Chapitre XIII : L’espionne, le derviche et le militaire

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Retourné sur son siège, Celâl bey observait la jeune femme qui se tenait debout devant lui. Plutôt menue, vêtue d’une longue jupe plissée sombre couverte d’un par-dessus brodé de motifs floraux, elle dévisageait le militaire de ses grands yeux bleus. C’était maintenant indubitable, malgré sa voilette, de laquelle dépassaient deux mèches blondes, Celâl bey avait bien reconnu Servetseza. Mais que faisait-elle ici ? Comment l’avait-elle trouvé et que pouvait-elle encore lui vouloir ? Toutes ces questions se posaient au jeune homme qui était plus que gêné par cette apparition soudaine et incongrue.

Alors que le train venait de quitter la gare, Servetseza s’assit aux côtés de Celâl bey en lui attrapant subitement le bras.

« Celâl ! Vraiment tu es le pire ! Me laisser ainsi sans me dire dans quel wagon tu t’es installé est vraiment indigne de toi, mon amour ! railla Servetseza d’une voix étrangement mielleuse en tirant le militaire contre son sein. »

Ces propos sortis de nulle part et cette proximité physique inhabituelle pour Celâl bey, ne manquèrent pas de déstabiliser le pauvre officier qui ne savait désormais plus où donner de la tête. À quoi pouvait bien rimer toute cette mauvaise comédie digne du plus lamentable opéra bouffe de Paris ? Cherchant quelque part un soutien, il jeta de façon hasardeuse un bref regard au derviche qui esquissait un léger sourire en observant la scène. Finalement ayant compris la situation, il se ressaisit et répondit :

« Oh… excuse-moi ma chère Servetseza, je… je voulais juste… réserver nos places avant que… que quelqu’un ne nous les prennent ! Je ne serais jamais parti sans toi ! »

Bien que son ton hésitant laissa encore transparaître une certaine gêne, Celâl bey pensait avoir bien compris le dessein de la jeune femme. Afin de s’en assurer, il regarda de nouveau son interlocutrice. Cette dernière lui sourit discrètement en fermant les yeux.

« C’est donc ta compagne ? interrogea subitement le derviche en sortant de son silence de spectateur.

– Oui, Servetseza et moi sommes mariés depuis presque un an déjà, répondit le jeune homme avec plus d’assurance. »

Ces quelques mots firent sourire chaleureusement le religieux. Il scruta la jeune femme de haut en bas. Croisant son regard, Servetseza se mit à le fixer sans le moindre battement de cils, il détourna alors subitement les yeux sur Celâl bey, notant au passage qu’il ne portait pas d’alliance contrairement à sa “compagne” qui portait un anneau d’or à la main droite.

« Ah ! Que c’est beau l’amour quand on est jeune ! Vous formez un très joli couple en tout cas ! Que Dieu vous préserve ! finit par reprendre le religieux

– Merci, intervint Servetseza qui, tout sourire, attrapa la main de Celâl bey, Mais à qui avons-nous l’honneur ?

– Oh je ne me suis pas présenté, c’est vrai ! reprit l’homme riant abondamment, On me connait sous le nom de Reşidéfendi, je ne suis rien de plus qu’un simple derviche itinérant qui va là où le vent le porte…

– Oh ! Comme c’est… romanesque ! s’exclama Servetseza qui pesait ses mots en fixant le religieux droit dans les yeux, Et où est-ce que le vent vous porte aujourd’hui ? »

Ces mots firent d’avantage sourire le derviche qui caressa sa barbe rase avant de répondre :

« Simplement là où ce train me mènera et là où j’aurai envie de descendre… Ce peut-être à Gebze comme à Izmit ou jusqu’à Ankara… Seul Dieu le sait pour l’instant ! »

Installé dans son siège, Celâl bey suivait la conversation. Intrigué par l’étrange air de défiance que semblait manifester la jeune femme envers le religieux, il se demandait également ce qu’elle pouvait bien faire ici dans ce train avec lui. La situation lui semblait même presque irréelle. La veille encore, elle l’avait empoisonné au cyanure, menaçant de le laisser mourir s’il refusait de coopérer. Et aujourd’hui, elle était assise à ses côtés en jouant le rôle de la jeune épouse fébrile. Que pouvait-elle encore avoir dans la tête ? Avait-elle été envoyée ici en mission ? Comptait-elle seulement le lui révéler ?

« Je vais te laisser faire et me contenter d’observer. Tu as probablement été envoyée ici par Sa Majesté. Je suis sûr que tu me soupçonnes encore d’être fidèle à Midhat Pacha. Ça tombe bien, je ne te fais absolument pas confiance non plus. Voyons voir à quel petit jeu tu joues… se résolut Celâl bey en caressant sa moustache. »

Désormais conforté dans ses pensées, le jeune militaire se laissa aller dans son siège malgré Servetseza qui tenait encore sa main fermement.

« Et vous ? Vers où allez-vous ? demanda le soufi regardant tour à tour les deux jeunes gens.

– Nous allons à Erzéroum, répondit la jeune femme.

– Erzéroum ? C’est un long et périlleux voyage qui vous attend ! Est-ce bien raisonnable pour des jeunes gens aisés de la capitale comme vous ? Surtout en plein hiver ! s’étonna le derviche. »

Servetseza laissa s’échapper un petit rire puis porta sa main à sa bouche.

« Les parents de Celâl s’y trouvent… et sa mère est malade. Nous devons leur rendre visite à tout prix ! expliqua l’espionne avec une certaine gène tout en se ventilant de sa main.

– Tout va bien mon enfant ? interrogea le religieux d’un ton inquiet.

– Oui, je… j’ai besoin de prendre l’air je pense ! Je supporte très mal les transports… Celâl veux-tu bien m’accompagner au dehors ? reprit-elle tant bien que mal en sollicitant le jeune homme. »

Celâl bey s’exécuta aussitôt sans poser de questions et prenant Servetseza par le bras, l’accompagna jusqu’au bout du wagon. Passant devant le soldat de garde qui se tenait debout en observant la scène d’un air interrogateur, ils se firent interpeller par ce dernier.

« Hé ! Où allez-vous comme ça ? Le train est en marche, il est dangereux de sortir du wagon ! »

Celâl bey se retourna lentement vers le garde, l’air un peu confus.

« C’est que… ma… euh… femme est un peu malade, elle a besoin de prendre l’air, répondit le jeune homme qui évitait le contact oculaire.

– Et bien qu'elle regarde par la fenêtre, dit le soldat d'un ton agacé, Je ne veux pas être responsable de ça, ajouta-t-il en portant sa main à son ceinturon de cuir noir. »

Bien que s’exprimant d’un air des plus hautains, l’homme devait à peine avoir l’âge de Celâl bey. Servetseza qui se tortillait dans tout les sens, lui attrapa soudainement le bras et le tira vers elle.

« Monsieur… s’il vous plaît ! Je… je crois que je vais vomir ! fit elle en fixant d’un air souffreteux les yeux consternés du soldat.

– Bien ! Bien ! Allez-y, mais faites attention ! finit par céder le militaire en se dégageant. »

Alors que Servetseza et Celâl bey sortaient du compartiment, le derviche fit signe de la main au garde en lui demandant d’approcher, ce que la jeune femme ne manqua pas de remarquer lorsqu’elle jeta un bref regard par-dessus son épaule.

Une fois à l’extérieur du wagon Celâl bey lâcha le bras de l’espionne et se tenant à la rambarde qui vibrait sous les tumultes du train, observa attentivement l’arrière-pays de l’antique Bithynie défiler à toute vitesse sous son fin duvet de neige nacré. Il se doutait bien que tout ceci n’était qu’un stratagème de la jeune femme pour l’attirer au dehors et sûrement avoir une discussion privée avec lui, mais il ne voulait être le premier à ouvrir le sujet. Étrangement, elle non plus, ne disait mot et se contentait d’admirer le ciel grisâtre, l’air pensive. Seul le vrombissement de la locomotive fumante venait briser de temps à autre ce silence de mort. Finalement, la jeune femme se retourna brusquement et enlaça Celâl bey. Elle se serra contre lui et écartant sa voilette, se rapprocha au plus près de son oreille.

« Ne te retourne surtout pas. Le soldat nous observe. Tu vas faire comme si de rien n’était et nous allons désormais communiquer en français, susurra Servetseza de sa voix suave qui fit tressaillir le jeune homme. »

Elle relâcha ensuite l’officier qui, fort déconcerté, était resté ainsi figé, ne pouvant quitter l’espionne de son regard perplexe.

« Pourquoi me regardes-tu comme ça ? Ne me dis pas que le fils de Monsieur l’ambassadeur ne parle pas français ! dit-elle narquoise dans la langue de Molière. »

Celâl bey revenant à lui, se gratta machinalement la nuque avant de reprendre :

« Non… si… bien sûr. Non, c’est que je n’aurais jamais pensé que tu parlais aussi bien le français ! Même Vesîme ne le parle pas aussi bien ! s’étonna le militaire.

– Je t’ai dit que j’ai servi à la cour… se contenta-t’elle de répondre. »

Il eut un moment de silence. Celâl bey en profita pour réajuster sa cravate puis revenant à la charge :

« Et… C’était quoi toute cette scène ? Que fais-tu ici premièrement ? lâcha-t’il. »

La blondinette semblant ignorer les dernières paroles du jeune homme, lui tourna le dos et se remit à scruter l’horizon de ses grands yeux d’azur. Elle resta ainsi, silencieuse, quelques instants, se contentant de laisser flotter ses fins cheveux dorés au vent. Puis prenant une profonde inspiration :

« Celâl Celâleddin bey… écoute… Ce n’est pas par plaisir que je suis ici. Si je suis ici c’est sur ordre de Sa Majesté. Je vais être franche avec toi. Je ne t’apprécie pas et je sais que c’est réciproque. Mais nous poursuivons tout deux un même objectif. Si tu te montres coopératif nous devrions pouvoir y arriver… expliqua-t-elle d’un ton froid »

Se retournant elle posa sa main sur la poitrine de Celâl bey et le fixa droit dans les yeux, si bien que leurs regards se noyèrent mutuellement l’un dans l’autre.

« Cependant… si jamais tu venais à trahir ta parole, ou montrer de la sympathie envers nos ennemis, je n’hésiterai pas à te tuer cette fois… est-ce clair ? »

Le militaire ne donna aucune réponse si ce n’est que de maintenir le véritable duel de regard qui s’était engagé entre les deux jeunes gens.

« Bien ! Te voilà averti. Maintenant rentrons, je t’expliquerai la situation plus en détail une fois arrivés à Ankara, reprit Servetseza en détournant ses yeux et s’avançant vers la porte du wagon, Tu as bien compris ton rôle ? »

« Tss… Pour qui est-ce qu’elle me prend cette sale pimbêche ? Je suis Celâl Celâleddin bey fils de l’ambassadeur en France, je suis lieutenant de cavalerie et premier de ma promotion ! Je n’ai pas d’ordre à recevoir d’une petite soubrette qui joue les espionnes ! Elle a juste de la chance qu’au vu de la situation, je n’ai d’autre choix que de collaborer avec elle… Enfin… si tels sont les souhaits de Sa Majesté. »

« Oui bien sûr que oui ! Pour qui me prends-tu ? finit par répondre Celâl bey peinant à cacher son agacement, Par contre, évite de me toucher comme ça ! Tu ne sais pas te tenir ou quoi ?

– Pff tu crois que je fais ça par plaisir ? Fais donc un effort ! Il faut que ce soit convaincant ! Tu es si niais que ça aussi avec Vesîme hanım ? En plus lorsque tu parles tu n’es absolument pas convaincant ! Ce n’est pas du tout naturel ! Tu ne sais pas mentir ou quoi ? »

Celâl bey grimaça et détourna son regard, irrité par les paroles de la jeune femme.

« Et aussi… reprit Servetseza d’une voix plus sombre, Je ne fais pas confiance à ce “derviche itinérant”… J’ai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part… Mais impossible de me remémorer où…

– Ce n’est qu’un pauvre derviche voyons ! rétorqua Celâl bey en gesticulant, Il y en plein des comme lui. Ils parcourent le pays en enseignant le Coran en échange d’un toit et de nourriture.

– Oui bien sûr… et n’oublie pas que moi je n’était qu’une domestique chez Midhat Pacha ! L’habit ne fait pas le derviche, Celâl bey ! Pourquoi un derviche soudoierait un soldat pour écouter notre conversation alors ? demanda la Circassienne en fixant le jeune homme. »

Étonné, le militaire écarquilla ses grands yeux marrons. Était-ce vrai ? Avait-elle bien vu ? Ne se méprenait-elle pas ?

« Ne fais pas cette tête ! Contente-toi juste de faire attention à ce que tu dis ! Allez prends-moi plutôt la main en bon éfendi que tu es ! dit Servetseza affichant un large sourire suffisant tout en tendant sa main à l’officier. »

Se ressaisissant, Celâl bey pris la jeune femme par la main et ils rentrèrent dans le wagon. Le soldat qui s’était adossé à l’entrée, s’écarta aussitôt et les deux jeunes gens regagnèrent leur place aux côtés du derviche qui, tête baissée et profondément absorbé, jouait du chapelet.

Ainsi se déroula le reste du voyage. Celâl et Servetseza tinrent la conversation au religieux, fidèles à leur rôle de jeune couple, tandis que les gares s’enchaînaient et que les passagers montaient et descendaient. La famille arménienne descendit à Gebze, laissant place à des marchants grecs et bon nombres de voyageurs changèrent une fois à Izmit. Seul le derviche n’avait pas bougé et il était désormais manifeste qu’il comptait aller jusqu’à la destination finale.

C’est au terme de six heures de voyage, en comptant les nombreuses escales et imprévues en tous genres, que le train arriva à Ankara. Nichée sur le haut plateau de l’Asie Mineure, l’antique Ancyre que l’on nomme encore Angora, était un centre économique important. Aujourd’hui terminus des chemins de fer anatoliens, jadis dernière escale de l’ancienne route de la soie avant Constantinople, la bourgade de dix mille âmes, encore dans son jus médiéval, comportait d’innombrables caravansérails toujours en activité.

C’est tout ce monde qui s’offrit à Celâl bey lorsqu’il posa le pied sur le quai enneigé de la station. Un univers totalement différent de ce qu’il avait connu jusque là. Sous le sifflement du train, les gens se pressaient de toutes parts. En costume à l’occidentale, enturbannés et portant le caftan, femmes en grands voiles de tissus de toutes couleurs ou en sarouel fleuris, c’était un véritable florilège d’orientalisme qui se présentait aux yeux du jeune officier éperdument émerveillé. Cependant le vent glacial qui souffla brusquement, le ramena très vite à la réalité. Il était désormais à Ankara, c’est-à-dire loin de tout ce qu’il avait pu connaître, loin de tout repère et surtout, il s’était rapproché de son but final. Kars était la prochaine étape et il ne pouvait désormais plus faire machine arrière.

Une main vint se poser sur l’épaule de Celâl bey, une main tout aussi glaciale que le vent, froide comme la mort. Surpris dans ses songes, le militaire se retourna, c’était Servetseza qui le fixait de ce regard qui agaçait tant le jeune homme.

« Hé ! Qu’est-ce que tu fais ? s’écria la Circassienne, Ce n’est pas le moment de rêvasser ! Il faut que l’on trouve un endroit où passer la nuit. Il n’y aura pas de départ avant demain, le soleil se couche tôt ici et il est déjà presque six heures ! »

Le jeune homme se retourna afin de regarder l’horloge qui surplombait la modeste gare de campagne.

« Il est cinq heures et demie… corrigea Celâl bey sourcilleux comme à son habitude en pointant le cadran qui se trouvait dans son dos.

– Oh ! Quelle différence ? Ça ne change pas la donne ! s’irrita la jeune femme en croisant les bras et dont le ventre gargouilla inopinément.

– Dis plutôt que tu as faim ! lança le militaire se tordant de rire.

– Mais absolument pas ! répliqua Servetseza cachant maladroitement sa gêne.

– Tu as beau être une excellente comédienne je te l’accorde, ton corps lui… »

Celâl bey n’avait pas terminé sa tirade que la jeune femme contrariée dans son ego s’était retournée.

« Attends-moi ici ! Je vais demander des renseignements à ce bureau de poste, dit-elle en s’éloignant d’un pas vif. »

Fort satisfait de sa petite victoire morale sur cette jeune femme qui cherchait constamment à le dominer, Celâl bey haussa les épaules et alla s’installer sur le banc à proximité du bureau de poste. Lorsque Servetseza poussa la porte de l’office, elle croisa curieusement le derviche qui en sortait. Ils se remarquèrent l’un l’autre mais aucun des deux ne le manifesta. Une fois à l’extérieur, le religieux aperçu Celâl bey et lui faisant amicalement signe de la main, vint s’installer à ses côtés.

Le jeune homme le considéra longuement. Coiffé de son grand turban, le soufi était assis dos voûté, une de ses larges mains posée sur son genou recouvert par les pans de son vieux caftan de mauvaise étoffe, tandis que l’autre soutenait son visage garni d’une courte barbe brune. Ses yeux d’un noir profond comme l’abysse étaient plongés sur ses pieds chaussés de babouches fatiguées, preuve irréfutable d’une longue errance.

« Ce n’est pas possible, songeait Celâl bey, elle doit probablement faire erreur… Cet homme est tout ce qu’il y a de plus honnête ! »

Sur ces pensées, le militaire soupira longuement en levant les yeux au ciel. Comme le soleil déclinait et que la pénombre gagnait peu à peu la gare désormais presque déserte, il dirigea sa main afin d’attraper sa montre dans le gousset de son gilet. Il sentit alors quelque chose de dur qui le pressait sur son flanc. Se retournant aussitôt, quelle ne fût pas sa surprise lorsqu’il découvrit qu’un revolver le pointait

« Chut ! Tu vas garder ton calme et te contenter de répondre à mes questions. Celâl Celâleddin bey c’est ça ? C’est donc toi l’envoyé du sultan ? interrogea le derviche dans un français irréprochable sur ton très différent et bien moins jovial que lors des échanges précédents tout en abaissant le chien de son pistolet. »

Le jeune homme était effondré. Il n’en revenait pas. Il s’était laissé berner si facilement et maintenant que pouvait-il faire dans cette situation, totalement impuissant. S’il tentait le moindre mouvement, le derviche n’hésiterait probablement pas à presser la détente et une balle lui perforerait le flanc. Celâl bey ne pouvait que s’en remettre à Servetseza. Mais que faisait-elle encore et pourquoi était-elle si longue ?

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Nous ignorons pour l'instant pourquoi le stépagor est de retour aujourd'hui (et ce, depuis environ deux mois), mais ce qui est certain, selon Clément Verlier, qui pratique toujours : "Le stépagor est exactement comme les colices qu'on trouve sur les vallemands de gardarites. Les colices existent, elles sont là. Alors, oui, bien sûr, elles sont bellionelles, stantes, assadeuses, connates et écondes, mais franchement, cela vous viendrait-il à l'idée de bakhrober les colices ? Non, je ne crois pas, car, bien qu'elles soient tout à fait complises, les colices, comme le stépagor, sont, malgré tout, deux choses parfaitement debreuses et essaires."
Et là, Clément Verlier a un bon argument : le stépagor est debreux. Tout simplement. Un autre expert, Geoffrey Whang, a complété l'affirmation de son collègue Clément Verlier : "Loin d'être dangereux, il est fort probable que le stépagor soit en réalité tout à fait utile à la vie humaine. Si on en croit les nombreuses expériences, le stépagor serait dôté de minuscules liques. Bien sûr, une lique seule ne sert à rien du tout, mais plusieurs liques pourraient recembrer les macies des appressites conferies. Alors, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je trouve que c'est une super bonne nouvelle. Vous imaginez, le nombre de gabricans qui pourraient être londés grace aux dictimes des liques ?! C'est une révolution !"
Cependant, tout le monde ne partage pas cette vision des choses. Jean-Philippe Dusquenes, aujourd'hui en instance d'être radié de l'Ordre des Médecins, a déclaré dans une interview : "Le stépagore ! Le stépagore, c'est quelque chose de très dangereux. N'écoutez surtout pas les pseudo-experts qui prétendent que le stépagore est une bonne chose. Ils sont payés par le Gouvernment, c'est bien certain. Prétendre que le stépagore, que j'appelle moi-même la "cavanette" [rires] est favorable à la vie humaine est tout simplement stupide. J'ai fait mes recherches dans mon propre laboratoire, figurez-vous, et voici ce que j'y ai trouvé : en réalité, le stépagore est dangereux pour les humains. Lorsque j'ai étudié la chose, j'ai réalisé, après trois heures de recherche, que le marsenat du municat (marsenatum municatum) était totallement citaire, c'est-à-dire que même la resse du stépagore était parave et adminique. Répétez cette phrase dans votre tête : l'achateaux du stépagore peut provoquer l'électue du servatoire de la sécution du tix. La sécution du tix ! Vous réalisez ?! Ces imbéciles veulent provoquer la fin du monde ! Si on leur fait confiance, ce sont les coalites abonales (coalites abonalum) qui autaireront les marasifs du stépagore, ce qui causera, à coup sûr, la mort !"
Si nous apprenons de nouvelles choses au sujet du stépagore, nous vous en informerons rapidement. N'ayez pas peur du stépagore que le tix déribe, il n'est pas dangereux. Cessez de nourrir les théories du complot et de faire naître des rumeurs.
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