mais on sent battre au fond de ma gorge toute la déréliction de mon cœur.

« Je savais que si je ne fuyais pas, alors c'était toi qui allait te casser. Je le savais. Depuis le début. Depuis que tes lèvres m'avaient dit bonjour, depuis que tes bras m'avaient dit viens là, depuis que mon cœur m'avait dit aime la. »

Je m'arrête quelques secondes. J'ai envie de pleurer. Chialer. Geindre. Crever. M'isoler. Disparaître. Jamais revenir.

« Erell. La différence entre toi et moi, c'est que toi tu ne m'aimes qu'à moitié, alors que moi je t'aime complètement. Toi, tu peux compter sur tes doigts les raisons pour lesquelles rester avec moi te feras du bien ; moi, je ne sais pas compter jusqu'à l'infini. Toi, tu peux passer quelques secondes sans que mon prénom ne vienne crier à ta gueule combien je te manques, moi, même si l'on arriverait à arrêter le temps, j'entendrai toujours ce cri. Toi, tu peux aller dans les bras de tous sans fermer les yeux et m'imaginer moi à leur place. Moi, personne n'est dans mes draps à part les maigres souvenirs que j'ai emporté de toi. Toi, tu m'aimes seulement. Comme ça. Un soir. Devant la télévision. Puis demain, il se réveillera et tu te diras « qu'est-ce que j'ai fait » tu te diras qu'il y aura quelqu'un en trop ici. Et cette personne, c'est moi. Tu as toujours fait partie de ma vie même lorsque tu n'étais plus là, Erell. Moi, tu m'as rayée avant même que je n'y rentre ; dans ta vie. »
Je n'ai jamais autant parlé. Jamais autant souffert entre deux syllabes. Jamais autant mutilé mon âme en la poussant à dire ce qui la tiraillait.
« Tu ne peux pas me demander de rester si toi demain tu comptes partir ; ou en tout cas me laisser la porte grande ouverte. »
Puis un dernier sentiment qui s'échappe.
Pur.
Et qui s'évanouit contre ses lèvres.
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Yin'Lughul
Qui aurait pu prédire que cette soirée de fin d'année tournerait aussi mal ? Luc ne s'attendait pas à subir la pire nuit de sa vie, et encore moins sa dernière nuit. Il ne s'attendait pas à être humilié avant d'être jeté dans un fleuve pour s'y noyer, sous l'hilarité de ses bourreaux. Mais il ne s'attendait pas non plus à se réveiller. Et désormais, hantant l'école dont il est prisonnier, il ne sera plus animé que par un profond désir de vengeance, épaulé par d'improbables alliés.
Un désir de vengeance dépassant le cadre de l'école, de Luc et de ses futures victimes.
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